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Académie de Toulouse |
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Jean-Jacques Delfour j.jacques.delfour@ac-toulouse.fr |
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Rubrique de la revue Actuel
Marx.
Site de la collection.
Dernières parutions:
— Gérard Duménil et Dominique Lévy, Crise et
sortie de crise. Ordre et désordres néolibéraux,
2000 .
— F. Laruelle, Introduction au non marxisme,
2000.
— G. Bois, La grande dépression médiévale
: XIVe - XVe siècles, le précédent d'une crise systémique,
2000.
— Marx 2000, Dir. : E. Kouvélakis, 2000.
— J. Bidet, Que faire du Capital ? Philosophie, économie
et politique dans Le Capital de Marx, 2000.
— Le triangle infernal : crise,mondialisation,
financiarisation, Dir. : G. Duménil, D. Lévy, 2000.
— Art, culture, politique, Dir. : J.-M.
Lachaud, 2000.
— I. Joshua, La crise de 1929, 2000.
F. Laruelle, Introduction au non marxisme, 2000.
Présentation.
Plutôt que de compliquer le marxisme par des interprétations
philoso-phiques destinées à le rendre « concret »
et « intelligible », on propose une autre voie de réforme
: sa paupérisation philosophique, sa simpli-fication interne, à
la fois sa radicalisation et son universalisation pertinentes pour toute
conjoncture possible, c’est-à-dire le capitalisme et la philosophie
réunis dans la « pensée-monde ». Une axiomatisation,
transcendantale plu-tôt que formelle doit le désencombrer
de ses postulats inutiles, historico-dialectiques et du concept philosophique
des postulats.
A cette fin quatre voies sont prospectées qui doivent instaurer une pra-tique « non-marxiste » du marxisme. 1. La « détermination-en-dernière-instance » dont les philosophes ont méconnu l’originalité non-philosophique de causalité par immanence unilatérale et qu’il n’ont pu élucider par ensor-cellement dialectique. 2. L’infrastructure comme immanence radicale du Réel travestie en matière et matérialisme. 3. L’identité sans synthèse dialec-tique de la science et de la philosophie, donc une réforme de la théorie et une discipline inouïe qui use de la philosophie sans en être une. 4. Un nou-vel objet, posé comme une hypothèse adéquate au concept axiomatisé de l’infrastructure, non plus les formes socio-économiques du capitalisme mais la fusion du capitalisme transhistorique et de la totalité de ses conditions philosophiques de fonctionnement, c’est-à-dire de la philosophie en person-ne, dans l’universalité de la pensée-monde. Le programme non-marxiste ne nie pas philosophiquement le marxisme, il le pratique autrement pour retrouver son originalité théorique et humaine.
Aller à Marx plutôt qu’y faire retour, le connaître
plutôt que le recon-naître...
F. L.
Table des matières.
INTRODUCTION : MARXISME ET NON-MARXISME 5
L’hypothèse non-marxiste 5
Entrer dans le programme 7
CHAPITRE I : THEORIE DE L’ECHEC DU MARXISME 13
Echec des explications de l’échec. Désertion et ressentiment
13
Conjoncture universelle. « Fin de la métaphysique »
ou « échec du marxisme » ? 16
Des aspects de l’échec à leur cause-de-dernière-instance
20
CHAPITRE II : ENTRE PHILOSOPHIE ET NON-PHILOSOPHIE 25
Rendre réel et intelligible le marxisme 25
Théorie unifiée du marxisme 27
Le marxisme, avorton, matériau, symptôme, modèle
restreint 29
Le côté philosophique du marxisme 31
Normalisation philosophique 33
Pratique non-marxiste de la philosophie 34
Découvrir l’identité du marxisme 36
CHAPITRE III : DETERMINATION-EN-DERNIERE-INSTANCE
39
Première élucidation de la Détermination-en-dernière-instance
(DDI) 39
Mésaventures de l’immanence (de Spinoza à M. Henry)
40
Amphibologies du matérialisme 43
Insuffisance de la détermination-en-dernière-instance
marxiste 45
Mécanisme de la DDI. Clonage de la superstructure 49
Théorie identiquement scientifique et philosophique de la DDI
53
CHAPITRE IV : LE STYLE DU NON-MARXISME 57
Style théorique et pratique de la dualité uni-latérale.
