Géolo Gers

Histoire de la formation des Pyrénées

 

UN PEU D'HISTOIRE :

Les Pyrénées actuelles sont le résultat de deux plissements majeurs, l'un dit "Hercynien" à la fin de l'ère primaire(-360 à -280 millions d'années) et l'autre au début du tertiaire (-53 à -33 MA).

Entre ces périodes de plusieurs dizaines de millions d'années la mer investit les zones creuses à proximité de la nouvelle chaîne . Les éléments naturels (eau, vent, gel) se chargent d'éroder le massif pyrénéen et les débris , acheminés par les cours d'eau sont accumulés non loin des côtes en couches successives appelées strates. C'est la formation des roches sédimentaires.

S'il y a eu plissement c'est que les roches ont subi une compression comme dans un étau . Pour arriver à plisser des roches sur des centaines de kilomètres, il faut que cet étau soit gigantesque !!

C' est à cet instant qu'intervient Mr Wegener et sa théorie de la dérive des continents. Ca vous dit quand même quel que chose non ?

Cette théorie précise que la croûte terrestre est constituée de nombreuses plaques se déplaçant les unes par rapport aux autres et "flottant" sur le manteau (roche en fusion) , plus fluide.

 

 

Reconstitution sommaire du plissement pyrénéen (d'après Souquet et Debroas 1980)

 

Lorsque deux plaques se télescopent comme c'est grossièrement le cas pour les Pyrénées (entre les plaques ibérique et européenne) , les roches molles déposées dans les mers peu profondes, se plissent et reviennent à la surface.

Il n'est pas rare en effet de rencontrer d'anciennes roches récifales à des centaines de mètres d' altitude.

Au contraire lorsque les plaques s'éloignent entre deux plissements une mer naît (c'est actuellement le cas pour la mer rouge) et se comble peu à peu, avec les débris des continents qui la bordent.

 Les plissements sont accompagnés de phénomènes:

magmatiques :

qui se traduisent par la formation de volcans comme le pic du midi d'Ossau, si le magma arrive à la surface, ou de "plutons" s'il se cristallise avant d'atteindre l'air libre.

 

 

 métamorphiques:

Lors d'un plisse-ment ce sont des épaisseurs de plusieurs kilomètres qui sont mises en jeu et les couches les plus profondes soumises à de très fortes températu-res et pressions fondent et remon-tent au coeur des chaînes de monta-gne. Au contact de ces plutons les couches traver- sées subissent des changements et se métamorphisent.

De nos jours les Pyrénées se présentent sous la forme d'une bande plissée de 700 km de long sur 70 à 140 km de large, séparant le sud de la France du nord de l'Espagne. cette bande présente un coeur de roches plutoniques (granite de Cauteret ,Panticossa, Néouvielle) et métamorphiques (Grande Fache), faillé en plusieurs endroits, du pic d'Anie au golfe du Lion (Méditerranée). Elle est bordée au nord et au sud par des terrains sédimentaires postérieurs au plissement primaire.

Il ne faut pas oublier l'importante action des glaciers sur l'érosion des vallées qui maintenant abritent de simples ruisseaux.


(Illustrations : Jérome Goyallon "Les Bakous" Cartes Géologiques BRGM)

 

Pour aller encore plus dans les détails: ( Pour public averti )

(D'après Raymond Mirouse)

En réponse à une petite demande d'amateurs de géologie, à qui la version "soft" ne suffisait pas, je vais tenter de résumer les épisodes géologiques les plus importants de ces 500 derniers millions d'années !!!

Comme vous avez pu le lire ci dessus (il est conseillé de le faire avant de s'attaquer à ce truc imbuvable pour le néophyte !) l'histoire géologique pyrénéenne est ponctuée par deux plissements:

  • L'orogenèse Hercynienne (- 360 à - 290 MA)

  • L'orogenèse Pyrénéenne ( - 53 à -33 MA)

Les roches sédimentaires qui sont affectées par ces deux plissements se sont déposées avant, pendant, ou entre les deux plissements. Ce sont donc des centaines de millions d'années de dépôts divers qui sont à l'origine des roches telle que on peut les observer actuellement.

Bien que les dépôts les plus anciens datent de l'Ordovicien (-500 Ma), c'est aux calcaires du dévonien que nous accorderons plus d'attention:

Ils renferment des fossiles de coraux plus ou moins bien conservés selon que leur lieu de dépôt subissait ou non l'action vigoureuse des vagues. D'autres couches sont constituées de boues carbonatées ennoyant des organismes fossiles biens conservés témoignant d'un dépôt en milieu calme à l'abri d'une barrière récifale.

La diversité des faciès calcaires laisse penser que ces roches se sont formées dans une ambiance tropicale (la seule qui permet la précipitation de la calcite), à proximité d'une barrière récifale comme celle de l'actuelle grande barrière australienne.

Il y avait donc à cette époque une plate-forme peu profonde parsemée de récifs à l'emplacement même des Pyrénées occidentales.

L'orogenèse hercynienne, qui concerne une partie de l'Europe et de la péninsule ibérique, va alors plisser les terrains déposés entre l'Ordovicien et le Carbonifère inférieur. Les roches postérieure et donc non affectées par le plissement permettent de repérer la fin de ce phénomène dans le temps.

