|
|
Le Pic du Midi de Bigorre et
A découvrir aussi : L'Observatoire du Pic du Midi |
Le
développement des stations scientifiques d'altitude au XIXe
siècle
La volonté de créer au sommet du Pic du Midi une station
scientifique est ancienne et les premières tentatives remontent à
la fin du XVIIIe siècle. C'est dans la seconde moitié du XIXe
siècle que le projet se concrétise car, en particulier, il
s'insère dans un mouvement beaucoup plus large : le développement
des sciences et tout particulièrement dans des stations en altitude.
Ce désir des scientifiques de collecter des informations diverses
sur des points élevés pour les comparer aux relevés
terrestres aboutit dans un premier temps à l'essor des stations
aérostatiques :
« A ce point de vue, les observations comparatives, faites
simultanément dans nos stations terrestres et par les aéronautes
dévoués qui vont étudier les hautes régions de
l'atmosphère, sont extrêmement précieuses ; mais, jusqu'ici
du moins, la durée de ces voyages aériens est encore
très-bornée. En outre, des exemples d'entraînement
vertigineux, ou même des catastrophes, dont l'une, toute récente,
est devenue un deuil public, prouvent l'extrême danger qui
résulterait d'ascensions dépassant certaines limites d'altitude,
ou entreprises dans des circonstances atmosphériques exceptionnelles,
qu'il est néanmoins important d'étudier... », écrit
Sainte-Claire Deville, in Extrait des Comptes rendus des séances de
l'Académie des Sciences, t. LXXXII, séances des 10 et 17 janvier
1876, op. cit., pp. 2.
Parmi toutes les sciences, la météorologie est de plain- pied
dans ce mouvement. Ainsi, Sainte-Claire Deville précise dans un rapport
fait à l'Académie des Sciences en 1876 que
« L'une des préoccupations actuelles de la
Météorologie est de déterminer les rapports entre les
phénomènes que nous observons près de la surface du
sol et ceux qui se passent dans les hautes régions de l'atmosphère.
Plus on s'éloigne, en effet, des accidents superficiels de l'écorce
du globe, plus on se met à l'abri des influences locales qu'exercent
ces innombrables accidents, et plus, par conséquent, on s'adresse
directement aux phénomènes généraux que devront
d'abord expliquer les lois de la Météorologie. Mais ce n'est
pas seulement le point de vue philosophique de la Science qui est
intéressé à ces recherches : elles ne sont pas moins
nécessaires à la Météorologie dynamique, née
il y a cinquante ans à peine, et qui aujourd'hui passionne à
juste titre un grand nombre d'esprits, par les résultats remarquables
et immédiatement pratiques auxquels elle conduit... Il serait inutile
d'insister ici sur les facilités toutes spéciales qu'offrent
les sommets élevés pour l'étude des radiations solaires,
de la Spectroscopie, de la Météorologie cosmique et pour les
recherches astronomiques qui exigent un ciel pur et serein. L'établissement
de quelques-uns de ces observatoires sur des points convenablement choisis
est donc un des desiderata les plus pressants de la Météorologie
».
Institut de France, Académie des Sciences, Extrait des Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, t. LXXXII, séances des 10 et 17 janvier 1876, op. cit., pp. 1-2
L'idée
pressentie en 1854 par Le Verrier est à l'ordre du jour.
L'idée d'un observatoire au sommet du Pic du Midi est reprise
en 1867 par l'Association Scientifique de France, et son vice-président
Tarry.
Celui-ci est déjà venu au Pic du Midi, et souhaite avoir des
renseignements sur l'hôtellerie du col de Sencours, au pied du
Pic du Midi , créée en 1852 et devant avoir une vocation
scientifique. Tarry entre en relation avec la Société Ramond
qui réunit l'élite intellectuelle de Bagnères de Bigorre.
Un projet est développé par un des membres éminents
de la Société Ramond : Célestin-Xavier Vaussenat qui
prévoit qu' « une station météorologique provisoire
sera installée au Col de Sencours, à l'endroit même où
l'Astronome Plantade trouva la mort, et portera pour cette raison le nom
de Station Plantade. L'observateur logera à l'Hôtellerie et
recevra de la Ville et de la Société Ramond, un traitement
de 600 Francs par an ; la Société Météorologique
fournira les instruments ; une souscription publique sera ouverte »
« L'utilité d'un observatoire sur un point culminant de
la chaîne des Pyrénées ».
