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Académie de Toulouse |
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Jean-Jacques Delfour j.jacques.delfour@ac-toulouse.fr |
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Sommaires des n° 23, 24,
25
Sur le site de la revue: sommaire des n° 25,
n° 26/27
Editions Agone
BP 2326. F-13213
Marseille cedex 02
Tél. & Fax. (33) 04 91
90 82 19
La revue.
Email : info-agone@atheles.org
AU SOMMAIRE
Elements pour une critique de la contestation
FRANCK POUPEAU
Parce qu'ils ont pour effet de rendre le mouvement
social dependant de l'opinion publique, les discours triomphalistes constituent
un obstacle a toute critique interne de la contestation. Ce qui est en
jeu alors reside moins dans les moyens d'action directe utilises que dans
les consequences eventuelles sur le debat public et sur l'image du mouvement
dans les medias. En outre, cette critique se heurte a la tendance a l'institutionnalisation
des organisations, qui reproduit, dans le champ militant, la coupure entre
les profanes et les professionnels de la politique.
Licenciement, reclassement, declassement
FANNY DOUMAYROU
Dans l'avalanche de degraissages et de fermetures
d'usines qui marque l'actualite sociale, on voit emerger un large consensus
des politiques et des dirigeants d'entreprises pour presenter le "reclassement"
comme solution miracle au probleme des licenciements. On explique aux salaries
menaces de perdre leur emploi : "La logique economique est implacable,
vos
licenciements, ineluctables, votre resistance, inutile. Votre avenir
n'est pas si sombre, puisque l'on s'engage a vous reclasser. Mieux vaut
vous resigner" Mais la puissance financiere des grands groupes ne regle
que la paix sociale, pas l'avenir professionnel des salaries licencies.
Liberalisme & nouveau mode de contrôle des salaries dans l'entreprise
JEAN-PHILIPPE MELCHIOR
Renault-Le Mans peut etre presente comme un
type ideal en matiere de conditions de travail et de relations entre la
direction et les salaries dans ce secteur industriel. Au nom de la productivite
et de la "qualite", la direction cherche a supprimer toute forme de resistance
et a ecarter tous ceux qui ne s'inscrivent pas pleinement dans la poursuite
de ces objectifs. Les moyens mis en oeuvre pour eradiquer les obstacles
a ce management ramenent les relations sociales a ce qu'elles etaient avant
l'emergence du syndicalisme, quand chaque salarie, prive de toute possibilite
de reaction collective, ne pouvait lutter contre l'exploitation sans subir
personnellement la repression patronale.
"Refondation sociale" & pacification syndicale. Les fonctions de
la notion
de 'societe civile'"
PAUL LAGNEAU-YMONET
L'entreprise de "refondation sociale" menee
par le patronat francais depuis 1999 s'appuie sur la redefinition de termes
politiques propres a promouvoir certains rapports sociaux et a disqualifier
toute tentative de contester aussi bien la legitimite que les effets des
politiques economiques neoliberales. La mobilisation de la notion de "societe
civile", qui appartient a des traditions politiques tres diverses, constitue
un exemple privilegie de ce travail d'imposition d'une vision du monde
social
conforme aux interets des decideurs economiques, sous l'impulsion conjointe
du MEDEF et de la CFDT.
Quel corporatisme ? Notes sur la disqualification des mouvements syndicaux
PIERRE CONTESENNE
L'actualite sociale genere regulierement des
neologismes, inventes par des personnalites politiques ou des journalistes
pour designer des faits ou des acteurs sociaux afin de les disqualifier.
La disqualification du "corporatisme", terme detourne de sa veritable signification
au profit d'une vision liberale du monde social, constitue un lieu commun
par lequel la pensee dominante entreprend la deligitimation des forces
collectives de contestation.
Chronique des luttes. Premier volet. Un metier dans les luttes
Entretien avec Jacques Toublet Propos presentes par Franck Poupeau
Cette serie d'entretiens realises avec des
militants veut tout a la fois restituer la memoire des luttes et comprendre
comment se constitue le capital militant, ce melange d'autorite et de savoir-faire
qui s'investit dans les activites revendicatives. Ces "chroniques des luttes"
seront consacrees a des formes minoritaires d'engagement qui caracterisent
des militants, responsables ou anonymes, pour lesquels les luttes ne constituent
pas une voie detournee de promotion - sociale ou politique - mais l'accomplissement
d'une resistance enracinee dans le "refus de parvenir".
