les résistants s'entraînent et forment de jeunes recrues |
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Après avoir été révoqué par le gouvernement de Vichy, le 2 novembre 1940, Jean Moulin décide de gagner Londres et se rallie avec le général De Gaulle qui le charge d’unifier la Résistance.
En effet l’ancien préfet se rend compte que la Résistance sera divisée et qu’ elle ne pourra participer efficacement à la libération de la France.
Nous ne devons pas accepter la défaite. Il nous faut résister aux Allemands, entreprendre une action clandestine. Il faut d’abord nous compter, nous grouper, pour agir mieux ensuite.
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Alors que la résignation s’installe devant l’invasion allemande, la classe ouvrière se ressaisit et, s’organisent, dans un même temps, les premiers mouvements de Résistance.
Leur but est commun : la libération de la France. Ils sont nés spontanément de l’initiative des patriotes sans pouvoir souvent définir le parti, la tendance, desquels ils se réclament.
Ce qui est certain, ils réagissent contre l’occupation et la capitulation et ne l’acceptent pas.
S’engagent alors trois actions significatives dont surtout dans un premier temps la propagande, puis l’action directe et l’action militaire.
Le parti communiste, malgré les pressions de 1939, a réussi à maintenir dans l’illégalité de solides structures. Il crée, dès le début de l’occupation, l’O.S. qui contribuera à travers ses actions à éveiller le sentiment patriotique et à encourager les forces de la Résistance.
Aussi, Jean Moulin commencera-t-il à recruter des ouvriers et des syndicalistes afin de former une grande armée de la nuit qu’il appellera "Armée Secrète" ou A.S.
Celle-ci sera active dés 1942 avec à son commandement, le général Delestraint qui sera arrêté en 1943 et déporté en Allemagne.
Pendant ce temps, la Résistance s’est renforcée au prix d’efforts considérables. La France étant entièrement occupée, le ravitaillement ainsi que les moyens de communication et de transport se font de plus en plus lents et difficiles.
Les armes manquent et Jean Moulin en réclamera avec insistance à Londres pour les Groupes Francs (G.F), commandos d’attaques et de sabotages.
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La vie clandestine est très dure et Jean Moulin pense qu’il faut aller plus loin dans l’unification de la Résistance.
Les résistants ne sont pas seulement les maquisards qui font la guérilla, ce sont aussi les paysans qui ravitaillent le maquis, les fonctionnaires qui délivrent de faux papiers et remettent des tickets d’alimentation, les cheminots qui retardent ou font dérailler les trains de l’ennemi, les ouvriers qui sabotent les machines et aussi tous les Français qui, le soir venu, lancent des tracts contre l’occupant, impriment des journaux clandestins, transmettent des messages aux maquisards, cachent des parachutistes alliés ou des agents secrets...
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Ainsi pour cette raison et face à cette véritable chaîne de la Résistance, Jean Moulin rêve d’unir dans un seul mouvement non seulement combat, libération, franc tireur mais aussi, la C.G.T., la C.F.T.C etc...
Pour cela, il veut faciliter les communications avec Londres et en faire venir le soutient moral, financier et matériel de la Résistance.
C’est en Octobre 1941 qu’il rencontre le Général De Gaulle et lui expose son plan d’action ainsi que les problèmes de coordination des différents groupes de résistance.
Ainsi lui propose-t-il de réunir et de rassembler ces organisations sous une même autorité afin d’en accroître l’utilité et l’efficacité et lui proposera en même temps d’en être le chef de file. Il y aura donc nécessité de fournir à ces forces les moyens d’agir et de communiquer.
La mission de Jean Moulin ne consiste pas seulement à unifier les mouvements de Résistance : il doit en outre veiller à l’approvisionnement de ceux qui luttent contre l’occupant.
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Seuls les réseaux d’évasion et de renseignements deviennent indépendants et subissent l’espionnage et la dénonciation, ce qui les oblige à changer fréquemment de lieu d’activité.
Les difficultés qui gênent l’action de la Résistance sont énormes et Jean Moulin a conscience de ce problème surtout sur le plan des communications avec Londres. Ainsi il préconise l’emploi d’avions légers, fait aménager des terrains d’atterrissage, crée le service de balisage, c’est-à-dire la signalisation des terrains où la nuit, les avions alliés doivent effectuer des parachutages.