L’uni-latéral comme noyau réel de la contradiction
57
Répétition uni-latérale du marxisme 60
Style de l’uni-versel. Le marxisme, spécification du non-marxisme
61
Théorie unifiée : Marx et Freud comme symptômes
63
Déviations et « goût » marxiste. En quel sens
tous les marxismes sont « imaginaires » 65
Théorie des « aspects ». Objets unilatéraux
et objets partiels. Autre-sans-altérité 67
Les mille sources du non-marxisme 71
Axiomatisation transcendantale du marxisme. Thèses et catégories,
axiomes et termes premiers 74
De la problématique à la théorie unifiée
78
De la coupure épistémologique à la théorie
unifiée 81
CHAPITRE V : CONNAISSANCE. PRATIQUE. MATERIALISME
85
Du cognitif au cognostique 85
Non-marxisme et science transcendantale 88
De la vérité-adéquation au vrai-sans-vérité
89
La pratique comme uni-latéralité 92
Marxisme et non-marxisme sur la pratique 96
La fusion-en-pratique de la théorie et de la pragmatique
97
L’axiomatique perdue du matérialisme 99
Genèse platonicienne idéelle du matérialisme
101
Non-platonisme : restreint et uni-versel 103
Trois modèles (mécanisme, dialectique, structuralisme)
105
CHAPITRE VI : SUJETS-EN-LUTTE 109
Théorie unifiée du sujet, de la pratique et de la lutte
109
Force de travail et Force pratique 111
Sujet-sans-procès. Sujet-en-lutte 115
Fusion du théorique et du pragmatique dans le sujet pratique
119
Lutte des classes, lutte de classe, lutte uni-classe 120
Le sujet-en-lutte et la lutte donnée, identiques-en-dernière-instance
122
Le non-prolétaire. La non-consistance du communisme 123
Pour introduire la démocratie dans la pensée 125
Production non-productionnelle (de) soi 132
De l’homme sans qualités à l’homme-sans-essence. Contre
la consis-tance anthropologique 135
Du transindividuel à l’indivi-dual 138
CHAPITRE VII : LA PENSEE-MONDE. CAPITALISME ET PHILOSOPHIE
141
L’uni(-)versalisation des catégories marxistes 141
Le capitalisme uni(-)versel comme Principe d’économie suffisante
144
La fusion du capitalisme et de la philosophie 147
Art, culture, politique, Dir. : J.-M. Lachaud, 2000.
Art, culture et politique
Présentation, par Jean-Marc Lachaud 5
ART ET POLITIQUE
Enzo Traverso, Bohème, exil et révolution. Notes sur
Marx et Benjamin 9
Dominique Berthet, Proudhon et la mission de l’art 29
Giovanni Joppolo, L’art italien sous le fascisme. Trois pôles
de réflexion méthodologique 45
Vincente Gomez, Contre l’irrationalisation de l’art. L’idée
d’artisticité chez Adorno et les risques d’une esthétique
communicationnelle 67
Thierry Briault, Problema : Image – Capital ou Spectres de Marx
85
ART ET RUE
Christian Ruby, L’art des médiateurs 99
Martine Maleval, Théatre de rue et enjeux politique : quelques
éléments de réflexion 111
RESISTANCE ET UTOPIE
Jean-Marc Lachaud, Peter Weiss: théatre documentaire et esthétique
de la résistance 121
Daniel Bensaïd, Temps de la résistance, temps de l’utopie
139
Entretien avec Françoise Proust (réalisé par D.
Bensaïd), Résister à l’irrésistible
149
CULTURE METISSÉE ET MULTICULTURA-LISME
Pierre Bouvier, Espace caraïbe, fanonisme et multi-culturalisme
161
Auteurs 169
Le triangle infernal : crise,mondialisation, financiarisation, Dir. : G. Duménil, D. Lévy, 2000.
Introduction, Une analyse marxiste du capitalisme contemporain, par
G. Duménil et D. Lévy
Crise, mondialisation et financiarisation. Essais de synthèse
Claude Serfati, Puissance du capital financier. Les limites endogènes
du capitalisme mondialisé 19
Robert Brenner, Du néolibéralisme à la dépression
? Vers la crise du capitalisme mondial 43
Kostas Vergopoulos, Le mondialisme financier. Remède à
la crise ou facteur d’aggravation ? 59
Michel Zerbato, Une finance insoutenable. Marchés financiers
et capital fictif 73
Capital, Etats et impérialisme
François Chesnais, Etats rentiers dominants et contraction tendancielle.
