Principaux sigles utilisés :
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Au XVII° siècle, il existait déjà une
poudrerie sur l’île de Tounis, elle s'étend pendant la
guerre de 1914 -1918, sur la rive gauche de la Garonne jusqu'à
la limite sud de la commune de Toulouse.
En 1924, l’ONIA (office national de l’industrie de l’azote) est créé.
La production des poudres est séparée de celle des engrais azotés.
L’ONIA , comme la nommait toujours les vieux toulousains, devient ensuite successivement,
APC, CDF, Chimie-AZF, SCGP, et depuis 1991 Grande Paroisse qui fait maintenant
partie d’ATOCHEM (groupe TOTAL FINA ELF).
Le service des poudres est passé à la SNPE en 1971 (ministère
de la défense,société nationale) mais la fabrication de
poudre a été arrêtée en 1973 et depuis les activités
sont orientées vers la chimie.
Tolochimie a été créé en 1961,
(groupe Rhône Poulenc) et est depuis 1996 intégré
dans le groupe SNPE

AZF est repérable à la grande cheminée au deuxième plan. Au premier plan sur une île de la Garonne, la S.N.P.E. (Société Nationale des Poudres et Explosifs) . Le site correspond à une sorte de quadrilatère avec à l'Est le fleuve, (au premier plan), à l'Ouest la route Nationale, doublée par la ligne de chemin de fer, aujourd'hui complétée par l'autoroute A64. A l'origine rural, l'espace périphérique s'est fortement urbanisé avec à l'arrière les cités de Bordelongue et de Papus à droite et la Z.U.P. du Mirail au centre.

La boucle du chemin de fer doublée par la rocade
Sud et l'échangeur de Langlade ferment ce quadrilatère au Nord.
Ce pôle qui comptait près de 5000 ouvriers après la Deuxième
Guerre Mondiale en a à peine 1500 aujourd'hui.

Elle est située sur un terrain de 70 ha au sud de Toulouse et
à environ 3 km du centre, en rive gauche de la Garonne.
Elle emploie 470 personnes. L’usine produisait des engrais et divers
produits chimiques : ammoniac, acide nitrique, urée, nitrate
d’ammonium pour les principaux.
La production de nitrate d ‘ammonium était surtout
destinée aux engrais, et à la fabrication de nitrate
fioul explosif employé dans les carrières et les
travaux publics.
L’usine comportait des stockages importants de substances dangereuses
: - ammoniac- chlore - nitrates d’ammonium.

