Attention: les colloques ou les journées d'étude qui durent 2 jours ou plus sont mentionnés seulement à la première date. Songez à vérifier, pour un jour opportun qui vous intéresse, dans la journée qui précède.
Semaine 49 (1 au 7), semaine 50 (8 au 114), semaine 51 (15 au 21), semaine 52 (22 au 28), semaine 53 (29, 31)
--- Toulouse.
Les rendez-vous de la librairie Ombres Blanches.
--- Colloque international Métaphysique
de la science / Metaphysics of Science. 1 – 2 décembre 2008. Grenoble,
Université Pierre Mendès France, MSH-Alpes. Responsable scientifique:
Max Kistler. Organisation: laboratoire Philosophie, Langages & Cognition
(PLC).
Session 1 (lundi 1er décembre, 09 h
00 – 13 h 00) Structural Realism, Natural Kinds
9h Allocutions de bienvenue et ouverture
9h30 Nigel Leary (Birmingham), How Essentialists
Misunderstand Locke
10h30 Philipp Keller (Genève)/ Stephan
Leuenberger (Glasgow), Structural Realism: the Worst of Both Worlds?
12h00 Michael Esfeld (Lausanne)/Vincent Lam (Lausanne),
Structural Realism and Causation
Session 2 (lundi 1er décembre, 14 h
15 – 19 h 30) Dispositions, Powers, Reduction
14h15 Kevin Mulligan (Genève), Tropes,
Time and Modality
15h15 Olivier Massin (Genève), Varieties
of Impenetrability
16h30 Stephen Mumford (Nottingham), Modelling
Powers as Vectors
17h30 Claudine Tiercelin (IUF, Paris XII), Are
All Properties Essentially Dispositional?
18h30 Christian Sachse (Lausanne), Simplify Complexity
- an Argument from Selection for Biology
Session 3 (mardi 2 décembre 9 h 00
– 13 h 30) Mind and Psychology
9h00 Simone Gozzano (L’Aquila), Do Mental Properties
Have Identity Conditions?
10h00 Reinaldo Bernal Velasquez (Grenoble), Epistemic
Externalism and the Ontology of Science
11h30 Pascal Ludwig (Paris IV), Are Phenomenal
Concepts Transparent?
12h30 Markus Schrenk (Nottingham), Stimulus Necessity
Session 4 (mardi 2 décembre 15 h 00
– 19 h 30) Causation and Laws
15h00 Paul Noordhof (York), Property Causation
16h00 Helen Beebee (Birmingham), Laws, Dispositions
and the Necessary a posteriori
17h30 Francis Longworth (Birmingham), The Disjunctive
Theory of Causation
18h30 Matt Tugby (Nottingham), A Dispositional
Account of Causation
Métaphysique de la science / Metaphysics
of Science
Grenoble, 1 et 2 décembre 2008
La science contemporaine semble nous procurer
des connaissances toujours plus vastes: la physique nous révèle
la nature des constituants ultimes de la matière et de l’univers
à grande échelle ; la biologie, la psychologie et l’économie
découvrent la constitution des êtres vivants et des sociétés
ainsi que les régularités gouvernant leur évolution
et de leurs interactions. Cependant, il est difficile d’interpréter
ce que ces théories scientifiques nous disent de la réalité:
la métaphysique de la science cherche à construire un cadre
conceptuel qui nous mette en mesure de le faire. Ce colloque sera l’occasion
de poser les questions suivantes: est-il rationnel de penser que les objets
étranges que sont les photons et autres quarks postulés par
la physique existent réellement, ou est-il plus judicieux de les
considérer comme des fictions utiles? S’ils existent réellement,
nombre d’autres questions se posent. Les constituants ultimes des objets
matériels ont-ils une nature distincte des lois de la nature qui
déterminent leur évolution et leurs interactions, ou leurs
propriétés intrinsèques sont-elles des « pouvoirs
», de sorte que les lois font partie de leur identité même?
Qu’est-ce qui est plus fondamental: les objets individuels ou leurs relations?
Qu’est-ce que la causalité? Y a-t-il des espèces naturelles?
La nécessité que les lois de la nature imposent à
l’évolution des choses est-elle différente de la nécessité
logique?
Mardi 2
Mercredi 3
--- Programme annuel du séminaire
"Produire l'éthique: éthique, matérialisme et sciences
(Séminaire 2008/2009). Séminaire organisé par Pascal
Charbonnat, François Pépin et Marc Silberstein, et accueilli
par Michel Morange, au Centre Cavaillès de l’École normale
supérieure de Paris. Les séances se déroulent
le premier mercredi de chaque mois (d’octobre à juin) au Centre
Cavaillès (3e étage, 29 rue d’Ulm, 75005 Paris), de
18 h 00 à 20 h 00, entrée libre dans la limite des places
disponibles.
«Produire
l’éthique, c’est supposer qu’elle n’est pas donnée ni reçue,
mais constituée dans et par la vie et les activités humaines.
Le séminaire se propose d’interroger ces modes de production sous
l’angle de leurs liens avec les sciences. C’est en ce sens qu’un questionnement
matérialiste de l’éthique pourra être dégagé.
Cela suppose de reconsidérer une division classique entre le champ
scientifique et l’éthique, en discutant l’idée courante de
neutralité scientifique prise comme amoralité totale interdisant
même un usage ou une portée éthiques des concepts,
résultats et analyses scientifiques. Mais une forme de neutralité
sert aussi à constituer l’autonomie de la science à l’égard
des pressions et débats moraux, politiques et sociaux. Un enjeu
du séminaire sera donc d’examiner les usages, les effets et la portée
éthiques de concepts construits selon une logique scientifique,
qui, sans être pure de toute implication morale, n’a pas pour fonction
première de résoudre des problèmes éthiques.
