Inauguration de l’Université Populaire de Mons (Belgique)
avec la participation de Stéfan Leclercq

Vendredi 4 février 2005 à 19H30
Au Mundaneum
76, rue de Nimy à Mons, Belgique

L’université Populaire de Mons est une initiative des Éditions Sils Maria asbl en partenariat avec la ville de Mons et le Mundaneum.



Université Populaire de Mons débutera ses activités le 15 mars 2005. Selon le principe des Universités Populaires, les cours y seront dispensés gratuitement. Aucun titre n’est requis pour l’accès aux cours. Les cours se donneront deux fois par se-maine, de 18 à 20 heures. Le calendrier complet des activités sera diffusé le 1er février 2005. Pour une question de disponi-bilité de places, il est seulement demandé aux élèves de s’inscrire (gratuitement) à l’adresse suivante :
silsmaria@skynet.be.
La direction de l’Université Populaire de Mons sera assurée par Stéfan Leclercq, directeur des Éditions Sils Maria asbl et responsable du Fonds documentaire Gilles Deleuze, Paris.

Liste des cours de l’Université Populaire de Mons.

Philosophie, par Stéfan Leclercq
Histoire de l’art classique, par Anne Delvingt
Histoire de l’art moderne et contemporain, par Stéfan Leclercq
Communication par l’image, par Luc Vandensteene
Histoire de la littérature médiévale, par Patricia Dubois
Avant-garde littéraire, par François Filleul
Histoire de la Grèce antique, par Thomas Marlier
Histoire de la mode, par Vincent Lappartient
 

Qu’est-ce qu’une Université Populaire ?

Le projet
La première version de l'Université populaire date de la fin du XIXe siècle, à l'époque de l'Affaire Dreyfus. Des professeurs, des intellectuels, des historiens, des écrivains, des philosophes y proposaient des cours gratuits à destination de ce qu'il était convenu alors d'appeler la classe ouvrière. La seconde version  vise des objectifs semblables bien qu'actualisés : démocratiser la culture et dispenser  gratuitement un savoir au plus grand nombre. La culture y est vécue comme un auxiliaire de la construction de soi, non comme une occasion de signature so-ciale.
Les raisons
Le désir de savoir est considérable : les débats, les forums, les rencontres, les séminaires, les universités d’été, les succès de librairie des classiques latins ou des essais, la multiplication des collections d’idées chez les éditeurs, tout témoigne d’une authentique et pressante demande. L’offre oscille entre l’élitisme de l’université et l’improvisation des cafés philo, l’une reproduisant le système social et sélectionnant ceux aux-quels elle réserve les places dans le système, l'autre réduisant souvent la pratique philosophique à la seule conversation.
Le principe
L'Université Populaire retient de l'Université traditionnelle la qualité des informations transmises, le principe du cycle qui permet d'envisager une progression personnelle, la nécessité d'un contenu transmis en amont de tout débat. Elle garde du café philosophique l'ouverture à tous les publics, l'usage criti-que des savoirs, l'interactivité et la pratique du dialogue comme moyen d'accéder au contenu.
Le fonctionnement
La gratuité est le principe de base : pas d'âge requis, ni de ti-tres ou de niveaux demandés, pas d'inscriptions ni de contrôle des connaissances, pas d'examens, ni de diplômes délivrés. Le cours est dispensé une fois par semaine sur une séance de deux heures : la première est un exposé argumenté, la seconde une discussion de celui-ci. Le cycle s’étend de mi-octobre à mi-mai. Il s'articule autour des vacances scolaires de l'Académie de Caen.
Les perspectives
L'Université Populaire est une idée collective et non person-nelle. La création de la première à Caen vaut comme invite à l'essaimage. Par ailleurs, l'augmentation d'une année sur l'autre des unités d'enseignements et la cooptation des enseignants se fait en relation avec l'initiateur du projet local.
L’initiateur
Michel Onfray, né en 1959. Docteur en philosophie. Vingt ans enseignant en lycée, démissionnaire de l'Education nationale en 2002. Philosophe, auteur de plus de vingt livres traduits en une douzaine de langues. Thème du séminaire : Histoire de la philosophie hédoniste. Première année : L'archipel pré-chrétien.
Le Mundaneum
L'origine du Mundaneum remonte à la fin du 19ème siècle. Créé à l’initiative de deux juristes, Paul Otlet (1868-1944) et Henri La Fontaine (1854-1943), le projet visait à rassembler l’ensemble des connaissances du monde. Outil de connais-sance pour la paix, le Mundaneum devint un centre de docu-mentation à caractère universel et fut durant la première moitié du Xxème siècle le berceau d’institutions internationales hu-manistes dédiées au savoir et à la fraternité universelle. A par-tir de 1920, il occupa une aile du Cinquantenaire et les collec-tions y étaient exposées dans l’esprit des expositions univer-selles. Un projet plus grandiose prit ensuite forme, celui d’une Cité Mondiale pour laquelle Le Corbusier réalisa plans et ma-quettes. L’objectif de la Cité était de rassembler, à un degré mondial, les grandes institutions du travail intellectuel : bi-bliothèque, musée et université. Utopie par excellence, la Cité ne sera finalement jamais réalisée.