La SNPE (469 personnes) est installée sur un terrain
de 38 hectares, situé au sud de l’île d’Empalot, sa
forme est celle d’un triangle dont deux grands côtés
sont les bras du fleuve. En limite nord se trouvent la ligne de
chemin de fer Toulouse- Bayonne, avec l’embranchement particulier qui
dessert l'entreprise et le périphérique routier.
A l’est, le site est dominé par les coteaux peu urbanisés de Pech
David qui constituent la rive droite de la Garonne.
A l’ouest, se trouvent les installations du complexe chimique de la Grande
Paroisse et la sortie sud de la R.N 20.
Ses principales productions concernent l’espace et la défense,
la chimie fine et la pharmacie.
SNPE et Grande Paroisse, ne sont séparés que par le bras inférieur de la Garonne ; la SNPE est à 500 mètres du point zéro de l’explosion, les zones les plus éloignées sont à 1 000 mètres. Le lieu de l’explosion est situé à 3 km du centre de Toulouse.
Située à l’extrémité sud du site,
l’entreprise TOLOCHIMIE (110 personnes) occupe 10 hectares.
Elle est reliée à la SNPE , notamment par une
canalisation destinée à faire circuler le
phosgène dissous. TOLOCHIMIE produit des intermédiaires
de chimie fine, à usage agrochimique principalement.
L’établissement d’ISOCHEM, (1998, 38 personnes),
fabrique surtout des produits pharmaceutiques. Il est installé
sur le site de la SNPE.
L’ancienne poudrerie nationale de Braqueville (70 ha) et des ballastières (37 ha) conservent plusieurs dizaines de milliers de tonnes de résidus de poudre au sud de l’usine de Grande Paroisse .
2.1) L'explosion
L’explosion du 21 septembre 2001 est survenue dans un stockage de
« nitrates d’ammonium déclassé »
qui était autorisé pour 500 t et contenait 300
à 400 t de produit le jour de l’explosion.. Les produits
étaient « déclassés » à cause
d'anomalies dans la granulométrie mais aussi dans la
composition des produits. Le bâtiment de stockage était
adjacent à une sacherie où des produits combustibles
étaient stockés.
Cet ensemble de bâtiments n’était pas
équipé de système de détection incendie.
Pour le stockage, il n'y avait pas de détecteurs d’oxydes
d’azote : le risque d’explosion était considéré
par l’exploitant comme négligeable .
Les manutentions dans le local de stockage étaient effectuées
par du personnel d’une société sous traitante TMG qui effectuait
également la manutention des nitrates en sacs et sur palettes.
La veille de l’explosion, 15 à 20 t d’une fabrication
d’ammonitrate avec un adjuvant en phase de qualification ont
été amenés dans ce local. Le matin de
l’explosion, des produits issus du conditionnement des ammonitrates
et des ateliers de fabrication y ont été
amenés.
Un agent de Grande Paroisse est sorti de la sacherie 5 minutes avant
et n’a rien remarqué d’anormal.
L’explosion s’est produite à 10 h 17 dans le bâtiment de stockage,
elle a provoqué la mort de 30 personnes dont 22 dans l’usine et 9 à
l’extérieur, 2500 blessés dont une trentaine gravement.
L’explosion du nitrate d’ammonium même sensibilisé par
la présence de certains produits (matières combustibles
par exemple) nécessite une source d’énergie dont la
nature n’est pas encore connue.