L’intérêt d’un détour par la science pour penser la
production de l’éthique réside dans la possibilité
d’interroger précisément ses modes de constitution (biologiques,
sociaux, médicaux, psychologiques, etc.) contre les traditions du
commandement reçu ou senti dans l’intériorité d’une
conscience transcendantale. L’histoire des pensées matérialistes
suggère la pertinence d’une articulation entre l’effort d’émancipation
des sciences à l’égard des champs religieux et politique,
et la libération de l’éthique par un usage des savoirs scientifiques
pour penser une morale pleinement immanente. Cela permet d’interroger la
spécificité d’une morale matérialiste dans la culture
d’un rapport particulier aux sciences. Le séminaire se propose d’examiner
la production de l’éthique selon trois angles principaux. Les sciences,
notamment humaines et sociales, établissent-elles des faits éthiques
intéressant le projet moral ? La question est alors de savoir s’il
faut dissocier ou articuler le traitement scientifique, par exemple par
des tentatives de quantification, de concepts à portée éthique
comme le bien-être ou la normalité mentale, et le projet éthique.
Y a-t-il un usage pertinent de savoirs scientifiques pour justifier et
critiquer des normes éthiques ? Les normes font depuis longtemps
partie des objets d’études scientifiques. Mais l’invocation de concepts,
de faits et de théories scientifiques dans l’entreprise de justification
des normes éthiques semble un problème spécifique
qui demande d’interroger les fonctions de la norme comme objet d’étude
et comme enjeu moral. Enfin, se pose une question récapitulative:
peut-on entièrement naturaliser l’éthique ? Notons également
que 2009 sera l’année Darwin, en raison du bicentenaire de sa naissance
et du cent cinquantenaire de la parution de L’Origine des espèces.
Ce séminaire, en présentant plusieurs séances consacrées
à la vaste question de la naturalisation de l’éthique, de
l’éthique évolutionniste (ou évolutionnaire), etc.,
s’inscrit donc pleinement dans les initiatives liées à cette
commémoration, dont l’intérêt – il faut le souligner
– n’est pas uniquement historiographique. Insister sur les enjeux programmatiques
autant que moraux du darwinisme contemporain s’avère, en notre époque
de résurgences des créationnnismes, d’une cruciale nécessité.»
Calendrier
des séances
-
Mercredi
1er octobre 2008
Le matérialiste et l’éthique:
un nouvel espace de discussion depuis les Lumières. François
Pépin (professeur agrégé dans le secondaire, docteur
en philosophie). L’intérêt des philosophies matérialistes
pour les sciences en vue de penser l’éthique pourrait être
considéré comme aussi ancien que ces philosophies elles-mêmes.
Mais notre introduction insistera sur certaines leçons des Lumières.
En effet, un nouveau rapport entre sciences et éthique se noue autour
des matérialismes du XVIIIe siècle, susceptible d’éclairer
les débats ultérieurs. Plusieurs pensées tentent ainsi
de construire un espace théorique où l’éthique puisse
être discutée d’une nouvelle façon, Notamment contre
les dualismes âme/corps et les références à
la transcendance ou à une conscience posée en guide absolu.
Un double enjeu se dégage. D’une part, un effort est mené
pour constituer un espace théorique où l’éthique se
discute sans que la menace d’une accusation (religieuse, morale et juridique)
l’encadre par le rappel de principes posés comme absolus. Se tourner
vers les sciences permet alors de se donner des méthodes de réflexion
critique. D’autre part, la réduction des dualismes et l’évacuation
de la transcendance implique de penser l’articulation de plusieurs catégories:
le physique et le moral; la norme et le fait; l’organique, le social et
le politique. Les sciences de la nature sont alors convoquées avec
ce qu’on n’appelle pas encore les sciences humaines pour envisager la dimension
éthique de l’homme dans une perspective immanentiste. L’un des intérêts
majeurs de ces tentatives matérialistes du XVIIIe est que la réflexion
éthique ne s’appuie pas sur des sciences données, déjà
constituées par ailleurs, mais sur des sciences en train de se faire.
Mercredi
5 novembre 2008
Bioéthique
de la réciprocité. Dominique Lestel (philosophe et éthologue,
maître de conférences, ENS, Paris). Les bioéthiques
contemporaines sont généralement défensives et négatives,
en mettant en avant des impératifs proscriptifs. Nous pensons qu’il
est aujourd’hui plus fécond d’essayer de développer des bioéthiques
positives qui s’appuient sur des impératifs prescriptifs. Avec la
notion de bioéthique de la réciprocité, nous présentons
et discutons une telle bioéthique positive basée sur la réciprocité
des services et des dons entre hommes et autres animaux, une réciprocité
régulée par une transaction juste plutôt que sur un
évitement systématique de la souffrance.
Mercredi
3 décembre 2008
Développement
des connaissances en biologie et émergence de droits pour l’animal.
Georges Chapouthier (biologiste, directeur de recherches CNRS).
Longtemps le statut de l’animal dans la philosophie a oscillé entre
l’« animal-sorte d’humain », susceptible, par exemple, d’être
poursuivi en justice, et l’animal-objet. C’est cette dernière conception
qui a triomphé en Occident à partir du XVIIe siècle,
avec la thèse cartésienne de l’animal machine, poussée
à l’extrême par son disciple, Malebranche. A son origine,
la biologie, telle qu’elle est exposée par Claude Bernard, est clairement
post-cartésienne dans sa conception de l’animal. Mais le développement
même des connaissances en biologie a ensuite permis de montrer la
proximité étonnante de l’homme et de l’animal sur les plans
génétiques, biochimiques, physiologiques, et même comportementaux
et affectifs. La théorie de l’évolution est venue compléter
cette évolution conceptuelle en révélant que l’homme
était bien un animal, cousin assez proche des chimpanzés.
Les plus récents développements de l’éthologie montrent
enfin que, même dans ce que les partisans d’une spécificité
humaine radicale considéraient comme inaccessible à l’animalité,
à savoir la culture, on trouve des « ébauches »
chez les animaux: utilisations d’outils, règles, langages, choix
esthétiques et… règles protomorales. Ce dernier point permet
d’ailleurs d’étayer fortement l’existence de bases naturelles de
la morale. Finalement la grande proximité de l’homme et de l’animal
a permis l’émergence de la notion de « droits de l’animal
». Comment comprendre ces droits ? Et comment faut-il les situer
par rapport aux droits de l’homme ?