Perspectives militantes
Les multiples visages de la revolte globale & la face
assassine de Big
Brother
SERGE QUADRUPPANI
Un air de carnaval & de revolution
JOHN JORDAN & JENNIFER WHITNEY
Critique des "Mc Protests"
NAOMI KLEIN
De nouvelles cibles
MICHAEL ALBERT
La guerre de l'eau (Bolivie, 1999-2001)
FRANCK POUPEAU
Il arrive que les mouvements de contestation
les plus implantes dans une population restent les plus ignores des medias
et des reseaux militants. C'est le cas de la "guerra del agua", qui a eu
lieu a Cochabamba de janvier a septembre 2000. Moins romantique et mediatisee
que les guerillas centramericaines, elle incarne pourtant une forme de
contestation dont pourraient s'inspirer bien des mouvements de resistance
au liberalisme : elle est, a ce jour, la seule lutte qui ait fait reculer,
sur le terrain,
les forces neoliberales ; et elle s'est accompagnee de pratiques radicalement
democratiques dans la mise en place d'une gestion participative de l'eau.
La recuperation de la contestation par les medias
SERGE HALIMI & PIERRE RIMBERT
Les groupes contestataires (partis, associations,
collectifs ou syndicats) agissent le plus souvent comme si leur rapport
aux medias allait de soi : ils pensent se servir des grands moyens de communication
sans s'y asservir. Le danger que les "medias dominants", c'est-a-dire les
"faiseurs d'opinion", font peser sur les mouvements contestataires
est analyse au travers de l'exemple de ce que les journalistes appellent
le "mouvement anti-mondialisation", et plus precisement de l'association
ATTAC.
L'espace public comme construction journalistique. Les auteurs de
"tribunes" dans la presse ecrite
LOUIS PINTO
Parmi les transformations recentes qui ont
contribue a modifier la physionomie de la presse, que ce soit dans son
contenu, son style ou encore ses fonctions, une des plus remarquables est
l'essor de la "tribune". Intermediaire entre courrier des lecteurs, articles
d'information elabores par les journalistes de metier et ecrits d'expert,
ce genre est cense favoriser des traits qui manquent habituellement a la
simple relation des faits. Son statut d'exception est propre a rassurer
les journalistes : ils
sont justifies de ce qu'ils sont et ne sont pas, justifies de ne pas
appartenir a un groupe dont les deficiences sont attestees par celui qui,
par ses defis de "geneur", est capable de "deranger" les doctes et les
doctrinaires.
Marcel Mauss, le don & la revolution
FRANCOIS ATHANE
L'amnesie des conditions sociales de production
du discours scientifique, qui accompagne souvent la citation des auteurs
consacres, a pour effet d'evacuer le contenu politique de leurs textes.
Elle contribue ainsi a entretenir la separation entre preoccupations politiques
et recherches en sciences sociales, alimentant aussi bien l'anti-intellectualisme
de l'action militante que le mepris pratique de la reflexion savante. De
sorte que les engagements politiques de Durkheim, de Weber ou de Mauss
ne sont souvent evoques que sur un mode allusif sans etre investis dans
l'analyse des textes.
La sociologie dans les luttes. De la situation coloniale a l'imperialisme
neoliberal, FRANCK POUPEAU & THIERRY DISCEPOLO
Les textes "politiques" ou "critiques" de
Pierre Bourdieu retenus ici tiennent avant tout de la mise en situation
: invitation a la lecture d'une oeuvre souvent neutralisee et rendue inaccessible
par ses conditions academiques de reception ; rassemblement d'analyses,
d'entretiens et de textes de circonstance, ecrits souvent mineurs qui se
retrouvent parfois dans les livres sous une forme plus elaboree, plus "savante".
Il s'agit de montrer, a travers les etapes de l'itineraire du sociologue,
replace dans son contexte historique, une articulation certaine entre recherche
scientifique et intervention politique.
PIERRE BOURDIEU - "Les sous-proletaires algeriens" - "Sartre, l'invention de l'intellectuel total" - "Incorrigiblement optimiste"
De la societe ouverte a la societe concrete
JACQUES BOUVERESSE
Le chemin qui mene du dieu ou de la bete Etat
a l'Etat humain, s'il y en a un, passe necessairement par la notion de
pouvoir local. Il faut naturellement se garder de transformer a nouveau
cette idee en un fetiche et admettre qu'elle devra, comme n'importe
quelle autre, faire ses preuves. Mais il est indispensable de lui donner
la possibilite et les moyens reels de les faire. "Les idees montrent en
fin de compte a l'avenir non pas le chemin, mais seulement la direction
; elles sont des filets qui sont jetes sur le futur pour attraper quelque
chose et qui sont toujours en partie et jamais entierement dechires par
lui."
