|
|
|
j.jacques.delfour@ac-toulouse.fr |
|
|
|
|
|
|
Présentation.
Sommaire du dernier
numéro.
Contacts.
Arguments et sommaires des derniers numéros : n°
10, n° 11,
n° 12,
n° 13, n° 14 (1994
-1998), n° 15.
Présentation.
Depuis 1985, la revue La Part de l’Œil poursuit son exploration et son invention du discours esthétique contemporain. Elle s’attache à dynamiser les questions de l’esthétique, repenser l’approche des œuvres, tenter de fonder le discours de l’esthétique afin que ce champ de travail devienne le lieu de rencontre de chercheurs, le lieu d’émergence et de stimulation d’une pensée scientifique digne de ce nom.
Notre ambition consiste à
rassembler des études rigoureuses relevant de l’analyse et du regard
critique qui redécouvrent les œuvres et les inventent, les relancent
au lieu de les figer. Les méthodes utilisées par La Part
de l’Œil s’inspirent de la psychanalyse, de la philosophie, de la sémiologie,
de l’histoire de l’art comme de l’anthropologie, en associant un souci
de rigueur à la conviction que la singularité des œuvres
abordées exige à chaque fois de reconstruire les concepts
et de remettre en jeu les certitudes. Nous tentons de privilégier
un angle d’approche qui nous semble trop souvent négligé,
celui du rapport de l’œuvre au sujet créateur. Cette problématique
se trouve le plus souvent oblitérée par des approches qui
ne peuvent que négliger l’œuvre en ce qu’elles sont davantage des
pensées sur l’art que des pensées de l’art Attentifs à
la recherche, à l’écriture, à tout ce qui oeuvre en
vue d’une pensée de l’esthétique, nous avons lancé
en 1996 trois collections de livres : "Théorie", "Diptyque" et "Fiction".
Contacts.
La part de l'Œil
1444, rue du midi,
1000 Bruxelles
Tél./fax.: 32 2 514 18 41
Argument et sommaire du n°
15/16 :
La Part de l’Œil
n° 15/16 - 1999/2000. Dossier : Problème de la Kunstwissenschaft
Dossier réalisé par
Holger Schmid avec la collaboration d’Eliane Escoubas
Notices
sur les collaborateurs
Ce volume est consacré à
la Kunstwissenschaft - la "science de l’art" - nom générique
de recherches et d’interprétations éminentes qui virent le
jour en Allemagne à la fin du 19ème et au début du
20ème siècles (telles que celles de Warburg, Wölfflin,
Riegl, Hetzer, Sedlmayr, Kaschnitz et d’autres) et qui marquèrent
et marquent encore de façon fondamentale, quoique trop souvent méconnue
en France, les recherches de théorie de l’art et des œuvres d’art.
Vingt-deux textes sont rassemblés,
dont douze textes d’auteurs allemands, textes inconnus en France et traduits
ici pour la première fois.
Ce volume constitue à la
fois une somme pour ce qui est des connaissances érudites qui s’y
exposent et un ensemble, jusqu’à aujourd’hui sans précédent
en France, de réflexions critiques et philosophiques quant à
l’objet de l’esthétique, à sa construction élaborée
ou ré-élaborée et mise en débat en Allemagne
à l’aube du 20ème siècle. Il met au jour le problème,
épistémologique, que la "science de l’art" elle-même
pose, en tant que "science", à ses héritiers dont on trouvera
ici les textes et les controverses.
La Part de l’Œil
n° 15/16 - 1999/2000. Dossier : "Problème de la Kunstwissenschaft".
344 pages; format 21 x 29,7 cm.
Prix de vente public TTC : 234 FF. ISBN : 2-930174-10-2.
N°15/16 - 1999/2000
Dossier: Problème
de la Kunstwissenschaft
réalisé par Holger
Schmid avec la collaboration d’Eliane Escoubas
Holger Schmid : Liminaire
Horizons
Dieter Jähnig : La connaissance
de l’art chez Jacob Burckhardt
Danièle Cohn : La forme-Goethe
Karl Schefold : Influences de Stefan
George
Trois voies nouvelles pour l’archéologie
classique
Eliane Escoubas : Hegel et les fondements
de la Kunstwissenschaft : la mort de l’art ou l’usure du négatif
?