Mercredi
7 janvier 2009
Une
théorie contractualiste et naturaliste de la morale. Nicolas Baumard
(philosophe, ENS et Institut Jean Nicod). La morale semble être
une affaire de négociation. Comme l’ont noté les philosophes
contractualistes (Hobbes, Rousseau, Kant, Rawls), nous agissons comme si
nous avions négocié un contrat avec les autres. Dans les
situations de justice par exemple, nous estimons que la distribution d’une
ressource doit être proportionnelle à la contribution à
l’entreprise commune. Dans les situations de solidarité, nous jugeons
que nous avons le devoir d’aider seulement si cela nous coûte peu
et rapporte beaucoup à celui que nous aidons. Notre travail ne se
veut pas normatif mais empirique. Il vise à rendre compte du caractère
contractualiste de nos jugements moraux. Hobbes avait cherché à
montrer que nous avons intérêt à nous comporter de
la sorte. La coopération est en effet nécessaire à
la survie. Or qui veut s’associer à un individu injuste et égoïste
? Pour autant, nous n’agissons pas moralement pour préserver nos
intérêts. Nous agissons moralement pour des raisons proprement
morales. La théorie contractualiste de la morale débouche
donc sur un paradoxe. Tout se passe comme si nos jugements moraux résultaient
d’une négociation portant sur les intérêts individuels.
Et pourtant, il n’y pas de négociation ! Ce paradoxe disparaît
si l’on se place dans une perspective naturaliste, et en particulier évolutionnaire.
Si en effet, nos jugements moraux sont le produit de la sélection
naturelle (et nous verrons qu’il y a de bonnes raisons de la penser), s’ils
ont évolués parce qu’il était dans l’intérêt
des individus de se comporter moralement (comme le pensait Hobbes), alors
il est possible d’expliquer la correspondance entre jugements et intérêts.
Au niveau évolutionnaire, les individus qui avaient une disposition
psychologique (un sens moral) contractualiste survivaient mieux que les
autres. Au niveau psychologique, nous sommes contractualistes non pas par
intérêts mais parce que nous suivons notre sens moral.
Mercredi
4 février 2009
Éthique
de la psychologie, psychologie de l’éthique, la psychologie comme
Éthique Cyrille Bouvet (psychologue clinicien, maître
de conférences, université Paris 10). La psychologie
clinique est concernée à plus d’un titre par le problème
de l’éthique. Premièrement, en tant que méthode d’intervention
thérapeutique auprès de personnes en souffrance, la psychologie
clinique doit construire et s’imposer un cadre éthique spécifique
limitant les abus de pouvoir toujours possibles dans les relations d’aide.
Du code de déontologie des psychologues aux polémiques actuelles
entourant les projets de législation des psychothérapies,
l’éthique de la pratique paraît ballottée entre des
conceptions contradictoires laissant un vide parfois inquiétant
dans les pratiques réelles. Deuxièmement, la psychologie
s’intéresse aussi à l’éthique en tant qu’objet d’étude,
à son origine et aux conditions de ses expressions. L’éthique
en tant que phénomène psychologique ancré dans la
réalité des relations précoces et actuelles ainsi
que dans la conflictualité entre les besoins égocentriques
et les valeurs dites « supérieures » paraît bien
moins « pure » et « noble » qu’une vision morale
et idéalisée pourrait le laisser croire. Troisièmement,
il arrive que certains courants de la psychologie s’attribuent une fonction
sociale éthique répondant en cela à la demande sociale
d’autorités morales proposant des guides de comportements et déterminant
ce qui est bien et mal. Mais peut-on considérer la psychologie comme
une éthique de vie ?
Mercredi
4 mars 2009
Êtes-vous
responsable? Édouard Guinet (professeur agrégé
de philosophie dans le secondaire, Paris). Dans le domaine judiciaire,
l’excuse de l’irresponsabilité peut être invoquée;
l’auteur des faits peut alors être orienté vers une prise
en charge thérapeutique, plutôt que vers une sanction pénale.
Nous prendrons ce problème de droit, et les réactions
symptomatiques qu’il soulève dans l’opinion publique, comme point
de départ pour une réflexion plus générale:
et si nous étions tous à moitié, voire pas du tout
responsables de nos actes ? Cette hypothèse de départ, volontairement
provocatrice, nous permettra d’aborder le thème de la responsabilité
à partir de la position métaphysique, réputée
moralement intenable, du déterminisme. Si telle personne est poussée
par les circonstances, si telle autre ne fait que céder à
une compulsion de répétition inconsciente, si telle autre
vit sous la coupe d’une tierce personne ou d’une idéologie, et ainsi
de suite, la société est-elle vraiment fondée à
leur demander d’assumer les conséquences de leurs actes ? Ou, pour
le dire dans les termes philosophiques du déterminisme, si chaque
événement est toujours précédé de conditions
antérieures suffisantes pour le déclencher, et si l’agir
humain ne fait pas exception à cette règle de l’universelle
nécessité, ne reste-t-il de la responsabilité juridique
et morale qu’une commode fiction sociale ? On proposera, afin de démêler
ces difficultés, de dissocier plusieurs niveaux de réflexion
souvent confondus: la question de l’origine de nos décisions; celle
de la paternité de nos actions; celle, enfin, des conditions psychologiques
nécessaires pour qu’une personne se sente comptable de ses agissements.
Lecture conseillée: Ted Honderich, Êtes-vous libre? Le problème
du déterminisme, Paris, Syllepse, 2008. Trad. fr. de How Free Are
You ?, Oxford University Press, 2002.
Mercredi
1er avril 2009
Limites
et possibilités du naturalisme moral contemporain: enjeux métaéthiques
et normatifs Jérôme Ravat (philosophe, université
Paris 4) S’évertuant à remettre en cause la traditionnelle
dichotomie entre faits et valeurs, un certain nombre d’auteurs contemporains
affirment qu’il est possible de fonder la morale de manière universelle
au moyen d’une analyse naturaliste des phénomènes moraux.
