Günther ANDERS, SUR LA PSEUDO-CONCRÉTUDE DE
LA PHILOSOPHIE DE HEIDEGGER
Langue originale : Anglais ON THE PSEUDO-CONCRETNESS OF HEIDEGGER'S
PHYLOSOPHY
Traducteur : Luc Mercier (de l'anglais)
Editeur: Sens & Tonka.
Collection de l’éditeur : 10/vingt
ISBN : 2-84534-048-6
Auteur. Bibliographie. Avant-propos du traducteur. Sommaire. La notule au format rtf.
L'auteur :
Est déjà connu de vous puisque les éditions Allia
ont publié l'an dernier un ouvrage d'Anders.
Je rappellerai, seulement coupable d'actualité, qu'il fut le
premier mari de A. Arendt, Heidegger ayant été l'amant de
cette dernière et qu'il n'y a pas de relation de causalité
entre les états des couples et la critique philosophique.
Le traducteur Luc Mercier est plutôt un traducteur militant de
textes inconnus pour lesquels les éditeurs ne militent pas vraiment
(je crois savoir qu'un Moshe Postone ("Trois essais de ventriloquisation
de Marx") traduit par lui devrait paraître aux éditions de
l'Aube — nous le savons parce que nous n'avions pas assez de disponibilité
financières pour lui acheter sa traduction, à notre grand
regret et que l'Aube a accepté), ce qui n'empêche absolument
pas sérieux, rigueur et précision.
Bibliographie des textes d'Anders traduits en français :
– “Une interprétation de l’a posteriori” (1935) et “ Pathologie
de la liberté, essai sur la non-identification ” (1936), in Recherches
philosophiques
– “Ruines d’aujourd’hui”, in les Temps modernes n°
108, décembre 1954
– Avoir détruit Hiroshima, Robert Laffont éd.,
1962
– “Nuremberg et le Vietnam”, in les Temps modernes n°
2 41, juin 1966
– Kafka, pour et contre, Circé éd., 1990
– Deux entretiens avec Günter Anders, in Austriaca
n° 35, 1992
– De la bombe et de notre aveuglement face à l’apocalypse,
Titanic éd., 1995
– “Désuétude de la méchanceté”,
in Conférence n° 9, 1999
– Nous, fils d’Eichmann, Rivages éd., 1999
– Et si je suis désespéré, que voulez-vous
que j’y fasse ? Allia éd., 2001
– “L’homme sans monde”, in Conférence n° 12,
2001
– Heidegger, Primo Levi et le séquoia, Max Dorra,
Gallimard, 2001
– L’Obsolescence de l’homme / Sur l’âme à l’époque
de la deuxième révolution industrielle, Éd. de l’Encyclopédie
des Nuisances.
Nous nous sommes laissés dire que les éd. Gallimard préparaient un gros recueil d'articles de G. A. et qu'un autre éditeur préparait une recension de ses correspondances. Nous n'avons pas plus d'informations. Apparemment se préparerait une "sortie" Anders… No comment! Si on est syncro autant en profiter.
Nota : Ce texte fut accepté par nous, puis le traducteur, pas très riche, l'a cédé aux éditions Sulliver avec lesquelles il a eût un désaccord, nous l'avons finalement repris. Malheureusement Sulliver maintien le titre sur Électre — ce qui n'est pas sans créer une ambiguïté que vous allez rencontrer lors de vos démarches chez certains libraires, d'où ce nota.
Le livre
Sans doute la charge la plus cruelle contre le "mensonge Heidegger"
qui fonde sa théorie sur le concret, ce qui, le démontrera
G. Anders, n'est qu'une illusion du maître illusionniste en philosophie.
Voici l'avant-propos du traducteur :
“Sur la pseudo-concrétude de la philosophie de Heidegger est
paru en 1948 dans une revue universitaire américaine de phénoménologie
(depuis, cet essai n’a ni été réédité
ni traduit). L’auteur, issu d’une famille juive allemande et ancien élève
de Heidegger, était alors en exil aux États-Unis.
Sur la pseudo-concrétude est une critique sans concession de
l’ontologie heideggérienne telle qu’elle se présente dans
les textes d’avant la Seconde Guerre mondiale, notamment Être et
Temps (1927). Dans cet essai, Anders ne s’attaque pas au Heidegger recteur
de l’université de Fribourg en 1933-1934, comme on le fait d’habitude
; il n’interprète pas les interventions publiques de Heidegger telles
que “ L’auto-affirmation de l’université allemande ” et ne polémique
pas sur le degré de compromission du “ Maître ” avec le régime
nazi. Il critique Heidegger en interrogeant l’ontologie heideggerienne
même.
La thèse de départ de Sur la pseudo-concrétude
est la suivante : Heidegger situe le Dasein, “modalité humaine de
l’être”, au-delà de la nature et de la surnature (l’Au-delà).
Or, remarque Anders, dans un tel champ, le concret se renverse en pseudo-concret.
Il perd tout lien avec l’individuel, le social et l’historique effectifs.
Ainsi, l’activité du Dasein, c’est-à-dire devenir soi, être
“authentique”, se borne-t-elle à assumer la mort. En fait, cette
“activité” est une pure passivité. Mais la primauté
de l’être sur l’étant postulée par Heidegger a les
conséquences les plus graves pour l’homme en général
et l’homme Heidegger en particulier. Elle se traduit par la vacuité
morale, l’absence d’épaisseur sociale, l’oubli de la liberté
politique, la pulvérisation de l’histoire (et même du temps,
remplacé par la temporalité), le rejet de l’Autre… Toutes
choses, note Anders au passage, qui faciliteront l’adhésion de Heidegger
au national-socialisme.
En 1930, Walter Benjamin parlait de “démolir Heidegger”. On
peut dire que Sur la pseudo-concrétude réalise en grande
partie cette tâche que Benjamin n’a pas eu le temps d’accomplir.”
L.M.
Avant-propos
Sur la pseudo-concrétude de la philosophie de Heidegger
I. Heidegger met hors jeu l’alternative “naturalisme-surnaturalisme”
II. Le fait de la “faim”. Le temps comme “ chute ” entre non-avoir
et avoir. Le problème de la "constitution”
III. Indicatif et conditionnel. Le problème de la liberté.
Le self-made-man acosmique
IV. Le manque de contemporanéité de Heidegger. Le concept
de Geschichtlichkeit
V. La philosophie de la vie hostile à la vie. L’existence :
une éternité timide
VI. Isolement : la condition de l’ontologie
VII. Automutilation
VIII. Chrétien sceptique ou sceptique chrétien
IX. Nihilisme farci
Annexes
I. Compendium
II. Glossaire
III. Une vie orientée par le refus
IV. Bibliographie