L’erreur : une typologie possible …
Le statut de l’erreur a
évolué. Bien analysée par l’enseignant, bien comprise par l’élève,
cette erreur peut et doit être formatrice. Mais l’image de l’erreur
culpabilisante reste encore bien présente. Voilà un écueil à surmonter.
- une non compréhension
de la coutume scolaire.
« La classe est une
sorte de société coutumière dans laquelle il existe des règles, le plus
souvent implicites, auxquelles l’élève doit se soumettre pour réussir les
exercices qui lui sont proposés. »
- une non maîtrise des
outils et des situations auxquelles ils se rapportent.
« Nous croyons
qu’il suffit de maîtriser les outils pour savoir les utiliser correctement
dans toutes les situations. […] Le contexte immédiat dans lequel le problème
est apparu la première fois surdétermine l’identification du problème.
[…] Il faut que ce soit la structure des problèmes, et non pas la surface des
choses, qui détermine la mobilisation des outils permettant de les résoudre. »
- une difficulté de décontextualisation.
« Pour que les élèves
apprennent autre chose, il faut que la décontextualisation des savoirs
scolaires soit possible, c’est à dire que l’élève puisse utiliser les
savoirs appris en classe dans d’autres situations que celles de la classe, où
l’instituteur ne soit plus là, où le matériel didactique n’est plus présent,
où le contexte n’est plus le même. »
- un mauvais usage des
stratégies d’apprentissage.
« De nombreuses
erreurs des élèves sont liées au fait qu’ils n’utilisent pas les bonnes
stratégies personnelles et qu’ils ne savent pas travailler. […] Il est donc
important de rééquilibrer les situations d’entraînement au détriment des
situations d’information. »
| Types de dysfonctionnement dans les apprentissages | Types de remédiation possibles |
| L’élève ne perçoit pas le sens des apprentissages qui lui sont proposés. | Mise en place de situations de finalisation : pédagogie par alternance, pédagogie du projet, pédagogie des situations-problèmes (repérage des obstacles auquels articuler un objectif). |
| L’élève ne maîtrise pas certains prérequis nécessaires à un apprentissage donné. | Mise en place de situations de remédiations ciblées sur des sous-objectifs déterminés (suivies d’une évaluation spécifique et d’un réinvestissement dans la tâche). |
| L’élève n’est pas capable d’associer un outil ou une procédure avec une famille de problèmes (ou de construire une compétence). | Mise en place de situations de structuration centrées sur l’identification d’une structure de problème (passage des indicateurs de surface aux indicateurs de structure) et l’appropriation d’un programme de traitement adapté ; travail d’ajustement des deux éléments par surspécification et sous-spécification. |
| L’élève n’est pas capable de décontextualiser une compétence. | Mise en place de situations de décontextualisation et recontextualisation : recherche systématique d’autres situations où la compétence peut être utilisée. |
| L’élève n’est pas capable de mettre en œuvre des compétences de manière efficace dans des tâches complexes. | Mise en place de situations d’entraînement dans lesquelles le sujet est amené à observer ses stratégies d’apprentissage et à enrichir sa panoplie méthodologique (pratique de la métacognition). |
La métacognition : "réfléchir de la manière dont on travaille. Il s'agit d'aider l'élève à réfléchir sur sa manière de travailler. Les pratiques métacognitives dans la classe amènent à se poser quatre types de questions. "
Un outil de travail sur l’erreur : la métacognition

« Les
pratiques métacognitives consistent à poser ces questions à chaque élève et
à l’aider à les résoudre. La métacognition est un point très important de
l’action pédagogique pour ses effets à la fois sur l’enseignant et sur
l’élève.
Si
l’nseignant prend du temps dans sa classe pour poser ces questions avec ses élèves,
il fait lui-même des découvertes : par exemple que chaque élève à des
procédures de travail différentes. La métacognition, c’est une
interrogation avec les élèves sur leurs méthodes de travail.
Elle
amène l’enseignant à différencier sa pédagogie. De son côté, l’élève
découvre son propre fonctionnement intellectuel et cela l’amène a plus
d’autonomie.
Pédagogie
différenciée et autonomie, c’est une meilleure chance d’adéquation entre
les logiques d’enseignement et les logiques d’apprentissage, c’est une
meilleure chance d’adéquation entre ce qui est enseigné et ce qui est
appris. Pour nous, actuellement, c’est un des moyens privilégiés pour
travailler sur l’erreur : il faut prendre du temps pour les pratiques métacognitives,
prendre du temps pour réfléchir avec les élèves sur ces questions, du temps
qui est vraiment un temps gagné dans la mesure où il a des effets sur les
bouts de la chaîne, l’enseignant et les élèves.
Ainsi,
progressivement, sans révolution extraordinaire, on parvient à une évolution,
à un progrès des pratiques pédagogiques. Les pratiques métacognitives ne
sont pas une de ces grandes réformes du système éducatif que nous connaissons
périodiquement, mais elles constituent un progrès extrêmement sensible, qui
fait évoluer de façon très significative le traitement de l’échec et des
difficultés ».