Cette analyse naturaliste, qu’elle se cantonne au champ de la métaéthique
ou qu’elle puise ses sources dans les sciences naturelles, aurait tout
à la fois pour vocation d’expliquer et de légitimer valeurs
et comportements moraux. C’est ainsi que pour Philippa Foot (Natural Goodness),
le lien consubstantiel entre normativité morale et normativité
naturelle permet de comprendre que les jugements portant sur la moralité
humaine et ceux concernant animaux et végétaux, possèdent
une « structure logique commune ». De même, pour William
Casebeer, (Natural Ethical Facts), la théorie de l’évolution
associée à l’éthique de la vertu aristotélicienne
conduit à identifier valeurs morales et fonctions biologiques. Enfin,
selon les partisans du réalisme moral naturaliste de « l’école
de Cornell » (Richard Boyd, Nicholas Sturgeon, Peter Railton), une
approche naturaliste de la morale pourrait mettre un terme à la
très grande majorité des désaccords moraux, en identifiant
ces derniers à des désaccords portant sur des faits connaissables
par les sciences naturelles. Nous soulignerons dans un premier temps les
limites du naturalisme, dès lors qu’il se trouve associé
à l’absolutisme et au réalisme moral. Ainsi, comme nous l’expliquerons,
les désaccords moraux ne sont pas uniquement réductibles
à des désaccords portant sur des faits relatifs à
la nature humaine, mais résultent bien plutôt de désaccords
se rattachant à des valeurs et des principes spécifiquement
moraux (Shweder, Stich, Wong). Toutefois, nous montrerons également
que la connaissance de la nature humaine permet de soutenir ce que nous
pourrions nommer un « pluralisme moral naturaliste »: si les
investigations empiriques relatives à la nature morale de l’homme
ne sauraient fonder de manière absolue un système normatif
univoque, elles pourraient permettre néanmoins de légitimer
une pluralité (mais non une infinité) de codes moraux compatibles
avec la nature humaine. Nous insisterons enfin sur le fait que ce pluralisme
moral naturaliste ne saurait se confondre avec un pur et simple relativisme,
dans la mesure où il prend appui sur un certain nombre de métaprincipes
permettant de départager les systèmes moraux, et ce à
l’aune de facteurs naturels, d’ordre biologique et psychologique notamment.
Mercredi
6 mai 2009
Naturalisation
de l’éthique et naturalisations des mathématiques Fabrice
Pataut (philosophe, IHPST, CNRS, université Paris 1, École
normale supérieure) A priori, rien de plus opposé que
l’éthique et les mathématiques. Les conflits éthiques
sont innombrables et, semble-t-il, insolubles; ils reflètent ni
plus ni moins nos divergences de points de vue personnels et collectifs.
Les mathématiques possèdent en revanche un arsenal impressionnant
de résultats objectivement attestés par les preuves et les
calculs; les vertus de leur applicabilité son indéniables.
On propose depuis le début des années 1980 de naturaliser
ces deux disciplines sans trop s’attarder sur cette différence,
supposée établie ou manifeste. Je m’attacherai à la
mettre en doute et à expliquer pourquoi certaines formes de naturalisation
ne peuvent rendre compte, respectivement, ni des difficultés intrinsèques
des conflits éthiques, ni des difficultés intrinsèques
des problèmes mathématiques, pour des raisons étonnamment
similaires. Je m’attacherai dans un premier temps à décrire
les traits saillants de ces tentatives de manière à faire
ressortir leurs points communs. Dans un deuxième temps, je chercherai
à montrer que l’élimination de la notion de vérité,
en éthique comme en mathématique, conduit à des difficultés
qui, même si elles étaient surmontées, ne permettraient
pas de donner une bonne explication des difficultés intrinsèques.
La naturalisation peut s’entendre en deux sens. En un sens faible, on peut
vouloir montrer qu’une discipline est compatible avec les sciences de la
nature. Le sort des mathématiques est réglé sur ce
point puisqu’elles leur sont nécessaires, comme l’emploi du calcul
infinitésimal et le recours au statistiques le montrent aisément.
Dans le cas de l’éthique, on pourra faire valoir le point de vue
de l’autonomie des obligations, et la compatibilité des deux genres
de domaines est alors une simple affaire d’hétérogénéité.
En un sens fort, on peut soit tenter d’expliquer les concepts d’une discipline
en ayant recours aux concepts d’une science de la nature, soit tenter de
montrer que le savoir particulier que la discipline déploie est
acquis selon des processus dont les sciences de la nature peuvent rendre
compte sans difficulté. Dans le cas de l’éthique, on a pu
adopter la première voie, en cherchant à montrer qu’elle
est un produit final de la sélection naturelle, que la fonction
adaptative des normes éthiques démontre le caractère
superfétatoire de l’objectivité éthique (cf. Ruse
1985, Ruse 1991, et dans une moindre mesure, Gibbard 1990 pour la psychologie
des sentiments moraux). L’objectivité n’est rien de plus qu’un effet.
Dans le cas des mathématiques, on a adopté la deuxième
en proposant une explication de la connaissance mathématique qui
élimine toute référence aux objets abstraits ou idéaux.
Les perspectives nominalistes, matérialistes ou causalistes, ont
faitl’objet de développements récents, cherchant à
montrer que la bonne explication de l’utilité des mathématiques
militait en faveur d’une conception antiréaliste de la discipline
(Field 2001). L’objectivité est instrumentale. Je m’attacherai ici
à critiquer la perspective de la naturalisation forte en examinant
deux cas: celui de la fonction adaptative (éthique) et celui de
la nominalisation (mathématique). Dans ces deux perspectives, ce
qui nous empêche de régler un conflit éthique, tout
comme ce qui nous empêche de trouver une solution à un problème
mathématique, ne relève pas de l’opacité d’un secteur
particulier de la réalité (une supposée « réalité
éthique » dans le premier cas, une « réalité
mathématique » tout aussi problématique dans le deuxième).
