Isoloir et urne qui garantissent le secret du scrutin datent du dix-neuvième siècle et ont mis fin aux pratiques de pression ouverte sur l'électeur dans un scrutin public. Son mode est extrêmement important et peut prendre dans le détail des formes variées que l'on peut ramener en France, en ce qui concerne les législatives, à deux grands types : le scrutin de liste à la proportionnelle et le scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Sous la Vème République c'est ce dernier qui a été le plus utilisé (sauf en 1986) à l'inverse de ce qui se pratiquait sous la IVème République.
Dans le scrutin majoritaire, l'électeur vote pour un seul candidat qui doit obtenir
pour être élu au premier tour, la majorité absolue (la moitié plus un ) des suffrages
exprimés (électeurs-abstentionniste= votants; votants - bulletins blancs et nuls
= exprimés). Sans majorité absolue, il y a ballottage et au second tour, c'est le candidat
qui a le plus grand nombre de suffrages (la majorité relative) qui l'emporte. Ce
mode de scrutin favorise les grands partis et les notables locaux.
Au scrutin à la proportionnelle, l'électeur vote pour une liste qui comprend autant
de noms que de postes à pourvoir dans la circonscription électorale (échelle locale,
départementale ou régionale). Chaque liste, que l'électeur peut dans certains cas
modifier, (c'est le panachage) obtient des élus en proportion des suffrages exprimés. Plusieurs
méthodes de calcul sont possibles pour répartir les suffrages après la distribution
des premiers sièges (au plus fort reste, à la plus forte moyenne) mais la proportionnelle permet toujours aux petits partis d'être représentés plus facilement qu'au
scrutin majoritaire. C'est pourquoi ils la réclament en invoquant la justice électorale.
La principale critique apportée au scrutin à la proportionnelle est que les assemblées élues avec ce système, ont bien souvent du mal à dégager des majorités stables
pour gouverner, surtout dans un pays comme la France qui dispose de nombreux partis
politiques.
Le suffrage
est souvent dit universel
quand toute la population adulte masculine vote, ce qui fut le cas en France à partir
de 1848. Il s'agit d'un abus de langage puisque les femmes ne votent pas dans cette
situation.
En fait, le suffrage universel au sens strict, est très récent. C'est au début du
siècle, d'abord en Angleterre et aux États-Unis que des mouvements de femmes s'organisèrent
pour réclamer le droit de vote qui fut obtenu dès 1918 en Grande-Bretagne (la Finlande, la Norvège, le Danemark, les Pays-Bas et l'U.R.S.S. l'avaient précédée). Ces
" suffragettes " furent ensuite imitées en France mais il leur faut attendre 1945
pour obtenir satisfaction grâce au Général de Gaulle.
Historiquement, outre le sexe, les exclusions du suffrage furent diverses. Elles étaient
le plus souvent fondées sur l'argent : exclusion des pauvres et de ceux ne payant
pas un minimum d'impôts (suffrage censitaire) ; ou encore sur les capacités : exclusion des analphabètes (cas de l'Italie au début du siècle). Sans être une exclusion
franche, les conditions d'âge sont apparues parfois comme une restriction. Ainsi,
pour la France, ce n'est qu'en 1974, que le président de la République Valéry Giscard
d'Estaing fait abaisser l'âge de la citoyenneté à 18 ans (21 ans auparavant).
Le suffrage universel s'applique à de nombreuses élections (assemblées locales ou
régionales, parlements, exécutif) et peut parfois être indirect comme pour l'élection
des sénateurs en France ou le Président de la République aux États-Unis. Dans ce
cas les citoyens votent d'abord pour des représentants qui eux seuls désigneront ensuite
les titulaires du mandat qui leur est confié au nom de l'électorat tout entier.
Le suffrage universel est aussi utilisé dans les référendums et les plébiscites (voir
ces termes).
Toujours très populaire en Suisse ,où il est né il y a plusieurs siècles, le référendum est en France plutôt peu pratiqué sauf dans certaines périodes (le Général de Gaulle y avait assez souvent recours).
Le référendum y sert le plus souvent à ratifier un texte fondamental : les constitutions de la IVème (1946) et Vème République (1958) , l'élection du président de la République au suffrage universel (1962) ou le traité de Maastricht (1992) ... Le plébiscite, quant à lui, est un appel au peuple pour le renouvellement de la confiance en un homme. Cette technique utilisée sous le Second Empire par Napoléon III explique sans doute en partie que la III ème République n'ait pas aimé avoir recours aux consultations populaires directes.