HONNEUR À FRANÇOIS VERDIER

Dès 1941, divers mouvements de Résistance locaux, groupant des patriotes qui n’acceptaient pas la défaite et cherchaient la voie pour s’opposer à la trahison de Vichy, se constituèrent : « Libération », « Combat », « Francs-Tireurs », « Libérer et Fédérer », en contact permanent avec les membres du Mouvement « Vérité ».

Toutes ces organisations opéraient séparément. Verdier adhérait à « Vérité ». Lorsque ce dernier mouvement fut dispersé par la police française, Verdier entra au mouvement « Libération », dont les fonctions de Chef Régional, jusqu’à ce jour exercées par M. Bataille, devinrent vacantes.

Ces fonctions exigeaient, avec la compétence, un dévouement de tous les instants, un désintéressement capable d’aller jusqu’à l’abnégation.

C’est pour ces qualités, unanimement reconnues chez lui, que le poste difficile et périlleux de Chef Régional fut confié à François Verdier.

À la tête d’un commerce florissant, choisi par ses pairs comme juge au Tribunal de Commerce depuis 1938, il n’hésita pas à sacrifier son intérêt immédiat et sa tranquillité pour mettre son intelligence et son courage au service de l’idéal de fraternité humaine, de justice, de liberté qui l’animait.

Dès le début de 1943, il s’attacha à coordonner l’action des diverses organisations de lutte clandestine, à obtenir la cohésion indispensable par un regroupement réalisé en mai et qui prit le titre de « Mouvements Unis de la Résistance » : les M.U.R.

Nommé Chef Régional des Mouvements Unis de la Résistance, il organisa les services de la Région : Armée secrète, Service de Renseignements, Service Social, Passages clandestins, N.A.P., B.R.O., réseaux locaux, Recrutement... Il rendit ainsi possible l’indispensable subordination de tous à un commandement unique en vue d’une action coordonnée et efficace.

Il s’entoura d’une équipe fidèle, dynamique et discrète. Il choisit pour adjoint et secrétaire Pierre Dumas, reporter à « La petite Gironde » avant la guerre. Ce dernier habitait au château de Saint-Martin d’Oydes. Sa belle-famille résidait à Saverdun, dans la Grand’Rue. Il était le n°2 du Mouvement derrière François Verdier.

Le 13 décembre 1943, François Verdier fut arrêté par la Gestapo. Questionné, torturé pendant huit jours, il ne parla pas. Pendant plus d’un mois, il subit en silence son douloureux calvaire, souffrant de ses douleurs et de ses angoisses.
Le 27 janvier 1944, il fut conduit en auto au milieu de la forêt de Bouconne qu’il avait traversée tant de fois joyeusement pour se rendre à sa propriété du Gers. Par une triste ironie, c’est là qu’on avait choisi le lieu de son supplice : on fit exploser dans sa bouche une grenade à main.

 

Jean Delpech, Secrétaire général de la Mairie de Toulouse.

D’après le bulletin municipal de la ville de Toulouse,
numéro spécial consacré à la Libération de Toulouse.
Octobre 1944.

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