Qu’est-ce qui nous empêche de démontrer la conjecture arithmétique
de Goldbach, ou de trouver un argument contraignant pour ou contre l’euthanasie
? Aucun fait pertinent autonome que nous pourrions ignorer, puisque nous
travaillons dans l’hypothèse qu’il n’y a pas de réalité
morale ou de réalité mathématique autonome. Il faut
donc chercher l’explication du côté de nos limitations cognitives,
soit à l’inspection de données pertinentes externes (respectivement:
non spécifiquement éthiques et non spécifiquement
mathématiques), soit du côté de nos limitations cognitives
à l’introspection. J’examinerai les difficultés propres à
chaque hypothèse. Ma suggestion sera que nous devons défendre
une notion minimale de vérité et de rationalité pour
rendre compte de ces difficultés cognitives, aussi bien dans le
domaine éthique que dans le domaine mathématique. Cette stratégie
est préférable à celle du remplacement pur et simple
de la notion de vérité, par la prouvabilité ou la
conservativité dans le cas des mathématiques, et par l’utilité
ou le rôle évolutionnaire dans le cas de l’éthique.
Bibliographie indicative: Field Hartry (2001), Truth and the Absence of
Fact, Oxford, Oxford UP. Gibbard Allan (1990), Wise Choice, Apt Feelings:
A Theory of Normative Judgment, Oxford, Oxford UP. Pataut Fabrice (1999),
« Vérité morale et justification morale », in
R. Ogien (dir.), Le réalisme moral, Paris, PUF: 457-502. Ruse Michael
(1985), Taking Darwin Seriously: A Naturalistic Approach to Philosophy,
Oxford, Blackwell. Ruse Michael (1991), « Une défense de l’éthique
évolutionniste », in J.-P. Changeux (dir.), Fondements naturels
de l’éthique, Paris, Odile Jacob: 35-64.
Mercredi
3 juin 2009
A
propos de l’éthique évolutionniste Philippe Huneman
(philosophe de la biologie, CNRS, IHPST, Paris) A partir des années
1970, et dans la foulée des programmes de naturalisation de l’épistémologie
et des valeurs sur la base du darwinisme, certains théoriciens ont
élaboré un projet d’éthique évolutionniste.
L’idée de base est que l’éthique a émergé dans
l’histoire évolutionnaire des primates comme un certain résultat
de la sélection naturelle; en gros, l’éthique est donc une
adaptation - le principal problème étant alors d’identifier
l’avantage sélectif à court terme qu’ont représenté
certains éléments et prescriptions éthiques. Après
avoir indiqué pourquoi cette recherche s’est vite centrée
sur la question de l’altruisme, je distinguerai des versions fortes et
faible de l’éthique évolutionniste et tâcherai d’évaluer
les perspectives qu’elles proposent pour répondre à des interrogations
usuelles de philosophie morale – en particulier, d’éthique normative
et de métaéthique (questions sur le fondement de l’obligation
morale).
--- LIEUX DE SAVOIR: SUPPORTS, INSTRUMENTS, PRATIQUES Christian Jacob,
directeur d'études à l'EHESS (en cours de nomination) Jeudi
16 h à 18 h (INHA, salle Pierre-Jean Mariette, 2 rue Vivienne 75002
Paris), du 6 novembre 2008 au 11 juin 2009. «Le séminaire
portera sur la notion de « pratique savante », c'est-à-dire
sur l'ensemble des opérations manuelles, discursives et intellectuelles
mobilisées dans la production ou la réception d'un savoir.
On délimitera ainsi le champ d'une ergonomie du travail savant,
en tenant compte de la spécificité et de la complémentarité
des sources qui permettent à l'historien de le construire et de
le contextualiser : données matérielles liées aux
instruments et aux supports, formes de réflexivité des acteurs
sur leurs opérations et logiques multiples qui en guident l'explicitation,
définitions et descriptions normatives, par exemple dans les manuels
codifiant des procédures particulières ou dans les exercices
scolaires. On associera un parcours historiographique, une réflexion
théorique et méthodologique et des études de cas qui
concerneront notamment les milieux savants d'Alexandrie et de la période
de la Seconde sophistique (Plutarque, Aulu-Gelle, Athénée).
- jeudi 13 Novembre 2008: Introduction générale
(suite): pour une nouvelle approche de l'histoire des savoirs.
- jeudi 20 Novembre 2008: pas de séminaire en raison
du Forum Européen de l'essai sur l'art qui se tient dans les locaux
de l'INHA.
- jeudi 27 Novembre 2008: Entre universaux et variables culturelles:
à propos du livre de G.E.R. Lloyd, Cognitive Variations. Reflection
on the Unity and Diversity of the Human Mind (Oxford University Press,
2007).
- jeudi 4 Décembre 2008: De la technique aux savoirs:
la notion d'instrument (1) Une réflexion menée notamment
à partir des travaux d'André Leroi-Gourhan, Gilbert Simondon
et Bernard Stiegler.
- jeudi 11 Décembre 2008: De la technique aux savoirs:
la notion d'instrument (2)
- jeudi 18 Décembre 2008: De la technique aux savoirs:
la notion d'instrument (3)
--- Dixième saison de conférences à l'Hôtel
du département des Bouches-du-Rhône octobre 2008 – avril 2009
Emprises
de la violence.Regards sur la civilisation contemporaine. Le philosophe
Marcel Gauchet propose une réflexion sur cette contradiction
majeure dont il fait le constat: "au sein de la société de
la connaissance, le savoir n'est plus au centre". Une réflexion
utile pour éclairer en particulier la crise de l'autorité
et des savoirs scolaires. Cette conférence rejoint de fait l'actualité
éditoriale du philosophe, qui vient de publier Conditions de
l'éducation avec M.-C. Blais et D. Ottavi aux éditions
Stock. Jeudi 4 décembre 2008 Que nous arrive-t-il? Sur l'effondrement
du sens des savoirs par MARCEL GAUCHET. "La société de la
connaissance" pourrait bien se révéler, en fait, celle où
les savoirs perdent tout sens autre qu'utilitaire. Ils cessent de se présenter
comme les vecteurs d'une émancipation promettant à l'humanité
la maîtrise consciente de son destin. Marcel Gauchet s'efforcera
de mettre en lumière, à partir de ce phénomène,
les ressorts du changement de monde qui nous emporte et la racine des périls
auxquels il nous expose. Marcel Gauchet est historien et philosophe, directeur
d’études à l’École des hautes études en sciences
sociales et rédacteur en chef de la revue Le Débat depuis
sa création en 1980. Vient de paraître: Conditions de l'éducation
(avec M.-C. Blais et D. Ottavi), Stock, 2008. Derniers ouvrages parus:
L'avènement de la démocratie. Tome 1: La révolution
moderne et Tome 2: La crise du libéralisme, Gallimard, 2007 ; La
démocratie d'une crise à l'autre, Cécile Defaut, 2007.
