Attention: les colloques ou les journées d'étude qui durent 2 jours ou plus sont mentionnés seulement à la première date. Songez à vérifier, pour un jour opportun qui vous intéresse, dans la journée qui précède.
Semaine 10 (2 au 8), semaine 11 (9 au 15), semaine 12 (16 au 22), semaine 13 (23 au 1er mars),
--- Toulouse.
Les rendez-vous de la librairie Ombres Blanches.
Lundi 2
Mardi 3
Mercredi 4
--- Institut d'études lévinassiennes. René
Levy Séminaire sur Paul (IV), Grâce et transcendance Mercredi
4 mars 2009, à 20h30. Editions Verdier, 17-19 rue Houdart,
75020 Paris. Une deuxième séance sous réserve. Voir
ultérieurement les informations sur le site Internet.
--- Le cours et le séminaire de Jacques Bouveresse auront
lieu au Collège de France tous les mercredis du 7 janvier au 8 avril
2009 (sauf le 18 février). Cours : Dans le labyrinthe : nécessité,
contingence et liberté chez Leibniz (à 14 H). Séminaire
: Usages de Wittgenstein (à 16 H 30) Programme du séminaire.
- 7 janvier Jean-Jacques Rosat, Collège de France Le problème
des concepts phénoménaux et Wittgenstein.
- 14 janvier Valérie Aucouturier, Université Paris 1
& University of Kent Usages de l'analyse conceptuelle chez Anscombe
: l’exemple de “l'intention”.
- 21 janvier Maia Ponsonnet, Université Paris 8-Saint-Denis
L’anthropologie avec Wittgenstein, et vice versa.
- 28 janvier Jérôme Dokic, EHESS Le contexte de la certitude.
- 4 février Denis Perrin, Université Grenoble 2 Kripke
lecteur de Wittgenstein : le vague et l’usage.
- 11 février Aude Bandini, Collège de France De la théorie
de la proposition image à la sémantique picturale de Sellars.
- 25 février François Clementz, Université de
Provence (Aix-Marseille 1) Russell, Wittgenstein et la genèse de
l'atomisme logique.
- 4 mars Delphine Chapuis-Schmitz, IHPST (Paris) Analyticité
et vérité logique : Wittgenstein et Carnap.
- 11 mars Jean-François Laplénie, Université Paris
4 Wittgenstein chez Thomas Bernhard.
- 18 mars Gerhard Schmezer La croyance religieuse comme équilibrisme
: la philosophie de la religion dans le sillage de Wittgenstein.
- 25 mars Élise Marrou, Université Paris 10 et Université
Paris 1 “Le moment wittgenstein des anthropologues” : Veena Das, souffrance
et subjectivité.
- 1er avril Bruno Ambroise, CNRS (CURAPP-ESS, Amiens) Contextualisme
et anti-représentationnalisme : usages de Wittgenstein par Charles
Travis.
- 8 avril Ludovic Soutif, FAPESP/Université de São Paulo
(USP) Expliquer la portée normative pragmatique des états
intentionnels – L'utilisation de Wittgenstein par Brandom.
--- Programme annuel du séminaire "Produire
l'éthique: éthique, matérialisme et sciences (Séminaire
2008/2009). Séminaire organisé par Pascal Charbonnat, François
Pépin et Marc Silberstein, et accueilli par Michel Morange, au Centre
Cavaillès de l’École normale supérieure de Paris.
Les séances se déroulent le premier mercredi de chaque mois
(d’octobre à juin) au Centre Cavaillès (3e étage,
29 rue d’Ulm, 75005 Paris), de 18 h 00 à 20 h 00, entrée
libre dans la limite des places disponibles.
«Produire
l’éthique, c’est supposer qu’elle n’est pas donnée ni reçue,
mais constituée dans et par la vie et les activités humaines.
Le séminaire se propose d’interroger ces modes de production sous
l’angle de leurs liens avec les sciences. C’est en ce sens qu’un questionnement
matérialiste de l’éthique pourra être dégagé.
Cela suppose de reconsidérer une division classique entre le champ
scientifique et l’éthique, en discutant l’idée courante de
neutralité scientifique prise comme amoralité totale interdisant
même un usage ou une portée éthiques des concepts,
résultats et analyses scientifiques. Mais une forme de neutralité
sert aussi à constituer l’autonomie de la science à l’égard
des pressions et débats moraux, politiques et sociaux. Un enjeu
du séminaire sera donc d’examiner les usages, les effets et la portée
éthiques de concepts construits selon une logique scientifique,
qui, sans être pure de toute implication morale, n’a pas pour fonction
première de résoudre des problèmes éthiques.
L’intérêt d’un détour par la science pour penser la
production de l’éthique réside dans la possibilité
d’interroger précisément ses modes de constitution (biologiques,
sociaux, médicaux, psychologiques, etc.) contre les traditions du
commandement reçu ou senti dans l’intériorité d’une
conscience transcendantale. L’histoire des pensées matérialistes
suggère la pertinence d’une articulation entre l’effort d’émancipation
des sciences à l’égard des champs religieux et politique,
et la libération de l’éthique par un usage des savoirs scientifiques
pour penser une morale pleinement immanente. Cela permet d’interroger la
spécificité d’une morale matérialiste dans la culture
d’un rapport particulier aux sciences. Le séminaire se propose d’examiner
la production de l’éthique selon trois angles principaux. Les sciences,
notamment humaines et sociales, établissent-elles des faits éthiques
intéressant le projet moral ? La question est alors de savoir s’il
faut dissocier ou articuler le traitement scientifique, par exemple par
des tentatives de quantification, de concepts à portée éthique
comme le bien-être ou la normalité mentale, et le projet éthique.
Y a-t-il un usage pertinent de savoirs scientifiques pour justifier et
critiquer des normes éthiques ? Les normes font depuis longtemps
partie des objets d’études scientifiques. Mais l’invocation de concepts,
de faits et de théories scientifiques dans l’entreprise de justification
des normes éthiques semble un problème spécifique
qui demande d’interroger les fonctions de la norme comme objet d’étude
et comme enjeu moral. Enfin, se pose une question récapitulative:
peut-on entièrement naturaliser l’éthique ? Notons également
que 2009 sera l’année Darwin, en raison du bicentenaire de sa naissance
et du cent cinquantenaire de la parution de L’Origine des espèces.
Ce séminaire, en présentant plusieurs séances consacrées
à la vaste question de la naturalisation de l’éthique, de
l’éthique évolutionniste (ou évolutionnaire), etc.,
s’inscrit donc pleinement dans les initiatives liées à cette
commémoration, dont l’intérêt – il faut le souligner
– n’est pas uniquement historiographique. Insister sur les enjeux programmatiques
autant que moraux du darwinisme contemporain s’avère, en notre époque
de résurgences des créationnnismes, d’une cruciale nécessité.»
Calendrier
des séances
-
Mercredi
1er octobre 2008
Le matérialiste et l’éthique:
un nouvel espace de discussion depuis les Lumières. François
Pépin (professeur agrégé dans le secondaire, docteur
en philosophie). L’intérêt des philosophies matérialistes
pour les sciences en vue de penser l’éthique pourrait être
considéré comme aussi ancien que ces philosophies elles-mêmes.
Mais notre introduction insistera sur certaines leçons des Lumières.
En effet, un nouveau rapport entre sciences et éthique se noue autour
des matérialismes du XVIIIe siècle, susceptible d’éclairer
les débats ultérieurs. Plusieurs pensées tentent ainsi
de construire un espace théorique où l’éthique puisse
être discutée d’une nouvelle façon, Notamment contre
les dualismes âme/corps et les références à
la transcendance ou à une conscience posée en guide absolu.
Un double enjeu se dégage. D’une part, un effort est mené
pour constituer un espace théorique où l’éthique se
discute sans que la menace d’une accusation (religieuse, morale et juridique)
l’encadre par le rappel de principes posés comme absolus. Se tourner
vers les sciences permet alors de se donner des méthodes de réflexion
critique. D’autre part, la réduction des dualismes et l’évacuation
de la transcendance implique de penser l’articulation de plusieurs catégories:
le physique et le moral; la norme et le fait; l’organique, le social et
le politique. Les sciences de la nature sont alors convoquées avec
ce qu’on n’appelle pas encore les sciences humaines pour envisager la dimension
éthique de l’homme dans une perspective immanentiste. L’un des intérêts
majeurs de ces tentatives matérialistes du XVIIIe est que la réflexion
éthique ne s’appuie pas sur des sciences données, déjà
constituées par ailleurs, mais sur des sciences en train de se faire.
Mercredi
5 novembre 2008
Bioéthique
de la réciprocité. Dominique Lestel (philosophe et éthologue,
maître de conférences, ENS, Paris). Les bioéthiques
contemporaines sont généralement défensives et négatives,
en mettant en avant des impératifs proscriptifs. Nous pensons qu’il
est aujourd’hui plus fécond d’essayer de développer des bioéthiques
positives qui s’appuient sur des impératifs prescriptifs. Avec la
notion de bioéthique de la réciprocité, nous présentons
et discutons une telle bioéthique positive basée sur la réciprocité
des services et des dons entre hommes et autres animaux, une réciprocité
régulée par une transaction juste plutôt que sur un
évitement systématique de la souffrance.
Mercredi
3 décembre 2008
Développement
des connaissances en biologie et émergence de droits pour l’animal.
Georges Chapouthier (biologiste, directeur de recherches CNRS).
Longtemps le statut de l’animal dans la philosophie a oscillé entre
l’« animal-sorte d’humain », susceptible, par exemple, d’être
poursuivi en justice, et l’animal-objet. C’est cette dernière conception
qui a triomphé en Occident à partir du XVIIe siècle,
avec la thèse cartésienne de l’animal machine, poussée
à l’extrême par son disciple, Malebranche. A son origine,
la biologie, telle qu’elle est exposée par Claude Bernard, est clairement
post-cartésienne dans sa conception de l’animal. Mais le développement
même des connaissances en biologie a ensuite permis de montrer la
proximité étonnante de l’homme et de l’animal sur les plans
génétiques, biochimiques, physiologiques, et même comportementaux
et affectifs. La théorie de l’évolution est venue compléter
cette évolution conceptuelle en révélant que l’homme
était bien un animal, cousin assez proche des chimpanzés.
Les plus récents développements de l’éthologie montrent
enfin que, même dans ce que les partisans d’une spécificité
humaine radicale considéraient comme inaccessible à l’animalité,
à savoir la culture, on trouve des « ébauches »
chez les animaux: utilisations d’outils, règles, langages, choix
esthétiques et… règles protomorales. Ce dernier point permet
d’ailleurs d’étayer fortement l’existence de bases naturelles de
la morale. Finalement la grande proximité de l’homme et de l’animal
a permis l’émergence de la notion de « droits de l’animal
». Comment comprendre ces droits ? Et comment faut-il les situer
par rapport aux droits de l’homme ?
Mercredi
7 janvier 2009
Une
théorie contractualiste et naturaliste de la morale. Nicolas Baumard
(philosophe, ENS et Institut Jean Nicod). La morale semble être
une affaire de négociation. Comme l’ont noté les philosophes
contractualistes (Hobbes, Rousseau, Kant, Rawls), nous agissons comme si
nous avions négocié un contrat avec les autres. Dans les
situations de justice par exemple, nous estimons que la distribution d’une
ressource doit être proportionnelle à la contribution à
l’entreprise commune. Dans les situations de solidarité, nous jugeons
que nous avons le devoir d’aider seulement si cela nous coûte peu
et rapporte beaucoup à celui que nous aidons. Notre travail ne se
veut pas normatif mais empirique. Il vise à rendre compte du caractère
contractualiste de nos jugements moraux. Hobbes avait cherché à
montrer que nous avons intérêt à nous comporter de
la sorte. La coopération est en effet nécessaire à
la survie. Or qui veut s’associer à un individu injuste et égoïste
? Pour autant, nous n’agissons pas moralement pour préserver nos
intérêts. Nous agissons moralement pour des raisons proprement
morales. La théorie contractualiste de la morale débouche
donc sur un paradoxe. Tout se passe comme si nos jugements moraux résultaient
d’une négociation portant sur les intérêts individuels.
