LA MAURITANIE
d'après Jean FINORE (CopyRight 2000)


 
 

La Mauritanie est un désert à 90% de sa superficie, aride, rocheux, sableux. L’homme y vit (ou survit) dans des conditions précaires qui s’aggravent peu à peu.En fait, une civilisation est en cours de disparition.C’est celle des grands nomades chameliers du Sahara, qui fondaient leur puissance sur les échanges transsahariens et sur le travail d’oasis-relais.Mais le Sahara n’a pas toujours été leur domaine.
Avant le désert actuel, il y eut des épisodes plus verdoyants.On peut dire que le territoire de la Mauritanie a connu toutes les phases de la préhistoire saharienne, depuis les plus anciennes jusqu’à l’arrivée de l’islam.


 
 

La Mauritanie possède donc un immense passé où se succédèrent, voire se chevauchèrent d'innombrables civilisations aux techniques et aux goûts de plus en plus affinés, du galet éclaté à l’agriculture céréalière.
L’homme a vécu où, aujourd’hui n’existent que des champs de dunes ou de cailloux. Il a laissé dans la pierre et l’argile des témoignages qu’il faut sauvegarder.
Aujourd'hui la Mauritanie est un pays démocratique, aboutissement d’une société qui a su conserver son double héritage issu à la fois de l’islam et des émirats qui ont longtemps régi ce pays de l’occident de l’Afrique.Cette organisation est le leg des ancêtres nomades Mauritaniens : “les Hassan”.

APPROCHE GEOGRAPHIQUE

République Islamique au riche passé historique, composée de plusieurs races, ethnies et tribus parlant plusieurs langues et dialectes, la Mauritanie est un pays fascinant; à la fois dur et austère, rempli de chaleur humaine dont la caractéristique qui s'impose aux visiteurs est qu'il ne se laisse pas apprécier d'emblée. Il se mérite pourrait-on dire. Pays en mutation, pays en développement, la Mauritanie, peu profondément touchée par la colonisation; en bonne partie nomade il y a trois décennies à peine, reste très attachée à ses traditions.
On y trouve toujours cette hospitalité légendaire traditionnelle des peuples du désert. < Terre de contrastes marqués, dans la nature comme dans la société, tour à tour on l'aime ou elle vous insupporte. Mais jamais elle ne vous laisse indifférent. Ce n'est pas un pays que l'on visite superficiellement pour en garder quelques images exotiques. Il faut s'y passionner, s'y quereller, s'y ennuyer parfois, parfois s'y amuser, puis laisser le vent de sable aplanir, égaliser, poncer les expériences et les sentiments, pour n'en conserver que l'essentiel. Ainsi l'on peut comprendre ce pays; par une épreuve d'initiation, en somme. Mais cela en vaut la peine.

Aperçu:
La Mauritanie s'étend entre les 15ème et 27ème  degrés de latitude nord.
Elle se caractérise par des paysages de plateaux et de plaines, dont l'aridité est accentuée par la désertification consécutive à la sécheresse, depuis les années 1970. La densité de peuplement est faible = 2,5 d'habitants au km2, inégalement répartis dans l'espace comme dans le temps (migrations pastorales, sédentarisation, migrations ponctuelles-guetna...). Il n'y a pas de hautes montagnes. L'altitude est généralement inférieure à 500 mètres; sauf dans le Zemmour et le Kediett ej jill (point culminant à 915 mètres) dans le nord, et dans certaines régions de l'Adrar et du Tagant. Les paysages ont connu une très longue évolution géomorphologique marquée par d'importantes variations climatiques (paléoclimats). Les reliefs sont toujours nets et abrupts dans ce milieu maintenant subaride et aride. Les modelés d'érosion dépendent de la structure géologique. 
On peut considérer l'organisation de cet espace géographique en 5 grandes régions,avec une parenthèse concernant les grands ergs dunaires :