Vendredi 5
Samedi 6
Dimanche 7
Mercredi 10
--- Séminaire
de philosophie des sciences du Laboratoire de philosophie de l'Université
de Franche-Comté pour l'année universitaire 2008-2009.
Toutes les séances ont lieu à l'UFR SLHS de Besançon.
Programme des séances.
- Mercredi 6 mai 2009 Marion VORMS (IHPST et ENS-Ulm)
La variété des modes de représentation dans la pratique
scientifique.
- Mercredi 11 mars 2009 Alexandre GUAY (Université de
Bourgogne, Dijon) Physique et philosophie des sciences
- Mercredi 11 février 2009 Jean-Marie VIGOUREUX (Laboratoire
de physique moléculaire UMR 6624, Besançon) Quelques
paradoxes de la mécanique quantique
- Mercredi 28 janvier 2009 Jan LACKI (REHSEIS - UMR 7596)
L'exact et l'approché, deux catégories en nécessité
de révision
- Mercredi 10 décembre 2008 Mathieu TRICLOT (Laboratoire
RECITS, Université de Technologie de Belfort-Montbéliard)
Cybernétique et philosophie des sciences
- Mercredi 12 novembre 2008 Jean-Marie VIGOUREUX (Laboratoire
de physique moléculaire UMR 6624, Besançon) Introduction
à la théorie du chaos.
Jeudi 11
--- CNRS (et Universités Lille
3 et 1), UMR 8163, "Savoirs, textes, langage" CNRS, UMR 8567, Centre Louis
Gernet, Paris. Les mathématiques grecques anciennes et
leur postérité Année 2008-2009. Séminaire d'histoire
des mathématiques organisé par Fabio Acerbi et Bernard
Vitrac. Présentation. «Le séminaire poursuivra cette
année deux objectifs : 1. Présenter des élaborations
mathématiques "marginales" par rapport à celles poursuivies
par les auteurs anciens et médiévaux les plus célébrés.
Il s'agit de montrer que le panorama des mathématiques pré-modernes
est bien plus varié que les résumés canoniques veulent
le faire croire. 2. Entamer une réfléxion de longue durée
sur les domaines mathématiques qui présentent une composante
"algorithmique" majeure, telles l'arithmétique et ses applications,
la logistique et, plus généralement, les sciences qui impliquent
des calculs, comme l'astronomie ou la géométrie métrique.
En même temps, nous tâcherons de mettre en valeur la composante
opératoire des preuves géométriques.
Calendrier Les séances auront lieu
le jeudi, de 14h à 17h, Salle 104 de la Maison de la Recherche,
Université de Lille 3, Villeneuve d'Ascq.
- 16 octobre 2008. Nicolas Vinel (Fondation Thiers
- Paris) : L'Introduction à l'arithmétique de Jamblique,
une oeuvre à réhabiliter.
- 13 novembre 2008. Sabine Rommevaux (CNRS, UMR
6576 CESR) : Les applications de l'algèbre à l'arithmétique
et à la géométrie dans le Libro de algebra en arithmetica
y geometria de Pedro Nuñez (1567).
- 11 décembre 2008. Andrew Barker (Institute
of Archaeology and Antiquity, University of Birmingham) : Mathematical
principles in Greek musical theory.
- 15 janvier 2009. Guy Le Meur (Université
de Lille 3 et UMR 8163 "Savoirs, textes, langage") : Autolycos, Euclide,
Théodose, la Petite Astronomie : de l'horizon au méridien.
- 5 février 2009. Agathe Keller (CNRS,
UMR 7596 REHSEIS) : Les raisonnements du commentaire mathématique
de Bhâskara I (VII siècle) sur l'Âryabhatîya :
explications, preuves et vérifications.
- 12 mars 2009. James Ritter (Université
de Paris VIII) : Algorithmes en Mésopotamie et en Égypte
anciennes.
- 2 avril 2009. Fabio Acerbi (CNRS, UMR 8163
"Savoirs, textes, langage") : Formes du langage des données et son
emploi comme outil déductif.
- 14 mai 2009. Bernard Vitrac (CNRS, UMR 8567
Centre Louis Gernet) : Paralipomènes à Euclide.
--- LIEUX DE SAVOIR: SUPPORTS, INSTRUMENTS, PRATIQUES Christian Jacob,
directeur d'études à l'EHESS (en cours de nomination) Jeudi
16 h à 18 h (INHA, salle Pierre-Jean Mariette, 2 rue Vivienne 75002
Paris), du 6 novembre 2008 au 11 juin 2009. «Le séminaire
portera sur la notion de « pratique savante », c'est-à-dire
sur l'ensemble des opérations manuelles, discursives et intellectuelles
mobilisées dans la production ou la réception d'un savoir.
On délimitera ainsi le champ d'une ergonomie du travail savant,
en tenant compte de la spécificité et de la complémentarité
des sources qui permettent à l'historien de le construire et de
le contextualiser : données matérielles liées aux
instruments et aux supports, formes de réflexivité des acteurs
sur leurs opérations et logiques multiples qui en guident l'explicitation,
définitions et descriptions normatives, par exemple dans les manuels
codifiant des procédures particulières ou dans les exercices
scolaires. On associera un parcours historiographique, une réflexion
théorique et méthodologique et des études de cas qui
concerneront notamment les milieux savants d'Alexandrie et de la période
de la Seconde sophistique (Plutarque, Aulu-Gelle, Athénée).
