Au sud de Saverdun, notre commune, se trouve un cimetière contenant 153 tombes : c’est celui du camp du Vernet qui était à 100 m de là. Aujourd’hui, il n’existe plus rien des baraques où furent internés de 1939 à 1944 près de 40.000 personnes de 58 nationalités. Il ne reste plus que le château d’eau au bord de la RN 20 et les 2 piliers de l’entrée, les maisons des gardiens de l’autre côté de la route, et la gare près de laquelle on voit un wagon identique à ceux qui ont servi à déporter des millions de personnes vers des camps de concentration allemands. La municipalité et les anciens du camp ont installé à la mairie du Vernet d’Ariège un musée que nous avons visité. Plus tard, ils espèrent qu’un Mémorial de la Déportation y verra le jour.
Le 10 février 1939, après leur défaite dans la guerre d’Espagne, des républicains espagnols arrivent en France. Certains sont accueillis dans le camp du Vernet. Puis d’autres antifascistes y seront enfermés jusqu’en juin 1944.
M. Canovas :  « Au camp du Vernet, les conditions de vie étaient terribles. Nous n’avions pratiquement rien à manger : un peu de pain noir et un bol de soupe bouillante avec des légumes (quelques lentilles, des petits pois, choux non lavés, rutabagas, des épluchures de pommes de terre ...). Les internés se lavaient dehors à l’eau froide. L’eau était abondante grâce à la présence du château d’eau situé près de l’entrée. Quand on buvait beaucoup, on allait souvent aux toilettes qui étaient dans des cabanons dehors. Chaque jour, il fallait vider les ‘tinettes’ à l’Ariège. Les détenus, mal nourris et sans force devaient les porter par 2 (plus de 100 kg). Quand ils faisaient l’appel, les gardes se fichaient de le faire dans le froid. Des hommes nommés Guttierrez et de Pablo organisaient les évasions du camp. Il n’y avait pas de travaux obligatoires. Mais par contre, je faisais des chaussures en paille pour gagner un peu d’argent. »
Les déportés dormaient à 2, 3 ou 4 sur des matelas de paille. Ils étaient très serrés sur des lits en bois. Ils dormaient très peu et se levaient tôt.
En portant les ''tinettes'', M. Canovas s’est cassé les reins, il fut amené à l’ hôpital surnommé « mouroir » car il n’y avait que des personnes à moitié mortes.