- I) Les plateaux du nord (Zemmour) taillés dans les grès et les calcaires du bassin de Tindouf.
- II) Le Trab el Rhajra ou pays de la pierre, est constitué de plateaux gréseux qui sont l'épine dorsale du relief: c'est l'arc des dhars (400 à 600 m) qui englobe les plateaux de l'Adrar, du Tagant, de l'Assaba et de l'affolé. 
- III) Les pénéplaines saharienne et occidentales:
- Septentrionale: elle est constituée de regs très plats rompus d'agloub. 
le massif de la Kediett ej jill y présente l'aspect d'une forteresse. la présence importante d'hématite a entrainé son exploitation industrielle. Les ergs y sont peu développés. L'erg el Hamami se raccorde à l'ensemble de la Majabat el Koubra.
- Occidentale: elle est le domaine du sable, avec cependant des parties de regs ou reliefs anciens: Amsaga, Inchiri, Tasiast, répartis sur l'Amoukrouz, l'Amatlich, le drayya...
- Côte de l'océan Atlantique: elle est basse et rectiligne et bordée d'un cordon dunaire prolongeant l'Akchar et l'Azefal. Les baies du Lévrier et d'Arguin y sont les seules exceptions. Ce cordon est lui-même cerné par des sebkhas (anciennes lagunes littorales) qui ont pris la place d'un ancien golfe marin au nord de Nouakchott. Elles servent de trop plein au fleuve Sénégal (Aftout es Sahel) et se transforment alors en marécage.
- IV) Majabat el Koubra: ou pays de la grande traversée (nom donné par l'historien arabe El Bakri, et repris en français par Théodore Monod.
C'est un des déserts les plus impénétrables du monde, tantôt dunes vives: erg Ouarane, akklé de Oualata et d'Aguelt Nemadi; massif de dunes mortes: M'raise; ou mêlées: erg Ijaferena. Le caractère particulier de cette masse de sable est son absence de points d'eau. Ce pays s'est historiquement affirmé comme une barrière impénétrable.
- V) Le Hodh et le Chemama: Immense cuvette, elle occupe tout le sud-est du pays. C'est un ensemble complexe, limité au nord par un grand dhar, de Tichitt à Nema. Au centre, c'est un massif gréseux (Affole), qui se prolonge dans le R'kizz, entouré de grandes plaines de dunes: Regueïba, Aouker et Hodh proprement dit.
La vallée alluviale du Sénégal, le Chemama, constitue le drain majeur du bassin 
Sénégalo-Mauritanien, large de 10 à 25 kilomètres.

Le climat:
Le climat s'impose d'une façon tyrannique à tous les milieux, et donne à ce pays sa spécificité typiquement saharienne, dont l'aridité est la caractéristique dominante.

- Les vents, les masses d'air:
La Mauritanie doit, aux masses d'air qui la balaie, cette forte aridité et ses températures contrastées. L'emprise de l'aridité sur ce pays est en effet lié à la prédominance, durant presque toute l'année, de l'action des hautes pressions subtropicales. Les pluies ne peuvent survenir que lorsque ces hautes pressions laissent exceptionnellement passer des invasions d'air pôlaire au cours de l'hiver, ou remontant en latitude au cours de l'été, permettant la pénétration de la mousson atlantique sur une grande partie du pays. Le territoire est soumis, au cours de l'année, à l'alternance de ces flux différents.
Les hautes pressions engendrent, pour une grande partie de l'année, un alizé de direction nord-sud à NE-SW, soufflant sur l'ensemble du pays. A l'intérieur du continent, ce vent d'origine continentale est sec, sa température varie largement entre le jour et la nuit, et au cours de l'année. Sur le littoral, d'origine maritime, il est frais et humide, mais il n'est jamais porteur de pluies. A lui seul, il détermine un micro-climat. Ces vents, en raison de leur vitesse, sont générateurs de vents de sable. Dans le nord, ils sont parfois refoulés par un vent d'est, très chaud, qui souffle par intermitence au cours de la saison fraîche. C'est l'irifi ou harmattan.
Le vent de mousson se fait sentir à partir de juin sur la Mauritanie méridionale et produit son effet maximum en août. Son action est limitée le long de la côte où il n'est pas suffisamment fort pour refouler l'alizé maritime. Les masses d'air sont de plus en plus sèches de l'ouest vers l'est pendant toute l'année, et du sud vers le nord quand souffle la mousson. Ainsi, la partie NE du pays est toujours sèche.