- jeudi 13 Novembre 2008: Introduction générale
(suite): pour une nouvelle approche de l'histoire des savoirs.
- jeudi 20 Novembre 2008: pas de séminaire en raison
du Forum Européen de l'essai sur l'art qui se tient dans les locaux
de l'INHA.
- jeudi 27 Novembre 2008: Entre universaux et variables culturelles:
à propos du livre de G.E.R. Lloyd, Cognitive Variations. Reflection
on the Unity and Diversity of the Human Mind (Oxford University Press,
2007).
- jeudi 4 Décembre 2008: De la technique aux savoirs:
la notion d'instrument (1) Une réflexion menée notamment
à partir des travaux d'André Leroi-Gourhan, Gilbert Simondon
et Bernard Stiegler.
- jeudi 11 Décembre 2008: De la technique aux savoirs:
la notion d'instrument (2)
- jeudi 18 Décembre 2008: De la technique aux savoirs:
la notion d'instrument (3)
Vendredi 12
--- Séminaire
de philosophie morale et politique et de philosophie sociale du Laboratoire
Sophiapol/Paris X-Nanterre. Il s'agit du programme du premier semestre
du séminaire qui s'inscrit dans le cadre du séminaire thématique
de philosophie de l'ED 139. Le programme du second semestre sera diffusé
ultérieurement. Pour trouver des informations complémentaires
sur le séminaire, vous pouvez visiter le
site du Laboratoire Sophiapol .
Calendrier du premier semestre 2008-2009.
- Lundi 13 octobre : Pap Ndiaye (CENA/EHESS). La séance
portera sur l'ouvrage "La condition noire : Essai sur une minorité
française", Calmann-Lévy, 2008. 14h-16h30, salle 421, bât.
L.
- Lundi 27 octobre : P. Savidan (Paris IV). « Repenser
l’égalité des chances ». La séance portera sur
l’ouvrage du même nom, "Repenser l’égalité des chances",
Grasset, Paris, 2007, 14h-16h 30, salle 421, bât. L.
- Vendredi 12 décembre : C. Gautier (Université
Paul Valéry – Montpellier III) fera une conférence intitulée
"P. Bourdieu: connaissance de la pratique et travail de la critique". 10h30-12h30,
salle 419, bât. L.
- Lundi 12 janvier : B. Lahire (ENS-LSH). Titre de la conférence:
« De L'Homme pluriel à La Culture des individus », 14h-16h30,
salle 421, bât. L.
Toutes ces séances seront présidées par Ch. Lazzeri.
Lieu : Campus de Paris Ouest-Nanterre-La Défense (anciennement
Paris X-Nanterre). Coordination et contacts : la programmation du cycle
de conférences et la coordination du cycle de conférences
et du cycle d’ateliers sont assurées par M. Garrau, Ch. Lazzeri
et A. Le Goff. Pour tout renseignement sur le programme, vous pouvez contacter
alicemlegoff@yahoo.fr et mgarrau@u-paris10.fr.
Samedi 13
--- Séminaire de recherche hégélienne. Animé par Bernard Mabille, professeur à l’université de Poitiers et Gilles Marmasse, maître de conférences à l’université Paris-IV Sorbonne dans le cadre de l’équipe d’accueil « Nosophi » (EA 3562, Paris I) et de l’équipe d’accueil « Métaphysique: histoires, transformations, actualité » (EA 3552, Paris IV).--- L’Institut Émilie du Châtelet
a le plaisir de vous inviter à la prochaine séance de son
cycle de conférences: «Quarante ans de recherches sur les
femmes, le sexe et le genre». Cette séance est consacrée
à GENEVIEVE FRAISSE. Geneviève Fraisse, philosophe,
directrice de recherche au CNRS, ancienne députée au Parlement
européen, productrice à France Culture, présidente
du Comité scientifique de l’IEC. Lors de la fondation de la
revue Les Révoltes logiques en 1975, elle a fait le pari de la pensée
des femmes et de son histoire (Les Femmes et leur histoire, 1998). Elle
est connue pour ses nombreux essais, depuis Femmes toutes mains, essai
sur le service domestique(1979) jusqu’au Privilège de Simone de
Beauvoir (2008), en passant notamment par Clémence Royer (1985),
Muse de la raison, la démocratie exclusive et la différence
des sexes (1989), La Différence des sexes (1996), Les deux gouvernements,
la famille et la cité (2000) et Du Consentement (2007). Cela l’a
amenée à travailler étroitement avec les historiennes,
jusqu’à la synthèse de l’Histoire des femmes en Occident
(1991, codirection du volume 4, XIXe siècle). Le samedi
13 décembre de 14h à 16h
Jardin des Plantes, Auditorium de la Grande Galerie de l’évolution.
M° Austerlitz, Monge, Censier ou Jussieu.
Prochaines séances:
*17 janvier 2009: François De Singly, sociologue, spécialiste
de la vie privée et des sociétés individualistes,
professeur à l’Université de Paris Descartes, directeur du
Centre de recherches sur les liens sociaux (CERLIS).
*7 février: Françoise Thébaud, spécialiste
de l’histoire des femmes au XXe siècle, professeure à l’Université
d’Avignon jusqu’en 2007, fondatrice et co-directrice de la revue CLIO,
Histoire, Femmes et Sociétés.
Dimanche 14
-
Mardi 16
--- Séminaire de Julie Saada: LA GUERRE EN QUESTION. Ciph
/ UMR 5206 Triangle - ENS-LSH / Nosophi- Université Paris 1.