Et pourtant, il n’y pas de négociation ! Ce paradoxe disparaît
si l’on se place dans une perspective naturaliste, et en particulier évolutionnaire.
Si en effet, nos jugements moraux sont le produit de la sélection
naturelle (et nous verrons qu’il y a de bonnes raisons de la penser), s’ils
ont évolués parce qu’il était dans l’intérêt
des individus de se comporter moralement (comme le pensait Hobbes), alors
il est possible d’expliquer la correspondance entre jugements et intérêts.
Au niveau évolutionnaire, les individus qui avaient une disposition
psychologique (un sens moral) contractualiste survivaient mieux que les
autres. Au niveau psychologique, nous sommes contractualistes non pas par
intérêts mais parce que nous suivons notre sens moral.
Mercredi
4 février 2009
Éthique
de la psychologie, psychologie de l’éthique, la psychologie comme
Éthique Cyrille Bouvet (psychologue clinicien, maître
de conférences, université Paris 10). La psychologie
clinique est concernée à plus d’un titre par le problème
de l’éthique. Premièrement, en tant que méthode d’intervention
thérapeutique auprès de personnes en souffrance, la psychologie
clinique doit construire et s’imposer un cadre éthique spécifique
limitant les abus de pouvoir toujours possibles dans les relations d’aide.
Du code de déontologie des psychologues aux polémiques actuelles
entourant les projets de législation des psychothérapies,
l’éthique de la pratique paraît ballottée entre des
conceptions contradictoires laissant un vide parfois inquiétant
dans les pratiques réelles. Deuxièmement, la psychologie
s’intéresse aussi à l’éthique en tant qu’objet d’étude,
à son origine et aux conditions de ses expressions. L’éthique
en tant que phénomène psychologique ancré dans la
réalité des relations précoces et actuelles ainsi
que dans la conflictualité entre les besoins égocentriques
et les valeurs dites « supérieures » paraît bien
moins « pure » et « noble » qu’une vision morale
et idéalisée pourrait le laisser croire. Troisièmement,
il arrive que certains courants de la psychologie s’attribuent une fonction
sociale éthique répondant en cela à la demande sociale
d’autorités morales proposant des guides de comportements et déterminant
ce qui est bien et mal. Mais peut-on considérer la psychologie comme
une éthique de vie ?
Mercredi
4 mars 2009
Êtes-vous
responsable? Édouard Guinet (professeur agrégé
de philosophie dans le secondaire, Paris). Dans le domaine judiciaire,
l’excuse de l’irresponsabilité peut être invoquée;
l’auteur des faits peut alors être orienté vers une prise
en charge thérapeutique, plutôt que vers une sanction pénale.
Nous prendrons ce problème de droit, et les réactions
symptomatiques qu’il soulève dans l’opinion publique, comme point
de départ pour une réflexion plus générale:
et si nous étions tous à moitié, voire pas du tout
responsables de nos actes ? Cette hypothèse de départ, volontairement
provocatrice, nous permettra d’aborder le thème de la responsabilité
à partir de la position métaphysique, réputée
moralement intenable, du déterminisme. Si telle personne est poussée
par les circonstances, si telle autre ne fait que céder à
une compulsion de répétition inconsciente, si telle autre
vit sous la coupe d’une tierce personne ou d’une idéologie, et ainsi
de suite, la société est-elle vraiment fondée à
leur demander d’assumer les conséquences de leurs actes ? Ou, pour
le dire dans les termes philosophiques du déterminisme, si chaque
événement est toujours précédé de conditions
antérieures suffisantes pour le déclencher, et si l’agir
humain ne fait pas exception à cette règle de l’universelle
nécessité, ne reste-t-il de la responsabilité juridique
et morale qu’une commode fiction sociale ? On proposera, afin de démêler
ces difficultés, de dissocier plusieurs niveaux de réflexion
souvent confondus: la question de l’origine de nos décisions; celle
de la paternité de nos actions; celle, enfin, des conditions psychologiques
nécessaires pour qu’une personne se sente comptable de ses agissements.
Lecture conseillée: Ted Honderich, Êtes-vous libre? Le problème
du déterminisme, Paris, Syllepse, 2008. Trad. fr. de How Free Are
You ?, Oxford University Press, 2002.
Mercredi
1er avril 2009
Limites
et possibilités du naturalisme moral contemporain: enjeux métaéthiques
et normatifs Jérôme Ravat (philosophe, université
Paris 4) S’évertuant à remettre en cause la traditionnelle
dichotomie entre faits et valeurs, un certain nombre d’auteurs contemporains
affirment qu’il est possible de fonder la morale de manière universelle
au moyen d’une analyse naturaliste des phénomènes moraux.
Cette analyse naturaliste, qu’elle se cantonne au champ de la métaéthique
ou qu’elle puise ses sources dans les sciences naturelles, aurait tout
à la fois pour vocation d’expliquer et de légitimer valeurs
et comportements moraux. C’est ainsi que pour Philippa Foot (Natural Goodness),
le lien consubstantiel entre normativité morale et normativité
naturelle permet de comprendre que les jugements portant sur la moralité
humaine et ceux concernant animaux et végétaux, possèdent
une « structure logique commune ». De même, pour William
Casebeer, (Natural Ethical Facts), la théorie de l’évolution
associée à l’éthique de la vertu aristotélicienne
conduit à identifier valeurs morales et fonctions biologiques. Enfin,
selon les partisans du réalisme moral naturaliste de « l’école
de Cornell » (Richard Boyd, Nicholas Sturgeon, Peter Railton), une
approche naturaliste de la morale pourrait mettre un terme à la
très grande majorité des désaccords moraux, en identifiant
ces derniers à des désaccords portant sur des faits connaissables
par les sciences naturelles. Nous soulignerons dans un premier temps les
limites du naturalisme, dès lors qu’il se trouve associé
à l’absolutisme et au réalisme moral. Ainsi, comme nous l’expliquerons,
les désaccords moraux ne sont pas uniquement réductibles
à des désaccords portant sur des faits relatifs à
la nature humaine, mais résultent bien plutôt de désaccords
se rattachant à des valeurs et des principes spécifiquement
moraux (Shweder, Stich, Wong). Toutefois, nous montrerons également
que la connaissance de la nature humaine permet de soutenir ce que nous
pourrions nommer un « pluralisme moral naturaliste »: si les
investigations empiriques relatives à la nature morale de l’homme
ne sauraient fonder de manière absolue un système normatif
univoque, elles pourraient permettre néanmoins de légitimer
une pluralité (mais non une infinité) de codes moraux compatibles
avec la nature humaine. Nous insisterons enfin sur le fait que ce pluralisme
moral naturaliste ne saurait se confondre avec un pur et simple relativisme,
dans la mesure où il prend appui sur un certain nombre de métaprincipes
permettant de départager les systèmes moraux, et ce à
l’aune de facteurs naturels, d’ordre biologique et psychologique notamment.
Mercredi
6 mai 2009
Naturalisation
de l’éthique et naturalisations des mathématiques Fabrice
Pataut (philosophe, IHPST, CNRS, université Paris 1, École
normale supérieure) A priori, rien de plus opposé que
l’éthique et les mathématiques. Les conflits éthiques
sont innombrables et, semble-t-il, insolubles; ils reflètent ni
plus ni moins nos divergences de points de vue personnels et collectifs.
Les mathématiques possèdent en revanche un arsenal impressionnant
de résultats objectivement attestés par les preuves et les
calculs; les vertus de leur applicabilité son indéniables.
On propose depuis le début des années 1980 de naturaliser
ces deux disciplines sans trop s’attarder sur cette différence,
supposée établie ou manifeste. Je m’attacherai à la
mettre en doute et à expliquer pourquoi certaines formes de naturalisation
ne peuvent rendre compte, respectivement, ni des difficultés intrinsèques
des conflits éthiques, ni des difficultés intrinsèques
des problèmes mathématiques, pour des raisons étonnamment
similaires. Je m’attacherai dans un premier temps à décrire
les traits saillants de ces tentatives de manière à faire
ressortir leurs points communs. Dans un deuxième temps, je chercherai
à montrer que l’élimination de la notion de vérité,
en éthique comme en mathématique, conduit à des difficultés
qui, même si elles étaient surmontées, ne permettraient
pas de donner une bonne explication des difficultés intrinsèques.
La naturalisation peut s’entendre en deux sens. En un sens faible, on peut
vouloir montrer qu’une discipline est compatible avec les sciences de la
nature. Le sort des mathématiques est réglé sur ce
point puisqu’elles leur sont nécessaires, comme l’emploi du calcul
infinitésimal et le recours au statistiques le montrent aisément.
Dans le cas de l’éthique, on pourra faire valoir le point de vue
de l’autonomie des obligations, et la compatibilité des deux genres
de domaines est alors une simple affaire d’hétérogénéité.
En un sens fort, on peut soit tenter d’expliquer les concepts d’une discipline
en ayant recours aux concepts d’une science de la nature, soit tenter de
montrer que le savoir particulier que la discipline déploie est
acquis selon des processus dont les sciences de la nature peuvent rendre
compte sans difficulté. Dans le cas de l’éthique, on a pu
adopter la première voie, en cherchant à montrer qu’elle
est un produit final de la sélection naturelle, que la fonction
adaptative des normes éthiques démontre le caractère
superfétatoire de l’objectivité éthique (cf. Ruse
1985, Ruse 1991, et dans une moindre mesure, Gibbard 1990 pour la psychologie
des sentiments moraux). L’objectivité n’est rien de plus qu’un effet.
Dans le cas des mathématiques, on a adopté la deuxième
en proposant une explication de la connaissance mathématique qui
élimine toute référence aux objets abstraits ou idéaux.
Les perspectives nominalistes, matérialistes ou causalistes, ont
faitl’objet de développements récents, cherchant à
montrer que la bonne explication de l’utilité des mathématiques
militait en faveur d’une conception antiréaliste de la discipline
(Field 2001). L’objectivité est instrumentale. Je m’attacherai ici
à critiquer la perspective de la naturalisation forte en examinant
deux cas: celui de la fonction adaptative (éthique) et celui de
la nominalisation (mathématique). Dans ces deux perspectives, ce
qui nous empêche de régler un conflit éthique, tout
comme ce qui nous empêche de trouver une solution à un problème
mathématique, ne relève pas de l’opacité d’un secteur
particulier de la réalité (une supposée « réalité
éthique » dans le premier cas, une « réalité
mathématique » tout aussi problématique dans le deuxième).
Qu’est-ce qui nous empêche de démontrer la conjecture arithmétique
de Goldbach, ou de trouver un argument contraignant pour ou contre l’euthanasie
? Aucun fait pertinent autonome que nous pourrions ignorer, puisque nous
travaillons dans l’hypothèse qu’il n’y a pas de réalité
morale ou de réalité mathématique autonome. Il faut
donc chercher l’explication du côté de nos limitations cognitives,
soit à l’inspection de données pertinentes externes (respectivement:
non spécifiquement éthiques et non spécifiquement
mathématiques), soit du côté de nos limitations cognitives
à l’introspection. J’examinerai les difficultés propres à
chaque hypothèse. Ma suggestion sera que nous devons défendre
une notion minimale de vérité et de rationalité pour
rendre compte de ces difficultés cognitives, aussi bien dans le
domaine éthique que dans le domaine mathématique. Cette stratégie
est préférable à celle du remplacement pur et simple
de la notion de vérité, par la prouvabilité ou la
conservativité dans le cas des mathématiques, et par l’utilité
ou le rôle évolutionnaire dans le cas de l’éthique.
Bibliographie indicative: Field Hartry (2001), Truth and the Absence of
Fact, Oxford, Oxford UP. Gibbard Allan (1990), Wise Choice, Apt Feelings:
A Theory of Normative Judgment, Oxford, Oxford UP. Pataut Fabrice (1999),
« Vérité morale et justification morale », in
R. Ogien (dir.), Le réalisme moral, Paris, PUF: 457-502. Ruse Michael
(1985), Taking Darwin Seriously: A Naturalistic Approach to Philosophy,
Oxford, Blackwell. Ruse Michael (1991), « Une défense de l’éthique
évolutionniste », in J.-P. Changeux (dir.), Fondements naturels
de l’éthique, Paris, Odile Jacob: 35-64.