L’analyse des conséquences de cette explosion conduit à estimer
que la puissance de celle-ci est comparable à celle de 20 à 40
tonnes de TNT , ce qui indique qu’entre 40 et 80 tonnes de nitrate d’ammonium
auraient détonées.
2.2) Ses effets à Grande Paroisse
L’explosion a formé un cratère d’une quarantaine de
mètres de diamètre et de 7 m de profondeur par rapport
au sol naturel.

Elle a provoqué la mort de nombreux membres du personnel
(22 victimes, voir plus haut) et des dégâts
matériels considérables dans toute la partie nord du
site : destruction de certains réservoirs de solutions de
nitrate d’ammonium et pollution de la Garonne avec des fuites d’acide
nitrique.
Le réservoir de solution chaude de nitrate d’ammonium à
95 % a été endommagé mais sans provoquer de
fuite.
Fort heureusement, il n’y a pas eu d’effet domino au delà :
pas de propagation aux autres stockages de nitrate d’ammonium , ni
aux stockages d’ammoniac sous pression situés à 300 m
de l’explosion, ni à celui d’ammoniac liquide situé
à plus de 600 m. Le bâtiment abritant le stockage de
chlore à plus de 500 m a subi des dégâts mais les
wagons à l’intérieur n’ont pas été
touchés. Ceux situés au sud du site à plus de
400 m, ont été protégés par certains
bâtiments dont la structure a résisté à
l’onde de choc.
"Si un wagon de chlore ou d’ammoniac s’était
trouvé près de la zone où s’est produite
l’explosion et avait été endommagé les effets du
nuage auraient été d’autant plus meurtriers que
l’explosion avait détruit les vitres dans un large
périmètre autour du site."
2.3) Ses effets aux usines limitrophes
La SNPE a subit des dégâts notables dans ses
installations générales et l’on doit déplorer
des victimes, dont un mort (chute d'une porte métallique
soufflée par l'explosion à 750 m de
l'épicentre), dans son personnel. Toutefois, aucune
installation technique n’a été endommagée,
aucune fuite ne s’est produite. Les installations ont
immédiatement bénéficié du fonctionnement
de leurs automatismes de sécurité et les personnels ont
pris les mesures de précaution prévues.
"S’il n’y a pas eu, ici, d’effet domino, cela n’est pas le
résultat du hasard, mais, à notre sens, d’une
façon de faire qui tient aux précautions
appliquées aux poudres et explosifs."
Du fait de son éloignement, TOLOCHIMIE n’a subi aucun dégât
autre que quelques bris de fenêtres.
ISOCHEM, assez proche du point zéro de l’explosion a
subit des dégâts extérieurs mais ses
installations techniques n’ont pas été
endommagées.
2.4) Ses effets à l'extérieur
Outre les très nombreuses victimes (voir plus haut), les dégâts matériels à l’extérieur du site sont considérables. Les effets du souffle ont provoqué la destruction des bâtiments les plus proches c'est à dire dans un rayon compris environ entre 400 et 700 mètres. Prenons par exemple le cas d'EDF-services Pyrénées-Gascogne, 99, route d'Espagne (services techniques, distribution, commerciaux) à 450 mètres d'AZF : les bâtiments ne sont plus utilisables, un mort, dix blessés graves, soixante blessés légers. Au lycée professionnel Galliéni, un peu plus loin, on déplore également un mort et le lycée deoit être reconstruit.