- Les pluies:
Question essentielle dans un tel pays, l'importance des précipitations, comme leur répartition dans le temps et l'espace font les bonnes et les mauvaises années. Il résulte de ce qui précède (chap. masses d'air), que les conditions qui règnent sur la Mauritanie sont défavorables à la pluie. En effet, l'alizé maritime est stable et ne peut, directement, donner des précipitations. Il contient parfois de grandes quantités de vapeur d'eau qui ne peuvent se déposer sous forme de rosée. Quant à l'alizé continental, il est au contraire très instable, surtout aux heures chaudes de la journée, mais il est tellement sec qu'il ne peut donner de pluies. Le vent de mousson est humide et instable, mais son épaisseur ne dépasse pas 1500 mètres, au maximum de sa pénétration dans le pays, et il est surmonté par l'alizé continental très sec, empêchant le développement des nuages. Enfin, il n'y a pas de montagnes pour arrêter les vents humides et engendrer des précipitations. Par conséquent, les pluies ne peuvent provenir que de perturbations d'origine tempérées en hiver; et tropicales, en été. En hiver, de faibles pluies tombent sur la partie nord du pays et prolongent leurs effets vers le sud à partir du littoral. En été, les précipitations qui proviennent de perturbations sont toujours orageuses et donc courtes.
L'essentiel des pluies est fourni par la mousson. Les précipitations moyennes annuelles dépassent 600 mm dans le sud du pays, puis décroissent très rapidement en direction du nord. Elles ne sont plus que de l'ordre de 100 mm à la hauteur de Nouakchott et au nord de Oualata, pour tomber à moins de 50 mm dans le NE.

- Les températures:
L'évolution et la répartition des températures sur le pays résultent de la combinaison de trois facteurs principaux:
- le mouvement zénital du soleil,
- le facteur géographique, en particulier par la latitude,
- l'éloignement par rapport à l'océan
En hiver, les températurtes sont relativement faibles. Dans le sud, les moyennes oscillent entre 15 et 20 degrés, avec des pointes de chaleur aux périodes d'harmattan. Mais elles tombent au-dessous de 10 degrés dans l'Adrar (jusqu'à - exceptionnellement - zéro degré la nuit). Dès le mois de mars, la montée du soleil entraîne une élévation de température sensible. Le mouvement est progressif et atteint son maximum au cours de la période précédant la saison des pluies; en mai-juin en Mauritanie méridionale, en juillet en Adrar et en août dans la région septentrionale. Le mouvement est progressif et atteint son maximum, au cours de la période précédant la saison des pluies: en mai-juin en Mauritanie méridionale; en juillet en Adrar, et en août dans la région septentrionale. Les moyennes sont alors de 35 à 45 degrés. Les pluies ont un pouvoir modérateur. 
Le littoral, qui est en permanence sous l'action de l'alizé maritime, bénéficie constamment de températures fraîches, voire froides. Les écarts entre les températures diurnes et nocturnes et les températures annuelles y sont réduits.
Du fait de l'océan, le maximum annuel a lieu en septembre, tandis que le minimum est en décembre-janvier.
L'intérieur est, par contre, beaucoupo plus contrasté. Quand on pénètre plus avant dans le continent, les écarts diurnes augmentent. Dans le nord, les facteurs des pluies faibles ne peuvent modifier le régime des températures. Par contre dans le sud, la saison des pluies entraîne un adoucissement des températures. On observe ainsi, dans l'année, deux maxima; l'un avant les pluies, l'autre aussitôt après. Il faut noter également les variations de température entre le jour et la nuit, qui participent du régime climatique.
Pendant la saison sèche, le taux d'humidité de l'atmosphère est très faible et favorise des variations très sensibles entre le jour et la nuit: diurnes, entre 25 et 30 degrés; nocturnes, elles peuvent descendre facilement entre 5 et 10 degrés.
Par contre, l'amplitude est moins importante au cours de la saison des pluies (l'été), la température dépasse facilement 40 degrés, en se situant entre 25 et 35 degrés au cours de la nuit, selon l'éloignement du littoral et la latitude. La bande côtière présente donc un régime particulier.