Mercredi
3 juin 2009
A
propos de l’éthique évolutionniste Philippe Huneman
(philosophe de la biologie, CNRS, IHPST, Paris) A partir des années
1970, et dans la foulée des programmes de naturalisation de l’épistémologie
et des valeurs sur la base du darwinisme, certains théoriciens ont
élaboré un projet d’éthique évolutionniste.
L’idée de base est que l’éthique a émergé dans
l’histoire évolutionnaire des primates comme un certain résultat
de la sélection naturelle; en gros, l’éthique est donc une
adaptation - le principal problème étant alors d’identifier
l’avantage sélectif à court terme qu’ont représenté
certains éléments et prescriptions éthiques. Après
avoir indiqué pourquoi cette recherche s’est vite centrée
sur la question de l’altruisme, je distinguerai des versions fortes et
faible de l’éthique évolutionniste et tâcherai d’évaluer
les perspectives qu’elles proposent pour répondre à des interrogations
usuelles de philosophie morale – en particulier, d’éthique normative
et de métaéthique (questions sur le fondement de l’obligation
morale).
Jeudi 5
--- Anne Fagot-Largeault, Collège de
France 2009. Ontologie du devenir, 3. Les jeudis, de 10h30 à 12h30
Collège de France Amphithéâtre Maurice Halbwachs 11
Place M. Berthelot 75005 Paris.
- Premier cours : 29 janvier 2009
- Deuxième cours: 5 février 2009
- Troisième cours: 12 février 2009
- Quatrième cours: 5 mars 2009
- Cinquième cours : 12 mars 2009
Un
document de travail détaillé sera disponible pour chaque
cours sur la page d'accueil de la Chaire de philosophie des sciences biologiques
et médicales. Les
cours des années précédentes sont disponibles ici.
--- Présentation
et programme du cycle art [espace] public 2009.
Art [espace] public est un cycle de rencontres-débats proposé
par le Master professionnel Projets Culturels dans l'Espace Public de l’université
Paris 1, en partenariat avec Stradda, magazine de la création hors
les murs. Il rassemble chaque année à la Sorbonne trente
intervenants – artistes œuvrant dans l’espace public, acteurs et penseurs
de l’urbain, opérateurs culturels, géographes, philosophes...
– et plusieurs centaines de participants, membres du genre urbain attentifs
à ce que font les artistes dans (et de) l’espace public, curieux
de la manière dont peuvent se nouer les liens entre création,
cultures, populations et territoires.
Parce que les espaces publics sont de plus en plus normalisés,
privatisés, surveillés, parce que les récits formatés
du storytelling saturent les imaginaires de manières et de matières
souvent insignifiantes, parce que la « misère symbolique »
croît, il nous semble nécessaire de suivre ces tentatives
d’invention d’autres récits, d’autres images, d’autres lieux de
rencontre et de partage, ici et ailleurs, qui essaient d’activer ou de
réactiver la dimension publique de l’espace public, son caractère
poétique et/ou politique.
Une ligne de force traverse cette 3ème édition du cycle
art [espace] public : la « fabrique de l’urbanité ».
Trois rencontres montrent comment la ville peut s’inventer autrement (1,
6 et 7) et témoignent de l’essor de démarches conduisant
les artistes à travailler hors des cadres de la production et de
la diffusion culturelles traditionnelles, en association avec des architectes
et des urbanistes. L’utopie est au cœur de la rencontre 5, proposée
à l’occasion des trente ans d’ilotopie, une compagnie phare des
arts de la rue, mais est aussi présente en filigrane dans d’autres
débats, comme celui consacré à la production d’espaces
publics partagés par les artistes et les acteurs culturels (3).
Centré sur les nouvelles écritures du graffiti, le deuxième
rendez-vous du cycle fait également écho à la question
de la ville mobile et des esthétiques du déplacement (rencontre
4).
Parce que l’espace public n’est pas une notion universelle ni uniforme,
en ouverture de chaque rencontre, nous passerons quelques minutes ailleurs
(Marrakech, Kinshasa, Rio de Janeiro...), en images, pour rappeler la diversité
des lieux publics et celle des projets artistiques qui s’y déploient,
et les déplacent.
Pascal Le Brun-Cordier
Professeur associé, directeur du Master Projets Culturels dans
l'Espace Public
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
1. La fabrique de l’urbanité Focus sur l’Île de Nantes
De plus en plus d’opérations de renouvellement urbain s'inscrivent
dans une approche globale, intègrent des volets artistiques et culturels,
associent une expertise sensible portée par des artistes aux expertises
techniques traditionnelles. Au-delà du strict cadre bâti,
ces projets interrogent l’agir et l’être urbain contemporains, revisitent
les formes et les usages, les représentations collectives et les
imaginaires partagés. Pourquoi les artistes sont-ils invités
à participer à ces projets ? Que peuvent-ils faire à
la ville en construction ? Comment contribuent-ils à la création
de nouvelles urbanités ?
Trois rencontres du cycle art [espace] public seront consacrées
à ces questions. La première rassemblera des acteurs du projet
de l’Île de Nantes, dont Alexandre Chemetoff, architecte et paysagiste,
grand prix de l’urbanisme (2000), et François Delarozière,
concepteur et constructeur de machines de spectacle, notamment des Machines
de l’Île. Ils nous raconteront comment s’invente la transformation
de ce territoire, l’une des plus intéressantes engagée ces
dernières années en Europe. Sur le même thème,
rendez-vous également le 6 et le 13 mars.
Vendredi 30 janvier 2009, 19h-21h. La Sorbonne, amphi Richelieu
2. Les nouvelles écritures du graffiti
À l’heure du tout numérique, alors que la ville est saturée
d’images et de discours, que la lutte anti-graffiti se poursuit mais que
les galeries et le marketing s’en sont emparé, que devient le graffiti
? Light painting, graffiti sonore, laser tag, graffiti invisible, reverse
graffiti, vidéo graff… Comment les graffeurs ont-ils fait évoluer
leurs pratiques ? Quel est le rôle du web et des nouvelles technologies
? Jusqu’où l’extension du terme graffiti peut-elle aller ? Avec
des artistes et des observateurs du graffiti, nous interrogerons ces évolutions
et ouvrirons le débat autour des notions de légalité,
d’engagement, de visibilité et de diffusion. Avec Marko-93, artiste
(light painting/kalligraffism), David Renault, plasticien et musicien (graffiti
sonore/ NomadIC), Annick Rivoire, journaliste (Poptronics, média
des cultures électroniques), et des acteurs de la scène graffiti
française. Vendredi 6 février 2009, 19h-21h. La Sorbonne,
amphi Richelieu. Sur le même sujet, lire le dossier publié
dans le numéro de janvier 2009 de Stradda.
3.Comment produire des espaces publics ? Projets d’artistes et expériences
culturelles
Alors que l'espace public semble se normaliser, s'émietter,
voire s'effacer, raréfiant les circonstances de sociabilité
et d'échange qui permettent à l'individu de prendre part
et d'agir sur son environnement, des démarches artistiques et culturelles
tentent de produire de nouveaux espaces communs partagés. Éminemment
politiques, souvent dans la mouvance des « nouveaux territoires de
l’art », ces démarches dessinent de nouvelles formes de vivre
ensemble. Comment ces espaces de la rencontre et de la confrontation se
façonnent-ils ? Quels dialogues s’établissent avec le territoire
? Quelles places pour l’art ? Autour de quelques projets, éphémères
ou durables, nous verrons comment les artistes et les opérateurs
culturels peuvent contribuer à la fabrication d’espaces publics.
Avec Francis Peduzzi, directeur du Channel, scène nationale
de Calais, un projet artistique et culturel écrit avec la ville
et ses habitants ; Jean-Baptiste Haquette, directeur de la Maison Folie
de Lille-Moulins, un équipement intermédiaire entre la maison
de quartier et le centre d’art ; Gabi Farage, artiste et architecte, concepteur
de projets nomades visant à fabriquer des espaces publics avec la
population au sein du collectif Le Bruit du Frigo (Bordeaux). Vendredi
13 février 2009, 19h-21h. Lieu indiqué par mail après
inscription
4. La ville mobile à l'œuvre
Accélération des échanges, intensification des
flux, multiplication des non-lieux : les villes semblent aujourd’hui moins
façonnées par l’architecture que par la prolifération
d’une culture basée sur la vitesse et le déplacement. Sensibles
à ces évolutions qui transforment la structure des villes,
le statut des communautés nationales et des individus, de nombreux
artistes ont fait de la mobilité le thème de leur création,
tentant de nous faire éprouver les nouveaux états de la condition
urbaine. Expériences théâtrales et chorégraphiques
interactives, déplacements physiques ou cheminements imaginaires,
jeu sur la vitesse, la simultanéité ou le ralentissement
: que recouvrent ces esthétiques du déplacement ? Vers quels
imaginaires géographiques ouvrent-elles ? Quelles transformations
des usages entraînent-elles ?
Avec Alix de Morant, journaliste et chercheur, auteur d’une thèse
intitulée "Nomadismes artistiques, des esthétiques de la
fluidité" ; Corinne Ponthier, directrice artistique, Ici-Même
(Grenoble) ; Ali Salmi, danseur et chorégraphe (compagnie Osmosis).
Vendredi
20 février 2009, 19h-21h. La Sorbonne, amphi Richelieu
5. L’espace public, espace des possibles ?
Alors que les utopies semblent avoir déserté l'époque,
que les artistes de la rue et les architectes se sont assagis, l'espace
public peut-il encore être l’espace des possibles ? Des philosophes,
des artistes, des architectes le pensent et le prouvent. Ainsi la compagnie
ilotopie qui, depuis trente ans, ambitionne de lutter contre l'effacement
du sens que se voit imposer l'espace public, opérant aux frontières
des enjeux individuels et sociaux, au travers de multiples « champs
d’expériences », performances, actions de « Land Act
»... Trois interrogations au cœur de cette rencontre : à quelles
conditions les scénographies urbaines sont-elles créatrices
d'utopies ? Comment « rendre le possible à nouveau disponible
» ? « La perte de l'anticipation artistique et politique serait-elle
fatale à l'art » (Bruno Schnebelin) ?
Autour de Bruno Schnebelin et Françoise Léger, directeurs
artistiques d’ilotopie, cette rencontre réunira Jean-Jacques Delfour,
philosophe, et le jeune collectif d’architectes Exyzt, qui réalise
des installations éphémères chargées d’utopies.
Vendredi 27 février 2009, 19h-21h. La Sorbonne, amphi
Richelieu
6. La fabrique de l'urbanité Focus sur Ville +
Ville + est un dispositif visant à enrichir la transformation
d'un territoire urbain grâce à la commande artistique. Mis
en œuvre par la Ville de Paris en 2009, ce programme pluriannuel accompagne
la revalorisation de l'Est parisien dans le cadre d'un Grand Projet de
Renouvellement Urbain. Par la création d'œuvres artistiques révélant
des univers variés, ce laboratoire de projets expérimente
de nouveaux outils dans le processus de fabrication de la ville en impliquant
des architectes, artistes, graphistes, designers, paysagistes, mobilisés
pour la singularité de leurs savoir penser et de leurs savoir faire.
En compagnie des initiateurs de Ville +, nous explorerons et mettrons en
débat les potentialités ouvertes par ces démarches
innovantes.
Avec Jean-Christophe Aguas, chargé de mission Culture, DPVI-Délégation
à la politique de la Ville et à l'Intégration (2007),
Ville de Paris ; Emeline Bailly, urbaniste, chef de projet politique de
la Ville, DPVI, Ville de Paris ; Steven Hearn, producteur délégué,
Le Troisième Pôle ; Claire Petetin, architecte, commissaire
artistique et scientifique de Ville + ; Nathalie Viot, conseiller artistique,
Direction des Affaires Culturelles, Ville de Paris.
Vendredi 6 mars 2009, 19h-21h. La Sorbonne, amphi Descartes.
