PARCOURS CROISE "LIRE LES PAYSAGES D'ARIEGE"
LES PAYSAGES DE ST GIRONS ET ST LIZIER .
OBJECTIFS  ET ORGANISATION DU TRAVAIL .
Quelques remarques sur une aventure collective dans un lointain collège du piémont pyrénéen, le collège du Couserans à St Girons (09-Ariège),  qui vous seront peut être utiles si l'envie vous prend d'essayer de conduire un projet semblable .
Pour nous contacter , voir  adresses ci dessous
LES OBJECTIFS GENERAUX.
LES OBJECTIFS PEDAGOGIQUES.
LES PARTICIPANTS ET LES PARTENAIRES. L'ORGANISATION DU TRAVAIL DES ELEVES. BILAN ET REMARQUES DIVERSES .
LES OBJECTIFS GENERAUX:
les objectifs généraux étaient multiples au départ :
- Favoriser la pédagogie de projet et le travail plurisdisciplinaire, et "tester sur le terrain" ces deux idées,  qui nous paraissaient intéressantes . 
- Expérimenter les "parcours croisés" en grande dimension  (tout le niveau des quatrièmes, soit 5 classes ) , pour en percevoir mieux les avantages et les inconvénients ,  pouvoir nous faire une opinion à ce sujet et  en rendre compte (voir à ce sujet tous les BO sur les parcours croisés) . 
- Favoriser l'éducation à la citoyenneté et à l'environnement , qui sont des objectifs pédagogiques  transdisciplinaires clairement identifiés dans les nouveaux programmes de collège , et qui nous tiennent à coeur ( BO HS N° 1 du 13/2/1997 pour l'éducation civique et N° 48 du 28/12/1995 pour l'éducation à l'environnement ). 
LES OBJECTIFS PEDAGOGIQUES : POURQUOI LE CHOIX DU THEME DU "PAYSAGE" :
Deux raisons ont motivé le choix de ce thème de travail :
- le "paysage" est un thème de travail ouvert, favorisant une approche environnementale et locale  : 
- Ce thème est très ouvert car la lecture et l'analyse de paysage touchent à de multiples disciplines selon le regard qu'on porte sur le paysage , celui de l'artiste , du géographe , del'urbaniste , du naturaliste, du romancier... et ce choix facilite donc une approche pluridisciplinaire. 
- De plus analyser un paysage oblige à formuler des hypothèses, à se poser des questions sur les liens entre l'homme et la nature et donc à poser des problèmatiques environnementales ou d'aménagement du territoire. 
- Enfin , ce thème correspond bien à un état d'esprit actuel dans  notre petite région ,  un sentiment de perte d'identité à l'heure de l'Europe entraînant  un plus grand souci de protection du patrimoine local , et donc entre autre, des paysages . 
- Choisir ce thème de travail permettait de participer à un projet départemental :  l'Inspection Académique de l'Ariège et le groupe départemental d'éducation à l'environnement (groupe informel , rassemblant des enseignants de l'éducation nationale et de l'enseignement agricole et des associations , et participant à l'action culturelle de l'inspection académique , sous l'égide d'un comité régional ), avaient proposé au printemps précédent aux enseignants du primaire et du secondaire , de travailler avec leurs élèves pendant l'année scolaire 2000/2001 sur le thème commun du paysage et de rassembler sur un site internet ,intitulé "lire les paysages d'Ariège", les productions des élèves  . Cette opération avait pour but de créer une banque de données départementales et de permettre un travail en  réseau des enseignants ; la participation à un projet commun  nous semblait intéressante pour motiver les élèves et mieux valoriser leur travail . 
LES PARTICIPANTS ET LES PARTENAIRES :
- les participants au projet : Au départ , une prof d'histoire géo ,  et un prof de technologie qui , après discussions à la cantine et en salles des profs ,  constituent une première petite équipe en Juin 2000 pour déposer un PAE (projet d'action éducative) ,  petite équipe qui s'étoffe en septembre 2001, une fois les nominations connues : au total , pour les 5 classes de quatrième , 2 profs d'hist géo (le troisième , nommé pour un an sur le poste et résident lointain , ne souhaitait pas s'investir trop - et on le comprend -) , 4 profs de techno et 3 profs de bio = 9 professeurs .. Il est utile de préciser que ce travail s'est fait sur les horaires (mis au plafond) des disciplines et que ni alignement des heures de cours ni  heures de concertation n'avaient pû être prévus dans les emplois du temps . 20 HTS ont été attribuées à l'équipe pour l'année , soit un peu plus de 2 heures par professeur pour l'année . Vous aurez compris que , si participer à  ce genre de projet grand dévoreur de temps permet de mieux connaître les collègues et de remettre en cause ses pratiques routinières,  cela ne permet pas de s'enrichir financièrement . 
