CHAPITRE 9

SUPER RUSTY

Il faut que j’aille prévenir mes maîtres. Arrivé à la maison, j’aboie.
Martine vient m’ouvrir. Ils sont inquiets de me voir débarquer sans les enfants.
« Rusty, où sont les grands ? questionne leur père.
- Que s’est-il passé ? s’affole leur mère. Je me suis fait un sang d’encre.»
Pourquoi me posent-ils des questions puisque je ne peux pas parler. Je voudrais bien leur dire. Mais comment leur faire comprendre ? Si les hommes passaient plus de temps avec les chiens, ils connaîtraient notre langage. Il ne me reste plus qu’à attirer leur attention. J’aboie en grattant la porte, je viens tirer le pantalon de Gérard, j’attrape ma laisse...
« J’ai l’impression qu’il sait où ils sont, dit Gérard. Suivons-le !
- Passons par le commissariat. »

Nous nous précipitons dehors. Au bout de 400 mètres de course, elle ouvre la porte d’un grand bâtiment. Je la suis. Quelle agitation ! Tant d’hommes et de femmes avec un képi sur la tête. Pourquoi le portent-ils ? Il n’y a pas de soleil dedans. Mais pourquoi s’habillent-ils tous en bleu ? Et en plus, ils sont dangereux avec leurs armes. Ils passent et repassent devant moi. Ils ne m’ont même pas dit bonjour : ils sont impolis ! Ils marchent dans un sens et dans l’autre. Que c’est énervant de les voir gigoter ainsi ! On dirait des abeilles sauf qu’elles travaillent alors que je ne sais pas ce que font ces humains. Nous, les bêtes, nous sommes mieux organisées.
Martine commence à parler avec un homme qui ne m’est pas inconnu... Mais oui ! C’est l’inspecteur Rix ! Et ici, on est au commissariat ! Elle lui explique tout et ils se décident enfin à m’emboîter le pas. Les policiers me suivent jusqu’au Capitole. Ils ne font pas dans la discrétion : klaxons, sirènes... Aïe ! Ouille ! Pas si fort ! J’ai les oreilles sensibles et fragiles comme tous les animaux. Ils ont failli me crever les tympans.
Les voitures et les motos arrivent dans le parking autour de la cachette. L’inspecteur prend le haut-parleur et crie :
« Rendez-vous ! Il ne vous sera fait aucun mal ! »
Les bandits ne répondent pas.
Monsieur Rix recommence à hurler :
« Rendez-vous !»
Toujours pas de réponse chez les deux bandits.

Mais comment sauver les enfants ? Ces 2 créatures immondes pourraient les prendre en otage et s’enfuir avec eux.
Tout à coup, il me vient une idée. Quand j’étais prisonnier dans cette pièce humide, de l’eau me tombait sur la tête. Je me souviens que Sophie avait dit que ça venait de la gouttière du dessus. Et Jonathan avait ajouté que le toit en bois était pourri. J’ai décidé de monter à l’étage supérieur et, arrivé là-haut, j’y sauterai dessus.
Au 3°sous-sol, je me mets à la recherche de cette fameuse plaque. Quelques temps après, je trouve enfin la gouttière. Je saute de tout mon poids de labrador sur le bois pourri. Brusquement, je tombe dans la cave où sont les enfants. Ils poussent un cri de joie. Je les libère en vitesse en rongeant leurs liens. Sophie organise des pièges :
« Jonathan, Rusty et moi, nous nous chargeons des gangsters pendant que Lisa ouvrira la porte aux policiers. »
Ils accrochent des cordes derrière la porte, au ras du sol. Quelques temps après, Lisa pousse un cri. ‘Crados’ se précipite en grognant et lorsqu’il franchit la porte, il se casse la figure. Jonathan et Sophie lui sautent dessus. L’autre gangster, intrigué par le bruit, arrive. Je me jette sur lui. Lisa, comme prévu, ouvre la porte aux policiers qui s’engouffrent et arrêtent les kidnappeurs.

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