7. Le Grand Paris nous appartient Ou la culture métropolitaine
partagée
Paris doit passer à la dimension métropolitaine, s'élargir,
partager. L'idée d'un Grand Paris agite le monde politique. Une
« vision » a ainsi été demandée à
des équipes d’architectes et de concepteurs. C'est une occasion
d'ouverture, complexe et rare. C'est aussi une occasion d'aération
des esprits, de mise en mouvement des initiatives, de libération
de nouvelles énergies contributives. Pour l'équipe réunie
autour de Jean Nouvel, un nouveau « savoir-ville » s'invente,
la dimension culturelle au coeur. Cette dimension culturelle qui permet
le retournement de situations par des renversements de regards ; celle
qui invite le plus grand nombre, experts ou non, à être partie
prenante ; celle qui suggère de nouvelles représentations
; celle qui se fonde sur les pratiques et les usages ; celle qui invente
et mêle temps, rythmes et pulsations. Le Grand Paris se dessine (et
se destine) à cette condition. Avec Luc Gwiazdzinski, géographe,
enseignant-chercheur, Maud Le Floc’h, Pôle des Arts Urbains, Fabrice
Lextrait et Jean-Paul Robert, collaborateurs des Ateliers Jean Nouvel.
Vendredi
13 mars 2009, 19h-21h. Lieu indiqué par mail après inscription.
En collaboration avec pOlau, Pôle des arts urbains.
--- Histoire et philosophie de la médecine, des sciences de
la vie et des sciences de la terre : la diversité des "faiseurs
de science" INTERACTIONS ENTRE PRATICIENS, PROFESSIONNELS ET AMATEURS DANS
L’HISTOIRE DES SCIENCES DE LA VIE. Séminaire collectif du groupe
d’histoire et philosophie des sciences de la vie. Les séances
auront lieu le vendredi de 14h00 à 17h00 dans la salle de réunion
de REHSEIS.
Programme du séminaire
- 28 novembre 2008 Pratiques et acteurs de la circulation des savoirs
(1) Journée organisée par Guillaume Lachenal Mary
Terrall (UCLA, directrice d’études invitée à l’EHESS)
The practice of natural history : Réaumur’s network of correspondents
and informants
- 12 décembre 2008 Savoirs sur l’hérédité
entre élevage et politique (XVIIIe-début XIXe) Journée
organisée par Claude Olivier Doron (REHSEIS) Laure Cartron
(Université Paris Diderot-REHSEIS) Bakewell et la Dishley Society.
Claude-Olivier Doron (Université Paris Diderot-REHSEIS) Le problème
de l’amélioration et de la conservation des races animales dans
la France du XVIIIe siècle : genèse d’un savoir et d’une
politique de l’hérédité
- 16 janvier 2009 Administrateurs : entre gestion et promotion des
savoirs Journée organisée par Antoine Ermakoff
(REHSEIS) Compte-tenu du nombre d’intervenants, cette séance
se tiendra exceptionnellement de 14 à 18 h.
Antoine Ermakoff (REHSEIS) Les administrateurs hospitaliers à
Paris fin XVIIIe-début XIXe : notables, médecins et réforme
hospitalière.
Cédric Crémière (Directeur du Muséum d’Histoire
naturelle du Havre) L’histoire naturelle et ses musées : deux siècles
d’administration de la nature : 1750-2000.
Thomas Le Roux (IDHE - Paris I) Les administrateurs de Paris et de
l’Etat face à l’expertise des nuisances industrielles, 1750-1830.
- 6 février 2009 Pratiques et acteurs de la circulation des
savoirs (2) Journée organisée par Guillaume Lachenal
(REHSEIS, lachenal@univ-paris-diderot.fr) Kapil Raj (Centre Alexandre Koyré,
EHESS) Médiation et production des savoirs à Calcutta, 1770-1820
Gabriel Gachelin (REHSEIS) Indiens, explorateurs et médecins
: la pharmacopée brésilienne selon Jose François Xavier
Sigaud (1844)
- 6 mars 2009 Les savoirs du corps humain. Diversités des
acteurs et des milieux (XVIII-XXIème siècles) Journée
organisée par Jean-Gaël Barbara (CNRS, UMR 7102 & REHSEIS)
9 h 30 Sabine Arnaud (Berlin) L’hystérie au XVIIIe siècle
entre récit de soi et catégorie médicale
10 h 30 Philippe Bourmaud (Lyon 3 / Institut d’Etudes et de Recherches
sur le Monde Arabe et Musulman Aix-en-Provence) Médecine académique
occidentale et médecine religieuse traditionnelle dans le monde
arabe au XIXème siècle.
11 h 30 Céline Lefève (REHSEIS & Centre Georges Canguilhem)
Les associations de malades dans la production des savoirs et des normes
médicaux .
14 h Grégoire Chamayou (REHSEIS) L’expérimentation sur
les condamnés aux XVIIIe et XIXe siècles.
15 h Vololona Rabehirosoa (CSI Ecole des Mines) Modes d’engagement
des associations de malades concernés par les maladies rares et
des associations de malades concernés par les maladies non rares
dans la construction des savoirs bio-médicaux.
- 15 mai 2009 Science et commerce Journée organisée
par Yves Cambefort (CNRS, REHSEIS) Hal Cook (University College London,
Wellcome Centre for the History of Medicine) Local informants in the making
of Dutch medicine and natural history in the 17th century.
Yves Cambefort (REHSEIS) Commerce d’insectes et connaissance de la
biodiversité entomologique (XIXe et début du XXe siècle).
Samedi 7
Dimanche 8
--- Année 2008-2009 SÉMINAIRE DE PHILOSOPHIE ET MATHÉMATIQUES.
Ecole normale supérieure, Paris. Fondé par Maurice Loi. Pierre
CARTIER, Jean-Baptiste JOINET, Giuseppe LONGO, Jean PETITOT, Bernard TEISSIER.
Le séminaire se tient, sauf exception signalée, le lundi
à 18h 00, salle Weil, 45, rue d'Ulm, Paris. Thème: "CONTRADICTION,
NEGATION ET RAISONNEMENT PAR L'ABSURDE". PROGRAMME PRELIMINAIRE.
- 12 janvier 2009 : Jean-Yves Girard (Maths, CNRS et IML, Marseille)
"De la vertu négatrice de la négation au surmoi logique.".
- 19 janvier : Richard Tieszen (Philosophy, San Jose' Univ.,
Ca, USA) "Consistency, Incompleteness, and Goedel's Turn to Transcendental
Phenomenology".
- 2 février : Pierre Cartier (Maths, CNRS-IHES) "Vivre
avec une contradiction invisible".
- 9 février : Jean-Baptiste Joinet (Philosophie, Paris
I, et Informatique, PPS, Paris VII) "Négation et infini".
- 9 mars : Alain Prouté (Maths, Paris VII) "Le raisonnement
par l'absurde".
- 16 mars : Imre Toth (Philosophie-Histoire, Université
de Ratisbonne) "Platon Le Sophiste : l'être et le non-être
ou les fondements logiques et ontologiques du nombre irrationnel".
- 30 mars : Giuseppe Longo (LIENS, CNRS-ENS) "Négation,
circularités et dualités dans les analyses de l'état
vivant de la matière". Reférénces: [1], [2].
- 4 mai : Arturo Carsetti (Filosofia, Universitá Roma
II) "Négation, falsification et construction de la connaissance".
- 11 mai : Jean-Philippe Narboux (Philosophie, Université
Bordeaux III) "Négation et espace logique dans le Tractatus de Wittgenstein".
- 18 mai : Marco Panza (CNRS et Paris VII) "La preuve par l'absurde
et la notion d'analyse".
- 25 mai : Michel De Glas (CNRS et CREA, Polytehcnique) "Non
contradiction, tiers exclu et constructivité".
- 15 juin : Federico Leoni (Philosophie, Univ. Statale, Milano)
"Dialectique et non-contradiction. Pour une généalogie de
la formalization".
- 22 juin : Nathalie Charraud (Psycho, Paris VIII)) "Les paradoxes
avec Lacan".
Mardi 10
Mercredi 11
--- Séminaire
de philosophie des sciences du Laboratoire de philosophie de l'Université
de Franche-Comté pour l'année universitaire 2008-2009.
Toutes les séances ont lieu à l'UFR SLHS de Besançon.
Programme des séances.
- Mercredi 6 mai 2009 Marion VORMS (IHPST et ENS-Ulm)
La variété des modes de représentation dans la pratique
scientifique.
- Mercredi 11 mars 2009 Alexandre GUAY (Université de
Bourgogne, Dijon) Physique et philosophie des sciences
- Mercredi 11 février 2009 Jean-Marie VIGOUREUX (Laboratoire
de physique moléculaire UMR 6624, Besançon) Quelques
paradoxes de la mécanique quantique
- Mercredi 28 janvier 2009 Jan LACKI (REHSEIS - UMR 7596)
L'exact et l'approché, deux catégories en nécessité
de révision
- Mercredi 10 décembre 2008 Mathieu TRICLOT (Laboratoire
RECITS, Université de Technologie de Belfort-Montbéliard)
Cybernétique et philosophie des sciences
- Mercredi 12 novembre 2008 Jean-Marie VIGOUREUX (Laboratoire
de physique moléculaire UMR 6624, Besançon) Introduction
à la théorie du chaos.
--- Institut d'études lévinassiennes. Jean
Claude Milner (séminaire hors-thème) La voie française
: la langue idéale
4 séances : les mercredis 11 février, 11 mars, 25
mars, 1er avril 2009, à 20h30, Université de Chicago
à Paris, 6 rue Thomas Mann, 75013 Paris
Jeudi 12
--- CNRS (et Universités Lille
3 et 1), UMR 8163, "Savoirs, textes, langage" CNRS, UMR 8567, Centre Louis
Gernet, Paris. Les mathématiques grecques anciennes et
leur postérité Année 2008-2009. Séminaire d'histoire
des mathématiques organisé par Fabio Acerbi et Bernard
Vitrac. Présentation. «Le séminaire poursuivra cette
année deux objectifs : 1. Présenter des élaborations
mathématiques "marginales" par rapport à celles poursuivies
par les auteurs anciens et médiévaux les plus célébrés.
Il s'agit de montrer que le panorama des mathématiques pré-modernes
est bien plus varié que les résumés canoniques veulent
le faire croire. 2. Entamer une réfléxion de longue durée
sur les domaines mathématiques qui présentent une composante
"algorithmique" majeure, telles l'arithmétique et ses applications,
la logistique et, plus généralement, les sciences qui impliquent
des calculs, comme l'astronomie ou la géométrie métrique.
En même temps, nous tâcherons de mettre en valeur la composante
opératoire des preuves géométriques.
Calendrier Les séances auront lieu
le jeudi, de 14h à 17h, Salle 104 de la Maison de la Recherche,
Université de Lille 3, Villeneuve d'Ascq.
- 16 octobre 2008. Nicolas Vinel (Fondation Thiers
- Paris) : L'Introduction à l'arithmétique de Jamblique,
une oeuvre à réhabiliter.
- 13 novembre 2008. Sabine Rommevaux (CNRS, UMR
6576 CESR) : Les applications de l'algèbre à l'arithmétique
et à la géométrie dans le Libro de algebra en arithmetica
y geometria de Pedro Nuñez (1567).
- 11 décembre 2008. Andrew Barker (Institute
of Archaeology and Antiquity, University of Birmingham) : Mathematical
principles in Greek musical theory.
- 15 janvier 2009. Guy Le Meur (Université
de Lille 3 et UMR 8163 "Savoirs, textes, langage") : Autolycos, Euclide,
Théodose, la Petite Astronomie : de l'horizon au méridien.
- 5 février 2009. Agathe Keller (CNRS,
UMR 7596 REHSEIS) : Les raisonnements du commentaire mathématique
de Bhâskara I (VII siècle) sur l'Âryabhatîya :
explications, preuves et vérifications.
- 12 mars 2009. James Ritter (Université
de Paris VIII) : Algorithmes en Mésopotamie et en Égypte
anciennes.