A Nouadhibou, les moyennes annuelles oscillent entre 20 et 25 degrés. Les températures maximales s'élèvent rarement au-dessus de 35/40 degrés et ne descendent qu'exceptionnellement au-dessous de 10 degrés.
A Nouakchott, les températures sont plus élevées tout en gardant un caractère identique (mêmes facteurs d'influence: littoral et latitude.)

Sites géologiques de l'Adrar

1) Le cratère des Richât:
Il se situe au NE de Ouadane, sur l'axe de el Beyyed. Il s'agit là d'un accident tectonique circulaire, en boutonnière, de 45 km de diamètre (et non d'un cratère de météorite). Cette dernière hypothèse, souvent citée, provient certainement du fait de la trouvaille (année 20), par un capitaine français, d'une météorite dans ce site.

Cette hypothèse a été rejetée unanimement par les scintifiques, et en particulier par Théodore Monod. 
En fait, cette structure rarissime s'est formée consécutivement à une intrusion magmatique d'assez faible profondeur. Celle-ci aurait provoqué la formation d'un dôme affectant les couches sédimentaires précambriennes et primaires.
Cette intrusion a provoqué une poussée verticale sur les couches stratifiées du plateau gréseux du dhar Chinguetti. Ces strates inclinées, tour à tour dures et tendres ont plus ou moins résisté à l'érosion éolienne. Les strates de roches dures sont alors devenues proéminantes et constituent les quatres structures circulaires
principales.
" Richât " en assanya, signifie 'bras de plumes'. En effet, le guelb (coeur)-même 
a cette forme. L'échelle de cet accident ne permet, au visiteur, de n'appréhender 
visuellement qu'un arc à la fois de ces cercles. On y trouve de très belles roches et pierres remontées de filons sous-jacents.

2) Le cratère d'impact du Guelb Aouelloul:
Il se trouve au SW de Chinguetti, et au NE d'Atar. Cet astroblème marque, en zône rocheuse, la chute d'une importante météorite. Ce type, en forme de cercle croissanté est assez exceptionnel. On trouve, en effet, d'autres cratères circulaires aux "agloûb" (coeurs) Tenoumer et Timimichatte, dans la dorsale Reguibat. Ils ont donné lieu à des températures et surtout des pressions considérables (ondes de choc). Dans le cas particulier d'Aouelloul, le verre des impactites provient de la fusion des grès primaires du lieu de chute. A côté des transformations minérales, on observe des déformations structurales (formation de cratère, cônes de choc, fractures..). On n'a pas trouvé de météorite sur le cratère d'Aouelloul; il s'est probablement désintégré à son arrivée (note de l'auteur). C'est l'onde de choc générée par la traversée de l'atmosphère qui a provoqué ces transformations et déformations. Le croissant qui caractérise ce cratère indique un impact avec un angle d'incidence plutôt faible. Les pierres noires que l'on y trouve sont spécifiques de ce type de cratère. Ce sont des impactites, fragments vitreux formés par le choc et la chaleur.

3) Les champs récifaux de stromatolites:
Se trouvent essentiellement dans la région d'Atar (bassin de Taoudéni). Bien que n'étant pas un cas unique (il en existe aux E. U., en Australie, au Qatar, ils n'ont pas d'équivalent sur une telle superficie. C'est un calcaire dolomite fossilifère de roches brunes ou bleues, constituées d'unités concentriques. Ces stromatolites sont présentes sur toutes les roches de ces champs, de façon dense.
Leur graphe se présente sous forme de cercles quasi adjacents (coupe). Elles sont le fait de l'activité d'algues bleues en milieu marin. Cette activité a généré des minéraux par fixations de particules (minérales) piégées; par excrétions et par précipitations consécutives à la photo-synthèse des algues.
Ces minéraux, en s'incrustant en ont dessiné la forme en ajoutant des cercles extérieurs à mesure de leur croissance.
Ces algues, êtres vivant il y a 500 millions d'années, sont parmi les plantes, qui, les premières ont participé à l'élaboration de l'atmosphère en transformant l'acide carbonique et en libérant l'oxygène; permettant aux plantes terrestres 
de prendre le relais (probablement les fougères arborescentes).

