CHAPITRE 6

AU PARKING DU CAPITOLE

Nous passons en courant par la rue des Changes, puis la rue Saint-Rome. Nous n’avons pas le temps d’apprécier ni les vitrines des magasins, ni les maisons moyenâgeuses en bois ou de style Renaissance en briquettes et en pierres. Les pavés inégaux me font mal aux coussinets.
Nous arrivons à la place du Capitole où Sophie s’exclame :
« Regarde, Jonathan, la grande croix occitane du Languedoc où sont gravés des signes astrologiques ! »
Dominant la place, un imposant et majestueux bâtiment aux larges fenêtres et aux colonnes élancées se dresse devant nous : c’est le Capitole.

Nous descendons au parking marche par marche. Il fait sombre et froid. L’air devient irrespirable : cela sent le renfermé. Nous fouillons chaque étage à la recherche de la camionnette. Des néons éclairent faiblement des voitures en grand nombre rassemblées là je ne sais pourquoi. Des traces d’huile jonchent le sol sale. Je vais me salir les pattes ! Des odeurs infectes de fumées, de moisi, de gaz d’échappement, empestent les parkings au plafond bas et mal aérés par des machines infernales qui envoient du vent par des grilles d’aération.
1er sous-sol, rien. 2è sous-sol, encore rien. Au 3° sous-sol, Sophie s’écrie :
« Je l’ai trouvée! Elle est là! Viens voir! Je suis la meilleure. C’est moi qui l’ai découverte.
- Arrête de te jeter des fleurs. Elles ne sont pas chères! Allons voir ce qu’il y a à l’intérieur. » dit Jonathan.
Après ça, j’espère qu’elle arrêtera avec ses compliments. Nous nous approchons de la fourgonnette rouge. Pas de Lisa, ni de ‘Crados’, ni de ‘Crâne d’oeuf ’.
« Planquons-nous, dit Sophie, et attendons-les ! »

En faisant le tour du véhicule, moi, le chien le plus intelligent de Toulouse, je m’aperçois qu’il n’a pas de vitre brisée. Quelle bande d’idiots, ces chérubins! Pour montrer que ce n’est pas la bonne, j’aboie et je tire sur le pantalon de Jonathan.
« Arrête de m’embêter ! Qu’est-ce que tu veux ? »
Puis semblant comprendre :
« Bon, je te suis ! Sophie, reste là pour surveiller. Je vais voir où Rusty m’entraîne. J’espère pour toi, sac à puces, que c’est important ! »
Je l’emmène au 4è sous-sol. Et là, se trouve un autre fourgon rouge qui a la vitre arrière cassée. J’aboie en remuant ma queue. Je fais le beau. Je gratte à la portière.
« Regardons si c’est la bonne. Inspectons les lieux. » dit Jonathan en me donnant des caresses. Enfin, je reçois une récompense !
« J’aperçois un pompon vert et bleu de Lisa ! Rappelons Sophie pour ne pas qu’elle attende pour rien. Rusty, va à sa recherche ! Moi, je monte la garde ici. »
J’y cours sans perdre une minute. J’essaie de la persuader de me suivre en aboyant et en faisant des allers-retours mais elle refuse :
« Chut ! Rusty, ne fais pas de bruit. Laisse-moi ! Les bandits peuvent arriver d’un instant à l’autre. » A ce moment-là, arrive un couple de personnes âgées qui monte dans le véhicule.
« Je ne crois pas que ce soient eux. Ils sont trop vieux ! Fausse alerte ! Bon, d’accord. Je te suis. J’espère que Jonathan a trouvé quelque chose. »
Arrivée près de lui, elle lui dit :
« Pour une fois, tu avais raison, ce n’était pas la bonne. J’espère que celle-là sera celle des bandits. Cachons-nous encore une fois derrière les voitures ! »

Tout à coup, nous entendons une porte claquer. Un bruit de pas lourd résonne dans le parking. Une silhouette, énorme comme un sumo, s’approche de la camionnette. Une odeur nauséabonde se répand dans tout l’espace souterrain. Sous une lumière faible apparaît son visage.
« Je trouve qu’il ressemble au portrait-robot du complice de ‘Crâne d’oeuf’, estime Sophie.
- C’est un des malfaiteurs ! murmure Jonathan dans l’oreille de sa soeur. Qu’est-ce qu’il pue ! Il mérite bien son surnom de ‘Crados’ et un bon coup de kärcher. Qu’est-ce que Lisa doit souffrir ! »

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