- 2 avril 2009. Fabio Acerbi (CNRS, UMR 8163
"Savoirs, textes, langage") : Formes du langage des données et son
emploi comme outil déductif.
- 14 mai 2009. Bernard Vitrac (CNRS, UMR 8567
Centre Louis Gernet) : Paralipomènes à Euclide.
--- Anne Fagot-Largeault, Collège de
France 2009. Ontologie du devenir, 3. Les jeudis, de 10h30 à 12h30
Collège de France Amphithéâtre Maurice Halbwachs 11
Place M. Berthelot 75005 Paris.
- Premier cours : 29 janvier 2009
- Deuxième cours: 5 février 2009
- Troisième cours: 12 février 2009
- Quatrième cours: 5 mars 2009
- Cinquième cours : 12 mars 2009
Un
document de travail détaillé sera disponible pour chaque
cours sur la page d'accueil de la Chaire de philosophie des sciences biologiques
et médicales. Les
cours des années précédentes sont disponibles ici.
Vendredi 13
--- Programme
2008-2009 du séminaire Philosophie et sciences sociales. Les séances
auront lieu cette année au second semestre, environ une fois par
mois, le vendredi de 14h à 16h, dans la salle de lecture de NoSoPhi
à la Sorbonne. Le séminaire est ouvert à tous.
Un séminaire organisé dans le cadre des activités
de l’équipe Philosophies Contemporaines (EA 3562, université
Paris I Panthéon-Sorbonne) par Céline BONICCO, Mélanie
PLOUVIEZ et Gildas SALMON.
Le séminaire Philosophie et sciences sociales se propose de
réunir sociologues, anthropologues, économistes et philosophes
pour nouer un dialogue interdisciplinaire. Parce que les sciences sociales
se sont historiquement constituées en rupture avec la philosophie,
leurs rapports ont souvent été d’ignorance, voire d’opposition.
Pour autant, les sciences sociales n’interrogent-elles pas directement
la philosophie? En soulignant la nécessité d’une collaboration
interdisciplinaire, il ne s’agit pas de placer la philosophie dans une
position de surplomb théorique à l’égard des sciences
sociales empiriques. Il s’agit au contraire de mettre en évidence
le travail de conceptualisation interne aux sciences sociales, c’est-à-dire
de comprendre comment elles reprennent, déplacent, subvertissent
ou inventent des problèmes qui intéressent la philosophie.
Ce sont les questionnements philosophiques immanents aux sciences sociales
qui seront au centre de nos discussions. Dans ce cadre, le séminaire
fera place aussi bien à des analyses historiques ou épistémologiques
qu’à la discussion de terrains et travaux en sociologie, en anthropologie
ou en économie. Plutôt que de chercher à fixer un partage
entre philosophie et sciences sociales, nous nous efforcerons de repérer
les points de passage multiples où leurs frontières se brouillent.
Pour l’année universitaire 2008-2009, le séminaire se
déroulera au second
semestre, environ une fois par mois, le vendredi de 14h à 16h.
Les séances
auront lieu dans la salle de lecture de NoSoPhi à la Sorbonne
(entrée par le 1, rue de la Sorbonne, 75005 Paris, escalier K au
fond de la Galerie Dumas, 2ème étage, couloir à gauche,
salle G 615 Bis, 01 40 46 33 64). Chaque séance, composée
d’une intervention suivie d’une discussion, est ouverte à toute
personne s’intéressant aux thématiques abordées.
Programme 2008-2009:
- Vendredi 06 Février: Laurent PERREAU (Université
de Picardie Jules Vernes), «Phénoménologie et sociologie:
le cas Alfred Schütz».
- Vendredi 13 Mars: Claude GAUTIER (Université Paul Valéry
Montpellier), « Les pratiques chez Pierre Bourdieu: entre reproduction
et histoire ».
- Vendredi 03 Avril (16h-18h): Catherine COLLIOT-THÉLÈNE
(Université de Rennes), «Max Weber, une sociologie sans société».
- Vendredi 15 Mai: Alain LEROUX (Université Paul Cézanne
Aix - Marseille), «De l'allocation personnelle au projet Entr'aide
MAIF: histoire d'une idée mise en acte».
- Vendredi 29 Mai: Philippe DESCOLA (Collège de France, EHESS),
«Anthropologie réflexive et philosophie spontanée».
- Vendredi 12 Juin: Frédéric BRAHAMI (Université
de Franche-Comté), « Ce que la Révolution française
fait à la philosophie ».
--- Présentation
et programme du cycle art [espace] public 2009.
Art [espace] public est un cycle de rencontres-débats proposé
par le Master professionnel Projets Culturels dans l'Espace Public de l’université
Paris 1, en partenariat avec Stradda, magazine de la création hors
les murs. Il rassemble chaque année à la Sorbonne trente
intervenants – artistes œuvrant dans l’espace public, acteurs et penseurs
de l’urbain, opérateurs culturels, géographes, philosophes...
– et plusieurs centaines de participants, membres du genre urbain attentifs
à ce que font les artistes dans (et de) l’espace public, curieux
de la manière dont peuvent se nouer les liens entre création,
cultures, populations et territoires.
Parce que les espaces publics sont de plus en plus normalisés,
privatisés, surveillés, parce que les récits formatés
du storytelling saturent les imaginaires de manières et de matières
souvent insignifiantes, parce que la « misère symbolique »
croît, il nous semble nécessaire de suivre ces tentatives
d’invention d’autres récits, d’autres images, d’autres lieux de
rencontre et de partage, ici et ailleurs, qui essaient d’activer ou de
réactiver la dimension publique de l’espace public, son caractère
poétique et/ou politique.
Une ligne de force traverse cette 3ème édition du cycle
art [espace] public : la « fabrique de l’urbanité ».
Trois rencontres montrent comment la ville peut s’inventer autrement (1,
6 et 7) et témoignent de l’essor de démarches conduisant
les
artistes à travailler hors des cadres de la production et de la
diffusion culturelles traditionnelles, en association avec des architectes
et des urbanistes. L’utopie est au cœur de la rencontre 5, proposée
à l’occasion des trente ans d’ilotopie, une compagnie phare des
arts de la rue, mais est aussi présente en filigrane dans d’autres
débats, comme celui consacré à la production d’espaces
publics partagés par les artistes et les acteurs culturels (3).
Centré sur les nouvelles écritures du graffiti, le deuxième
rendez-vous du cycle fait également écho à la question
de la ville mobile et des esthétiques du déplacement (rencontre
4).
Parce que l’espace public n’est pas une notion universelle ni uniforme,
en ouverture de chaque rencontre, nous passerons quelques minutes ailleurs
(Marrakech, Kinshasa, Rio de Janeiro...), en images, pour rappeler la diversité
des lieux publics et celle des projets artistiques qui s’y déploient,
et les déplacent.
Pascal Le Brun-Cordier
Professeur associé, directeur du Master Projets Culturels dans
l'Espace Public
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
1. La fabrique de l’urbanité Focus sur l’Île de Nantes
De plus en plus d’opérations de renouvellement urbain s'inscrivent
dans une approche globale, intègrent des volets artistiques et culturels,
associent une expertise sensible portée par des artistes aux expertises
techniques traditionnelles. Au-delà du strict cadre bâti,
ces projets interrogent l’agir et l’être urbain contemporains, revisitent
les formes et les usages, les représentations collectives et les
imaginaires partagés. Pourquoi les artistes sont-ils invités
à participer à ces projets ? Que peuvent-ils faire à
la ville en construction ? Comment contribuent-ils à la création
de nouvelles urbanités ?
Trois rencontres du cycle art [espace] public seront consacrées
à ces questions. La première rassemblera des acteurs du projet
de l’Île de Nantes, dont Alexandre Chemetoff, architecte et paysagiste,
grand prix de l’urbanisme (2000), et François Delarozière,
concepteur et constructeur de machines de spectacle, notamment des Machines
de l’Île. Ils nous raconteront comment s’invente la transformation
de ce territoire, l’une des plus intéressantes engagée ces
dernières années en Europe. Sur le même thème,
rendez-vous également le 6 et le 13 mars.
Vendredi 30 janvier 2009, 19h-21h. La Sorbonne, amphi Richelieu
2. Les nouvelles écritures du graffiti
À l’heure du tout numérique, alors que la ville est saturée
d’images et de discours, que la lutte anti-graffiti se poursuit mais que
les galeries et le marketing s’en sont emparé, que devient le graffiti
? Light painting, graffiti sonore, laser tag, graffiti invisible, reverse
graffiti, vidéo graff… Comment les graffeurs ont-ils fait évoluer
leurs pratiques ? Quel est le rôle du web et des nouvelles technologies
? Jusqu’où l’extension du terme graffiti peut-elle aller ? Avec
des artistes et des observateurs du graffiti, nous interrogerons ces évolutions
et ouvrirons le débat autour des notions de légalité,
d’engagement, de visibilité et de diffusion. Avec Marko-93, artiste
(light painting/kalligraffism), David Renault, plasticien et musicien (graffiti
sonore/ NomadIC), Annick Rivoire, journaliste (Poptronics, média
des cultures électroniques), et des acteurs de la scène graffiti
française. Vendredi 6 février 2009, 19h-21h. La Sorbonne,
amphi Richelieu. Sur le même sujet, lire le dossier publié
dans le numéro de janvier 2009 de Stradda.
3.Comment produire des espaces publics ? Projets d’artistes et expériences
culturelles
Alors que l'espace public semble se normaliser, s'émietter,
voire s'effacer, raréfiant les circonstances de sociabilité
et d'échange qui permettent à l'individu de prendre part
et d'agir sur son environnement, des démarches artistiques et culturelles
tentent de produire de nouveaux espaces communs partagés. Éminemment
politiques, souvent dans la mouvance des « nouveaux territoires de
l’art », ces démarches dessinent de nouvelles formes de vivre
ensemble. Comment ces espaces de la rencontre et de la confrontation se
façonnent-ils ? Quels dialogues s’établissent avec le territoire
? Quelles places pour l’art ? Autour de quelques projets, éphémères
ou durables, nous verrons comment les artistes et les opérateurs
culturels peuvent contribuer à la fabrication d’espaces publics.
Avec Francis Peduzzi, directeur du Channel, scène nationale
de Calais, un projet artistique et culturel écrit avec la ville
et ses habitants ; Jean-Baptiste Haquette, directeur de la Maison Folie
de Lille-Moulins, un équipement intermédiaire entre la maison
de quartier et le centre d’art ; Gabi Farage, artiste et architecte, concepteur
de projets nomades visant à fabriquer des espaces publics avec la
population au sein du collectif Le Bruit du Frigo (Bordeaux). Vendredi
13 février 2009, 19h-21h. Lieu indiqué par mail après
inscription
4. La ville mobile à l'œuvre
Accélération des échanges, intensification des
flux, multiplication des non-lieux : les villes semblent aujourd’hui moins
façonnées par l’architecture que par la prolifération
d’une culture basée sur la vitesse et le déplacement. Sensibles
à ces évolutions qui transforment la structure des villes,
le statut des communautés nationales et des individus, de nombreux
artistes ont fait de la mobilité le thème de leur création,
tentant de nous faire éprouver les nouveaux états de la condition
urbaine. Expériences théâtrales et chorégraphiques
interactives, déplacements physiques ou cheminements imaginaires,
jeu sur la vitesse, la simultanéité ou le ralentissement
: que recouvrent ces esthétiques du déplacement ? Vers quels
imaginaires géographiques ouvrent-elles ? Quelles transformations
des usages entraînent-elles ?
Avec Alix de Morant, journaliste et chercheur, auteur d’une thèse
intitulée "Nomadismes artistiques, des esthétiques de la
fluidité" ; Corinne Ponthier, directrice artistique, Ici-Même
(Grenoble) ; Ali Salmi, danseur et chorégraphe (compagnie Osmosis).