4) Les fulgurites dunaires:
Métamorphisme de surface, elles résultent de la fusion du sable siliceux, sous l'action de l'arc électrique naturel qu'est la foudre.
La plupart des fulgurites se sont formées au 'Tchadien' (10000 BP), époque où le climat chaud et humide favorisait le développement des orages. Ils matérialisent le passage de la foudre dans le sable. L'arc élève la température du sable à tel point que celui-ci fond, se refroidit et se solidifie rapidement en donnant naissance à de curieuses concrétions tubulaires et vitreuse. Le tube central provient en grande partie de la pression causée par la surchauffe des fluides (air, eau), occupant les volumes situés entre les grains du sable original. 
Par la suite, les parois molles et vitrifiées du tube ont subi l'action du sable environnant. Elles se sont plissotées et il s'est créé des crêtes typiques des fulgurites. Elles peuvent mesurer plusieurs mètres de long, avec de nombreuses extensions latérales. On en trouve fréquemment des morceaux d'une dizaine de centimètres, ou des pointes émergentes dans certaines dunes anciennes (Amatlich, Drayya Malichigdane, Ouarane...). Bien sûr, la foudre n'est pas tombée qu'à l'épipaléolithique, mais le climat, plus sec depuis le néolithique n'engendre qu'exceptionnellement de telles frappes.
Ces fulgurites (rares) sont discernables par leur couleur (blanche au lieu de marron) et par leur texture moins friable, peu ou pas plissotées. Note de l'auteur.
AGUENI - site région d’Atar
Description: Le site d’Agueni présente un double intérêt, par sa particularité d’abord, et par le fait que, quoique près d’Atar, il soit méconnu des TO comme des agences locales. Son accès est relativement aisé, d’approche intéressante. C’est une palmeraie de montagne. L’oued comporte des ‘gléïta’. Il est surplombé par une corniche abrupte. Il est dominé par un village en fin de néolithique, parfaitement, parfaitement conservé. La vallée d’Agueni débouche, à l’ouest, sur un autre oued avec guelta, grotte et rupestres. Sa visite peut se jumeler avec le site historique d’Azougui, à environ 6 km de là.
Géomorphologie: Le site d’Agueni (alt. environ 350 mètres) domine un lit d’oued - fissure de ravinement - qui s’imbrique dans les plateaux SE de l’Amsaga; à environ 8 km à l’ouest d’Atar et à 6 km d’Azougui. Il est séparé d’Atar par une cuesta sensiblement orientée SN. Le plateau domine le grand oued Seguilil, dont les secondaires, débouchant du plateau, comportent des gleïta sur leur parcours. Le plateau proprement dit date du précambrien supérieur à terminal et repose sur le socle de l’Amsaga. Il est formé de roches sédimentaires stratifiées, de grès induré (grès-quartzite) azoïque; c’est-à-dire, non fossilifère; mais avec, cependant, de très nombreuses empreintes alluviales fossilisées (vaguelettes couche par couche).
Accès: - possible par le sud, à partir de Aïn Ehel ould Taya (le village du président) - par la batha - difficile
- par le SW d’Atar par la passe N’tarazi
- par le nord, par la passe Foum Chour (l’entrée de la bouche)
- par Azougui, enfin, par une piste de 6 km.
L’entrée de la palmeraie se situe sensiblement à équidistance de Laouëna et de Azougui. Laouëna est un village de cases (tikkit), pittoresque, avec une petite palmeraie de batha, au pied de la cuesta. De là, on peut se rendre, en 4x4, au petit cimetière musulman ombragé de ‘tal’hé’ (3km), y laisser le 4x4 et continuer à pied par un sentier pierreux jusqu’à l’entrée d’une magnifique palmeraie de montagne, caractérisée par une guelta de chaque côté, avec de l’eau et de petits poissons (sauf l’été, où les oeufs s’enkistent dans la vase, pour revivre à la mousson suivante).
Il faut ensuite monter sur la corniche qui surplombe la palmeraie, et la suivre sur 1 km environ pour arriver au village de pierre. Le minéral règne. On accède directement à l’entrée du village. Celui-ci, d’aspect défensif, devait interdire les intrusions dans la riche vallée qui devait compter à l’époque des milliers de palmiers, peut-être d’Aïn Taya, jusqu’à Azougui, plantés il y a près de 3000 ans par les légendaires Bafours (n’engage que l’auteur). Ce village comprend une vingtaine d’enceintes (murs reliant plusieurs constructions, toujours rondes, en pierres empilées à la façon de ’fin de néolithique’ - 3000 Before present - bien conservées). Ceci est dû au fait que le linteau d’entrée est constitué d’une grande pierre plate et non de bois de palmiers, qui ne résiste qu’en siècles et non en millénaire. Il a donc probablement été construit par ces Bafours ou leurs descendants, protégés par des chiens dressés auxquels se sont heurtés les non moins célèbres Morabitoun (Almoravides), au XXème siècle, partis peu après conquérir le Maghreb et l’Andalousie.
 

