Orgue de Rodez 

HISTORIQUE :

GRAND ORGUE
 
L’INSTRUMENT : (Monument Historique)
 
Un document daté du 23 novembre 1629 nous apprend que c’est Antoine Vernholles (facteur d’orgues installé à Poitiers) qui construisit le grand orgue de la cathédrale de Rodez avec le concours de Raymond Gusmond, maître sculpteur de Périgueux pour la réalisation du buffet. L’ensemble des travaux commençés probablement en 1628 s’acheva en 1631 avec la participation de Germain Cayron pour la décoration de la tribune. On ignore la composition de l’orgue de Vernholles sans doute influencé par la facture flamande.
En 1657, André Eustache effectue quelques réparations et un relevage.
Vingt ans plus tard, il est à nouveau question de restaurer l’instrument de la cathédrale.
Le chapitre s’adressa à Jean de Joyeuse, l’un des plus célèbres facteurs d’orgues du XVIIe siècle qui introduira le style parisien pour la première fois dans le midi de la France. Il s’agira en fait d’une reconstruction complète de l’orgue avec réutilisation d’un bon nombre d’éléments de Vernholles.
Une quittance du 4 juillet 1733 nous informe que tous les sommiers ont été restaurés, la soufflerie refaite et toute la tuyauterie baissée d’un demi-ton par François Lespine, facteur installé à Toulouse. Celui-ci interviendra à nouveau en 1749 avec l’aide de son fils pour quelques réparations.
C’est au tour de Jean Isnard, en 1776, d’effectuer des réparations et d’agrandir l’instrument : adjonction d’un 4ème clavier avec plusieurs jeux, extension des claviers à 50 notes... On peut se prendre à imaginer l’éclat et la magnifiscence du grand orgue de Rodez à cette époque lorsqu’on entend aujourd’hui ceux d’Albi et de Saint-Maximin, dus également à Isnard.
Après la période révolutionnaire l’instrument a besoin de réparations : le facteur Clavel d’Albi répare le positif et remplace un jeu au récit.
Il faut attendre 1839 pour une restauration complète. Subventionnée par le Ministère des Cultes elle fut réalisée par les frères Claude qui ne modifièrent pas la composition des jeux.
Sous la direction de Félix Clément, membre de la Commission des Arts et Edifices Religieux, le facteur Pagès est autorisé en 1858 à effectuer un certain nombre de réparations. En 1861 le travail n’est toujours pas réalisé et après le décès de Pagès, les travaux seront achevés par la maison Th. Puget en 1872.
En 1880 la foudre tombe sur la cathédrale : l’orgue est endommagé mais n’est pas réparé.
A la fin du XIXème siècle l’orgue est pratiquement injouable. Mgr Francqueville, évêque de Rodez, prend à sa charge la réfection de l’orgue qui est confié à la maison Anneessens de Belgique. Inventeur d’un perfectionnement du système tubulaire, elle réalise un orgue qui plait aux modernistes de l’époque. Non seulement la tuyauterie de Jean de Joyeuse et d’Isnard ets entaillée, déplacée, rediapasonnée et réharmonisée, mais les apports neufs d’Anneesens ne sont pas de première qualité. C’est en tout cas la mort de l’orgue classique français.
En 1934 Maurice Puget remanie légèrement la composition des jeux, et vers les années 1970, la fameuse traction tubulaire d’Anneesens est à bout de souffle.
L’orgue est démonté en 1975 et il faudra attendre 1986 pour que s’achève la restauration conduite par le Ministère de la Culture et réalisée par le facteur d’orgues Yves Koenig de Sarre-Union.
Ayant récupéré une grande partie de la tuyauterie ancienne (plus de 1000 tuyaux) le programme de travaux a cherché à privilégier un retour à l’orgue de Jean de Joyeuse, tout en acceptant un élargissement des possibilités par une composition enrichie des jeux du XVIIIème siècle.
Le nouvel orgue reconstruit a été inauguré le 11 octobre 1986 par les organistes Michel Bouvard, Georges Lartigau et Francis Chapelet.
 
LA CONSOLE :
 
3155 tuyaux au total.
Diapason : ½ ton en dessous du La 440 Hz
L’orgue est accordé dans un tempérament inégal très doux permettant de jouer dans tous les tons.
LE BUFFET :
Impressionnant par ses dimensions (plus de 20m de hauteur), et par la richesse de son ornementation, le buffet du grand orgue est l’œuvre des ébénistes Raymod Gusmond, de Périgueux, et Germain Cayron, de Rodez. Ses boiseries sculptées de 1628 à 1631, ont retrouvé lors de la restauration de 1986 leur teinte claire et dorée d’origine, celle du noyer naturel ciré dans lequel elles sont entièrement fabriquées. Seules les armoiries de l’évêque Bernardin de Corneilhan (1614-1645) et du Chapitre de Rodez, situées tout en haut des grandes tourelles, portent les traces d’une polychromie aux couleurs vives, vert et rouge, qui n’a jamais couvert tout l’ensemble.
Le petit buffet du Positif enserre neuf groupes de tuyaux, trois tourelles, deux triangles, quatre plate-faces. Des statues courronnent les tourelles : la Vierge-mère au centre, entourée des évêques St-Martial et St-Amans, évangélisateurs et patrons du diocèse. L’archaïsme du vêtement de la Vierge et le style gothique des pinacles à crochets qui surmontent les triangles, indiquent des remplois de l’orgue précédent, probablement construit au XVIème siècle.
Partout ailleurs éclate la luxuriance des décors Renaissance, fleurons et arabesques, grotesques et mascarons, bustes de harpies au visage hurlant, qui voisinent sans trop surprendre, aux six plate-faces du grand buffet, avec les rustiques statues du roi David et de Sainte Cécile. Patrons des musiciens et des organistes, ils trônent au dessus des deux triangles, tandis que Notre-Dame et l’Assomption, patronne de la cathédrale, s’élève au sommet de la tourelle centrale, entourée, sur les quatre tourelles latérales d’anges qui l’acclament, ailes déployées et palmes à la main.
 
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