L’efficacité de la Résistance s’affirme de jour en jour à travers des actes de grande envergure alors que dans un même temps la collaboration poursuit son chemin sans relâche comme hérissée par tant d’audace.
Dans cette lutte pour la liberté, parti socialiste et parti communiste, reconstitués clandestinement, se montrent d’un courage inouï. Tous deux animés par un grand idéal, mettront à la disposition de cette lutte, leur atelier de presse.
En effet, Communiquer, est un facteur important en vue de cet enjeu : il faut sans cesse remuer l’opinion, dénoncer les exactitudes et les crimes des nazis, le rôle des collaborateurs, faire connaître la résolution des alliés et l’ampleur de leur potentiel de guerre, encourager les Français à lutter pour leur liberté et l’indépendance de leur pays...
Ainsi, et pour ces raisons, sera créer le Bureau d’information et de propagande.
Puis, en janvier 1943, Jean Moulin crée le Comité des mouvements de Résistance en zone Sud.
Devant cette solidarité de tous les acteurs de la Résistance et, face à son essor, Jean Moulin propose, à Londres, la création d’un organisme unique groupant tous les résistants de France.
En février 1943, Jean Moulin reçoit de De Gaulle de nouvelles directives qui font de lui, d’abord un ministre du gouvernement français en exil, ensuite, le seul représentant de ce gouvernement dans l’ensemble du territoire français.
Il devient ainsi le dirigeant incontesté de toute la Résistance intérieure et sera chargé de mettre sur pied le C.N.R dont la mission sera :
« d’organiser la lutte contre les Allemands, leurs alliés et leurs complices, par tous les moyens et particulièrement, les crimes à la main, et contre toutes les dictatures et notamment, celle de Vichy, quel que soit le visage dont elle se pare. »Jean Moulin
Cette tâche rencontrera comme difficulté les décisions et les discordes politiques qui régnaient entre les différents groupes ainsi que pour certains, le choix de s’allier avec l’armée américaine dans cette lutte pour la liberté.
« Ce n’est pas sans difficultés que je suis parvenu à constituer et à réunir le C.N.R. »Jean Moulin
Ainsi donc, en trois ans de vie précaire et dangereuse, avec une volonté de fer, animé par son amour de la Patrie et de la Liberté, Jean Moulin avait atteint l’objectif qu’il s’était fixé en juin 1940 : Unir et engager dans le combat pour la Libération des forces de la France et la restauration des libertés, toutes les forces de la Résistance intérieure.
Il avait semé le grain. Mais il ne sera pas là au jour de la moisson. La trahison, en juin 1943, le livrera aux nazis qui l’assassineront.
Heureusement, l’unité, péniblement acquise, va survivre à l’arrestation de Jean Moulin et l’outil qu’il a créé, malgré les coups de l’ennemi, va se perfectionner jusqu’à la veille de la Libération.
Tantôt soupçonné, voire accusé d’alliance avec le communisme soviétique et, tantôt considéré comme pro-américain, Jean Moulin était sûrement avant tout celle d’un patriote désireux de libérer son pays et pour cela « prêt à tous les sacrifices »*
(cf : Pierre Péan - L’EXPRESS - Nov 98)
A considérer l’investissement de Jean Moulin et la mise en place ainsi que le fonctionnement de son action envers la Résistance, comme le confirme Daniel Cordier auteur d’une biographie sur J.M, il fut le plus fidèle serviteur de De Gaulle et vît à travers lui l’état qu’il recherchait pour remplacer ‘’un Etat français’’ que servaient encore tous ces Ex-collègues.
Comme tout homme, Jean Moulin s’était lié d’amitié avec des personnages aux idéologies fortes et déterminées mais, qui étaient investis dans le même combat que lui.
Ainsi dès 1940, ces amis Pierre Cot, ministre de l’Air du Front Populaire et, Louis Dolivet, rejoignent les Etats-Unis et souhaitent rallier leur ami auprès d’eux. Mais, Jean Moulin, conscient des enjeux et des alliances qui se jouent en contrepoint du problème de la Résistance, souhaitera garder son indépendance en revenant à Londres, ce, face à son engagement et ses responsabilités politiques et patriotiques.
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Le C.N.R n’était-il pas le rassemblement des mouvements, des syndicats et partis politiques d’avant-guerre réunis dans une même lutte malgré les divergences idéologiques qui pouvaient les opposer?