Le réseau "Echange et diffusion des savoirs"
annonce sa
SAISON 2002-2003
(voir 2003-2004)
La quatrième saison de conférences d'Echange
et diffusion des savoirs commencera le 10 octobre.
Contact Presse: Cécile Arnold, 04 96 11 24 50 / fax 04
96 11 24 21, cecile.arnold@des-savoirs.org,
Echange et diffusion des savoirs, 16 rue Beauvau 13001 Marseille
Deux cycles de conférences, "Figures de la science" et "De la limite" comprenant :
- 6 conférences d'octobre 2002 à janvier
2003, pour le cycle "Figures de la science"
10 octobre 2002 à
18h45 (une rencontre au Forum de la Fnac de Marseille est prévue
à 17 h 00 le jour même) "Comment les physiciens expliquent-ils
le monde ?" par Pablo Jensen
Pablo Jensen propose de dessiner une image réaliste de la science
qui permette de comprendre quelle en est la pertinence pour le non-physicien,
et aussi pourquoi elle a besoin de laboratoires aussi sophistiqués
et aussi coûteux…
Pablo Jensen, physicien, est chercheur au laboratoire de physique des
matériaux à l'Université Claude-Bernard à Lyon.
Il défend l'idée de rendre accessible au plus grand nombre
la recherche scientifique en apportant un regard à la fois théorique
et résolument concret sur ses objets. C'est dans cet esprit qu'en
1997, il a fondé, le premier café scientifique français
à Lyon, "Sciences et Citoyens". Entrer en matière : les atomes
expliquent-ils le monde ?, Seuil, 2001
Jeudi 17 octobre 2002 à
18h45
"Science et opinion publique" par Bernadette Bensaude-Vincent
Quand les scientifiques se retirent dans une tour d'ivoire, la science
devient autoritaire, dogmatique, et le public devient passif, soumis aux
experts, ou bien méfiant et rebelle. Pour Bernadette Bensaude-Vincent,
l'opinion doit être cultivée comme une vertu politique irremplaçable
car elle définit finalement notre condition à tous face aux
problèmes tels que ceux de la vache folle, du réchauffement
de la planète ou des OGM…
Bernadette Bensaude-Vincent est professeur d'histoire et de philosophie
des sciences à l'Université de Paris X-Nanterre. Après
avoir travaillé à la conception du Musée des sciences
de la Villette, elle a notamment orienté ses recherches sur les
relations entre science et public. (L'opinion publique et la science. A
chacun son ignorance, Synthélabo, 2000 )
Jeudi 5 décembre 2002
"L'homme machine, de l'automate à l'automatisation" par
Bruno Jacomy, directeur adjoint du Musée des Arts et Métiers
La dynamique d'ensemble de l'histoire des machines automates réside
dans l'imitation des organes et fonctions de l'homme, de la main au cerveau.
Une réflexion féconde sur notre environnement quotidien,
profondément marqué par la science et par ses applications
technologiques.
Bruno Jacomy est directeur adjoint du Musée des Arts et métiers,
où il dirige le département pédagogique et culturel.
Il enseigne par ailleurs à l'Université de technologie de
Compiègne.
L'âge du Plip, Seuil, 2002 ; Une histoire des techniques,
Seuil, 1990
Jeudi 19 décembre
2002
"Mystique du gène et marchandisation du vivant" par Jacques
Testart, biologiste
Des banques de gamètes aux organismes génétiquement
modifiés, en passant par le clonage ou la médecine prédictive,
le mythe du gène tout puissant et sous contrôle envahit les
sociétés industrialisées. Aussi le vivant est-il marchandisé
dans sa description (brevets), son identité (sélection et
transgenèse), sa gestion (horoscope génomique) et sa pérennité
(clonage).
Directeur de recherche à l'Institut national de la santé
et de la recherche médicale (Inserm), spécialiste en biologie
de la reproduction, "père scientifique" du premier "bébé
éprouvette" français, Jacques Testart participe activement
au débat public sur les avancées actuelles de la science
en matière de reproduction. Il est l'auteur de plusieurs essais
témoignant de son engagement pour "une science contenue dans les
limites de la dignité humaine".