Tonio Hölscher : Le risque
du classique A propos de l’antiquité grecque
Holger Schmid : Reconquérir
Athènes à partir d’Alexandrie ? Winckelmann entre Platon
et Homère
Jackie Pigeaud : La peur en ce tableau
Œuvres
Lorenz Dittmann : Le problème
de la rythmique picturale
Thomas Zacharias : L’expérience
de l’art comme poiesis
Lucien Massaert : Politique du signe
Système des styles et approche
structurale
Svetlana Alpers : Interprétation
sans représentation. La perception des Ménines
Theodor Hetzer : Renouveau de l’Antiquité
classique dans les arts plastiques
Bertram Schmidt : L’Eros et l’objectivité
dans l’œuvre de Cézanne
Daniel Payot : La "science" des
œuvres. Remarques sur la Théorie esthétique d’Adorno
Théorie et histoire
Willibald Sauerländer : Alois
Riegl et la naissance de l’histoire de l’art autonome en Fin de siècle
Georges Didi-Huberman : Notre Dibbouk Aby Warburg dans l’autre temps de
l’histoire
Mathias René Hofter : La
découverte du non classique : Guido Kaschnitz von Weinberg
Paul Philippot : La critique d’art
italienne et la Kunstwissenschaft
Michael Newman : La Forme à
l’époque des conceptions du monde. Lecture de La perspective comme
forme symbolique de Panofsky
Pascal Weitmann : Œuvre d’art et
historicité, à l’exemple de l’Apollon du Belvédère
Michael Ann Holly : Témoins
d’une Annonciation
Karl Schawelka : Les vitraux de
Chartres, une machine à engendrer des visions
Ouverture
Francine Loreau : Eléments
pour une biographie
Luc Richir : L’épreuve de
la parole
Kostas Axelos : Rencontre avec Max
Loreau
Collaborateurs du n° 15/16
Svetlana Alpers : Professeur émérite d’histoire de l’art à I’University of California, Berkeley. Auteur de nombreuses publications sur l’histoire de la peinture néerlandaise et flamande du XVIle siècle, dont The Decoration of the Torre del Parada, Bruxelles, Arcade Press, 1971; The Art of Describing. Dutch Art in the 17th Century, Londres et Chicago, University of Chicago Press, 1983 (traduction : L’art de dépeindre. La peinture hollandaise au XVIIe siècle, éd. Gallimard, 1990); Rembrandt’s Enterprise, Londres et Chicago, University of Chicago Press, 1988 (traduction : L’atelier de Rembrandt. La liberté, la peinture et l’argent, éd. Gallimard, 1991); The Making of Rubens, New Haven, Yale University Press, 1995 (traduction : La création de Rubens, éd. Gallimard, 1996); (en collaboration avec Michael Baxandall) TiepoIo and the Pictorial Intelligence, New Haven, Yale University Press, 1994 (traduction : Tiepolo et l’intelligence picturale, éd. Gallimard, 1996).
Danièle Cohn : Agrégée de Philosophie, enseigne l’esthétique à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et à l’E.N.S, à Paris. Membre du comité de rédaction de la revue Critique (Minuit), elle a lancé la collection Petite Bibliothèque d’Esthétique aux Presses de l’E.N.S. Spécialiste de Goethe et de l’esthétique allemande, elle travaille aussi sur le rapport Italie-Allemagne, sur la lecture allemande de l’Italie renaissante et de la Grèce antique, ainsi que sur le 18ème siècle français. Vient de publier un livre : La Lyre d’Orphée - Goethe et l’Esthétique (Flammarion, Paris, 1999). A traduit et présenté : W. Dilthey, Ecrits esthétiques - Oeuvres-tome 7 (Cerf, Paris, 1995) et E. Panofsky, Hercule à la croisée des chemins (Flammarion, Paris, 1999). De nombreux articles dans des revues (Nouvelle Revue de Psychanalyse, Critique, etc), dans l’Encyclopedia Universalis et dans des ouvrages collectifs (Le Printemps des génies, BN-Laffont).
Georges Didi-Huberman : Né en 1953. Philosophe et historien de l’art, enseigne à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris). A publié une quinzaine d’ouvrages sur l’histoire et la théorie des images, en particulier : Invention de l’Hystérie. Charcot et l’Iconographie photographique de la Salpêtrière (Macula, 1982); Les Démoniaques dans l’art (Macula, 1984); La Peinture incarnée (Minuit, 1985); Devant l’image. Question posée aux fins d’une histoire de l’art (Minuit, 1990); Fra Angelico. Dissemblance et figuration (Flammarion, 1990); Ce que nous voyons, ce qui nous regarde (Minuit, 1992); Le Cube et le visage. Autour d’une sculpture d’Albert Giacometti (Macula, 1993); Saint Georges et la dragon, versions d’une légende (A. Biro, 1994); La Ressemblance informe, ou le gai savoir visuel selon Georges Bataille (Macula, 1995); Phasmes. Essais sur l’apparition (Minuit, 1998). Il a dirigé l’exposition sur L’Empreinte au Centre Georges Pompidou (Paris, 1997).
Lorenz Dittmann : Né à Munich en 1928; études d’histoire de l’art, d’archéologie classique et de philosophie à l’Université de Munich. Doctorat avec la thèse Die Farbe bei Grünewald en 1955. Habilitation en 1965 à la Rheinisch-Westfälische Technische Hochschule avec la thèse Stil - Symbol - Struktur, Studien zu Kategorien der Kunstgeschichte, Fink, Munich, 1967. A tenu la chaire d’histoire de l’art à l’Université de Sarrebruck de 1977 à 1996. A publié Farbgestaltung und Farbtheorie in der abendländischen Malerei. Eine Einführung, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1987. Bibliographie dans Festschrift Lorenz Dittmann, sous la dir. de H.-C. Graf von Bothmer, K. Güthlein et R. Kuhn, Francfort-sur-le Main, Berlin, Berne, etc., Lang, 1994.
Eliane Escoubas : Professeur
de Philosophie à l’Université de Paris XII-Créteil.
Son travail porte particulièrement sur la philosophie allemande,
la phénoménologie et la philosophie de l’art : peinture et
poésie - domaines qu’elle explore dans Imago Mundi - Topologie de
l’art (Galilée, Paris 1986) et dans L’Espace pictural (Encre Marine,
La Versanne 1995) où sont repris plusieurs textes parus dans La
Part de L’Œil. Traductrice des ldeen Il de Husserl (P.U.F-Epiméthée,
Paris 1982), du Jargon de l’authenticité d’Adorno (Payot, Paris
1989) et du Kierkegaard d’Adorno (Payot, Paris 1 995). Collabore régulièrement
à La Part de l’Oeil - outre des textes sur la peinture, elle y a
publié : "Une langue évasive : Ph. Jaccottet" (n° 5),
"Esthétique et politique à partir de Schiller" (n° 12),
"Max
Loreau-Heidegger : Questions" (n°14). Parmi d’autres articles : "L’abstraction
lyrique : Hölderlin et Benjamin" (Cahiers de l’Herne Hölderlin,
1990), "De la traduction comme origine des langues : Heidegger et Benjamin"
(Les Temps modernes, n° 514-515, mai-juin 1989), "La Bildung et le
sens de la langue : W. von Humboldt" (Littérature, 1992), "Barthes
phénoménologue ?" (Communications, n° 63, 1996), "Bild,
Fiktum et lien de la communauté chez Husserl" (Alter, n° 4,
1996), "Logos et tautologie : la lecture heideggerienne d’Héraclite
et de Parménide" (in vol. coll. Phénoménologie et
logique, Presses de l’E.N.S Paris 1996), "Fiction et phénomène
- Autour de Max Loreau" (in vol. coll. Phénoménologie et
esthétique, Encre Marine, La Versanne, 1998).