La flore et la faune Mauritanienne du Sahara:

La flore

L’emprise croissante de l’aridité du nord vers le sud, la présence d’un fleuve au sud-ouest, l’abondance des sebkhas, expliquent la répartition des paysages végétaux en quatre grands ensembles:
- le Sahara - les terres salées - le Sahel - la vallée du Sénégal.
La végétation Mauritanienne est pauvre dans son ensemble et essentiellement tributaire de la pluviométrie; citons Théodore Monod < ... les arbres sont si courageux en Mauritanie... >
Toutes les plantes, qu’elles soient en zone Sahélienne ou Saharienne, ont un cycle végétal accéléré qui permet une maturation rapide. Après les premières pluies, on voit les dunes se couvrir de verdure qui fructifie et sèche en quelques jours. C’est ’l’acheb’ qui constitue un pâturage de choix pour le dromadaire et la petite faune sauvage.
Si la sécheresse a porté des atteintes sévères à la végétation, les attaques, comme l’indifférence de l’homme sur le milieu ont une action plus funeste encore, puisqu’elles sont permanentes. Le surpâturage en fait partie. Cette action, simultanée à la sécheresse, a entraîné la disparition d’une grande partie de la végétation arbustive et également l’appauvrissement des sols, déjà sujets aux atteintes permanentes de l’érosion éolienne.
Le Sahara est un monde minéral. La flore et la faune y est des plus réduites. La végétation se réfugie dans quelques endroits privilégiés: escarpement des massifs, cours des oueds où se blotissent les oasis. Ailleurs, quelques rares pluies font surgir l’acheb fugace. Deux groupements végétaux se partagent ces immensités.

- le groupement à stipagrostis pungens occupe les régions ensablées. Il est caractérisé par de grosses touffes disséminées, d’une graminée vivace, le ‘sbatt’.
- le groupement accacia tortilis raddiana, s’étend sur toute la dorsale Regueïbat et sur le Sahara Atlantique, au nord des dunes de l’Akchar at de l’Azefal. C’est un bel arbre qui, le long de l’Atlantique, remonte jusque dans le sud Marocain.
Les terres salées forment une étroite bande littorale, du delta du Sénégal au Cap Blanc, et sont représentées à l’intérieur par de nombreuses sebkhas. Les paysages sont plats, parfois rompus par des bosquets de tamaris. Les bas-fonds sont ponctués de touffes de plantes halophytes appartenant à la famille des plantes herbacées, très appréciées par les chameaux. Les bourrelets sableux environnant portent souvent des buissons d’euphorbes (sève de latex blanc).
Le Sahel se situe en bordure du désert, où la vie végétale et animale peut encore se développer. Elle s’étend au sud, paysages de savane, où de beaux arbres jaillissent d’un tapis de hautes herbes. Au nord, des bouquets d’acacias, quelques touffes d’herbe, forment un paysage de steppe, enrichi au coeur de l’été par des prairies de courtes durée, qui annoncent le Sahara. On y peut distinguer quatre groupements principaux de végétaux:
- la strate arborée qui compte quelques beaux arbres du Soudan (baobab) et surtout les acacias, en particulier ’acacia sénégal’ qui donne la gomme arabique. La strate herbacée forme un tapis dense de hautes herbes.
- le groupement à acacia sénégal qui existe surtout dans les régions des dunes du Sahel, depuis le Trarza jusqu’au Tilemsi. Il domine la strate herbacée, composée de graminées, en particulier le fameux ’cram-cram’ de Th. Monod
- le groupement à sols argileux qui permettent l’existence d’arbustes 
- le groupement caractéristique des sols argileux qui s’étendent entre M’bout et Moudjéria (Tagant). C’est l’arbuste de type méditérranéen, ’le jujubier zizyplus’, qui domine, associé à un petit acacia ’acacia seyal’.
La vallée a comme caractère dominant la présence d’une belle forêt d’une seule espèce d’arbres ’acacia milotica’ qui peuple les cuvettes du lit principal du fleuve. Lorsque localement la forêt disparaît, elle est remplacée par une végétation de graminées.
 