Vendredi
20 février 2009, 19h-21h. La Sorbonne, amphi Richelieu
5. L’espace public, espace des possibles ?
Alors que les utopies semblent avoir déserté l'époque,
que les artistes de la rue et les architectes se sont assagis, l'espace
public peut-il encore être l’espace des possibles ? Des philosophes,
des artistes, des architectes le pensent et le prouvent. Ainsi la compagnie
ilotopie qui, depuis trente ans, ambitionne de lutter contre l'effacement
du sens que se voit imposer l'espace public, opérant aux frontières
des enjeux individuels et sociaux, au travers de multiples « champs
d’expériences », performances, actions de « Land Act
»... Trois interrogations au cœur de cette rencontre : à quelles
conditions les scénographies urbaines sont-elles créatrices
d'utopies ? Comment « rendre le possible à nouveau disponible
» ? « La perte de l'anticipation artistique et politique serait-elle
fatale à l'art » (Bruno Schnebelin) ?
Autour de Bruno Schnebelin et Françoise Léger, directeurs
artistiques d’ilotopie, cette rencontre réunira Jean-Jacques Delfour,
philosophe, et le jeune collectif d’architectes Exyzt, qui réalise
des installations éphémères chargées d’utopies.
Vendredi 27 février 2009, 19h-21h. La Sorbonne, amphi
Richelieu
6. La fabrique de l'urbanité Focus sur Ville +
Ville + est un dispositif visant à enrichir la transformation
d'un territoire urbain grâce à la commande artistique. Mis
en œuvre par la Ville de Paris en 2009, ce programme pluriannuel accompagne
la revalorisation de l'Est parisien dans le cadre d'un Grand Projet de
Renouvellement Urbain. Par la création d'œuvres artistiques révélant
des univers variés, ce laboratoire de projets expérimente
de nouveaux outils dans le processus de fabrication de la ville en impliquant
des architectes, artistes, graphistes, designers, paysagistes, mobilisés
pour la singularité de leurs savoir penser et de leurs savoir faire.
En compagnie des initiateurs de Ville +, nous explorerons et mettrons en
débat les potentialités ouvertes par ces démarches
innovantes.
Avec Jean-Christophe Aguas, chargé de mission Culture, DPVI-Délégation
à la politique de la Ville et à l'Intégration (2007),
Ville de Paris ; Emeline Bailly, urbaniste, chef de projet politique de
la Ville, DPVI, Ville de Paris ; Steven Hearn, producteur délégué,
Le Troisième Pôle ; Claire Petetin, architecte, commissaire
artistique et scientifique de Ville + ; Nathalie Viot, conseiller artistique,
Direction des Affaires Culturelles, Ville de Paris.
Vendredi 6 mars 2009, 19h-21h. La Sorbonne, amphi Descartes.
7. Le Grand Paris nous appartient Ou la culture métropolitaine
partagée
Paris doit passer à la dimension métropolitaine, s'élargir,
partager. L'idée d'un Grand Paris agite le monde politique. Une
« vision » a ainsi été demandée à
des équipes d’architectes et de concepteurs. C'est une occasion
d'ouverture, complexe et rare. C'est aussi une occasion d'aération
des esprits, de mise en mouvement des initiatives, de libération
de nouvelles énergies contributives. Pour l'équipe réunie
autour de Jean Nouvel, un nouveau « savoir-ville » s'invente,
la dimension culturelle au coeur. Cette dimension culturelle qui permet
le retournement de situations par des renversements de regards ; celle
qui invite le plus grand nombre, experts ou non, à être partie
prenante ; celle qui suggère de nouvelles représentations
; celle qui se fonde sur les pratiques et les usages ; celle qui invente
et mêle temps, rythmes et pulsations. Le Grand Paris se dessine (et
se destine) à cette condition. Avec Luc Gwiazdzinski, géographe,
enseignant-chercheur, Maud Le Floc’h, Pôle des Arts Urbains, Fabrice
Lextrait et Jean-Paul Robert, collaborateurs des Ateliers Jean Nouvel.
Vendredi
13 mars 2009, 19h-21h. Lieu indiqué par mail après inscription.
En collaboration avec pOlau, Pôle des arts urbains.
Samedi 14
--- Séminaire de recherche hégélienne.
Animé par Bernard Mabille, professeur à l’université
de Poitiers et Gilles Marmasse, maître de conférences à
l’université Paris-IV Sorbonne dans le cadre de l’équipe
d’accueil « Nosophi » (EA 3562, Paris I) et de l’équipe
d’accueil « Métaphysique: histoires, transformations, actualité
» (EA 3552, Paris IV).
Programme 2008-2009
* samedi 18 octobre, Bernard Mabille (Poitiers)
et Gilles Marmasse (Paris IV), « Sur le problème de l’Aufhebung
»
* samedi 15 novembre, Norbert Waszek (Paris
VIII), « Hégélianisme et saint-simonisme »
* samedi 13 décembre, Jean-François
Kervégan (Paris I), titre à préciser
* samedi 14 février, Jacques Darriulat
(Paris IV), « Hegel et la fin de l'art »
* samedi 14 mars, Jean-Marie Lardic (Nantes),
« Ethique et dialectique »
* samedi 4 avril, Annette Sell (Hegel-Archiv
Bochum) (titre à préciser)
* samedi 23 mai, Stephen Houlgate (Warwick)
(titre à préciser)
Les séminaires ont lieu dans la salle
de Nosophi à la Sorbonne, au deuxième étage de l'escalier
K, le samedi de 10h30 à 12h30. Pour accéder à l'escalier
K, prendre la cour d'honneur, la galerie Richelieu, la galerie Gerson puis
la galerie Jean-Baptiste Dumas de bout en bout. L’itinéraire vers
l'escalier K[afka] est alors fléché. Contact: marmasse@wanadoo.fr
<mailto:marmasse@wanadoo.fr>
--- Le Collège
de philosophie.
- Samedi 10 janvier 2009 ‹ Amphi Descartes
14h - 17h LE JUGE ET LE PHILOSOPHE avec Antoine GARAPON & Philippe
RAYNAUD
- Mardi 10 février 2009 ‹ Amphi Descartes
19h30 - 21h REVENU ET BONHEUR avec Andrew CLARK (ENS) & Claudia
SENIK (Paris IV)
- Samedi 14 mars 2009 - Amphi Descartes - 14h-17h LE PLURALISME
RELIGIEUX REPUBLICAIN EXISTE-T-IL? Avec Vincente FORTIER (CNRS) &
Marcel GAUCHET (EHESS).
Dimanche 15
Lundi 16
--- Année 2008-2009 SÉMINAIRE DE PHILOSOPHIE ET MATHÉMATIQUES.
Ecole normale supérieure, Paris. Fondé par Maurice Loi. Pierre
CARTIER, Jean-Baptiste JOINET, Giuseppe LONGO, Jean PETITOT, Bernard TEISSIER.
Le séminaire se tient, sauf exception signalée, le lundi
à 18h 00, salle Weil, 45, rue d'Ulm, Paris. Thème: "CONTRADICTION,
NEGATION ET RAISONNEMENT PAR L'ABSURDE". PROGRAMME PRELIMINAIRE.
- 12 janvier 2009 : Jean-Yves Girard (Maths, CNRS et IML, Marseille)
"De la vertu négatrice de la négation au surmoi logique.".
- 19 janvier : Richard Tieszen (Philosophy, San Jose' Univ.,
Ca, USA) "Consistency, Incompleteness, and Goedel's Turn to Transcendental
Phenomenology".
- 2 février : Pierre Cartier (Maths, CNRS-IHES) "Vivre
avec une contradiction invisible".
- 9 février : Jean-Baptiste Joinet (Philosophie, Paris
I, et Informatique, PPS, Paris VII) "Négation et infini".
- 9 mars : Alain Prouté (Maths, Paris VII) "Le raisonnement
par l'absurde".
- 16 mars : Imre Toth (Philosophie-Histoire, Université
de Ratisbonne) "Platon Le Sophiste : l'être et le non-être
ou les fondements logiques et ontologiques du nombre irrationnel".
- 30 mars : Giuseppe Longo (LIENS, CNRS-ENS) "Négation,
circularités et dualités dans les analyses de l'état
vivant de la matière". Reférénces: [1], [2].
- 4 mai : Arturo Carsetti (Filosofia, Universitá Roma
II) "Négation, falsification et construction de la connaissance".
- 11 mai : Jean-Philippe Narboux (Philosophie, Université
Bordeaux III) "Négation et espace logique dans le Tractatus de Wittgenstein".
- 18 mai : Marco Panza (CNRS et Paris VII) "La preuve par l'absurde
et la notion d'analyse".
- 25 mai : Michel De Glas (CNRS et CREA, Polytehcnique) "Non
contradiction, tiers exclu et constructivité".
- 15 juin : Federico Leoni (Philosophie, Univ. Statale, Milano)
"Dialectique et non-contradiction. Pour une généalogie de
la formalization".
- 22 juin : Nathalie Charraud (Psycho, Paris VIII)) "Les paradoxes
avec Lacan".
Mardi 17
Mercredi 18
Vendredi 20
--- Le séminaire Léon
Robin intitulé "Définitions philosophiques et définitions
rhétoriques de la rhétorique" se poursuit cette année.
- 31 octobre, salle Cavaillès. 10 h 00 Marie-Pierre NOËL
« Rhétorique et technè logôn chez Gorgias ».14
h 30 Michael EDWARDS « Isaeus the Rhetorician. Aspects of Isaean
rhetorical technique »
- 14 novembre, matin: salle Cavaillès; après-midi:
salle Celan. 10 h 00 Suzanne HUSSON « ‘L’anti-rhétorique’
cynique »
14 h 30 Pedro Pablo FUENTES GONZALEZ « La "diatribe" est-elle
une notion utile pour l'histoire de la philosophie et de la littérature
antiques ? »
- 12 décembre, salle Cavaillès 10 h 00 Cristina
VIANO « Lysias et la logographie judiciaire » 14 h 30 Michel
PATILLON « Les deux rhétoriques dans les Progymnasmata »
- 30 janvier, matin: salle Beckett; après-midi: salle
Cavaillès 10 h 00 Aldo BRANCACCI « Philosophie et rhétorique
chez Antisthène et dans le Phèdre de Platon » 14 h
30 Emidio SPINELLI « Contre l’art du bien parler: pour une réflexion
critique sur la rhétorique dans Sextus Empiricus »
- 20 février, matin: salle Beckett; après-midi:
salle Cavaillès 10 h 00 Charles GUÉRIN « L’évolution
des définitions de la rhétorique dans la doctrine cicéronienne
(De inventione / De oratore) »
14 h 30 Juliette DROSS « La rhétorique, compagne de la
philosophie ? Le statut philosophique de la rhétorique dans la correspondance
de Fronton »
- 20 mars, matin: salle Beckett; après-midi: salle Cavaillès
10h 00 Stéphane TOULOUSE « Philosophie, rhétorique
et modèle de vie selon Synésios de Cyrène »
14h 00 Ali BENMAKHLOUF « Le statut de la rhétorique dans l’organon
arabe » Maroun AOUAD « Définitions philosophiques et
définitions rhétoriques de la rhétorique selon al-Fârâbî
»
- 3 avril, matin: salle Beckett; après-midi: salle Celan
10 h 00 Maria Silvana CELENTANO « La rhétorique de l’improvisation
chez Quintilien (Institution oratoire, X, 7) » 14 h 30 Perrine GALLAND
HALLYN « Définitions de la rhétorique à la Renaissance
» (titre provisoire)
- 29 mai, matin: salle Beckett; après-midi: salle Celan
10 h 00 Lucia CALBOLI MONTEFUSCO « Rhétorique et dialectique
dans les Rhetoricorum Libri V de Georges de Trebizonde » 14 h 00
Henry MAGUIRE « Nectar and Illusion: Art and perception of Rhetoric
in Byzantium » Dirk OBBINK « A propos de Philodème Rhétorique
III »
Le séminaire a lieu à l’Ecole Normale Supérieure,
45, rue d’Ulm, 75005 Paris.