Au début du Permien le nouveau relief bien plus imposant que l'actuel offre un terrain de prédilection à l'érosion, qui dissout le calcaire, creuse des fossés dans lesquels vont s'étaler des coulées de cailloutis portés par une matrice argilo-sableuse fluentes.

A cette époque le climat offre des périodes pluvieuses qui alternent avec des épisodes de chaleur, oxydant les minéraux ferrugineux et conférant ainsi aux dépôts une pigmentation rouge caractéristique. Les roches issues de cette sédimentation intramontagneuse seront à juste titre appelées "grès rouges" du Permo-Trias.

Les sédiments déposés au Jurassique (-200 à -130 MA) sont des dolomies résultant de la transformation de boues calcaires, par l'action de l'eau très magnésienne des fonds de lagons.

Le Crétacé inférieur se caractérise par la sédimentation de marnes puis à nouveau de calcaires récifaux (Urgoniens) sur des centaines de mètres d'épaisseur. Il y avait donc à cette époque en Béarn et en Bigorre des lignes de rivage au tracé capricieux, bordant des terres momentanément immergées, et des zones marines aux profondeurs variables au fil des temps.

La vielle chaîne hercynienne réduite à une pénéplaine, en partie recouverte par la mer devait s'enfoncer par endroits pour former de bassins capables de stocker des quantités importantes de sédiments.

C'est au Crétacé supérieur (- 100 MA) que la "mer pyrénéenne stocke les dépôts les plus profonds: les "Flysch noirs". La pénéplaine fracturée est entaillée de sillons profonds aux bords abrupts séparant la plate-forme ibérique de la plate-forme Aquitaine. Les sédiments argilo-sableux sédimentés en bordure de plate-forme sont précipités dans les sillons à la manière d'avalanches sous-marines. Les particules les plus grossières se déposent en premier, suivies des plus fines, offrant ainsi des couches grano-classées, sur des centaines de mètres épaisseur, et traduisant des épisodes "avalancheux" successifs.

Les plaques ibériques et européenne qui depuis le jurassique se sont éloignées au rythme de quelques centimètres par an, pour ouvrir les sillons des flysch, vont se rapprocher pendant toute la durée de l'Eocène.

Tous les sédiments post-hercyniens sont déformés, témoignant d'un autre cycle orogénique, à l'origine des Pyrénées actuelles. La compression à pour résultat un très grand raccourcissement horizontal de l'édifice pyrénéen, suivant un axe Sud-Nord. Les terrains de la haute chaîne primaire forment la zone axiale (granites), les terrains secondaires plissés au nord et au sud viennent chevaucher des roches bien plus récentes à la faveur de failles faiblement inclinées. Certains présentent une schistosité prononcée, preuve de l'action du métamorphisme général qui a transformé les roches et fait apparaitre ne nouveaux minéraux.

Au Paléocène les Pyrénées naissantes, en voie de soulèvement offrent à nouveau du relief à l'action d'érosion. Celle-ci expédie au sud (Bassin de l'Ebre) et nord(bassin aquitain), des accumulations de débris caillouteux en milieu tout dabord littoral, puis deltaïque et fluvial. Ces dépôts (poudingues de Palassou) ont contribués à combler une partie du bassin aquitain.

Au Miocène (-20MA) l'érosion se poursuit et les nombreux cours d'eau qui coulent perpendiculairement à la chaîne, accumulent des molasses contenant des galets, des grès, et des calcaires argileux, en couches à peu près horizontales. Ils reposent en discordances sur les derniers terrains plissés, montrant ainsi la fin de l'épisode de compression.

 

 

Un volcan en Ossau

(D'après F.Bixel 1983)

"Vers la fin de l'ère primaire , il ya environ 290 millions d'années alors que la chaine hercynienne s'érode activement, les derniers soubresauts de sa lente formation entrainent des fissures nord-sud".

"A la faveur de l'une de ces fissures des roches en fusion provenant de la partie profonde de la croute terrestre (50 km), remontent et sépanchent en surface en donnant des coulées de lave" (dont on peut trouver des exemples vers les lacs d'Ayous)

La chambre magmatique se vide peu à peu, au cours d'eruptions successives.

 

"Au fil du temps le volcanisme prend plus d'ampleur et au cours d'une éruption plus violente que les précédente la partie sommitale du cône volcanique s'éffondre" comblant ainsi le vide laissé dans la chambre magmatique. La depression circulaire ainsi formée est appelée caldeira car elle ressemble à un chaudron (en espagnol "calderon").

 

Au fil du temps la cheminée volcanique migre, donnant naissance à d'autres volcans satellites (2) de moindre ampleur. L'erosion décape les laves extérieures à la caldeira, ne laissant que "l'anneau dacitique et rhyolitique (1 & 2), ainsi que les coulées intérieures.

 

A l'ère tertiaire lors de l'orogènèse pyrènéenne, l'anneau est déformé au point que une partie de la structure (1) vient chevaucher l'autre (2) conduisant à la formation de l'aiguille du pic tel que on le connait actuellement.(2884 m)

 

 

Renseignements tirés du site de Patrick Lafargue que nous remercions.