La faune a le même caractère d’adaptation au milieu.

La faune saharienne est limitée aux oiseaux, rongeurs, reptiles, insectes, araignées et scorpions. Lorsqu’apparaît un minimum de végétation, on rencontre des lièvres, parfois des gazelles, voire quelques très rares antilopes (oryx, addax). Les prédateurs comprennent des rapaces et des petits carnivores (fennec, chacal). La Kediet ej jill, ainsi que les dhars servent encore de refuge aux mouflons et à de nombreux damans. Une variété de crocodiliens de petite taille subsisterait encore dans quelques gleïta permanentes du Tagant, à Matmata. La faune sauvage a été la victime de la sécheresse et de la chasse.
La faune sahélienne est relativement variée; mais elle doit s’adapter à une végétation assez pauvre. Les herbivores parcourent de grands obstacles pour subsister. On trouve encore quelques très rares autruches dans le Hodh oriental, parfois des éléphants dans l’Affolé, en Assaba et dans le Guidimakha. 
Dans les regs et les dunes courent encore des gazelles. Quelques oryx peuvent se rencontrer également dans le Hodh. Les carnivores sont plus fréquents: chacals, hyènes. Autour des points d’eau, les oiseaux sont très nombreux: tourterelles, canards de toutes sortes, outardes...
Les rives du Sénégal sont encore le refuge de crocodiles, de pythons, de phacochères, de singes (patas et cynocéphales) et de nombreux oiseaux migrateurs. Les ’mange mil’ causent de gros dégâts aux récoltes.
Dans le secteur du Banc d’Arguin, la faune ornithologique est d’une richesse exceptionnelle. Plus de 108 espèces d’oiseaux y ont été recensés dont les flamands roses, aigrettes, hérons, pélicans... Des millions d’oiseaux migrateurs venus d’Europe ou du Golfe de Guinée, font escale au Banc d’Arguin.* (voir index)
Points de rencontre de courants marins, cette portion de la côte atlantique est l’une des régions les plus poissonneuses du globe. De décembre à juin, saison des eaux froides, on trouve des ombines et des courbines; de juillet à novembre, des maquereaux, des palomètes, des bonites; toute l’année, des bars mouchetés, des daurades, des mérous, des requins... Dans une petite anse, au nord de la Baie de l’Etoile, vivent encore les phoques-moines, un des derniers groupes au monde.
Les animaux domestiques sont représentés par deux grandes familles de bovins et les camelés adaptés au désert. Quant aux ovins, et surtout aux caprins, leur rusticité leur permet d’être répartis sur l’ensemble du territoire.
Il existe deux races de bovins: le zébu maure (85%), à courtes cornes, de taille moyenne, dont le mâle est apte au portage; et le zébu peulh, à longues cornes et à la robe blanche, plus massif.
Les caprins appartiennent aux races communes du Sahel. Les ovins comprennent trois races: deux maures: mouton blanc et mouton noir à poils longs; une peulhe: mouton marron-rouge de taille plus petite. Les caprins sont cependant plus nombreux, omniprésents dans tout le désert chamelier, comme dans les habitations et rues de toutes les villes (où leur nourriture préférée reste le carton-cellulose. Il en est de même pour l’âne, le cheval, quant à lui, se rencontrant plutôt dans le sud. Le dromadaire (presque aussi nombreux que la population humaine) est surtout élevé pour la consommation journalière. 

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