Par ailleurs , les aides éducateurs chargés de l'animation de la salle multimédia du lycée-collège ont joué un rôle essentiel , en termes d'appui technique pour les enseignants et d'accueil pour les élèves qui sont venus par petits groupes travailler sur les ordinateurs. Sans eux  nous ne serions pas parvenus à "finir" le travail et il faut rendre hommage à leur bonne volonté, leur disponibilité et leur compétence .
- les partenaires :
       - financiers :  L'équipe a déposé un dossier de "projet d'action éducative" et un dossier "mille défis" . Les deux dossiers ont été acceptés et nous avons reçu une aide financière qui a permis de payer les transports , du matériel pédagogique et du petit matériel : nous avons reçu 4000 francs du Conseil Régional, 3000 francs de la DIREN , 3180 francs du Département et 1500 francs de l'inspection académique . Par ailleurs l'Action Culturelle du rectorat de l'académie de Toulouse a attribué à l'ensemble de l'opération départementale une aide de 30000 francs , que nous pouvions utiliser en partie . 
     - techniques : L'un des professeurs a fait appel aux services du CAUE (conseil en architecture , urbanisme et environnement ) de l' Ariège , qui a mis gratuitement (c'est un service public) à sa disposition une architecte paysagiste, laquelle a participé à une sortie et est intervenue avec beaucoup de pertinence devant les élèves pour préciser diverses notions sur le paysage . Par ailleurs , nous avons fait appel à un spécialiste du traitement de la photo aérienne , à l'IGN , et enfin nous avons reçu l'aide bénévole d'un parapentiste compagnon d'une des professeurs qui a pris des photos aériennes du paysage local , en prenant pour nous tous les risques ! 
ORGANISATION ET PRODUCTION :
- le montage du projet : Pour arriver à financer un projet de cette taille , nous avons déposé un dossier de PAE (projet d'action éducative) . Or les dossiers de PAE doivent être présentés en Juin de l'année scolaire précédent le projet , alors que les équipes éducatives ne sont pas constituées , ni les nominations prononcées . Plus gênant , les thèmes de travail choisis sont forcément ceux des professeurs puisqu'ils n'ont pas encore vu les élèves de l'année suivante .. et on ne peut donc partir d'une interrogation précise ou d'un sujet motivant particulièrement les élèves , ce qui est tout à fait contradictoire avec l'"esprit" de la pédagogie de projet .. d'où l'idée de choisir le sujet le plus large possible  . Nous avons donc rédigé et envoyé nos demandes en Juin 2000 .
- les sorties d'observation et d'analyse du paysage :  En Octobre et Novembre , nous avons sollicité et obtenu du Proviseur et de la Principale l'autorisation de sortir 1 journée avec chaque classe ; nous avons "étalé" ces journées sur 5 semaines  : Le matin , déplacement à pied au dessus de la vallée , activités d'orientation et d'observation du paysage à l'aide d'un questionnaire , prise de photos numériques et croquis paysager du paysage visible . L'après midi, déplacement en car "dans" le paysage vu le matin de l'extérieur  , observation plus précise du sol et de la végétation . Une des professeurs a fait avec sa classe une deuxième sortie d'une demi journée pour rencontrer le Maire de St Lizier , pour faire mieux comprendre aux élèves les règlements d'urbanisme et l'évolution du paysage de la ville . 
- un travail d'approfondissement en classe : Puis , en classe, les professeurs d'hist géo ont repris le croquis paysager et en ont tiré un croquis cartographique . Les professeurs de SVT ont utilisé les échantillons ramassés,  dans leurs cours sur la nature des sols et les professeurs de technologie ont commencé à élaborer des profils cartographiques en vue de réaliser une maquette. 
- le  choix d'une problématique et d 'un sujet par petits groupes : Ensuite , les professeurs ont demandé aux élèves, rassemblés en groupes de 2 ou 3 ,  de choisir un sujet d'étude lié au paysage qu'ils avaient observé et de présenter leur sujet sous forme d'une question ... étape difficile , que nous n'avons pas très bien maîtrisée .. Nous avons fini par proposer aux élèves une liste de sujets possibles , soit en hist géo , soit en SVT, parmi lesquels ils ont fait un choix . 