Formes contemporaines de l’impérialisme et de la crise 95
Odile Castel, La naissance de l’ultra-impérialisme. Une interprétation
du processus de mondialisation 121
Bernard Gerbier, L’impérialisme géoéconomique,
stade actuel du capitalisme 141
Malcolm Sylvers, Entre la domination et le déclin. Les Etats-Unis
et la globalisation capitaliste 161
Rolande Borrelly, Marx apologiste de la mondia-lisation ? Le discours
sur le libre-échange, cent cinquante ans après 181
Suzanne de Brunhoff, Le FMI est-il responsable ? La gestion de la crise
monétaire et financière asiatique 191
Visages du néolibéralisme
Gérard Duménil et Dominique Lévy, Coûts
et avantages du néolibéralisme. Une analyse de classe
205
Frédéric Lordon, Le nouvel agenda de la politique économique
en régime d’accumulation financiarisé. 227
Michel Husson, Une péréquation à l’échelle
mondiale ? Formes contemporaines de la détermination du travail
socialement nécessaire 249
Claude Pottier, Mondialisation et mise en concurrence des salariés.
Le rôle des multinationales 265
Stéphanie Treillet, La régression du salariat : mythe
ou réalité ? Le cas des pays de la périphérie
281
Auteurs 295
G. Bois, La grande dépression médiévale : XIVe - XVe siècles, le précédent d'une crise systémique, 2000.
Entre 1300 et 1460, la société européenne est plongée
dans un drame longtemps ignoré, minimisé, voire même
occulté par les historiens. Sur un fond de dépression économique,
épidémies, conflits militaires, politiques et sociaux conjuguent
leurs effets dévastateurs. Surtout, les symptômes de décomposition
sociale se multiplient : les groupes sociaux se raidissent dans la préservation
de leurs intérêts propres, l’exclusion devient un phénomène
de masse, la violence et la corruption gangrènent la vie politique
et détruisent les avancées démocratiques de ce qui
fut le beau Moyen Age. Enfin, à la faveur de la débandade
générale, l’irrationnel triomphe dans l’ordre intellectuel.
Certes, l’histoire ne se répète jamais. Et cependant,
que de signes analogues, sous nos yeux, dans le monde contemporain. Ces
concordances troublantes ont incité Guy Bois à entreprendre
une réflexion d’ensemble sur la grande dépression médiévale
et à porter un diagnostic sur ce qui fut sans doute une crise globale
de société ou de civilisation : un précédent
à méditer.
Guy Bois est professeur émérite à l’Université
Paris VII (Histoire médiévale). Il est l’auteur de Crise
du féodalisme (1976) et de La Mutation de l’An Mil (1989).
Table des matières
Avertissement 5
Une approche de la croissance médiévale 11
1. La dimension démographique de la croissance 12
2. La colonisation agraire : Une révolution technique?
15
3. Une révolution méconnue : la floraison des bourgs
? 21
4. La société se monétarise 25
5. La promotion du travail 33
6. Le marché : un instrus ou un élément décisif
du système? 41
La dépression économique 55
1. Quand apparaît-elle ? 56
2. Une impasse historique 58
3. Une stagflation 61
4. La mesure de l'effondrement 65
5. Sur le rôle de la guerre 72
6. La place de la peste et des épidémies 80
7. Un choc conjoncturel ? 86
8. Au cœur du processus : une déflation 91
La désagrégation d'une société 103
1. Une fracture sociale : la marginalisation des pauvres 105
2. La triple défaillance des élites sociales 112
3. Le monde du travail dans la crise 132
Le coût politique et intellectuel de la grande dépression
143
1. Genèse de l'Etat moderne ou de l'Etat gabegie ? 144
2. La crise a-t-elle enfanté la nation ? 148
3. Une crise du politique : le coût d'arrêt à la
poussée démocratique 158
4. Une débandade de la raison 168
Autour de la dépression : les enjeux historio-graphiques et théoriques
177
1. Chronologie de sa perception au XXe siècle 177
2. Des blocages conceptuels 188
3. Sur les traits principaux du féodalisme 192
4. Une économie monétaire de production 200
Conclusion 207
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