Theodor Hetzer : Né à
Charkov en 1890, il passe ses années de jeunesse en Suisse et à
Fribourg-en-Brisgau, puis fait des études à Berlin et à
Bâle, où il devient l’élève de Friedrich Rintelen.
En 1923, il devient professeur d’histoire de l’art et en 1935, directeur
de l’institut d’Histoire de l’art à l’Université de Leipzig.
A pour second domicile Überlingen sur le Lac de Constance, où
il meurt d’une crise cardiaque en 1946. (A Leipzig, durant la guerre, il
est allié au cercle de résistance autour de Carl Goerdeler.)
Ouvrages principaux : Tizian, Geschichte seiner Farbe (1935); Dürers
Bildhoheit (1939); Giotto, seine Stellung in der europäischen Kunst
(1941); Die Fresken Tiepolos in der Würzburger Residenz (1947), tous
dans Schriften Theodor Hetzers (9 volumes), Stuttgart, Urachhaus, 1981-1998.
Mathias René Hofter : A fait des études d’archéologie classique, de philosophie et d’histoire de l’art aux Universités de Heidelberg et de Bonn. Doctorat avec la thèse Untersuchungen zu Stil und Chronologie der mittelitalienischen Terrakotta-Votivköpfe, 1984. A Berlin depuis 1986; activités de recherche aux Antikensammlungen der staatlichen Museen, à l’Université Libre de Berlin et comme auteur indépendant. Est chargé du commentaire archéologique à l’édition critique de l’Histoire de l’art de l’Antiquité de J. J. Winckelmann. Prépare un projet d’habilitation : L’Histoire de l’art de l’Antiquité de Winckelmann comme phénoménologie du Beau.
Michael Ann Holly : Présidente du département d’art et d’histoire de l’art et professeur d’histoire de l’art et d’études visuelles et culturelles à l’université de Rochester (New York). Elle est l’auteur des livres suivants: Panofsky and the Foundations of Art History (Ithaca, Cornell University Press, 1984), Iconography and Iconology (Milan, Jaca Publications, 1992) et Past Looking: Historical Imagination and the Rhetoric of the Image (Ithaca, Cornell University Press, 1996). Elle est co-directrice de publication des livres suivants: Visual Theory: Painting and Interpretation (New York, Harper & Row, 1990), Visual Culture: Images and Interpretation (Hanover, New Hampshire, University Press of New England, pour la Wesleyan University Press, 1994) et The Subjects of Art History : Historical Objects in Contemporary perspectives (New York, Cambridge University Press, 1998). Elle a reçu de nombreux prix et bourses, dont deux bourses du Summer Institute du National Endowment for the Humanities (directrice, 1987 et 1989), une bourse de l’American Council for Learned Societies (1989), et une Guggenheim Fellowship (1991-92). En 1996-97, elle occupa la chaire Ailsa Bruce Mellon au Centre for Advanced Study in the Visual Arts de la National Gallery of Art, à Washington, et en 1998 elle était co-directrice du Getty Summer Institute on Visual and Cultural Studies, poste qu’elle occupera à nouveau en 1999. Ses recherches portent principalement sur l’historiographie de l’art et la critique d’art; sur l’histoire des idées de l’histoire de l’art; et sur l’art de l’Antiquité, du Moyen Âge et de la Renaissance.
Tonio Hölscher : Né en 1940. Docteur en Archéologie Classique. Professeur à l’Université de Heidelberg (Allemagne). Membre du Deutsches Archäologisches Institut, de la Heidelberger Akademie der Wissenschaften, de l’Academia Europaea scientiarum et artium, du Österreichisches Archäologisches Institut. A publié des livres et articles dans le domaine des interrelations en art, politique et société : Victoria Romana (1967), Griechische Historienbilder (1973), Römische Bildsprache als semantisches System (1988), Monumenti statali e pubblico (1993), Formen des Lebens und Formen der Kunst (1995), Öffentliche Räume in frühen griechischen Städten (1998), Aus der Frühzeit der Griechen : Räume Körper Mythen (1998).