Questions aux "defenseurs des droits de l'homme"
JEAN BRICMONT
Les evenements du 11 septembre 2001 sont suffisamment
graves pour qu'ils nous conduisent a nous poser des questions de fond.
Ainsi le tournant pris vers la fin des annees 1970 par la plupart des mouvements
de gauche ; tournant qui a consiste a remplacer la lutte pour des objectifs
socio-politiques tels que le socialisme (entendu sous une forme ou une
autre) par celle en faveur des droits de l'homme et de la democratie. Ce
tournant a amene, in fine, beaucoup d'intellectuels et d'organisations
de gauche a soutenir ou a s'opposer tres mollement a la guerre de l'OTAN
contre la Yougoslavie.
Les "secrets" de Wittgenstein. Notes sur quelques "revelations" faites
au grand public francais en commemoration du 50e anniversaire de sa mort
THIERRY DISCEPOLO
Au milieu du tourbillon editorial qui entoura
l'an dernier le cinquantenaire de la mort du philosophe Ludwig Wittgenstein
paraissait un tout petit livre au titre accrocheur : Carnets secrets. De
quels "secrets" ces cahiers sont-ils donc tisses ? De quels propos sont-ils
remplis ? de quelles reflexions heterodoxes ? Quels rapports ce journal
entretient-il avec l'oeuvre du philosophe ? L'introduction ne nous en dit
pas grand choseŠ Le present texte et le suivant ont pour objet de repondre
a ces
questions.
Le courage d'etre. Introduction aux "Carnets secrets 1914-1916" de Ludwig
Wittgenstein
ALDO G. GARGANI
(Traduit de l'italien par Patricia Farazzi)
On nous a appris a nous representer l'auteur
d'une oeuvre philosophique en le separant de sa biographie. Au milieu,
entre les deux moities dont est artificiellement composee cette meme personne,
surgirait l'oeuvre theorique, comme une structure autonome et independante.
Pourtant les Carnets secrets de Wittgenstein font voler en eclats cette
image fictive dont nous avons longtemps ete prisonniers.
Le refus de parvenir. Cette fusion entre l'idee de civilisation &
l'idee de
revolution
MARCEL MARTINET
John Dewey, homme d'action
ALFRED ROSMERT
("Resister aux sirenes du mensonge d'Etat", avant-propos de Charles
Jacquier)
Leon Blum, les grandes illusions,
BORIS SOUVARINE
("En desespoir de cause", avant-propos de Charles Jacquier)
http://atheles.org/agone
Prix : 22 euros
ISBN : 2-910846-58-X
AGONE Philosophie , Critique & Littérature
numéro 25, 2001
Dans notre précipitation à lier médecine et génétique, nous perdons de vue les autres possibilités d'améliorer la santé publique : approche sociale de la santé, analyse des causes de décès, etc. Les différences de structure sociale, les habitudes de vie et l'environnement comptent pour beaucoup plus dans les maladies que les différences génétiques. Voilà le genre d'information qu'il est nécessaire de faire partager le plus largement pour résister à l'assaut du « tout génétique ».
La génétique va révolutionner la médecine, nous dit-on, et il faut se préparer à cette perspective inéluctable au bénéfice de tout un chacun. Ne doit-on pas plutôt se demander s'il est fondé de vouloir imposer une telle médecine quand il n'y a pas de gènes majeurs dans les maladies communes et que nombre de tests seront inutiles et mal interprétés. Alors que les marchands de tests poussent les feux pour s'imposer, des données de plus en plus nombreuses montrent que, très souvent, les facteurs génétiques jouent un tout petit rôle.
Laurent Dianoux
7. Lettre d’un lecteur d’aujourd’hui à l’éditeur de
la Fackel, Jacques Bouveresse
Il subsiste bien, encore aujourd’hui, quelques esprits chagrins et
attardés, en particulier des sociologues, des critiques sociaux
et culturels, des moralistes et même des philosophes apparemment
sérieux, qui partagent assez largement, souvent sans le savoir,
votre point de vue sur le monde actuel. Mais chacun sait que le journalisme
ne possède en aucune façon le genre d’unité, d’homogénéité,
de docilité, de conformisme et encore moins de perversité
que les théories qui restent, comme la vôtre, inspirées
par la vieille idée de la conspiration ont tendance à lui
attribuer.