Samedi 21
Dimanche 22
Mardi 24
Mercredi 25
--- Institut d'études lévinassiennes. Jean
Claude Milner (séminaire hors-thème) La voie française
: la langue idéale
4 séances : les mercredis 11 février, 11 mars, 25
mars, 1er avril 2009, à 20h30, Université de Chicago
à Paris, 6 rue Thomas Mann, 75013 Paris
Jeudi 26
--- La première
séance 2009 du séminaire Enjeux anthropologiques, culturels
et philosophiques des nanosciences et nanotechnologies, placé sous
la responsabilité de Xavier Guchet (Université Paris I) et
Sacha Loeve (Université Paris X, Lyon I), et organisé par
l’Institut de recherche et d’innovation (IRI), aura lieu jeudi 15 janvier
2009 de 17h à 19h dans la Salle du Collège sur la Piazza
Beaubourg. L’entrée se fera à partir de 16h45. Cette
séance sera l’occasion d’accueillir Isabelle BRUNO (sciences politiques,
Université Lille 2) qui introduira le séminaire par une analyse
critique du concept de "société de la connaissance" (à
lire: I. Bruno, A vos marques, prêts... cherchez ! La stratégie
européenne de Lisbonne, vers un marché de la recherche, Bellecombe-en-Bauges,
Editions du Croquant, 2008). Vous trouverez ci-dessous l’intégralité
du programme du séminaire.
Séminaire Enjeux anthropologiques, culturels et philosophiques
des nanosciences et nanotechnologies. Le séminaire Enjeux anthropologiques,
culturels et philosophiques des nanotechnologies sera consacré cette
troisième et dernière année à l’examen des
dynamiques sociales associées aux innovations en micro- et nanotechnologies.
La question sera traitée du point de vue de la construction d’une
« société européenne de la connaissance »,
considérée comme une priorité depuis la conférence
de Lisbonne en 2000. Comme l’indique clairement le rapport d’un groupe
de travail mandaté par la Commission européenne, les nanotechnologies
et plus généralement les technologies convergentes doivent
être considérées comme une opportunité pour
construire une société européenne de la connaissance,
c’est-à-dire une société dans laquelle les connaissances
n’émanent pas des seuls scientifiques et experts mais sont «
co-construites » par l’ensemble parties prenantes, notamment le public.
Comment ce programme de construction d’une société de la
connaissance s’articule-t-il aux dynamiques de recherche et d’innovation
en micro- et nanotechnologies ? Que signifie « co-construire »
des connaissances ? Comment le public est-il invité à «
co-construire » des connaissances ? Quel rôle pour les sciences
humaines et sociales dans ce contexte et quel type de connaissance produisent-elles
? Le séminaire se focalisera sur le cas grenoblois.
Accès: anne-sophie.francois@centrepompidou.fr
- Jeudi 15 janvier de 17h à 19h: intervention d’Isabelle
BRUNO (sciences politiques, Université Lille 2), auteur d’un ouvrage
sur la notion de « société de la connaissance ».
- Jeudi 26 février de 17h à 19h: intervention d’Aurélie
DELEMARLE (gestion, ESIEE), auteur d’une thèse sur l’émergence
de MINATEC.
- Jeudi 26 mars de 17h à 19h: intervention de Dominique VINCK
(sociologie, Université Pierre Mendès-France, Grenoble),
sur les dynamiques de la recherche en micro- et nanotechnologies.
- Jeudi 9 avril de 17h à 19h: intervention de Céline
VERCHERE (sociologie, CEA-LID, Grenoble), sur les usages anticipés
des micro- et nanotechnologies.
- Jeudi 14 mai de 17h à 19h: intervention d’Alain KAUFMANN
(sociologie, Université de Lausanne), sur les débats publics
autour des nanotechnologies.
- Jeudi 11 juin de 17h à 19h: intervention de Xavier GUCHET
et Sacha LOEVE. Clôture du séminaire.
Lieu: salle du Collège sur la Piazza Beaubourg. Pour télécharger
les conférences et séminaires: aller dans la rubrique «Fonds
documentaires», cliquer sur «Accéder aux fonds».
Nom d’utilisateur: «fonds» et mot de passe: «institut».
--- La première séance
2009 du séminaire Enjeux anthropologiques, culturels et philosophiques
des nanosciences et nanotechnologies, placé sous la responsabilité
de Xavier Guchet (Université Paris I) et Sacha Loeve (Université
Paris X, Lyon I), et organisé par l’Institut de recherche et d’innovation
(IRI), aura lieu jeudi 15 janvier 2009 de 17h à 19h dans la Salle
du Collège sur la Piazza Beaubourg (cf. plan d’accès en pièce
jointe). L’entrée se fera à partir de 16h45. Merci d'envoyer
un mail à anne-sophie.francois@centrepompidou.fr
Cette séance sera l’occasion d’accueillir Isabelle BRUNO (sciences
politiques, Université Lille 2) qui introduira le séminaire
par une analyse critique du concept de "société de la connaissance"
(à lire : I. Bruno, A vos marques, prêts... cherchez ! La
stratégie européenne de Lisbonne, vers un marché de
la recherche, Bellecombe-en-Bauges, Editions du Croquant, 2008). Vous trouverez
ci-dessous l’intégralité du programme du séminaire.
Séminaire Enjeux anthropologiques, culturels et philosophiques
des nanosciences et nanotechnologies. Le séminaire Enjeux anthropologiques,
culturels et philosophiques des nanotechnologies sera consacré cette
troisième et dernière année à l’examen des
dynamiques sociales associées aux innovations en micro- et nanotechnologies.
La question sera traitée du point de vue de la construction d’une
« société européenne de la connaissance »,
considérée comme une priorité depuis la conférence
de Lisbonne en 2000. Comme l’indique clairement le rapport d’un groupe
de travail mandaté par la Commission européenne, les nanotechnologies
et plus généralement les technologies convergentes doivent
être considérées comme une opportunité pour
construire une société européenne de la connaissance,
c’est-à-dire une société dans laquelle les connaissances
n’émanent pas des seuls scientifiques et experts mais sont «
co-construites » par l’ensemble parties prenantes, notamment le public.
Comment ce programme de construction d’une société de la
connaissance s’articule-t-il aux dynamiques de recherche et d’innovation
en micro- et nanotechnologies ? Que signifie « co-construire »
des connaissances ? Comment le public est-il invité à «
co-construire » des connaissances ? Quel rôle pour les sciences
humaines et sociales dans ce contexte et quel type de connaissance produisent-elles
? Le séminaire se focalisera sur le cas grenoblois.
- Jeudi 15 janvier de 17h à 19h : intervention d’Isabelle BRUNO
(sciences politiques, Université Lille 2), auteur d’un ouvrage sur
la notion de « société de la connaissance ».
- Jeudi 26 février de 17h à 19h : intervention d’Aurélie
DELEMARLE (gestion, ESIEE), auteur d’une thèse sur l’émergence
de MINATEC.
- Jeudi 26 mars de 17h à 19h : intervention de Dominique VINCK
(sociologie, Université Pierre Mendès-France, Grenoble),
sur les dynamiques de la recherche en micro- et nanotechnologies.
- Jeudi 9 avril de 17h à 19h : intervention de Céline
VERCHERE (sociologie, CEA-LID, Grenoble), sur les usages anticipés
des micro- et nanotechnologies.
- Jeudi 14 mai de 17h à 19h : intervention d’Alain KAUFMANN
(sociologie, Université de Lausanne), sur les débats publics
autour des nanotechnologies.
- Jeudi 11 juin de 17h à 19h : intervention de Xavier GUCHET
et Sacha LOEVE. Clôture du séminaire.
Lieu : salle du Collège sur la Piazza Beaubourg.
Pour télécharger les conférences et séminaires
: aller dans la rubrique « Fonds documentaires», cliquer sur
« Accéder aux fonds ».
Nom d’utilisateur : « fonds » et mot de passe : «
institut ».
Vendredi 27
Samedi 28
--- Hölderlin et la philosophie Samedi 28 Mars 2009 Université
Blaise Pascal – Clermont II Maison des Sciences de l’Homme, salle 220 4
rue Ledru, 63000 Clermont-Ferrand
9h00 – Françoise Dastur: Hölderlin et la destination de
l’homme
10h00 – Jean-François Courtine: Des Remarques sur OEdipe et
Antigone aux Fragments de Pindare
11h15 – Jean-Christophe Goddard: Hölderlin. Une esthétique
fichtéenne?
13h30 – Lecture du poème Brot und Wein (Pain et Vin)
14h15 – Clément Layet: Le statut des images dans le poème
Brot und Wein
15h15 – Jacques-Olivier Bégot: Tragédie et dialectique
– Les morts d’Empédocle
16h30 – Alain Petit: Le dieu proche et lointain
Dimanche 29
Lundi 30
--- Séminaire
Lumières : François Zanetti (Paris X, CHISCO):
"L’électricité médicale des Lumières" le lundi
5 janvier de 18h à 20h au centre Pierre Mendès-France, 90
rue de Tolbiac 75013 Paris, salle C. 19. 07 (19e étage, ascenseurs
rouges). La séance est ouverte à tous. «L'électricité
médicale est un bon poste d'observation des dynamiques et des tensions
dans le monde médical et la société de la seconde
moitié du XVIIIe siècle. Par la diversité des acteurs
impliqués, les incertitudes du support théorique et l'adéquation
avec le moment empiriste, elle permet de concentrer et d'articuler les
interrogations sur la légitimation des savoirs et des savoir-faire
médicaux, les rapports entre médecine officielle et «
pénombre médicale », l'adoption de nouveaux instruments
et de nouvelles pratiques dans les stratégies thérapeutiques
des praticiens mais aussi des patients, enfin sur le contexte médical
et social qui l'entoure."
Programme 2008-2009 :
Lundi 27 octobre : Maurice Rouillard (Paris IV, CELLF 17e-18e), Cabanis,
homme de l'art. De la sensibilité d'organe à la sensibilité
d'esprit.
Lundi 1er décembre : Ricardo Monteagudo (Universidade Estadual
Paulista), Gouvernement et démocratie chez Rousseau.
Lundi 5 janvier : François Zanetti (Paris X, CHISCO), L’électricité
médicale des Lumières.
Lundi 16 février : Thomas Van der Hallen (Paris 1, CHSPM), Vers
une théorie de la révolution : Condorcet, Barnave, Robespierre.
Lundi 30 mars : Florent Trocquenet (Caen, CRHQ), 'Idées',
'réflexions', 'pensées' : pour une poétique des Pensées
de Montesquieu.
Lundi 11 mai : Stefanie Buchenau (Paris X, Les Mondes allemands), Anthropologie
philosophique et médecine dans les Lumières allemandes.
Lundi 22 juin : Isabelle Aubert (Paris 1, NoSoPhi), Les Lumières
revues par la théorie critique.
Le séminaire
« Lumières » est organisé par Capucine Lebreton
(NoSoPhi) et Marion Chottin (CHSPM). Il rassemble doctorants et jeunes
chercheurs travaillant autour du dix-huitième siècle, d’abord
en philosophie, mais également dans d’autres disciplines, et est
ouvert à toute personne intéressée.
--- Année 2008-2009 SÉMINAIRE DE PHILOSOPHIE ET MATHÉMATIQUES.
Ecole normale supérieure, Paris. Fondé par Maurice Loi. Pierre
CARTIER, Jean-Baptiste JOINET, Giuseppe LONGO, Jean PETITOT, Bernard TEISSIER.
Le séminaire se tient, sauf exception signalée, le lundi
à 18h 00, salle Weil, 45, rue d'Ulm, Paris. Thème: "CONTRADICTION,
NEGATION ET RAISONNEMENT PAR L'ABSURDE". PROGRAMME PRELIMINAIRE.
- 12 janvier 2009 : Jean-Yves Girard (Maths, CNRS et IML, Marseille)
"De la vertu négatrice de la négation au surmoi logique.".
- 19 janvier : Richard Tieszen (Philosophy, San Jose' Univ.,
Ca, USA) "Consistency, Incompleteness, and Goedel's Turn to Transcendental
Phenomenology".
- 2 février : Pierre Cartier (Maths, CNRS-IHES) "Vivre
avec une contradiction invisible".
- 9 février : Jean-Baptiste Joinet (Philosophie, Paris
I, et Informatique, PPS, Paris VII) "Négation et infini".