Le Mundaneum aujourd’hui
Installé à Mons et ouvert au public depuis 1998, le Munda-neum bénéficie d’une salle d’exposition dont la scénographie a été réalisée par François Schuiten et Benoît Peeters.

Un centre d’archives
L’héritage documentaire conservé aujourd’hui au Mundaneum se compose, outre des archives personnelles des fondateurs, de livres, de petits documents, d’affiches, de cartes postales, de plaques de verre, du Répertoire Bibliographique Universel et du Musée International de la Presse, soit 6000 m courant de documents.

Un centre d’exposition, de formation, de conférences et débats
Dans un soucis de filiation, le Mundaneum, reconnu aujour-d'hui comme Centre d'archives privées de la Communauté française et espace d'expositions temporaires, place les notions d’utopie, d’accès à la connaissance, d’internationalisme et de pacifisme au cœur de ses préoccupations. Il organise en ce sens des conférences, cafés-philo, visites guidées, expositions et formations en informatique et en classement d’archives ; il participe également à différents projets européens.

Otlet et La Fontaine : deux grands personnages

Otlet et La Fontaine, aujourd’hui quelque peu tombés dans l’oubli, marqueront pourtant de leur emprunte l’histoire so-ciale, politique et internationale du XXè siècle.
Paul Otlet se distinguera par ses travaux en matière de biblio-graphie. En 1895, il créera l’Office International de Bibliogra-phie grâce auquel il mettra en place le système de Classifica-tion Décimale Universelle (CDU) et le standard de 12,5 sur 7,5 cm imposé aux fiches bibliographiques, toujours en vi-gueur dans les bibliothèques du monde entier. Par ailleurs, Le ‘Traité de documentation’ qu’il rédige en 1934 demeure un ouvrage de référence en la matière et a été déterminant pour la conception moderne de la documentation, terme dont on lui attribue parfois la paternité. Dans ce livre, on découvre aussi qu’il a eu bien avant l’heure, l’intuition d’Internet : « On peut imaginer le télescope électrique, permettant de lire de chez soi des livres exposés dans la salle ‘teleg’ des grandes bibliothè-ques, aux pages demandées d’avance. Ce sera le livre télé-phoné ».

Henri La Fontaine fut de 1895 à 1932 un sénateur socialiste d’envergure. Grand voyageur, admirateur de Wagner, alpiniste et franc-maçon, La Fontaine œuvra sa vie durant pour un monde de justice et de paix. Il reçut la consécration officielle en 1913 avec le prix Nobel. Précurseur en de nombreuses ma-tières, Henri La Fontaine défendra avec ferveur la démocratie nationale et internationale, le droit des minorités et celui des femmes. Ses conceptions sont consignées dans ‘The Great Solution. Magnissima Charta. Essay on Evolutionary and Constructive Pacifism’ qu’il publie en 1916 lors de son exil aux Etats-Unis.

Espace d’exposition et Mundaweb ouverts du mardi au di-manche de 12H à 18H
Archives consultable sur demande