21. La nouvelle censure, Serge Halimi
Quand les manipulations de l’information sont habituelles, quand des
fabricants d’armes diffusent la morale du jour, quand l’espace public,
déjà endeuillé par les privatisations, est envahi
par le fracas publicitaire et boursier, quand de « grands »
journalistes ne rêvent que de faire équipe avec les maîtres
de la planète – lesquels sont aussi les maîtres des médias
–, et quand tout cela se fait au nom de la liberté, comment ne pas
partager un instant le sentiment de Karl Kraus qu’appliquée à
la
presse la « liberté » vaut à peine mieux
que la censure ?
25. Invitation à la trahison. Avant-propos à Les Chiens
ont soif. Critiques & propositions libertaires suspendues à
l’air du temps Normand Baillargeon
Aux intellectuels sont consentis des loisirs et des privilèges
si considérables qu’ils leur permettraient, s’ils le voulaient,
de contribuer à ce que soit connue la vérité sur certaines
questions d’une grande importance. On devrait donc attendre des intellectuels
qu’ils rendent compte de ce qu’ils ont compris de notre société
et qu’ils le fassent entendre aux prin-cipaux concernés en s’exprimant
de manière à être entendu. Je soutiens que c’est trop
souvent le contraire qui se produit. Les intellectuels servent plus volontiers
les pouvoirs qui oppressent qu’ils ne les énoncent et, loin de la
combattre, ils contribuent à la propagande des maîtres. Pire
encore, il arrive qu’ils soient les premiers destructeurs des outils de
libération auxquels ils ont un accès privilégié
: les faits, la raison, la vérité, la clarté, l’éducation,
etc.
39. Lettre ouvertes à mes collègues bibliothécaires
vautrés dans la médiologie, Nicolas Morin
Régis Debray relève, dans l’évolution de nos outils,
la victoire du petit sur le grand, qu’il résume d’une formule, «
less is more ». Il attribue cette formule aux architectes Mies van
der Rohe et Adolf Loos. Évidement, je ne suis pas architecte, mais
il me semble que ces derniers seraient fort surpris d’apprendre qu’ils
avaient
voulu dire par là que le petit doit primer sur le grand. Car il
s’agissait plutôt d’un principe tant d’économie esthétique
que d’honnêteté intellectuelle : « less decoration,
more functionality », moins de fioritures de style, plus d’efficacité,
c’est-à-dire exactement l’inverse de ce que pratique Régis
Debray.
51. Effets pervers des politiques d’aide humanitaire, Arnaud Quemin
L’aide humanitaire permet aux États qui la financent de répondre
aux attentes de leurs opinions publiques, de fournir des raisons de participer
à des situations éloignées de leurs zones immédiates
d’influence, d’assurer leur emprise sur le déroulement d’événements
ne relevant pas de leur pouvoir et de donner un fond de moralité
à des actions qui en ont be-soin. Si, pour une raison ou une autre,
une crise humanitaire ne peut ré-pondre à au moins l’une
de ces quatre finalités, elle a toutes les chances de ne bénéficier
que d’un financement marginal et inférieur à ses besoins
réels et de s’ajouter à la liste des « crises oubliées
de l’humanitaire ».
67. L’ethnologue organique de la migration algérienne, Pierre
Bourdieu & Loïc Wacquant
En tant qu’ethnologue organique de la migration algérienne,
observa-teur- témoin du drame silencieux de l’exode massif des paysans
berbères de Kabylie vers les bas-fonds industriels de leur ancien
maître colonial, Abdelmalek Sayad nous offre la figure exemplaire
du sociologue en « écrivain public » qui enregistre
et diffuse la parole de ceux qui en sont le plus cruellement dépossédés
par le poids écrasant de la subordination impérialiste et
de la domination de classe, sans jamais s’instituer en porte-parole, sans
jamais s’autoriser de la parole donnée pour donner des leçons,
si ce n’est des leçons d’intégrité ethnologique, de
rigueur scientifique et de courage civique.
79. Sciences du vivant & marché : du cognitif aux applications
Le cas de la génétique humaine, Laurent Dianoux (Précédé
de la Charte de l’association Génétique et Liberté)
La biologie a connu de grands bouleversements ces vingt-cinq dernières
années grâce au développement des nouveaux outils de
la biologie mo-léculaire et du génie génétique.