Dieter Jähnig : Né à Leipzig en 1926. Il commence en 1947 ses études aux instituts d’archéologie et d’histoire de l’art de l’Université de Leipzig, puis les poursuit à Tübingen en suivant l’archéologue Bernhard Schweitzer. Thèse de doctorat auprès de Friedrich Beißner : Vorstudien zur Erläuterung von Hölderlins Homburger Aufsätzen (partie principale : "Sur l’interprétation hölderlinienne de l’Iliade"). Travaille sur Schelling, avec une bourse d’étude de la Deutsche Forschungsgemeinschaft, à Überlingen sur le Lac de Constance. Est de retour à Tübingen en 1963 et professeur de philosophie depuis 1968. Principaux sujets de recherche : histoire de la philosophie ancienne et moderne, philosophie de l’art, philosophie de l’histoire, civilisations extra-européennes. Termine son enseignement en 1988 et, depuis 1990, habite à nouveau Überlingen. Il a publié : Schelling. Die Kunst in der Philosophie (vol. I : Schellings Begründung von Natur und Geschichte, vol. Il : Die Wahrheitsfunktion der Kunst), Pfullingen, Neske, 1966-69; Welt-Geschichte : KunstGeschichte. Zum Verhältnis von Vergangenheitserkenntnis und Veränderung, Cologne, DuMont Schauberg, 1975; Kunstgeschichtliche Betrachtungen. Jacob Burckhardts Topologie der Künste, vol. I, 1984 (non publié; copies du manuscrit dans quelques bibliothèques universitaires); L’Espace de l’art. Vers le langage des arts plastiques (recueil, en japonais), Tokyo, 1993; "Der Ursprung des Kunstwerkes und die moderne Kunst", in : Kunst und Technik. Gedächtnisschrift zum 100. Geburtstag von Martin Heidegger, Francfort-sur-le-Main, Klostermann, 1989, p. 219-254.
Lucien Massaert : Né en 1952. Etudes de dessin et de peinture murale à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Titulaire de l’atelier de dessin à la même Académie.
Michael Newman : Né en 1954, a obtenu un doctorat de la Katholieke Universiteit Leuven, où il fut doctorand de 1992 à 1994. De 1994 à 1998, il était président du département de Theoretical Studies and Art History à la Slade School of Fine Art de University College, à Londres. Actuellement, il est directeur d’études en Art Theory Research au Central Saint Martins College of Art and Design du London Institute. En 1997, il était Senior Research Fellow en philosophie à l’université de Tilburg (KUB). Depuis 1980, il a publié de nombreux articles sur l’art contemporain, parmi lesquels "Allegories of the Subject", in James Coleman: Selected Works (Chicago et Londres, The Renaissance Society of the University of Chicago and ICA, 1985); "From World to Earth : Richard Deacon and the End of Nature", in Interpreting Contemporary Art, sous la direction de S. Bann et W. Allen (Londres, Reaktion Books, 1991); "Flesh Wounds and the Divided Body", in Wounds: between democracy and redemption in contemporary art (Stockholm, Moderna Museet, 1998); "Horizontlessness", in Terra Incognita (Brême, Neues Museum Weserberg, 1998), et "McQueen’s Materialism", in Steve McQueen (Londres, ICA, 1999). Parmi ses publications philosophiques, on citera "The Trace of Trauma: Blindness, Memory and the Gaze in Derrida and Blanchot", in Maurice Blanchot: The Obligation of Writing, sous la direction de C. Gill (Londres, Routledge, 1996), et "Inspiration, Originality and the Passivity of the Subject : A Re-Reading of Genius in Kant’s Third Critique", in Issues in Contemporary Culture and Æsthetics : The Kantian Turn, sous la direction de A. Van den Braembussche (Maestricht, Jan van Eyck Academie, avril 1999). Son livre Traces of Memory and Forgetting : Heidegger, Levinas, Derrida (Londres, Routledge) doit paraître en 2000.
Daniel Payot : Né en
1952, professeur de philosophie, actuellement président de l’Université
Marc Bloch (Strasbourg 2). A notamment publié : Le philosophe et
l’architecture. Sur quelques déterminations philosophiques de l’idée
d’architecture, Aubier-Montaigne, 1982; Anachronies de l’oeuvre d’art,
Editions Galilée, 1990; Mort de Dieu - Fin de l’art (sous la direction
de), Editions du Cerf, 1991 ; Des villes-refuges. Témoignage et
espacement, Editions de l’Aube, 1992; Effigies. La notion d’art et les
fins de la ressemblance, Editions Galilée, 1997; L’objet-fibule.
Les petites attaches de l’art contemporain, Editions L’Harmattan, 1997
; La statue de Heidegger, art, vérité, souveraineté,
Editions Circé, 1998.
Paul Philippot : Professeur honoraire
de l’Université Libre de Bruxelles, où il a enseigné
de 1949 à 1990 l’Histoire de l’art médiéval et moderne,
l’Esthétique et la Technologie des arts plastiques. Il est également
Directeur honoraire de l’ICCROM (Centre international d’études pour
la conservation et la restauration des biens culturels, Rome). Principales
publications : La Peinture dans les anciens Pays-Bas, XVe et XVIe siècles,
Editions Flammarion, Paris, 1994; La Conservation des Peintures Murales
(en collaboration avec Paolo et Laura Mora), Rome-Bologne 1977; Die Wandmalerei,
Entwicklung, Eigenart, Technik, Ed. Scholl, Vienne, 1972. Nombreux articles
dans des revues belges et étrangères. Récemment est
paru : Pénétrer l’art, Restaurer l’oeuvre, Une vision humaniste.
Hommage en forme de florilège, éd. par Catherine Périer-D’Ieteren
et Brigitte D’Hainaut-Zveny, Groeninghe EDS, 1990.
