Témoignage de Guy LANDES

 

En 1944, j'avais 14 ans. Je vivais à Justiniac chez M, et Mme Pélata, dans leur ferme d'Escarrabillat qui se trouve à 200 mètres du château de Justiniac où un groupe de résistants, commandé par le gendarme Saint-Martin, avaient élu domicile.

Vers les 5 heures du matin du 26 juin 1944, une première bombe nous a réveillés. À la seconde, tout le monde dans la ferme était réveillé. M, Pélata ouvrit la fenêtre. On était encerclés par les Allemands. Ils nous ont pris et, plus tard, nous avons entendu la rafale de mitraillettes qui acheva les résistants du château. M. Adrien Pélata fut emmené. Des Allemands m'ont mis contre un mur. Je croyais bien y passer. L'un d'eux me tenait par la chemise et l'Allemand qui savait parler français s'est mis derrière moi. Chaque fois qu'il me posait une question, il me tapait. Il me menaçait de son arme pour me faire parler. Mme Pélata pleurait parce que les Allemands me battaient Puis ils ont arrêté de me taper. Ils ont pris M. Pélata pour qu'il les guide vers Piquetalent, ferme de Pierre Maurette qu'ils recherchaient encore.

Les Allemands sont revenus bredouilles de Piquetalent. Dès qu'ils sont rentrés à Justiniac où ils avaient laissé quelques sentinelles autour du château, il y eut une grande animation. On suppose que le jeune Maurette avait sauté à la 1° ou 2° bombe par la fenêtre et qu'il s'était caché dans le lierre des arbres. Mais quand il a vu revenir le groupe parti à Piquetalent, il a essayé de s'enfuir en se dirigeant vers un bosquet situé au nord. Ils l'ont vu et l'ont abattu comme un lapin, Je l'ai retrouvé sous un poirier à 2 mètres du talus du bois. S'il l'avait atteint, il aurait été sauvé. Il est mort sur le coup près du bois en contrebas de la route contrairement aux 5 autres résistants qui ont été fusillés au bord de la route là où s'élève maintenant la stèle.

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