Elle est devenue un phénomène scientifico-industriel de première
importance car ses répercussions concernent aussi bien la recherche
de base que ses applications, l’impact sur la so-ciété, les
conséquences pour les individus, la conception des régulations
sociales. Ce développement s’accompagne toutefois de la présentation
de progrès, réels ou supposés, qui sont tout simplement
des manipula-tions médiatico-scientifiques.
103. Santé publique, environnement & aliments transgéniques.
Extrait de La Guerre au vivant (J.-P. Berlan, dir.), Michael Hansen
(Précédé de la Charte d’adhésion du Collectif
Alerte Santé)
Pour les biotechniciens, le vivant apparaît comme un mécano
fascinant qu’ils peuvent bricoler à loisir. Pour les « investisseurs
», l’enjeu est celui du retour sur investissement. La conjonction
des deux ne justifie pas de foncer dans l’agriculture transgénique
car notre connaissances des conséquences est bien limitée,
pour ne pas dire inexistante. La brève revue des nuisances potentielles
que révèlent les travaux scientifiques ré-cents montre
que la plus grande prudence est d’autant plus de mise que les bénéfices
seront, de toute évidence, bien mal partagés. Dans l’état
ac-tuel de l’incertide scientifique, l’alimentation transgénique
ne répond qu’à l’urgence du retour sur investissement de
quelques transnationales.
123. La panique aux commandes.Tout ce que vous devez savoir de la
mondilisation économique (extrait), Robin Hahnel Traduit de l’anglais
par Mickey Gaboriaud
Parmi les systèmes économiques, le capitalisme fait figure
de patient maniaco-dépressif. L’exubérance, l’optimisme débridé
et l’euphorie – suivis par la mélancolie, l’apathie et la dépression
– sont ses états naturels. Quel que soit le nombre de fois où
le cycle se répète, le patient croit à chaque fois
que le dernier « boom » sera éternel et se retrouve
comme un imbécile lorsque la bulle éclate. De la même
façon, quel que soit le nombre de fois où le patient rechute,
le « centre psychiatrique » écono-mique finit toujours
par céder à ses supplications et le laisse suspendre la thérapie
pendant les moments d’euphorie, libérant son économie exubé-rante
pour finalement s’apercevoir, une fois de plus, que le patient doit recommencer
à prendre ses cachets lorsqu’il s’effondre faute de soins.
131. À but non lucratif. Cent ans de liberté d’association,
PIERRE WALDECK-ROUSSEAU, Chambre des députés, 11 février
1882
ARTHUR GROUSSIER, Chambre des députés, 4 février
1901
CHARLES GRAS, Chambre des députés, 28 février
1901
Société civile & libéralismes, Jérôme
Pellissier
Aux actes… Françoise Vanni
Une vie de militante, Claudette Rosell
L’État à double figure, « animateur » côté
nation, où il se désiste de son ancien rôle de régulateur
économique au « profit » des associations, reste, côté
monde, « stratège » et « pilote ». Conscient
que s’y décident les grandes orientations des prochaines décennies,
il souhaite rester maître d’une souveraineté qui pourtant,
même là, lui échappe de plus en plus nettement. Dans
cette situation, l’État « animateur » serait simple-ment
conduit, à l’intérieur des cadres nationaux, à convaincre
du bien-fondé des décisions supranationales, à accomplir
quelques fonctions administratives et redistributives minimales, à
« accompagner » les ani-mations associatives, ainsi qu’à
maintenir la paix sociale et à assurer l’ordre et la justice. Dans
cette situation néanmoins, l’État, d’« a n i m a-t
e u r », risque de devenir rapidement « pénal ».
HISTOIRE RADICALE
149. Signification historique de la barbarie stalinienne, Maximilien
Rubel.
Avant-propos de Bruno David, « Pour penser contre un présent
d’oppression »
161 . Âmes mortes au XXe siècle. Le parti socialiste-communiste
unifié & le sort de Zensl Müsham, Margarete Buber-Neumann.
Avant-propos de Charles Jacquier, « Errance mortelle des militants
anti-fascistes en U R S S »
171 . Marinus Van der Lubbe ou Le mythe dans l’histoire, Paul Barton.