Programme : Premier semestre :
- mardi 21 octobre 2008, 18-20h La guerre, une réalité
morale ? Le processus de juridicisation de la guerre et les débats
moraux contemporains. Christian NADEAU (philosophie, Université
de Montréal) Julie SAADA (philosophie/sciences politiques, Iufm
Paris/Université Paris 9)
- mercredi 5 novembre 2008, 14h-16h (attention, séance
à Paris I, 12 place du Panthéon, salle 216) Les objections
à la réalité morale de la guerre. Pacifisme et
réalisme. Nicolas TAVAGLIONE (philosophie/sciences politiques,
Université de Genève)Dario BATTISTELLA (sciences politiques,
IEP de Bordeaux)
- mardi 18 novembre 2008, 18-20h L'art de la guerre en Islam
Makram ABBES (philosophie, ENS-LSH)
- mardi 16 décembre 2008, 18-20h Le retour de la guerre juste
dans le droit international et la guerre préventive. Olivier
CORTEN (droit, Université libre de Bruxelles) Ariel COLONOMOS (sciences
politiques, CNRS/IEP Paris)
- mardi 20 janvier, 18-20h Transformations de la guerre, transformations
du politique. Pierre HASSNER (sciences politiques, IEP Paris) Gérard
MAIRET (philosophie/sc. politiques, Université Paris 8).
--- LIEUX DE SAVOIR: SUPPORTS, INSTRUMENTS, PRATIQUES Christian Jacob,
directeur d'études à l'EHESS (en cours de nomination) Jeudi
16 h à 18 h (INHA, salle Pierre-Jean Mariette, 2 rue Vivienne 75002
Paris), du 6 novembre 2008 au 11 juin 2009. «Le séminaire
portera sur la notion de « pratique savante », c'est-à-dire
sur l'ensemble des opérations manuelles, discursives et intellectuelles
mobilisées dans la production ou la réception d'un savoir.
On délimitera ainsi le champ d'une ergonomie du travail savant,
en tenant compte de la spécificité et de la complémentarité
des sources qui permettent à l'historien de le construire et de
le contextualiser : données matérielles liées aux
instruments et aux supports, formes de réflexivité des acteurs
sur leurs opérations et logiques multiples qui en guident l'explicitation,
définitions et descriptions normatives, par exemple dans les manuels
codifiant des procédures particulières ou dans les exercices
scolaires. On associera un parcours historiographique, une réflexion
théorique et méthodologique et des études de cas qui
concerneront notamment les milieux savants d'Alexandrie et de la période
de la Seconde sophistique (Plutarque, Aulu-Gelle, Athénée).
- jeudi 13 Novembre 2008: Introduction générale
(suite): pour une nouvelle approche de l'histoire des savoirs.
- jeudi 20 Novembre 2008: pas de séminaire en raison
du Forum Européen de l'essai sur l'art qui se tient dans les locaux
de l'INHA.
- jeudi 27 Novembre 2008: Entre universaux et variables culturelles:
à propos du livre de G.E.R. Lloyd, Cognitive Variations. Reflection
on the Unity and Diversity of the Human Mind (Oxford University Press,
2007).
- jeudi 4 Décembre 2008: De la technique aux savoirs:
la notion d'instrument (1) Une réflexion menée notamment
à partir des travaux d'André Leroi-Gourhan, Gilbert Simondon
et Bernard Stiegler.
- jeudi 11 Décembre 2008: De la technique aux savoirs:
la notion d'instrument (2)
- jeudi 18 Décembre 2008: De la technique aux savoirs:
la notion d'instrument (3)
Vendredi 19
--- Dans le cadre du programme « Sciences et dialectiques
» (2008-2013), au Collège International de Philosophie,
premier séminaire intitulé cette année « Dialectiques
en mathématiques : Hegel, Lautman et quelques autres ».
Les trois séances du 1er semestre auront lieu aux dates suivantes
: Vendredi 10 octobre, Vendredi 7 novembre, Vendredi 19 décembre.
Horaire : 18h30-20h30. Salle JA01, Carré des Sciences, 1 rue Descartes,
75005 Paris. Les deux premières séances seront introductives.
L’invité du 19 décembre sera Jean-Michel Salanskis (Paris
X – Nanterre). Le titre de son intervention sera communiqué ultérieurement.
Emmanuel
Barot Université Toulouse
II Le Mirail, Département de Philosophie. Argumentaire du séminaire
: Dialectiques en mathématiques : Hegel, Lautman et quelques autres.
«Le programme Sciences et dialectiques dont ce séminaire annuel
sera l’initiation, vise à examiner à la lumière de
divers travaux les rapports variés entre sciences et dialectiques,
tels qu’ils peuvent se tramer en philosophie des mathématiques d’un
côté, en philosophie des sciences sociales de l’autre, et
les attendus politiques que ces rapports suggèrent. Le fil rouge
en sera le statut et le rôle de la dialectique, opérateur
traditionnellement problématique entre le philosophique et le scientifique
: on s’efforcera autant que possible d’en accomplir les ressorts heuristiques,
mais on l’utilisera aussi comme vecteur privilégié de réflexion
sur les rapports plus généralement tendus que science et
philosophie entretiennent aujourd’hui. Cette première année
retournera aux origines, et commencera par la réouverture du «
dossier Hegel », afin de mettre à l’épreuve la mise
à l’épreuve même que celui-ci fait subir à la
scientificité d’entendement. On présentera dans la foulée
l’influence qu’il a pu avoir sur les pensées dialectiques «
à la française » diversement élaborées
à l’endroit de la chose logico-mathématique, par Bachelard,
Cavaillès, Gonseth, Lautman, ou encore Granger. Et l’on se concentrera
sur une lecture croisant la Science de la logique et la singulière
dialectique néo-platonicienne d’Albert Lautman, puissamment suggestive
aujourd’hui. Celui-ci, au plus près des révolutions mathématiques
de son temps, a en effet développé un platonisme métaphysique
(et non mathématique) bigarré, oscillant entre Heidegger,
Kant et Hegel, par lequel il retrouvait en la dépassant la problématique
de la constitution transcendantale de l’objectivité mathématique
et physique. Entre le transcendantal et le dialectique, le passage par
certains néo-kantiens allemands, notamment ceux de l’Ecole de Marbourg,
aidera également à instruire le dossier.»
Dimanche 21
Mardi 23
Mercredi 24
Jeudi 25
Vendredi 26
Samedi 27
Dimanche 28
Lundi 29
Mardi 30