Des hommes probables : de la procréation aléatoire
à la reproduction normative, Seuil, 1999
Toutes les conférences ont lieu à 18 h 45 à l'Hôtel
du Département
52 avenue de Saint-Just 13004 Marseille (métro Saint-Just
- parking gratuit)
Entrée libre
Jeudi 9 janvier 2003
"La technoscience est-elle soluble dans la démocratie ?"
par Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien et épistémologue
EXCEPTIONNELLEMENT CETTE CONFERENCE AURA LIEU AU THEATRE DU MOULIN
(et non à l'Hôtel du Département)
47 boulevard Perrin 13013 MARSEILLE – métro Saint-Just
18 h 45 - ENTREE LIBRE
INFORMATIONS : 04 96 11 24 50 - contact@des-savoirs.org
Pour cette conférence, Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien,
propose d'engager une réflexion féconde sur
les défis posés par les technosciences à nos sociétés.
L'affaire AZF à Toulouse ou celle du sang contaminé montrent
en effet de façon criante l'absence de recul
et de débat public sur les technosciences et leur impact sur
nos sociétés. Se pose donc aujourd'hui, de
façon brûlante, la question de la maîtrise politique
de la technoscience alors même qu'elle semble jouir
d'une apparente autonomie, la mettant hors de portée des formes
démocratiques de la décision
collective.
Physicien théorique et épistémologue à l'Université
de Nice, Jean-Marc Lévy-Leblond anime la revue
Alliage et dirige le secteur scientifique des Editions du Seuil depuis
1972.
Il consacre une part importante de ses activités à l'histoire
et à la philosophie des sciences ainsi qu'au
développement de la culture scientifique. Il est à ce
titre, l'un des acteurs majeur du rapprochement des
deux cultures, scientifique-mathématique et littéraire-humaniste,
dont la rupture pèse lourdement sur
les mentalités modernes.
Les deux conférences suivantes inaugurent ce nouveau cycle de conférences organisé par "Echange et diffusion des savoirs" à l'Hôtel du Département des Bouches-du-Rhône.
Ce cycle comporte 10 conférences, avec, outre les intervenants de ce mois, celles d'Alain JOXE et Hubert REEVES en février, Georges STEINER et Pierre VELTZ en mars, Alain BADIOU et Bronislaw GEREMEK en avril, et en mai, Pierre LEGENDRE et Dominique SCHNAPPER.
Jeudi 16 janvier 2003
"Le négatif, à la limite de la pensée"
par François Jullien, philosophe & Etienne Klein, physicien
"C'est à reconnaître le négatif, virulent, à
vif, y compris sur le plan politique que nous sommes appelés aujourd'hui,
en résistance contre l'idéologie des fins heureuses du mondialisme."
Une rencontre inédite entre le philosophe François Jullien
et le physicien Etienne Klein.
Philosophe et sinologue, François Jullien est professeur à
l'Université Paris 7 - Denis Diderot, et directeur de l'Institut
de la pensée contemporaine à la Sorbonne.
A paraître en janvier 2003 : La grande image n'a pas de forme
ou du non objet dans la peinture, Seuil ; La propension des choses, Seuil
; La valeur allusive, P.U.F.
Etienne Klein est adjoint au directeur des Sciences de la Matière
au CEA et enseigne la physique quantique et la philosophie des sciences
à l'École Centrale de Paris.
Jeudi 23 janvier 2003
"Les limites de l'écoumène"
par Augustin Berque, géographe
Pour Augustin Berque, l'existence humaine est géographique par
les rapports physique, technique et symbolique qui lie l'humanité
à la planète. Si l'écoumène était pour
les Grecs la "terre habitée", pour le géographe elle est
ainsi ce en quoi la terre est humaine, et terrestre l'humanité.
Ni réductible aux limitations physiques de la planète, ni
aux limitations écologiques de la biosphère, elle connaît
ses limites propres qui changent avec l'histoire.
Augustin Berque dirige le Centre d'études sur le Japon à
l'EHESS, à Paris, et enseigne à l’Université de Miyagi,
au Japon. Actif théoricien d'une "géographie culturelle",
ses réflexions amorcent, de façon novatrice, le dialogue
entre géographes et philosophes.
