CHAPITRE 6 : Le mystère de la 4ème galerie.

Pat sort de sa galerie, essoufflé, plein de sueur. Il s'assoit sur les marches et reprend son souffle. Il remarque que Léonardo a disparu. Laura arrive en courant, affolée, les cheveux ébouriffés.
«Mais où est donc Léonardo?
- Quand je suis arrivé, il n'était plus là.
- Oui mais, puisque tu es arrivé le premier, tu aurais pu le chercher!
- C'est vrai, mais je t'attendais.»

Soudain, Léonardo apparaît avec un sourire aux lèvres et l'air content.
Laura s'écrie:
« Où étais-tu passé, il fallait nous attendre ici !
- Mais je n'ai rien fait de mal !
- On s'est fait un sang d'encre.»

Sa mère respire et se calme. Elle raconte son histoire:
«Je n'ai pas pris la bonne galerie. J'ai failli me faire transpercer par des flèches d'or. En voilà la preuve, dit-elle fièrement en sortant sa flèche de son sac. J'ai aussi échappé de justesse à un vampire monstrueux.
- C'est incroyable ! Es-tu sûre de ce que tu dis?
- Me traiterais-tu de menteuse ? Et toi, Pat?
- Je me suis fait mordre par un serpent. Regardez sa morsure.
- Wouah, il ne t'a pas manqué, dit Léonardo.
- J'ai dû combattre contre un mort vivant. Admirez son casque, ajoute son mari. J'ai été à deux doigts de me faire écraser par des murs qui se sont resserrés.
- C'est encore plus incroyable!
- Eh pourtant, je vous jure que c'est vrai ! Et toi Léonado?
- Moi, c'est encore plus édifiant : j'ai rencontré un fantôme...
- Mais ça n'existe pas.
- Mais Si ! Écoutez la suite. C'est le fantôme d'Enguerran de Boves, le meilleur ami des Montfort. Il est aimable et m'a appris que je descendais de Simon de Monfort, comte de Leicester, à qui nous ressemblons beaucoup d'après lui, surtout grâce à la tâche que nous avons sur l'oreille, papa et moi.
- Arrête de dire des sottises, répond Pat.
- Il m'a donné plein de renseignements pour accéder au trésor, continue Léo.
- Ah ! Ce trésor existe bien ! C'est très intéressant. C'est pour ça que nous avons rencontré tant de pièges!
- Tu as l'air gai! s'exclame Laura.
- Oui, je suis fort content de ma rencontre. Il m'a dit qu'il fallait prendre la 4° galerie pour arriver au trésor.
- Allez! En route Si on ne veut pas passer notre vie ici.»

La discussion terminée, ils s'engagent dans la 4° galerie, froide et humide. Les murs dégagent une odeur insupportable de moisi!

Ils parcourent quelques mètres quand la lampe de poche de Léonardo se met à clignoter en éclairant les parois.
« Oh! Regardez contre ce mur. Une vieille torche à huile du Moyen Âge!
- Utilisons-la, cela économisera nos piles.»
Alors, Pat la saisit, sort un briquet de sa poche et essaie de l'allumer. Au bout de la troisième tentative, il réussit. Une forte odeur leur imprègne les narines. Une fumée noire monte vers le plafond.
«Cela marche, s'écrie Léonardo, c'est formidable!»
Ils continuent leur chemin. Soudain, Laura glisse et s'accroche aux poignets de Pat qui l'empêche de tomber dans un trou. Léonardo éclaire l'intérieur : d'énormes pointes étincelantes et tranchantes, capables de transpercer un être humain, attendent leur proie suspendue aux poignets de Pat. Celui-ci retire sa femme en s’arc-boutant. De grosses gouttes de sueur dégoulinent de son visage.
«Nous te tenons Laura! » crient Léonardo et Pat. Enfin, elle réussit à reprendre pied dans la galerie.

«Comment allons-nous faire, interroge Léonardo, pour passer de l'autre côté?
- Je ne sais pas. Ce piège est sûrement placé ici pour arrêter les pillards.»
Elle regarde aux alentours et remarque un anneau au-dessus de la fosse des pics. Alors elle reprend la parole:
«J'y pense. On pourrait faire passer une corde dans le rond, la rattraper et sauter ensuite de l'autre côté comme le ferait Tarzan.»
Chose dite, chose faite. Elle saisit une pierre et l'attache à l'extrémité d'une grosse ficelle solide et épaisse. Elle la jette et réussit du premier coup à la faire passer dans l'anneau. Le caillou, retenu par la corde que tient habilement Laura, revient dans sa main.
«Hourra! Bravo ! crient les deux autres.
- Léonardo, passe en premier! » ordonne sa mère. Il est tellement léger qu'il arrive facilement de l'autre côté. Là, il la renvoie en face.
«À toi, maman!»
Elle s'élance au-dessus du vide. La cordelette glisse dans ses mains. Heureusement, elle arrive à passer.

« Il ne manque plus que moi. » dit Pat d'un air enthousiaste.
Il s'accroche, mais son poids est Si important, que la ficelle se casse. Dans un grand bruit, il tombe sur le bord du trou auquel il s'accroche. Il parvient à se hisser à la force de ses bras sur le sol, aidé de sa femme et de son fils. Après avoir franchi l'obstacle, la famille de Leicester reprend sa route. Un peu plus loin, ils arrivent devant une porte en bois impressionnante. Laura demande à son mari.
«Comment allons-nous passer cette porte?
- Je ne sais pas » répond Pat. Léonardo réfléchit et dit:
«Je sais comment il faut faire. Le fantôme m'a dit que pour entrer, il fallait encastrer trois pierres ornées de lion, emblème de Simon de Monfort, le Lion du Languedoc, comte de Leicester. Dans vos galeries, vous n'auriez pas trouvé un morceau de pierre avec une gravure de lion dessus, comme celle-ci?
- Bien sûr que si ! Regarde!» disent ses parents en chœur. Alors Pat et Laura sortent chacun une pierre différente. Puis, Léo intervient.
«Il faut encastrer les pierres dans ces trous. Derrière, ils ont tous les trois des lettres différentes. Ça doit vouloir dire quelque chose. Mais le problème, c'est de réunir tout ça en un code, mais lequel?
- Le fantôme ne t'a pas donné plus d'information? demande son père.
- Non, il ne m'a rien dit de plus.»

Ils réunissent les trois pierres et essaient de former un mot. Le premier est: RUS SAU THE. La porte ne s'ouvre pas
Le deuxième est: THE RUS SAU. La porte ne s'ouvre toujours pas.
Léonardo réfléchit:
«J'ai trouvé, c'est gravé en latin. J'ai appris ce mot l'an dernier, c'est: THESAURUS, ce qui veut dive trésor.
- Alors, Léonardo, essaie ! » répond Laura.
Les pavés forment le code. Après quelques minutes d'attente et de grincements sinistres, la grande porte ancienne, ornée d'or et de bronze, s'ouvre et laisse apparaître sous la lumière de leurs torches une grande salle. De vieilles poutres apparaissent, soutenues par des piliers en pierres et des murs en briques.
«C'est peut-être la salle au magnifique trésor! »espère Léo.
Alors, les trois aventuriers y pénètrent.

page suivante

page précédente

page sommaire

page accueil