Synthèses élaborées par les maîtres de cycle1
lors des animations pédagogiques animées par Louis Turchi
autour du document : le langage à l'école maternelle
PS - chants et comptines répétés et mémorisés ( prosodie, mélodie, rythme), accompagnement du corps, d’objets
- rythmes, rondes et jeux dansés
- jeux d’écoute, de reconnaissance de rythmes
- écoute et discrimination de bruits divers, de sons
MS - jeux vocaux : on écoute, on produit, on répète, on imite, on transforme, on allonge une syllabe, on, change l’intonation… jeux poétiques
- frapper les syllabes, comparer des mots suivant le nombre de syllabes
- repérer la longueur des mots à l’oral (qui peuvent représenter un mot long ou court)
- placer la syllabe en début, fin du mot ; inverser, éliminer, fusionner
GS - allonger un mot d’une syllabe, diminuer…
- situer une syllabe dans un mot donné
- mots valises : éléphant, fanfare
- dégager une syllabe commune à plusieurs mots
- rébus
- découvrir le phonème ( voyelles d’abord) : répéter, repérer ce que l’on entend tout le temps
- discriminer des sons proches
- manipuler (lili, lala, lulu )
Relation entre oral et écrit
PS - dessins et écritures se différencient peu à peu
- le prénom aide à comprendre qu’une trace à toujours le même sens
- écrire et expliquer devant l’élève
- balayer du doigt une comptine en la lisant (rôle de l’écrit, orientation de l’écrit)
MS - aller chercher un texte connu sans image dans un fichier
- comparer des longueurs de texte écrit et des durées de texte entendu
- analogie entre des titres
- nommer des lettres
- écrire son prénom, percevoir les traits d’une lettre, les analyser, les décrire, les reproduire
- tentatives d’écritures autonomes ( en capitales)
GS - résoudre des problèmes d’écriture (pour comprendre le fonctionnement du code alphabétique), écriture tâtonnée
- copie de mots
- écrire en cursif (maîtrise des tracés, des liens de la trajectoire)
- épeler un mot- dans la dictée à l’adulte, ralentir le débit à l’oral pour l’ajuster au geste d’écriture
Activités graphiques ( «activités décoratives à dominante graphique») tous les jours sous ses trois formes : libre, accompagnée, entraînement.
PS - varier outils (main, index, pied, éponge, bâton, rouleau, brosse, gros feutre…) et supports (sable, terre, grande piste graphique sur les 3 plans : vertical, horizontal, oblique…)
- tenir les outils de manière adaptée
- avoir une posture adaptée
- respecter une consigne
- reproduire des formes simples-varier les formats
MS - utiliser des outils plus «précis» : feutres fins, crayons de couleurs…et des supports de taille progressivement réduite en privilégiant le plan horizontal
- parvenir à contrôler la trace, orienter le geste pour produire et reproduire des formes : lignes droites, courbes, enroulées
- opérer des changements de direction
- respecter des consignes précises : entourer, relier des éléments, contourner…
GS - utiliser stylos à bille, feutre fin, crayon avec la main dominante
- exercer le regard (création de répertoires de signes graphiques, d’images choisies…) afin que l’œil arrive à diriger la main
- suivre une direction, freiner, stopper, revenir en arrière, changer de sens de rotation sur un support de plus en plus petit.
- observer, analyser une « composition » pour en retrouver les formes de base, pouvoir les reproduire en choisissant l’outil et le geste adaptés
L’écriture, l’acquisition d’un geste normé (toujours en relation avec code alphabétique et conscience phonologique pour donner du sens)
PS - oraliser quelques lettres reconnues dans les prénoms
- commencer à écrire son prénom en capitales d’imprimerie
MS - écrire son prénom, un titre d’album, la date …en capitales d’imprimerie
- travailler lettre droites : L E F T I H , puis les lettres obliques (A N M V), puis les ovales (O C P Q G S), enfin les complexes (Y Z W R B U …). De même chiffres droits (1 7 4), puis ovales (0 6 8 9), puis combinés (2 3 5)
GS - écrire en cursif sur une feuille sans ligne puis avec des lignes de plus en plus serrées
- écrire les lettres avec boucles vers le haut, puis avec les coupes ( u i t) puis avec les ronds puis avec les ponts (m n p ) puis boucles vers le bas (g j y ) enfin les boucles combinées ( s x r z )…
- verbaliser le tracé d’une lettre.
- écrire 1 ligne en cursif-produire seul (écriture tâtonnée)
Remarques : toutes ces activités exigent attention, rigueur, concentration de la part de l’enfant qui devient élève. Les élèves ne sont pas tous au même niveau : il faut donc respecter cette hétérogénéité, accepter que chaque élève accède aux différents paliers quand il est prêt.