De fait, au-delà de la distance par rapport à l'épicentre de l'explosion, il faut aussi prendre en compte la position des façades par rapport à ce dernier, la nature des matériaux de construction, la configuration des lieux qui sont autant d'éléments qui font varier l'ampleur des dégâts. Pour simplifier, disons que dans un rayon compris entre 700 et 1500 mètres ils sont la plupart du temps impressionnants : montants des fenêtres et des portes arrachés, toitures gravement endommagées, murs parfois fissurés. C'est ainsi qu' au 29 octobre, le nombre de familles ayant demandé à être relogées à un moment ou à un autre était de 1245 dont 591 dans le parc privé et 654 dans le parc public. Au-delà de 1500 mètres, ce sont la plupart du temps les vitres cassées qui sont les marques les plus voyantes du sinistre mais à 2300 mètres, la toiture en fibro-ciment d'un magasin (But) a été détruite à 75 %.

Pour voir en ligne une carte des dégâts sur les écoles.
La loi du 19 juillet 1976 précise, « sont soumises à
autorisation préfectorale les installations qui présentent de
graves dangers ou inconvénients pour les intérêts visés
à l’article L.511-1 », c’est à dire les installations
qui « peuvent présenter des dangers ou inconvénients
soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité,
la salubrité publique... ». Le décret du 21 septembre
1977 précisait les procédures à appliquer. Les dispositions
européennes de la directive SEVESO II, transposées en droit français
par un décret du 20 mars 2000 modifiant le décret du 21 septembre
1977 et un arrêté ministériel du 10 mai 2000 s'appliquaient
bien sûr aux usines du pôle chimique de Toulouse réglementées
par ailleurs par des arrêtés préfectoraux.
La
directive Seveso est un texte européen portant sur la prévention des
risques industriels majeurs. Adoptée le 24 juin 1982, elle demande aux Etats
membres de l'Union européenne et aux entreprises aux activités dangereuses de
prendre les mesures nécessaires pour y faire face. Le nom de cette directive
est lié à la ville italienne de Seveso qui avait connu un rejet accidentel
de dioxine en 1976. Le 3 février 1999, c'est une nouvelle directive baptisée
Seveso 2 qui fait loi. Elle a été transposée en droit français le 10 mai 2000
et impose en particulier aux exploitants des sites industriels concernés de
mettre en oeuvre un système de gestion et une organisation proportionnés aux
risques recensés. En France, les usines soumises à la directive Seveso sont
au nombre de 372.

Les conseils municipaux des communes concernées se
sont prononcés : - Pechbusque et Ramonville St Agne
défavorablement - Toulouse favorablement avec des
réserves concernant l’efficacité des sirènes et
la prise en compte des inondations-
Les services concernés ont émis diverses observations
et la DRIRE a établi un rapport en date des 8 et 12
septembre 2000 qui a été examiné avec le projet
d’arrêté par le conseil départemental
d’hygiène le 28 septembre 2000.

