ALPHABETISATION ET GEOGRAPHIE DE L'ECOLE PRIMAIRE DANS LE TARN au XIX ème.


De l'école rare à la généralisation : les grandes étapes.




Toutes les cartes et tous les graphiques ont été élaborés à partir des statistiques de la série T des archives départementales. Cette série, qui regroupe les pièces consacrées à l'école et l'éducation, est en cours de classement.
On peut trouver une partie de ces chiffres dans l'ouvrage de Charles PORTAL "Le département du TARN au XIX ème siècle ".


Première étape au début du siècle : l'école rare.



Le Premier Empire :


Il laisse aux communes la charge des écoles primaires : c' est une période noire pour l'instruction populaire.
Le département ne compte alors qu'une petite soixantaine d'écoles (5 communes sur six en sont donc dépourvues) et bien peu d'élèves (carte ).
Bien peu d'instituteurs surtout concentrés dans les environs des plus grands centres (Albi, Castres, Mazamet, Gaillac etc...), dans les chefs-lieux de canton. L'arrondissement de Gaillac est le mieux pourvu.

En 1810, la situation ressemble donc assez à celle de 1780 :
Les centres urbains un peu conséquents disposent tous d'une ou plusieurs écoles. A la campagne, les zones où l'on circule moins bien, c'est-à-dire l'Est du département, sont moins scolarisées que le Gaillacois ou la vallée du Dadou, plus ouverts.
Le Sud est un peu mieux scolarisé que le Nord : l'influence du protestantisme semble en être une des raisons. A cette date, pour expliquer l'implantation d'une école, il ne faut pas oublier le rôle parfois déterminant d'une volonté locale (administrative ou populaire), puisque tout dépend de la commune.

Globalement la situation tarnaise à cette date est mauvaise, comme dans tout le Sud de la France qui n'a pas rattrapé un retard d'alphabétisation ancien .

Documents :

Comme le montrent quelques réponses des maires à l'enquête de l'an XII sur l'école primaire , la présence d'un instituteur n'implique ni l'existence d'un bâtiment scolaire adapté ni la certitude d'un enseignement régulier et de qualité.


Les questions portent sur :
- l'existence d'une école ou sa possibilité
- les conditions d'exercice (logement, nombre d'élèves envisagés et qualités de l'instituteur proposé)

A propos du logement du futur instituteur
Vabre : " Dans la maison qu'il se procurera lui-même, la commune n'en ayant pas à luy fournir. "
Angles : " Dans une maison qu'il se procurera. Le curé reprenant la possession du presbitaire"

L'instituteur connait-il le calcul décimal et les nouveaux poids et nouvelles mesures ? Quels sont ses autres connaissances ,?
Escoussens : " Il s'occupe à s'instruire à fonds dans cette partie "
Castelnau (de Brassac) : "Non [pour le calcul décimal et les mesures] Lire Ecrire et l'ancienne arithmétique.
Le secrétaire serait assez capable mais il est impossible à cause de ses grandes occupations pour ce qui regarde la commune. "
Verdale : "Non mais il a promis de l'apprendre"




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