CHAPITRE 8

L’HISTOIRE DE LISA

Nous reculons de peur devant cet oeuf géant menaçant. Il nous enferme à double tour dans une salle sombre, sans fenêtre, humide, qui sent le renfermé. Nous tournons en rond, nous essayons de nous échapper de cet endroit puant. Aucun moyen. Mes jeunes maîtres crient pour que les bandits nous laissent sortir. Puis pour nous faire patienter, Lisa nous raconte ses aventures.

« Tout a commencé lorsque je jouais avec Rusty à la Prairie des Filtres. Un inconnu m’a proposé un bonbon.
- Gourmande comme tu es, je suis sûre que tu t’es laissée tenter, interrompt Sophie.
- La gourmandise est un vilain défaut. » ajoute Jonathan.
Ces humains ne savent vraiment pas se contrôler, ils ne mangent que des sucreries. Jonathan, lui, il peut parler, car je suis sûr qu’il aurait accepté.
« Il m’a conduite à une camionnette rouge. Tout à coup, il m’a attrapée et m’a enfermée à l’arrière du camion. J’ai hurlé pour alerter les gens. Mais dès qu’il est monté devant, son complice a démarré. En regardant par la vitre, j’ai remarqué qu’elle était brisée. L’idée m’est venue de jeter les pompons de mon pull pour laisser une piste.
- Nous en avons retrouvé 4 et le chouchou qui était coincé entre la porte de l’entrepôt et le mur.
- Soudain, une secousse m’a fait tomber. Je me suis fait un trou au collant. Nous étions arrivés devant une grande maison au portail rouge. Les 2 bandits sont descendus : l’un m’a attrapée et m’a emmenée dans cet endroit. Je me suis débattue et j’ai perdu le chouchou que tu m’avais acheté, Jonathan.
Pendant ce temps, l’autre a rentré le fourgon, il a écrit un message qu’il a posé sur la table, puis il est parti en voiture.
- Nous l’avons trouvé et je l’ai déchiffré, dit fièrement Sophie. C’est grâce à cela, que nous t’avons retrouvée ici.
- Le second bandit m’a ligotée et m’a jetée dans une pièce. Un peu plus tard, j’ai entendu des aboiements de chien. On aurait dit ceux de Rusty.
- Bien sûr, c’était lui ! C’est grâce à lui que nous avons retrouvé ta piste. »
Enfin, ils réalisent ! Depuis tout à l’heure, ils se félicitent et c’est moi qui ai tout fait. Je suis un fortiche.
« Le chauve m’a portée sur la banquette avant de la camionnette et nous sommes repartis très vite. Sur la place du Capitole, nous avons failli écraser un couple de personnes et leur fils. J’ai reconnu Axel, mon copain de classe. Je lui ai fait de grands signes. Juste après, le fourgon est entré dans le parking.
Quelques instants se sont écoulés. Il m’a emmené dans cette pièce où nous attendait ‘le gros’.
- Son pseudonyme est ‘Crados’, précise Sophie.
- Et le nom de l’autre est ‘Crâne d’oeuf’, réplique Jonathan.
- Ils portent bien leur surnom, reconnaît Lisa. Le gros lard qui me gardait avait une odeur insupportable. En plus, il a ronflé toute la nuit la bouche ouverte : il a une de ces haleines chargées. On aurait dit que je dormais à côté d’une locomotive remplie de poubelles. Je n’ai pas pu fermer l’oeil.
J’ai tant espéré vous revoir. Même prisonnière, je suis heureuse d’être avec vous.
- A nous aussi, tu nous manquais, disent en choeur les jumeaux.
- Chut ! J’entends du bruit. Quelqu’un arrive !

- Je vous apporte à bouffer, les gosses ! Vous avez du pain dur avec de l’eau ! » grogne ‘Crâne d’oeuf’.
A ce moment-là, je profite de la situation pour me faufiler entre ses jambes. En même temps, ‘Crados’ arrive et ouvre la 2° porte. Je lui saute dessus, il tombe comme une quille et roule comme une boule. Je prends la fuite.

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