La première limite est celle du PIG et la seconde celle du PPI. On remarque dans la première zone la présence d'une portion de la rocade et dans la seconde, surtout dans la partie nord, la présence d'un tissu urbain dense (habitations, établissements scolaires, EDF)
Au milieu du siècle dernier, l’urbanisation autour des
usines chimiques se réduisait à la présence de
l’hôpital psychiatrique Marchant.
A partir de 1950, la croissance urbaine forte de Toulouse
amène un grand nombre de constructions diverses aux abords des
usines, on peut citer notamment : -1949 habitations à bon
marché de la cité du Recebedou, à Portet sur
Garonne-1954 camp du Bordelongue : Centre de Formation
Professionnelle des Adultes - 1954/1956 île du Ramier :Institut
du Génie Chimique, résidence universitaire- 1964 zone
industrielle entre la RN 20 et l’actuelle « Poudrerie de
Braqueville » - 1972 parc de stockage du Chapitre, autre zone
industrielle- ...


Comme on peut le remarquer sur ces deux schémas, la densification urbaine s'est poursuivie après 1975, intégrant le pôle chimique au tissu urbain.Ci-dessous une prise de vue , juste au nord de l'usine AZF.

A gauche sur la photo,(extraite de Images de France, Midi-Pyrénées)
l'avenue de Muret, très touchée après l'explosion. De l'autre
côté du fleuve, la cité Empalot, cité-dortoir d'une quarantaine d'immeubles,
construite entre 1950 et 1965. Toute la partie centrale correspond à la grande
île du Ramier, inondable comme les rives opposées. On y distingue bien le Stadium,
lui aussi abîmé lors de l'explosion.
Urbanisation croissante et directive SEVESO II, ont conduit en
1989, la DRIRE à prescrire la mise en place
d’équipements de sécurité, la définition
d' un périmètre à l’intérieur duquel
l’urbanisation est strictement réglementée (PIG)
et d'un périmètre de protection des habitants par un
Plan Particulier d’Intervention ( PPI).
Le critère de toxicité retenu pour le
périmètre PIG est la limite à partir de
laquelle, dans les conditions du scénario, des effets
irréversibles commencent à apparaître, le
périmètre PPI est défini comme la limite
où commencent à apparaître des ‘malaises’.
Actuellement, dans la zone du PIG il y a plus de 1000 personnes et 16
000 dans la zone du PPI.

Le périmètre de protection n’a pas été
modifié depuis 1989. Le PIG imposait des contraintes
d’urbanisme :
- Les implantations industrielles nouvelles sont limitées aux
entreprises ‘à culture chimique’.
- Pour les installations existantes ( activités, habitations
), le PIG indique ‘il convient de laisser à chaque
construction existante une possibilité d’extension compatible
avec le développement normal de l’activité existante’
- Pour les infrastructures routières, le PIG les projets
nouveaux doivent ‘démontrer indiscutablement une
amélioration globale des conditions de
sécurité’
" De façon générale, le règlement
du PIG apparaît relativement peu contraignant et laisse un
champ assez ouvert aux documents d’urbanisme qui en
concrétisent l’application."
Deux projets routiers - au nord la rocade de Toulouse et son
raccordement à l’autoroute A64, au sud le projet
départemental de contournement de l’agglomération (non
encore réalisé)- entrants dans le
périmètre du PIG ont donné lieu à
quelques débats entre la DRIRE et la DDE. La DRIRE a
finalement admis l’argumentation présentée par la DDE
selon laquelle ces projets fluidifiant la circulation
amélioreraient la sécurité des usagers. Il est
surprenant que l’augmentation importante du trafic ( plus de 100 000
véhicules/jours en 2000) et la possibilité
d’encombrements aux heures de pointes n’aient pas été
évoqués alors qu’ils étaient facilement
prévisibles. En outre, la circulation sur la RN 20 qui dessert
le site industriel et traverse sur près de 1500 m la zone de
danger a continué à croître avec le
développement des activités commerciales et artisanales
qu’elle rend accessibles.
La zone de protection se situe à 95% sur la commune de Toulouse. Depuis 1990, le POS de Toulouse prend le risque industriel en compte dans les limites du PIG mais pas au-delà, notamment dans la zone PPI. Mais comme pour cette dernière, il était précisé entre autre qu ‘aucun des accidents envisagés n’engendrerait de conséquences en dehors des limites de l’usine’. on peut comprendre que les collectivités concernées ne se soient pas vraiment approprié la conscience des risques encourus.
La plupart des actes d’urbanisme dans la zone de protection (PIG)
ont concerné les activités industrielles. Au fur et
à mesure de l’évolution et de la modernisation du site
industriel, la surface totale construite a diminué ainsi que
le nombre de personnes présentes.
La mairie de Toulouse sest clairement opposée à un renforcement structurant du pôle chimique souhaité par la CCI en excluant fermement tout accroissement du risque chimique sur cette zone . Ceci na toutefois pas empêché lextension de Tolochimie ni laccroissement des capacités et de léventail des productions de la SNPE et de la SGPC. Pour tous ces dossiers importants, la préfecture sest attachée à ce que les enquêtes publiques soient lobjet dune large publicité et information mais en ce qui concerne les risques, les dossiers mis à lenquête se bornaient à affirmer que les risques potentiels supplémentaires restaient à lintérieur de lenveloppe des risques existants.
Les autres actes sont très peu nombreux :
Lautorisation est fondée sur le fait que lextension ne dépassait pas 20% et naugmentait pas la capacité daccueil. Une note de larchitecte attestait en effet que la capacité passerait de 500 à 502 personnes. Pourtant, la capacité effectivement autorisée pour cet établissement nétait que de 300 . Larchitecte a alors produit pour ce même projet une note de calcul révisée montrant que leffectif maximal diminuait de 400 à 369. La DRIRE, la commission municipale de sécurité et la DDE ont donné un avis favorable à cette extension. On voit donc comment linterprétation du dispositif réglementaire a laissé saccroître significativement le risque pour cet établissement qui accueille probablement aujourdhui plus de 500 personnes au lieu de 300.