- les recherches et enquêtes des élèves : restait aux élèves à trouver des réponses à leur sujet de recherche . Et là .. nouveau problème .. comment aider les groupes d'élèves quasi individuellement , les sujets étant très variés , alors que nous ne rencontrons les élèves qu'en grand groupe classe (29 élèves) .. Il aurait fallu pouvoir leur proposer des entretiens individuels , ce qui s'est avéré très difficile à réaliser , les élèves et les professeurs manquant de disponibilité et d'espace adéquats .
- la production des pages web : Enfin  les exposés ont été à peu près rédigés fin Avril . Pour arriver à rédiger les pages web (une page par exposé d'élève) , nous avons à nouveau demandé au Proviseur et à la Principale de "banaliser" 5 demi journées pour pouvoir disposer de plusieurs heures de travail d'affilée et aboutir à un résultat . Nous avons reçu une réponse positive et donc mis en place 5 ateliers de rédaction de pages web , un par classe , de 4 heures en matinée ou après midi , encadrés par plusieurs professeurs de l'équipe , libérés de leurs autres cours s'ils en avaient . On mesure la complexité de l'organisation à mettre en place quand les travaux croisés ne sont pas rassemblés d'entrée sur des horaires banalisés. 
BILAN ET REMARQUES : points positifs, points négatifs et interrogations :
- Est ce que cette expérience a été  un travail d'équipe, pour les enseignants ?  oui et non :
- oui car nous avons réellement essayé de nous rencontrer , de discuter , de mettre en place des stratégies communes ;
- non car nous avons eu du mal à nous voir régulièrement  et surtout tous ensemble, en particulier par manque de temps disponible , sauf le soir .. pour pouvoir réaliser des parcours croisés dans de bonnes conditions, il nous paraît indispensable de prévoir des moments de concertation  communs à toute l'équipe , et donc des heures libres communes dans les emplois du temps . 
- Avons nous réussi à mettre en oeuvre une pédagogie de "projet" ? oui et non :
- oui car nous avons mis les élèves en situation de recherche et les avons laissés libres de choisir leur problématique de recherche. 
- non car nous leur avons imposé une démarche à la fois très cadrée  et sans un accompagnement individuel assez approfondi, par manque de temps et en raison de la lourdeur de l'organisation à mettre en place. Il faudrait prévoir des moments de liberté au même moment pour le professeur et les élèves et des bureaux ou salles pour pouvoir recevoir  les groupes d'élèves . 
- Avons nous favorisé l'éducation à la citoyenneté et à l'environnement ?  La plupart des élèves ont été amenés à se  poser des questions sur leur environnement immédiat, comme on peut le voir au fil des pages réalisées par les élèves ,  et c'est déjà beaucoup.  Il faudrait procéder à une évaluation précise pour en savoir davantage.
- Ces parcours croisés ont ils été un  travail pluridisciplinaire pour les élèves ? oui certainement car le travail a été repris dans trois disciplines différentes ,sous des angles différents,  la géographie, les SVT et la technologie . Mais on pourrait encore élargir la pluridisciplinarité .
- Ces parcours croisés permettent ils aux élèves en difficulté de mieux réussir en  pratiquant une "pédagogie du détour" ? Nous avons buté là sur un véritable problème : les élèves en grande difficulté comme, entre autre,  les élèves en AES (aide et soutien) n'ont pas du tout adhéré au projet , qui leur paraissait hors programme , hors discipline , et donc sans aucune importance , bien que nous ayons procédé à des évaluations notées à plusieurs reprises dans toutes les disciplines . Certains ont constamment "traîné les pieds", voire refusé de travailler . Par contre les élèves débrouillards, autonomes, à priori motivés, et habitués à approfondir leur travail personnel , et donc les "bons élèves" , ont été largement favorisés . C'est donc un échec sur ce point. Il nous reste à l'analyser et à en tirer les conséquences . Nous attendons vos témoignages et réactions . 
POUR NOUS CONTACTER : Collège du Couserans - 09200 - St Girons . tél : 05 61 96 25 50 .
Anne Calvet , professeur d'histoire , géographie et éducation civique
     anne.calvet1@ac-toulouse.fr ou , mieux,  calvet.lahitte@libertysurf.fr
Thomas Toulemonde , professeur de technologie :