Ces activités ne peuvent se faire qu’en petits groupes. Le maître apporte une grande attention aux conditions matérielles. Il observe, accompagne, met en mots l’écriture…
Répondre aux sollicitations de l’adulte, des pairs
PS Rituels, appel, comptines, chants. Consignes. Répondre à la marionnette. Situation duelle, situations de la vie de la classe : habillage, toilette, ateliers MS Inventer des comptines… Mise en forme de situations vécues : recettes, sorties. Lancement des activités des ateliers, reformuler les consignes GS Savoir varier sa voix…Tenir un échange au-delà de la première réponse…Raconter, expliquer, reformuler…Justifier son travail, sa démarche… Prendre la parole, s’insérer dans un échange collectif
PS Dualité, Jeux de réciprocité : à toi, à moi, dînette…Groupe restreint nommer, énumérer… MS Chants, comptines, théâtre, jeux de rôle, marionnettes. Jeux : chaud et froid, il ou elle, commissionnaire…Présentation de situations vécues dans la classe, hors de la classe. Description d’images, d’albums muets…Correspondance, dictée à l’adulte. GS Débats, discussions. Inventer des histoires. Chanter, parler seul face à un groupe. Expliquer le pourquoi, les conséquences…Préparer une sortie, prévoir le matériel…Résoudre un conflit…Faire partager ses émotions…
Choisir les albums
PS Histoires ou contes faciles, courts, accessibles ; personnages classiques «stéréotypés», formules répétitives, lectures en randonnée, illustrations accessibles, linéarité de l’histoire, musicalité du texte, peu de pré-requis culturels nécessaires. MS Découverte d’ouvrages plus résistants nécessitant relectures du texte et de l’image; classiques de la littérature de jeunesse, du patrimoine; découverte de constructions narratives; débuter des réseaux de lecture. GS Ouvrages résistants et plus longs, diverses versions d’une même histoire; récits fondateurs; découvertes des constructions narratives; complexité de la relation texte/image ; constituer des réseaux.
Favoriser les conditions idéales
PS Des « lectures douillettes » , enfants presque blottis, petits groupes, MS Bonnes conditions matérielles ; des livres à portée de main, BCD. GS Bonnes conditions matérielles, des livres disponibles, un journal de lecture de la classe, BCD
Favoriser la compréhension (reformulation)
PS Avant la lecture, donner des éléments clés, une marionnette peut le faire; raconter, lire plusieurs fois la même histoire. MS Mobiliser les connaissances utiles, les liens avec d’autres lectures ; favoriser les hypothèses sur la couverture, les illustrations…jouer les histoires, confronter le reformulations…travailler le lexique GS Anticiper l’histoire, vérifier; analyser les illustrations; dessiner les épisodes de l’histoire, les ranger chronologiquement; combler le «trou» d’un texte lu ; choisir un bon résumé parmi plusieurs, enrichir le lexique…
Favoriser l’interprétation (débat)
MS Confrontation des points de vue, souligner accords et désaccords …
GS Les élèves explicitent les raisons de leurs choix, ils font des liens avec d’autres livres, avec leur vécu ou des informations qu’ils connaissent, ils reviennent au texte pour prouver.
Favoriser la mémorisation des textes
PS Plusieurs lectures, activités ludiques, travail corporel ; retrouver l’histoire à partir d’un personnage, d’une illustration…Classeur de classe avec des photocopies de couvertures MS Cahier de littérature : titre, nom de l’auteur, de l’illustrateur et de l’éditeur peuvent être photocopiés et illustrés par les élèves, court texte par dictée à l’adulte…. GS Cahier de littérature : les élèves écrivent le titre et illustrent l’histoire.
Le maître lit ou raconte ?
PS Il raconte car les élèves ont besoin du regard sur eux, lectures douillettes
MS Lectures douillettes, lectures en groupe ; le maître interprète le texte, joue avec le rythme, la mélodie des mots…
GS Lecture à haute voix du maître, les élèves seuls avec les mots qu’ils entendent, acquièrent, distance, intériorité…
Dans toutes les séquences d’activités, le maître doit se donner un objectif langagier en plus de l’objectif spécifique au domaine d’activité.
Langage en situation
PS Le langage est le produit de la situation ; langage sur l’action. Relation duelle. La parole est une conquête qui suppose une prise de risque. Exploiter tous les moments de vie pour ancrer le langage de manière fonctionnelle. Étayage d’ordre socio affectif important favorisant la confiance. Regard bienveillant du maître qui joue de l’expressivité de la voix. Utilisation d’objets médiateurs (marionnette). MS Enrichir ce premier langage du point de vue lexical, syntaxique ; les élèves doivent pouvoir dire ce qu’ils font ou ce que fait un camarade. Prise de distance par rapport au référent. Programmation d’activités avec objectifs précis d’apprentissage lexical… Élaborer et enrichir des imagiers, des dictionnaires, des boîtes à trésors. GS Le langage doit pouvoir être la source de la situation d’apprentissage. Langage sur la langue. Activités langagières à visées diverses: décrire, rendre compte, expliquer questionner…Tris et classements de mots, transformation au féminin, au pluriel…
Langage d'évocation
PS Rappel de ce qui vient de se passer dans la classe (énumération chronologique) par le maître. Jouer progressivement sur le temps : rappeler un événement de l’accueil, une visite de la veille…Albums collectifs de classe.Contes racontés… MS Récapitulation de l’activité par les élèves. Rappeler plusieurs événements récents, les ranger chronologiquement…utiliser le support d’images, de photos, de dessins pour évoquer des événements passés…La correspondance avec des interlocuteurs externes favorisent une décentration forte..Cahiers de vie individuels. La lecture d’histoires permet d’aller plus loin dans le pouvoir de représentation du langage. GS Les images détachées du vécu servent de supports à un langage d’évocation et favorisent la construction de récits.. Fonctionnement sur la base de projets où les élèves s’impliquent réellement (programmation d’une fête, d’une visite, d’une rencontre USEP… bilan, élaboration d‘une trace…). La trame narrative amène les élèves à utiliser le langage d’évocation par la restitution des passages de l’histoire…Utilisation des connecteurs logiques, d’un lexique approprié d’une bonne syntaxe : dictée à l’adulte…