- 9 mars : Alain Prouté (Maths, Paris VII) "Le raisonnement
par l'absurde".
- 16 mars : Imre Toth (Philosophie-Histoire, Université
de Ratisbonne) "Platon Le Sophiste : l'être et le non-être
ou les fondements logiques et ontologiques du nombre irrationnel".
- 30 mars : Giuseppe Longo (LIENS, CNRS-ENS) "Négation,
circularités et dualités dans les analyses de l'état
vivant de la matière". Reférénces: [1], [2].
- 4 mai : Arturo Carsetti (Filosofia, Universitá Roma
II) "Négation, falsification et construction de la connaissance".
- 11 mai : Jean-Philippe Narboux (Philosophie, Université
Bordeaux III) "Négation et espace logique dans le Tractatus de Wittgenstein".
- 18 mai : Marco Panza (CNRS et Paris VII) "La preuve par l'absurde
et la notion d'analyse".
- 25 mai : Michel De Glas (CNRS et CREA, Polytehcnique) "Non
contradiction, tiers exclu et constructivité".
- 15 juin : Federico Leoni (Philosophie, Univ. Statale, Milano)
"Dialectique et non-contradiction. Pour une généalogie de
la formalization".
- 22 juin : Nathalie Charraud (Psycho, Paris VIII)) "Les paradoxes
avec Lacan".
--- Colloque "L'individu libéral est-il transparent? Concepts
et pratiques", Université de Rennes 1 (UFR de philosophie et IEP
de Rennes) 30 et 31 mars.
Programme.
MATIN: FONDEMENTS PHILOSOPHIQUES DE LA TRANSPARENCE DANS LE LIBERALISME
10H-12H30
10h F. Calori: Transparence et publicité chez Kant. «Abstract:
Kant fut l’un des premiers penseurs à faire de l’exigence de publicité
une pièce essentielle de sa philosophie politique et de sa philosophie
du droit. On sait aussi quelle importance tient, dans sa réflexion
morale, la condamnation radicale du mensonge et l’exigence de sincérité.
Mais tout aussi célèbre est l’insistance qu’il marque à
retirer au sujet toute possibilité de transparence de soi à
soi, notamment dès qu’il s’agit de son intention morale fondamentale.
Il s’agira d’interroger à nouveau ces trois dimensions cruciales
de sa philosophie pratique, et surtout de penser leur articulation, afin
de déployer, dans toute son extension et sa complexité, la
thématique de la “transparence” dans l’oeuvre kantienne.
10h45 M. Bozzo-Rey: Panoptique, publicité et transparence
chez Jeremy Bentham: l'émergence d'une nouvelle norme?
«Contrairement à la lecture foucaldienne, le panoptique
benthamien n'est pas simplement un principe architectural à l'œuvre
dans les prisons. Il convient en effet d'identifier au moins trois autre
panoptiques qui ont fait l'objet d'analyses conséquentes sous la
plume de Bentham: le panoptique des pauvres, le panoptique chrestomatique
et le panoptique constitutionnel. Nous nous attacherons ici à ce
dernier en montrant tout d'abord qu'il ne se limite pas à un principe
d’agencement des bâtiments et des personnes: il s'agit bel et bien
d'une architecture théorique qui soutient le droit constitutionnel
élaboré par Bentham. Ensuite, il nous faudra nous interroger
sur l'exigence pratique qui prend corps dans la loi de publicité
telle que Bentham la définit dans Political Tactics. Celle-ci, au-delà
de la définition stricte et précise des procédures
parlementaires redéfinit les relations à l'oeuvre dans la
sphère publique. La relation dynamique entre gouvernants et gouvernés
qui traverse l'oeuvre benthamienne semble devoir alors se soumettre à
l'exigence de la transparence. C'est donc cette dernière que nous
interrogerons en dernier lieu afin d'envisager les conséquences
de sa constitution comme norme qui pourraient n'être rien de moins
que l'émergence d'un sujet politique et juridique.»
11h45 M. Bessone: L’exigence de transparence pour les partenaires
contractants, de Rousseau à Rawls
«Le libéralisme contractualiste repose sur une ambiguïté
constitutive: les partenaires contractants, en tant que volontés
libres et rationnelles, sont mobilisés lors du contrat comme personnes
transparentes, cadres vides porteurs de droits et accessibles tous de manière
égale, en toute impartialité, à la même argumentation
rationnelle. Les circonstances objectives du contrat ont pour visée
d’assurer cette transparence comme similitude requise des membres d’une
société juste. Mais d’un autre côté, ces caractéristiques
du « citoyen » ou du « partenaire » n’existent
que par une modification fondamentale des individus naturels qui a pour
objet de les rendre opaques à eux-mêmes dans leurs particularités.
Comment une transparence intersubjective peut-elle résulter d’une
opacité réflexive? C’est à dénouer ce paradoxe
que cette intervention sera consacrée.»
APRES-MIDI: DES INSTITUTIONS TRANSPARENTES 14H30-17H00
14h30 T. Berns: Genèse de l'idéal de transparence
à partir de la préhistoire de la statistique.
«A partir du discours politique ayant permis le développement
des premiers projets de recensement (XVI-XVIIes siècles), et en
me concentrant en particulier sur les enjeux moraux et théologiques
de ceux-ci, je tenterai de cerner quelques dispositifs permettant de "gouverner
sans gouverner", en amont de la tradition libérale.»
15h15 C. Nadeau: Transparence et justice transitionnelle: La transparence
comme condition de la démocratisation
«Les périodes transitionnelles qui suivent les conflits
armés posent d’importants problèmes d’articulation entre
les besoins de justice, de pacification et de démocratisation. C’est
sur ce dernier point seulement que nous nous attarderons dans le cadre
de cette communication. Il s’agira de voir d’une part, quels sont les objectifs
de la transparence dans un contexte transitionnel où les institutions
ne sont pas encore stabilisées, d’autre part, quels sont les écueils
possibles à la transparence et la manière dont nous pouvons
répondre à ces problèmes.»
16h15 M. Foessel: Un désir de transparence?
MARDI 31 MARS (IEP RENNES) MATIN: NORMES DE TRANSPARENCES INDIVIDUELLES
09H30-12H00
09h30 C. Le Bart: la transparence à soi-même dans les
sociétés contemporaines
Les sociétés contemporaines ne cessent de formuler auprès
des individus des injonctions à la recherche de soi, à la
quête de l'authenticité, à la réflexivité
identitaire. Longtemps élitiste, l'injonction "connais-toi toi même"
tend à devenir une norme. Le néocapitalisme en a fait un
marché (par exemple les livres dits de "développement personnel"),
les médias encouragent les projections identitaires, la vie sociale
en général tourne autour du droit donné (ou du devoir
imposé?) à chacun d'être lui-même, de se chercher
au fil d'expériences identitaires multiples. On formulera ici l'idée
que la transparence à soi-même (le fait de savoir qui on est
/vraiment/) constitue un mythe propre à notre époque. Nous
tenterons d'illustrer ce mythe, d'en cerner toutes les facettes, et d'en
mesurer les effets sociaux.
10h15 J.-F. Kerléo: L’individu libéral, un alibi de
la transparence juridique
La notion de transparence est présentée comme une garantie
pour l’individu-citoyen, un rempart contre les coups portés à
la démocratie. Elle permet un élargissement des règles
de publicité et d’accès au droit. Elle a également
contribué à un changement de vocabulaire significatif: les
termes d’usager du service public et d’administré ont laissé
la place à celui de citoyen.
Mais, en réalité, l’individu ne constitue qu’un alibi
pour la notion. Le lien entre l‘individu et la transparence n’est qu’une
création artificielle dont l’objectif est d’auréoler la transparence
de connotations positives. Ces dernières masquent alors toute l’ambiguïté
de la transparence. Tout d’abord, la transparence n’incarne pas de nouveaux
droits pour les citoyens mais bien plutôt de nouvelles obligations
qui pèsent sur les institutions. En ce sens, elle est auto-référentielle.
Ensuite, la transparence porte sur le langage du droit (intelligibilité
et clarté de la loi). Elle est un moyen efficace de colporter des
valeurs qui constituent l’identité des individus, leur assimilation
étant la condition pour devenir un citoyen. Lorsque le droit garantit
l’accès aux documents administratifs, c’est une manière pour
le droit de renvoyer aux citoyens l’image qu’il se fait d’eux, de leur
transmettre ce qu’ils sont: le citoyen est alors l’objet, la créature
du droit.
En définitive, les connotations positives de la transparence
permettent aux gouvernants d’agir dans n’importe quel sens sous couvert
de démocratie et de protection de l’individu. Or, la notion de transparence
modifie quelque peu la vision libérale du droit dans la mesure où
elle permet de plus en plus une immixtion de la sphère publique
dans le domaine privé des individus et accorde aux acteurs juridiques
des pouvoirs plus importants.
11h15 A. Quin: Transparence, liberté et responsabilité
dans les relations d’affaires, Analyse des obligations juridiques des dirigeants
d’entreprise et des banquiers
Il s’agit de rechercher comment le concept de transparence, à
travers les obligations qu’il implique (obligations d’information, de mise
en garde) est de nature à:
- transformer l’exercice de la fonction de chef d’entreprise ou de
banquier en réduisant sa sphère de liberté individuelle,
constitutive d’un pouvoir, au profit de sa soumission à un ensemble
de normes de comportement;
- constituer une clé de répartition des risques et des
responsabilités entre les acteurs économiques (entreprise/investisseur,
banque/emprunteur…). Favorisant la liberté de choisir, les obligations
juridiques résultant du concept de transparence permettraient en
effet de limiter la responsabilité des entrepreneurs et de responsabiliser
leur cocontractants (investisseurs, emprunteurs…), et ainsi de concilier
la liberté d’entreprise et la loyauté des échanges.
APRES-MIDI: DE LA TRANSPARENCE SUPPOSEE DE QUELQUES ACTEURS CLEFS
14H-16H00
14h00 R. Crespin: De la surveillance au soupçon: les registres
de la transparence dans l'usage des techniques. Le cas du dépistage
des drogues des salariés américains.
A partir d’une analyse des conditions de diffusion et de régulation
des instruments de dépistage des drogues aux Etats-Unis, cette contribution
s’intéresse aux différentes modalités de déploiement
de l’exigence de transparence dans les relations de travail. Utilisé
à des fins d’authentification et de sélection, le dépistage
vise à rendre les salariés transparents à leurs employeurs
selon une finalité essentiellement utilitariste. Toutefois, l’analyse
des types de savoirs mobilisés pour justifier le recours à
ces instruments ouvre une question plus large sur les différentes
rationalités qui sous-tendent le dépistage. Face à
la diversité des programmes adoptés, les salariés
et les syndicats ont contesté les politiques de dépistage
au nom du respect des libertés individuelles (protection de la vie
privée). Portées par une exigence de transparence des finalités
et des procédures techniques mise en oeuvres, ces contestations
ont paradoxalement conduit à généraliser le dépistage
dans les entreprises américaines et à en consacrer une approche
individualisante fondée sur le soupçon.
14h45 M. Brandewinder: Les consultants médias ou comment situer
la transparence de l’individu qui libéralise.
Cette communication se propose d’étudier l’individu libéral
en consultant médias. Les consultants dont il sera question sont
ceux dont l’activité consiste à opérer, moyennant
finances, un transfert de compétence au profit des entreprises de
médias dans le but d’améliorer les performances de celles-ci:
consultants en stratégie éditoriale ou financière,
en organisation, études, designers…
Le discours de la transparence de l’intervention de conseil conçue
comme une maïeutique est associé chez ces praticiens à
celui de la normalisation des entreprises de médias via ce qui peut
au moins en partie s’interpréter comme leur libéralisation.
Il ne s’agit pas ici d’opposer le discours de la transparence et du libéralisme
à l’opacité de la « réalité »,
mais de montrer que libéralisme et transparence prennent un sens
variable pour les différents types d’agents impliqués dans
le processus de conseil. L’approche par une sociologie empirique, qui cherche
des racines aux discours et aux actions dans les positions sociales, permet
alors de critiquer ces notions en les situant donc en les relativisant.
Conclusion générale du colloque