Le PPI organise le déclenchement de l’alerte, la
circulation et les secours ; Il envisage la possibilité de se
trouver face à un nombre important de personnes gravement
atteintes. Il n’a pas été mis à jour ce qui
serait nécessaire pour les personnes impliquées dans la
gestion de crise, les accès téléphoniques, les
moyens mobilisés, les plans de circulation.
L’information de la population s’est faite par l’envoi par la
DRIRE de plus de 20000 courriers à chacun des
établissements ou habitations situés dans la zone. Ce
courrier contenait une plaquette décrivant sommairement le
risque et le PPI et donnant des indications sur la conduite à
tenir en cas d’alerte ( mouchoir humide, confinement ..).


Une seconde information spécifique au pôle
chimique a été organisée en 1994. Une
plaquette (ci-dessus) a été envoyée à
tous les occupants de la zone PPI .Elle mentionnait explicitement la
présence d’ammonitrate, produit solide pouvant en cas
d’accident être à l’origine d’incendie ou
d’explosion.
Les mairies concernées ont fait procéder
à un affichage assez large dans les immeubles,
campings, commerces.
Un camion d’exposition réalisé en liaison avec
les industriels a parcouru les quartiers concernés.
Enfin des tournées d’explications pour le personnel des
établissements scolaires ont été
organisées. En général, les enseignants se sont
montrés particulièrement sensibles et se sont
préoccupé de mettre leurs établissements en
mesure de faire face au risque.
Des exercices de mise en œuvre partielle de divers volets du PPI
se sont déroulés entre 1991 et 1995 . "Cette
stratégie d’exercices partiels excluant la mise en œuvre
globale du plan et tout exercice en vraie grandeur nous semble
raisonnable mais il est regrettable qu’elle se soit interrompue en
1995 ... Ceci montre bien que la conscience du risque s’est
émoussée au fil des ans et qu’il est nécessaire
que la réalisation d’exercices soit un volet explicite et
impératif des PPI.
Le PPI prescrit que « par le canal des services publics, les collectivités, entreprises, établissements denseignement sont informés : des consignes de sécurités particulières, adaptées aux groupes et aux environnements sont établies par les chefs ou responsables détablissement ». Le respect de cette prescription na pas été organisé et vérifié avec assez de rigueur par les services publics. Les établissements scolaires sen sont préoccupé ainsi que le parc de la DDE qui faisait régulièrement des exercices."
La définition des zones d’effets à partir des études de dangers devrait être plus transparente et distincte de la définition des conséquences qui en sont tirées sur le plan urbain. Elle devrait être faite sous la responsabilité de l’exploitant et à la demande de l’administration faire l’objet d’une analyse critique par un expert indépendant de l’exploitant. La mission s’est interrogée sur le mode de financement de ces études : actuellement elles sont payées directement par l’exploitant alors que dans la sûreté nucléaire elles le sont par l’administration.
Les PPI devront contenir des prescriptions précises sur : leur révision régulière, l’information, les exercices, la préparation à l’accident éventuel des établissements exposés.
L’explosion de Toulouse montre la nécessité
d’améliorer la connaissance des risques. Il faut
veiller à ce que ces études ne soient pas
biaisées par le souci de rechercher par avance des compromis
sur les distances dangereuses pour éviter des conflits sur les
conséquences de scénarii très graves, difficiles
à accepter en terme d’information du public ou de
maîtrise de l’urbanisme. On constate en effet que des
études sur des installations comparables peuvent conduire
à des résultats très disparates. Alors que les
rayons des zones de dangers étaient de 900 et 1600 m pour le
risque lié à l’ammoniac de l’usine Grande Paroisse de
Toulouse, pour une autre usine d’engrais on a des distances de 4 500
m et 7 km.
Doivent être inclus dans les risques :
- Renforcer l’importance du double confinement lorsqu’il est
techniquement et économiquement possible. Le double
confinement consiste à placer le stockage (fixe ou wagon) ou
l’installation utilisant un produit toxique dans un bâtiment
calculé pour résister à la pression et
neutraliser le produit dégagé en cas de fuite du
réservoir. Des dispositions de ce type existaient sur le
stockage de chlore de Grande Paroisse, mais il y avait sur le site
des wagons non protégés.
Dans certains cas on utilise aussi une méthode consistant
à produire des toxiques sans stockage intermédiaire ou
avec un stockage extrêmement faible. Possible lorsque les
quantités ne sont pas trop importantes,comme pour le
phosgène, cela serait probablement plus difficile pour les
usines de chimie de base ou du pétrole où les
quantités sont généralement très
importantes.
Pour les produits explosibles, il faut avoir recours au
fractionnement des stocks de manière à limiter les
effets d’une explosion sur un stock en veillant à ce que les
distances entre les stocks soient suffisantes pour éviter la
transmission de l’explosion de l’un à l’autre.
"Le transfert des usines « à la campagne »
est parfois évoqué. Il ne faut pas se faire d’illusions
sur cette possibilité car de telles implantations pourraient
se heurter à des oppositions très fortes comme on le
voit pour certains projets relatifs à l’élimination des
déchets. En outre, il y a un risque que l’implantation