Jackie Pigeaud : Professeur
de Littérature Latine à l’Université de Nantes; membre
de l’Institut Universitaire de France; Directeur du Centre François
Viète d’Histoires des Sciences et des Techniques à l’Université
de Nantes. A publié : La Maladie de l’âme. Etude sur les relations
de l’âme et du corps dans la tradition médico-philosophique
antique. Thèse de doctorat d’état, Paris, Belles-Lettres,
1981. Prix Saintour de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres,
1982. 2ème tirage 1989. Folie et cures de la folie chez les médecins
de l’Antiquité gréco-romaine : La manie, Paris, Belles-Lettres,
1987. L’Art et le Vivant, NRF, Gallimard, Collection Les Essais, 1995.
Aristote. La mélancolie et l’homme de génie, traduction,
présentation et notes par J. Pigeaud, Paris, Petite Bibliothèque
Rivages, 1991. La vérité des songes, traduction, présentation
et notes de Divination dans le sommeil d’Aristote, Petite Bibliothèque
Rivages, 1995. Et de nombreux articles consacrés surtout : à
l’histoire de la psychopathologie et à la protohistoire de la psychiatrie;
à l’histoire de la médecine antique; à l’esthétique,
ou plutôt aux problèmes théoriques de la création
artistique. En préparation : Le Baroque, génie de la métamorphose,
(suite de l’art et le vivant), chez Albin Michel, fin 1999. Poésie
du corps, chez Payot-Rivages, mars 1999.
Willibald Sauerländer : Né
en 1924, Docteur ès Lettres. Professeur à l’Université
de Fribourg-en-Brisgau de 1962 à 1970 et Directeur du Zentralinstitut
für Kunstgeschichte à Munich de 1970 à 1989. A été
également Professeur associé aux Universités de New
York, Harvard, Berkeley ainsi qu’au Collège de France et à
l’Ecole Normale à Pise. Est l’auteur de nombreuses publications
sur l’art médiéval, le 17ème et le 18ème siècles,
sur des problèmes de méthode et sur l’évolution de
l’histoire de l’art comme discipline. A publié entre autres : Houdon,
Voltaire (1963), Von Sens bis Strasburg (1966), Gotische Skulptur in Frankreich
(1970), das Jahrhundert der grossen Kathedralen (1990), Initialen (1996),
Geschichte der Kunst/Gegenwart der Kritik (1999).
Karl Schawelka : Né en 1944. A d’abord étudié la peinture avant de se tourner vers l’histoire de l’art où il obtient son doctorat. Depuis 1993, il enseigne l’histoire et la théorie de l’art à la Bauhaus-Université de Weimar. Son travail porte particulièrement sur l’art contemporain, la théorie de l’art, notamment la perception et la théorie de la couleur, l’art dans l’espace public ainsi que l’histoire de l’art du 19ème siècle. A publié entre autres : Quasi una musica. Untersuchungen zum Ideal des „Musikalischen" in der Malerei ab 1800, Munich 1993 ; Who’s afraid of. Zum Stand der Farbforschung, Anne Hoormann und Karl Schawelka (Hg.), Weimar 1998 ; des articles concernant l’art contemporain, Hans Haacke, Bruce Nauman et l’installation vidéo.
Karl Schefold : Né à Ulm en 1906; professeur émérite d’archéologie à l’Université de Bâle. Auteur de nombreux ouvrages tels que Die Bildnisse der antiken Dichter, Redner und Denker, nouy. éd., Bâle, Schwabe, 1997 ; Die Bedeutung der griechischen Kunst für das Verständnis des Evangeliums, Mayence, von Zabern, 1983; Geschichte der griechischen Sagenbilder (4 volumes), Munich, Hirmer, 1964-88; Die Griechen und ihre Nachbarn, nouv. éd., Berlin, Propyläen, 1985; Klassisches Griechenland, Baden-Baden, Holle, 1967; Götter- und Heldensagen der Griechen in der früh- und hocharchaischen Kunst, nouv. éd., Munich, Hirmer, 1993.
Holger Schmid : Docteur en
philosophie. Etait chargé de cours en philosophie et de littérature
allemande aux Universités de Tübingen, de Constance et de Fordham,
New York. A travaillé comme chercheur à la Hölderlin-Gesellschaft
à Tübingen; enseigne aujourd’hui la philosophie à l’Université
de Halle-Wittenberg. Auteur de Nietzsches Gedanke der tragischen Erkenntnis,
Würzburg, Königshausen und Neumann, 1984; Kunst des Hörens.
Orte und Grenzen philosophischer Spracherfahrung, Cologne et Weimar, Böhlau,
1999, ainsi que divers articles en esthétique et en philosophie
du langage.
Bertram Schmidt : Né en 1949
à Stuttgart. Etudes de philosophie, de littérature allemande
et d’histoire de l’art à Tübingen; doctorat en philosophie
sous la direction du professeur Dieter Jähnig, 1988. Chargé
de cours en esthétique et théorie des beaux-arts à
l’École des Beaux-Arts de Berlin (Ouest), de 1989 à 1994.
A publié "Nietzsches Geburt" der Tragödie und die Wiener klassische
Musik, Würzburg, Königshausen und Neumann, 1991.
Pascal Weitmann : Né en 1960 à Nuremberg. Etudes de philosophie, d’archéologie classique, d’histoire de l’art et de théologie à Göttingen et à Tübingen; chargé de cours en esthétique et théorie des beaux-arts à la Hochschule der Künste à Berlin, depuis 1994. Thèse de doctorat en archéologie : Sukzession und Gegenwart. Zu theoretischen Äußerungen über bildende Künste und Musik von Basileos bis Hrabanus Maurus (1994); publications sur le phénomène du classique, les théories de l’art de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Age et la réception de l’Antiquité dans les temps modernes.
Thomas Zacharias : Né
en 1930. Artiste peintre. Etudes à l’Académie de Munich.
Est docteur en philosophie et histoire de l’art de l’Université
de Munich et professeur honoraire de l’Académie de Munich. Outre
ses expositions, ses activités dans le domaine du dessin, de la
gravure, de l’illustration et de la recherche pédagogique, il a
publié Joseph Emanuel Fischer von Erlach, Vienne, 1960; Kleine Kunstgeschichte
des antiken Welt, Munich-Zurich, 1963; Blick der Moderne, Einfürung
in ihre Kunst, Munich, 1984. Participe régulièrement depuis
1996 à la rédaction du Künstler Kritisches Lexikon der
Gengenwartskunst, WB Verlag, München.