En avril 1873, le Congrès scientifique de France tient son congrès à Pau, et inscrit à son programme « L'utilité d'un observatoire sur un point culminant de la chaîne des Pyrénées ». C.-X.Vaussenat y est délégué par la Société Ramond : "nous venons prier le Congrès scientifique de France d'émettre un voeu d'abord auprès des conseils généraux des départements pyrénéens et notamment de ceux qui nous avoisinent, puis auprès des ministres de l'Instruction Publique, du commerce et des travaux publics, afin de provoquer des décisions qui soient favorables et qui puissent nous aider dans l'accomplissement de ce projet. Mais pour arriver sûrement à une bonne solution, il faut fonctionner sans désemparer et montrer par les résultats que l'entreprise est d'une utilité de premier ordre. Pour cela nous appelons tous les savants et amis des sciences à y concourir personnellement par une souscription, quelque minime qu'elle soit, à grossir nos ressources encore précaires pour un tel projet qui intéresse tout le midi de la France et à prendre rang parmi les fondateurs du grand Observatoire pyrénéen ".
L'enthousiasme gagne les congressistes, mais les souscriptions réunies sont encore insuffisantes pour permettre d'envisager la construction d'un bâtiment au sommet. Une commission est alors créée pour canaliser et centraliser tous les efforts. Le Général de Nansouty est élu président et le reste jusqu'à la fondation de l'observatoire. En sont aussi membres Vaussenat, Peslin, Alphonse Cazes, H. Duportal, le Dr Druène et Charles Sainte-Claire Deville.
1873,
la première campagne de la station "Plantade"
En 1873 l'hôtellerie de Sencours s'oriente clairement vers les sciences et accueille les observateurs de la Station Plantade.
Par la séance du 1er juillet 1873 la Société Ramond ouvre la première campagne d'observation à Sencours. Mais ce n'est réellement que le 31 juillet 1873 que les instruments sont installés et que la Station Plantade est ouverte par Nansouty, C.-X. Vaussenat et Peslin.
Les observations commencent le lendemain sous la direction de Nansouty qui reçoit l'aide, le 8 août, de l'observateur Baylac, ancien sous-officier. Les deux hommes occupent l'étage supérieur de l'hôtellerie et établissent au sommet un petite cabane : le pavillon Darcet. Ils peuvent désormais effectuer des relevés quotidiens au sommet et à Sencours depuis l'installation qui se trouve « sur un mamelon voisin [où la Société Ramond] a établi un abri du modèle de Montsouris pour les thermomètres et autres instruments qui doivent être observés à l'air libre. Pendant un peu plus de deux mois, elle y a maintenu à ses frais un observateur qui a fait une série régulière de cinq observations de trois en trois heures, de 7 h. du matin à 7 h. du soir ; et de plus est monté chaque matin au sommet du Pic, pour y relever à 9 h. les indications de quelques instruments portatifs. Ces observations, publiées dans le bulletin de la Société, ont été interrompues par la mauvaise saison ; elles vont être reprises prochainement et continuées, nous l'espérons, d'une manière permanente » Société Ramond, Note relative à la création d'un observatoire météorologique sur le Pic-du-Midi de Bigorre, Imprimerie Cazenave, Bagnères-de-Bigorre, 1874, pp 1-2
Les relevés météorologiques répondent à des normes internationales. Ainsi, des mesures sont effectuées à midi 52 minutes, heure de Paris . Cette heure référence sert à uniformiser les observations faites partout dans le monde et collectées par le service météorologique des Etats-Unis : Société Ramond, Note relative à la création d'un observatoire météorologique sur le Pic-du-Midi de Bigorre, Imprimerie Cazenave, Bagnères-de-Bigorre, 1874, pp 1-2 .
« L'Observatoire a été fermé le 9 octobre, à 7 heures, les vivres manquant complètement. Le minima a été laissé en observation, au lieu convenu, à l'abri de la neige, mais à l'air libre ; le baromètre fortin est resté à sa place ; les thermomètres, l'évaporomètre, l'ozonomètre et le pluviomètre ont été rentrés dans le bureau des ingénieurs, ainsi que la barre de suspension des thermomètres. A l'Observatoire de la station Plantade, au col de Sencours, le 9 octobre 1873. Le Président de la Commission, Gal de Nansouty » Société Ramond, Note relative à la création d'un observatoire météorologique sur le Pic-du-Midi de Bigorre, Imprimerie Cazenave, Bagnères-de-Bigorre, 1874, pp 1-2
Sur le Pic du Midi et son histoire
Les catastrophes naturelles |
Météo France |
Paysages, environnement, études
de sites
|
Météorologie et Histoire |
La climatologie |
Image satellite |
Environnement |
Pour toute question ou problème concernant ces pages Web, envoyez
un email à
:![]()