industrielle n’induise un développement de l’urbanisation au
voisinage...
Dans le cas de Toulouse, se pose le problème de
l’éventuelle reprise d’activité de la SNPE et de
Tolochimie. Si cette reprise est envisagée cela ne pourrait se
faire qu’après une révision complète de la
sécurité des installations, une mise à jour des
études de danger et une analyse critique par un expert
désigné par l’administration. La reprise
éventuelle des activités liées au
phosgène impliquerait que leur conception soit
entièrement revue. Il faudrait limiter au maximum les
stockages de phosgène ou mieux utiliser le phosgène en
ligne sans stockage intermédiaire entre production et
utilisation."
Pour les usines ayant des zones de
dimensions importantes où il y a un risque mortel et où
l’urbanisation actuelle peut dépasser la dizaine de milliers
d’habitants, il faudra s’interroger sur la possibilité de
laisser l’activité se poursuivre en la sécurisant ou la
nécessité d’y mettre fin. La poursuite de certaines
activités ne sera possible à long terme que si l’on
peut, par des mesures techniques, réduire les risques à
un niveau tolérable compte tenu de l’urbanisation actuelle.
Dans les autres cas, il faudra envisager la fermeture de l’usine avec
un délai de quelques années pour faciliter la
transition en veillant à ce que les échéances
annoncées soient effectivement tenues.
Note :
Postérieurement aux conclusions du rapport, le 11 avril 2002, le groupe
TotalFinaElf a annoncé la fermeture du site toulousain d'AZF, provoquant
aussitôt la réprobation des syndicalistes
CGT de la chimie. Thierry Desmarest, le PDG de l'entreprise a confirmé
cette décision, début juin, au comité d'entreprise . Les
activités de la SNPE et de ses deux filiales Isochem et Tolochimie sont
suspendues jusqu'à ce que le gouvernement prenne une décision.
Le 5 juin, les premières conclusions de l'enquête judiciaire ont
été rendues publiques. Elles écartent toute hypothèse
autre que celle de l'accident chimique. Celui-ci pourrait avoir été
provoqué par une erreur de manutention apportant des grains chlorés
dans le dépôt de nitrate d'ammonium. La direction d'AZF rejette
cette hypothèse qui met en lumière certaines négligences
de sécurité dans l'entreprise.
Un double confinement des cuves de phosgène de la SNPE aurait souffert de l'explosion selon les constats réalisés par Henry Farreny (maire-adjoint de Ramonville). Voir ses arguments à http://vivevoix.site.voila.fr
Vous pouvez consulter les sites des quotidiens Le Monde, Libération, l'Humanité, La dépêche du Midi ... en passant par notre rubrique "naviguer" ou à l'aide de n'importe quel moteur de recherche.
Voici quelques liens parmi d'autres :
Les articles archivés de l'hebdomadaire Tout Toulouse.
Un dossier de l'hebdomadaire l'Express illustrant assez bien comment on a pu se diriger un moment vers la thèse de l'attentat...
Et puis quelques titres, ou courts extraits, là encore parmi d'autres
Pour La CROIX (24-9) , « L'usine inquiétait
depuis longtemps ». Le quotidien FRANCE-SOIR (25-9) et l'hebdomadaire
VERT CONTACT (29-9/5-10) évoquent des « bombes chimiques
à retardement » tout comme LE MONDE (23/24-9) qui pose
la question de savoir « Comment une telle bombe peut-elle se retrouver
à côté de la quatrième ville de France, dans une
agglomération de plus d'un million d'habitants ?". ; L'HUMANITÉ
(27-9) Le POINT (28-9) : « Ces usines qui font peur »
"Quatre jours après la terrible explosion qui a ravagé l'usine
AZF de Toulouse, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer
les carences de sécurité du site." souligne en tête
de page le site internet TF1 du 25 septembre
• LE MONDE (27.09.01) pose le problème des origines de l'accident
: "Les chimistes ne s'expliquent pas les causes de la catastrophe de Toulouse.
La thèse de l'accident, telle qu'elle est formulée par le procureur
de la République, ne résiste pas à l'analyse des spécialistes.
L'explosion du nitrate d'ammonium requiert un important apport d'énergie
que l'enquête n'a pas encore identifié." LIBERATION, un
peu plus tôt (Le lundi 24 septembre 2001) écrivait quant
à lui sur le même sujet : "La proximité du 11 septembre
à New York a tout de suite fait songer à un attentat. L'explosion [...] - pourrait
tout aussi bien n'être qu'un accident. Ni le parquet de Toulouse, qui a ouvert
une information judiciaire pour «homicides et blessures involontaires», ni TotalFinaElf,
dont des experts en sécurité et spécialistes en «scénario accident» sont au
travail sur le site, ni le ministère de l'Environnement n'ont dissipé le brouillard.
Au sommaire du numéro 65 de la revue Mappemonde (Belin-Reclus) mars 2002, les articles : - Risques technologiques et SIG - L'explosion d'AZF - et une liste de sites "pour en savoir plus sur les risques industriels et l'explosion de l'usine AZF grâce à Internet".
Le site de l'INERIS (Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques).
Rapport de la commission d'enquête sur la sûreté des installations industrielles et des centres de recherche et sur la protection des personnes et de l'environnement en cas d'accident industriel majeur sur le site de l'Assemblée nationale
La préfecture de Haute-Garonne fait le bilan
Le point de vue de l'association France Nature Environnement (et nombreux liens ).
Une analyse de l'Ecole des Mines de Paris
Le compte-rendu sismologique de l'Académie des sciences (réservé aux spécialistes).