Le dossier du volume 14 de La Part de l’Œil rend hommage au grand philosophe
que fut Max Loreau. Sa pensée est d’un apport tel qu’il est inconvenant
qu’elle soit pratiquement ignorée du grand public. Son ouvrage philosophique
majeur La Genèse du Phénomène publié aux éditions
de Minuit en 1989 a placé son œuvre au premier rang de la philosophie
contemporaine. Dans le domaine des arts plastiques, Max Loreau a beaucoup
écrit sur les artistes du groupe Cobra et dressé le catalogue
raisonné de l’œuvre de Jean Dubuffet. Ce numéro thématique
est consacré à son œuvre tant esthétique, que philosophique
et littéraire. La Part de l’Œil désire attirer l’attention
sur l’importance qu’a eue l’œuvre de Max Loreau pour la pensée de
l’art, ainsi qu’en témoignent, entre autres, son travail sur Dubuffet
ou son ouvrage La peinture à l’œuvre et l’énigme du corps
paru aux éditions Gallimard en 1980.
En découvrant ce dossier et en relisant Max Loreau on sera frappé
par l’accent mis sur la dénonciation du platonisme qui selon lui
détermine la philosophie occidentale ainsi que la réflexion
sur l’esthétique. Ce dossier montre comment certaines démarches
picturales de ce siècle ont donné à Max Loreau les
outils pour penser le dépassement d’une philosophie conditionnée
par un primat accordé au sens de la vue, à l’idée,
à la lumière.
Extraits de Luc Richir, "L’épreuve de la parole".
[...] Alors que son ami Jacques Derrida identifiait à l’écriture
de la différance le refoulé de l’onto-théologie, Loreau
stigmatisait dans le corps ce qu’elle avait dû présupposer
pour s’édifier en Théorie. La Théorie étant
ce qu’elle est - un regard en rapport direct avec son objet -, toute trace
de ce qui avait pu servir à la promouvoir se devait d’en être
bannie. A cet égard, l’enseignement de Max Loreau s’avérait
des plus stimulants: il nous apprenait à considérer dans
la philosophie non pas un ensemble de doctrines, voire un "questionnement",
mais la démarche même qui caractérise ce que Lacan
appelle un sujet. Sous le coup de ses analyses minutieuses de Platon, de
Descartes ou de Hegel, la philosophie dévoilait enfin son ressort
le plus intime, le mieux enfoui: effacer les traces de ce sur quoi elle
avait pris appui pour se constituer en discours. Le corps, ou plutôt
ce qu’il en restait (la vue érigée en modèle pour
toute forme de savoir), était "l’effaçon du sujet".[...]
S’il y eût jamais un psychanalyste du logos philosophique, ce fut
Max Loreau, créateur, à ce titre, d’une discipline originale
et, à mon sens, d’une exceptionnelle fécondité. Loreau
travaillait en analyste dans la mesure où, loin d’en appeler à
des éléments extérieurs aux écrits (biographie
des auteurs ou contexte historique), il s’attachait à la lettre
du discours pour déceler dans ses glissements, dans ses lapsus,
dans ses contradictions soigneusement camouflées, l’aveu de ce que
le sujet philosophique trahissait à son insu. De cette archéologie
digne des Cinq psychanalyses de Freud, je ne connais guère d’équivalent.
En outre, l’entreprise se doublait d’une alternative pleine de promesses
à laquelle Loreau lui-même ne put se résoudre sans
un profond remaniement de sa perspective. En effet, la critique de la philosophie
(de la Théorie) débouchait à ses yeux sur son dépassement
radical dans la pratique de l’art. [...] Loreau s’était exercé
à voir dans l’œuvre d’art un moment, articulé à d’autres
moments, un moment transitoire, donc, qui ne prenait sens que de s’inscrire
au sein d’une vaste, et peut-être infinie, traversée de la
Théorie. Là encore, nous lui sommes redevables d’une subversion
sans précédent: celle du discours esthétique qui privilégie
le voir, le point de vue du spectateur et de l’esthète (du jouisseur),
sur la nécessité, parfois obscurément ressentie par
l’artiste, de secouer le joug de la tradition pour accéder à
ce qui constitue son essence : le faire créateur. On se souviendra
que Heidegger avait d’abord intitulé l’Origine de l’œuvre d’art:
"dépassement de l’esthétique". Je ne pense pas qu’il ait
vraiment rempli son programme. Loreau, en revanche, me semble avoir répondu
à l’attente secrète des peintres les plus marquants de notre
temps: que soit tenu un discours qui s’attache à leur démarche
et non à leur éventuelle conformité (ou à son
contraire, ce qu’on affecte du label d’originalité), à la
servilité du producteur au regard des normes établies par
la Culture. C’est ainsi qu’on trouvera dans son œuvre des éléments
indispensables à une authentique "critique de l’économie
politique de l’art", en des termes qui réhabilitent la production
contre la consommation, le geste contre l’image, le mouvement dialectique
des travaux contre l’idéalisme du chef-d’œuvre. [...]
Extraits de Luc Richir, "L’épreuve de la parole".