Ces 2 conférences auront lieu à L'HOTEL DU DEPARTEMENT
à 18 h 45 / Entrée Libre
52 avenue de Saint-Just 13004 Marseille (métro Saint-Just, parking
gratuit)
INFORMATIONS : "Echange et diffusion des savoirs" 04 96 11 24
50 - contact@des-savoirs.org
"Les limites de l'Europe et les représentations européennes
et américaines de la sécurité"
par ALAIN JOXE
De l'incompatibilité politique, culturel et stratégique des conceptions européennes et américaines concernant les limites de l'Europe.
Les exemples que représentent la Turquie, Chypre, Israël ou le Maghreb montrent une différence de vue de plus en plus consciente sur cette question entre les deux môles de la modernité.
Alain Joxe est directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et dirige le Groupe de sociologie de la défense. Il est le fondateur du Centre international de recherches sur la paix (CIRPES). Ses réflexions, centrales sur les questions stratégiques qui orientent le monde contemporain, s'inscrivent dans une actualité particulièrement brûlante.
L'Empire du Chaos, La Découverte, 2002
"Limites de la science" par HUBERT REEVES
L'un des fondements de la modernité a été la confiance dans le "progrès" de la science. Pourtant aujourd'hui, les avancées matérielles apparaissent menaçantes et suscitent incompréhensions et inquiétudes massives. La progression de la connaissance bute à la fois sur les limites quantitatives, techniques et financières des expérimentations possibles et sur les limites des modèles théoriques disponibles.
Qu'en est-il de cet état voisin de la "crise" ?
Directeur de recherches au CNRS et professeur associé au département de physique de l'Université de Montréal, Hubert Reeves poursuit des recherches en astrophysique nucléaire au Service d'astrophysique de Saclay (CEA) et à l'Institut d'astrophysique de Paris.
"Biographe de l’Univers", pédagogue d’envergure internationale, astrophysicien réputé, humaniste, philosophe, Hubert Reeves a succédé à Théodore Monod comme président de la Ligue pour la préservation de la faune sauvage.
Jeudi 3 avril à 18h45
"Pour une politique illimitée" par Alain Badiou, philosophe
Pendant la Guerre froide, les sociétés de l'Est comme de l'Ouest identifiaient la politique à l'Etat, aux questions de pouvoir. Après la chute des "Etats-partis" communistes et alors que la forme occidentale d'"Etat-parlementaire" semble être devenue le seul modèle politique possible, Alain Badiou, propose d'entrer en résistance contre ce consensus en réévaluant l'essence même de la politique. Sa réflexion, profondément originale, prône une philosophie qui sache reconnaître la politique dans sa dimension collective, une politique désincarcérée de sa dimension étatique. Une politique illimitée où la libre activité de la pensée du collectif participe au processus complexe qui noue la discussion à la décision.
Alain Badiou, philosophe, dramaturge et romancier, enseigne la philosophie à l'Ecole Normale Supérieure et à l'Université Paris 8 - Saint-Denis.
Jeudi 10 avril à 18h45
"Stigmates de l'exclusion" par Bronislaw Geremek, historien
Les stigmates de l'exclusion appliqués à un individu ou un groupe d'individus, qu'ils soient fantasmés, imposés, ou qu'ils correspondent à une caractéristique physique, linguistique ou culturelle, "disqualifient de l'acceptation sociale complète", voire du genre humain. A l'origine de ces attitudes négatives, de rejet, il y a bien-sûr l'ignorance et la peur mais la connaissance de l'autre "ne dissipe pas toujours le stéréotype." Une réflexion vigoureuse, puisant dans l'histoire comme dans notre actualité la plus proche, qui interroge notre rapport à l'autre et à l'étranger.
Historien , Bronislaw Geremek a orienté ses recherches sur l'étude
de la marginalité sociale et des minorités dans les sociétés
médiévales européennes. Il a toujours été
convaincu que, pour comprendre toute société, « il
est essentiel de déterminer comment fonctionne l'exclusion, et comment
fonctionne la solidarité ». Il a ainsi été un
des premiers historiens à travailler sur le concept de marginalité
sociale, développant la théorie selon laquelle les pauvres
sont non pas « en bas » mais « en marge » de la
société. Engagé dans la vie politique polonaise, il
fut conseiller de Lech Walesa, militant actif du mouvement Solidarnosc,
pour devenir député au Parlement polonais en 1989 puis Ministre
des Affaires étrangères de 1997 à 2000.