N°14 - 1998
Dossier: Hommage à Max Loreau
Ouverture
Francine Loreau : Eléments pour une biographie
Luc Richir : L’épreuve de la parole
Kostas Axelos : Rencontre avec Max Loreau
Eric Clémens : Retournement et engendrement
Robert Davreu : Strophes pour Max Loreau
Eddy Devolder : Le Représenter (fiction)
Daniel Giovannangeli : Le philosophe et la peinture
Roland Hinnekens : Le poétique comme récit de la passion
du voir
Adriano Marchetti : Voix du Commencement. En relisant Max Loreau
Lucien Massaert : Le "tour" de l’objet
Richard Miller : Max Loreau et les Cobra
Henri Raynal : Suffocation, puis enchantement
Luc Richir : La traversée du plan
Eliane Escoubas : Max Loreau - Heidegger. Questions
Bruno Vancamp : L’œuvre philosophique de Max Loreau
Max Loreau; inédits La correspondance (1968-1978) Max Loreau
- Christian Dotremont
Ecrire, tracer, penser
Textes épuisés de Max Loreau
"Les cadres ontologiques de la peinture contemporaine"
"Jean Dubuffet - Stratégie de la création" (extraits)
"Corneille l’arpenteur"
"Vers une peinture péremptoire: Asger Jorn"
"Maurice Wyckaert"
"Florence portée aux nues" (extraits)
"Effervescence"
Bibliographie de Max Loreau
Etudes
Chakè Matossian : Proudhon ou la mélancolie de Courbet
La Part de l’Oeil ouvre les chantiers d’une nécessaire théorie de l’architecture. Depuis les méditations de Heidegger quant à l’habiter, la pensée contemporaine a délaissé l’architecture, sauf à cautionner les produits à la mode que se disputent les pages d’élégants magazines. Aux côtés, ou mieux : à rebours de l’imagerie où la culture enferme l’architecture pour mieux la condamner à des effets de style, notre dossier initie un effort théorique qui sollicite les pensées les plus acérées de notre époque. L’architecture n’est pas un supplément d’âme, une expression plus ou moins appropriée à un état de la culture, mais une structure anthropologique qui , comme le langage, impose sa loi et dispose le désir. A le méconnaître, la pratique de l’architecture condamne ses rapports fondateurs au politique et à la poétique. Mathématiciens, philosophes, psychanalystes, plasticiens et architectes ont contribué à ce dossier qui se joint aux débats actuels sur le destin de la cité.
N°13 - 1997
Dossier : L’architecture et son lieu
Luc Richir/Jean Stillemans : Liminaire
Alessandro Anselmi : La "forme" du lieu
Marc Belderbos : "Purity lies in the incompletion"
Alain Degange : De l’emboîtement réciproque de perspectives
architecturales concernant la fresque et son milieu hôte
Eliane Escoubas : "Plein de mérite, poétiquement pourtant,
L’homme habite sur cette terre"
Hilde Heynen : New Babylon ou les antinomies de l’utopie
René Lavendhomme : L’architecture entre topologie et géométrie
Bertrand Ivanof : Travaux
Pierre Marchal : L’Institution du Lieu
De l’espace cartésien au lieu architectural
Chakè Matossian : Les maisons de Marat
Aram Mekhitarian : Chôra et tupos: l’empreinte de l’architecte
Luc Richir : Les vacances de l’architecte
Holger Schmid : Le classicisme et la conscience contemporaine
Jean Stillemans : Au fond, les spectres
Philippe Vindal : Objets partiels
Viviane Guelfi : A propos des "Archives" de Philippe Vindal
Jean Stillemans : L’invention du mur
Thomas Zacharias : Labyrinthes en suspension
Fantaisies architectoniques d’André Thomkins
Clérambault
Danielle Arnoux : Gaëtan Gatian de Clérambault Une méthode,
un schéma de construction
Consacrant ses efforts à soutenir une réflexion fondamentale sur la création, les rapports de l’art et de la politique n’ont cessé de préoccuper l’équipe de rédaction de La Part de l’Œil. Loin d’être un épiphénomène déterminé par de simples conditions historiques, l’art nous parait non seulement traduire des orientations politiques données mais, à tout moment, en redéfinir les articulations essentielles. C’est dans l’art en effet, et par ses seuls moyens, que l’artiste invente une forme d’être au monde où le rapport au pouvoir joue un rôle fécond. L’art devient ainsi le lieu d’un débat, d’une tension où l’esthétique est moins affaire de goût que de choix éthique engageant l’essence même de l’agir. A travers différentes analyses (de l’acte fondateur du champ politique occidental tel qu’il se noue dans la tragédie grecque, jusqu’aux avatars de l’espace populiste signé McDonald’s), La Part de l’Œil vous propose, pour son douzième numéro, de suivre l’itinéraire accidenté qui mène d’une "politique au nom du Père" à la gestion étatique et mercantile de la Culture. De cette réflexion critique dépendra peut-être la possibilité pour l’art d’être pensable en termes différents de ceux qui président à son actuel ravalement.
N° 12 - 1996
Dossier : L’art et le politique
Luc Richir : Liminaire
Miguel Abensour : Architectures et régimes totalitaires
Michel Deguy : Nouvelles notes sur le culturel
Eliane Escoubas : La passion de la médiation: Eléments
pour tenter de penser le rapport de l’esthétique et du politique
à partir de Friedrich Schiller
Denis Hollier : Desperanto
Luc Richir : La politique au nom du père Œdipe roi ou le lien
du politique
Claude Karnoouh : Le réalisme socialiste ou la victoire de la
bourgeoisie Thomas Zacharias : BILD-CHRONIK
Alain Lestié : "Nature morte"
René Lew : Changer le relief du réel
Jean Lombardi : Un certain sentiment de l’enfance, l’artiste
Chakè Matossian : Aux Fondements de l’esthétique : L’édification
du monde magique de McDonald’s
Philippe Mesnard : Au détour du regard - la littérature
Richard Miller : Art expérimental et Transnationalisme de Cobra
Holger Schmid : Structures de l’espace civique
Varia
Pierre Legendre : Positions
Lucien Massaert : La suture du tableau
A l’origine définie comme "Grand Art", la médecine se trouve rarement interrogée dans son rapport aux Arts. La vie, le corps, la santé, l’individu et l’individualité, tout comme le corps social et la santé publique, forment les objets de la médecine, des objets flous traversés par des idéaux qui peuvent se transformer en objets fous. Parce qu’elle a à voir avec ces objets, la médecine ne peut manquer de les pénétrer et d’alimenter en quelque sorte un imaginaire médical. Imaginaire médical et imaginaire de la médecine agissent sur des champs extérieurs à la médecine, tels les arts visuels qui peuvent, en retour, pénétrer l’imaginaire de la médecine et renforcer l’imaginaire médical. La médecine engendre des représentations du corps qui varient en fonction des théories ou des découvertes médicales et les arts visuels, en les rencontrant, opèrent des changements dans le mode de représentation, dans l’usage des matériaux ou dans le style.
N° 11 - 1995
Dossier : Médecine et arts visuels
Chakè Matossian : Introduction
Jacques-Louis Binet : Un chapitre commun à l’histoire de l’art
et de la médecine: L’architecture hospitalière
Omar Calabrese : La Véronique de Zurbarán : Un rituel
figuratif
Andrea Carlino : Marsyas, Saint Antoine et autres indices : Le corps
puni et la dissection entre le XVe et le XVIe siècles
Sarah Kofman : La mort conjurée. Remarques sur La Leçon
d’anatomie du docteur Nicolas Tulp
David Le Breton : Mort et figuration anatomique : Des traités
aux radiographies
François Lecercle : Donner à toucher : Vertus de la semblance
et efficace des reliques
Jean-Louis Leutrat : Le voyage aux îles ou l’imaginaire médical
dans les films produits par Val Lewton
Chakè Matossian : De la tache à la vache
Aram Mekhitarian : Décrire la mort de Socrate
Chakè Matossian : L’organe de l’apparence. Sur quelques tableaux
de Daniel Spoerri
Yves Pelicier : Voir et épier : Ce que l’espion nous donne à
penser
Jackie Pigeaud : Les Observations du Docteur Tulp
Luc Richir : Chroniques de la douleur d’exister
Louis Seguin : La mort en ce jardin
Barbara Stafford : De la marque. L’illustration de l’invisible dans
les arts et la médecine à l’âge des Lumières
Y a-t-il un art de l’angoisse ? C’est une question que Freud suggère
dans L’inquiétude étrangeté, une perspective de nature
à subvertir les coordonnées de l’esthétique, toujours
tributaires du débat grec avec le Beau. Un art et une pratique de
l’angoisse, telles furent assurément la vie et l’œuvre de Bataille.
Georges Bataille a marqué La Part de l’Œil, ce dont témoigne
bien évidemment son titre, lui-même révélateur
de l’esprit dans lequel elle s’est créée. La démarche
de Bataille amène à s’interroger radicalement sur tous les
présupposés traditionnels de la théorie de l’art de
manière telle, que l’on ne peut plus aborder les œuvres selon les
procédures de l’esthétique du jugement, du beau, de la valeur
et de la représentation.
Nous replaçant dans la longue durée, au-delà des
péripéties de l’actualité, Bataille reste l’un de
nos plus proches contemporains et en cela l’urgence de sa pensée
nous requiert aujourd’hui : nous voici renvoyés à l’exigence,
là où le renversement des catégories implique que
plus rien n’est assuré, qu’il faut tout reprendre au début,
mais comme à reculons, hors toute visibilité ou direction
: un art et une pensée énucléés.
Bon nombre des contributions de ce volume peuvent être mises
en rapport, nous semble-t-il, par une façon de suivre l’écriture,
le tableau, au plus près de leur élaboration. Ainsi se révèle
le travail du sujet peintre, du sujet Bataille, dans la singularité
de leurs opérations signifiantes. La leçon esthétique
ne s’énonce plus en termes généraux. Face aux œuvres,
nous sommes renvoyés, nous-mêmes spectateurs, à l’impossible
de toute totalisation, parce que ‘l’excès" n’est plus l’en plus,
mais la matière même de l’opération.
N° 10 - 1994
Dossier : Bataille et les arts plastiques.
Luc Richir : Liminaire
Véronique Bergen : L’artiste souverain, le maître hégélien
et le surhomme
José Barão da Cunha : Le mort, Georges Bataille
Pierre Fédida : Le mouvement de l’informe
Denis Hollier : Autour de livres que Bataille n’a pas écrits
Jean Lancri : Essai sur la main d’"Olympia"
Roger Laporte : Un cri de coq en plein silence
Roland Léthier : Bataille avec Lacan
Jean Lombardi : Georges Bataille avec André Leroi-Gourhan, l’art
du langage
Lucien Massaert : Dans le cercle de l’abjection
Chakè Matossian : Le rat et l’œuf. (Bataille, l’Histoire de
l’œil et le clin d’œil de Valdés Leal)
Luc Richir : La part de l’œil
Michel Surya : Dieu, la terre, le trou
Jean-Luc Nancy et François Martin : Peinture dans la grotte
(sur les parois de G. B.)
Deux lectures de Valéry
Jean-Michel Rey : L’épreuve du sensible. Notes sur Valéry
Holger Schmid : Chanter pour les yeux, temporalité et concept
d’œuvre chez Paul Valéry
|
|
|
Jean-Jacques Delfour j.jacques.delfour@ac-toulouse.fr |