Avant-propos de Charles Jacquier, « Pour maintenir vivante une
perspective libératrice »
AGONE Philosophie , Critique & Littérature
numéro 24, 2000
192 pages / format 15 x 21 cm / ISBN 2-910846-41-5
NÉCROTECHNOLOGIES dites sciences de la vie ou
biotechnologies
L’économie politique du profit impose à la biologie appliquée
à l’agriculture de dépouiller les plantes et les animaux
de la faculté la plus fondamentale des êtres vivants, se re-produire
et se multiplier. Elle lui impose de faire un vivant en quelque sorte stérile
— c’est-à-dire mort. Les transnationales des " sciences de la vie
" sont toutes des entreprises agrochimiques. Elles produisent des pesticides,
des fongicides, des bactéricides, des herbicides, des gamétocides.
Leur culture " biologique " est en réalité une culture mortifère.
Jean-Pierre Berlan
7. Quand la gauche essayait, Serge Halimi
La tentation récurrente des socialistes de dénier
une capitulation que chacun observe suggère que l’idéal capitaliste,
le repli individualiste, la privatisation des entreprises et des têtes
demeurent en France moins assurés qu’ailleurs – novembre-décembre
1995, ce n’est pas si loin. […] Et puisque « nous voici condamnés
à vivre dans le monde où nous vivons » , pourquoi ne
pas dorénavant se satisfaire de soulager çà ou là
quelques petites misères grâce à l’admirable dévouement
d’une poignée de bénévoles et à la bonté
médiatisée d’un quarteron de mécènes ? Sans
jamais plus céder à l’antique « tentation totalitaire
» : extirper les racines de l’injustice.
17. La prison comme substitut du ghetto : la nouvelle «
institution particulière » de l’Amérique Loïc
Wacquant
L’originalité du système carcéral américain
actuel tient à ceci que, à la différence de l’ esclavage,
du système de Jim Crow et du ghetto du milieu de siècle,
il ne remplit aucune fonction économique positive de recrutement
et de discipline de la main-d’oeuvre : il ne sert qu’à entreposer
les fractions précarisées et déprolétarisées
de la classe ouvrière noire, soit qu’elles ne trouvent pas de travail
en raison d’un déficit de qualification (causé par la banqueroute
du système scolaire public), de la discrimination à l’embauche
et de la concurrence des immigrés, soit qu’elles refusent de se
soumettre à l’indignité des emplois sous-qualifiés
et sous-payés des secteurs périphériques de l’économie
de services – que les habitants du ghetto qualifient d’ailleurs communément
de « boulots d’esclaves » (slave jobs).
35. Le capitalisme comme panacée & la droite extrême
comme anxiolytique. Petite analyse des relations entre racisme & capita-lisme
en Europe germanophone Lothar Baier
Traduit de l’allemand par Henri Christophe
Le capitalisme serait une force par essence anti-autoritaire
démontant le « principe du chef »… Afin d’étayer
cette thèse sidérante, on nous assène une étrange
leçon d’histoire qui en dit long sur la carence d’explication des
néo-libéraux lorsqu’ils se trouvent face à certaines
réalités historiques. Les dictatures se sont répandues
« exclusivement dans des pays pré-modernes » ; elles
n’ont jamais eu la moindre chance aux États-Unis ou en Angleterre.
Allemagne, Espagne, Portugal et Italie n’auraient pas résisté
aux dictatures car ils « n’étaient pas encore assez modernes,
c’est-à-dire pas encore parfaitement formés au capitalisme
». L’Allemagne des années 1920, un pays « pré-moderne
» ? !… Et la France pétainiste ?
43. Liaisons dangereuses entre institutions & milieux d’affaires
européens.
Avant-propos Susan George
47. L’Europe des grandes firmes Observatoire de l’Europe industrielle
Traduit de l’anglais par Mickey Gaboriaud
Les multinationales, qui agissent aussi bien individuellement
qu’au sein de divers lobbies, sont devenues d’importants partenaires politiques
dans le processus de prise de décision de l’Union européenne.
Au cours des quinze dernières années, avec la réalisation
du Marché unique, l’adoption de la monnaie unique et l’accroissement
du pouvoir de ses institutions, l’unification européenne est passée
à la vitesse supérieure. Ce processus s’est accéléré
sous la pression des lobbies représentant les plus importantes entreprises
européennes. Voici un aperçu général de quelques-unes
des firmes les plus influentes à Bruxelles et une analyse de certaines
des situations dans lesquelles la politique européenne a été
(dé)formée par les manoeuvres industrielles.
67. Quels nouveaux objectifs pour l’Union européenne
? Jean-Philippe Melchior
Alors que la destruction des régulations nationales jugées
nuisibles à l’unification du continent est bien avancée,
il s’agit de savoir si l’Union va poursuivre son évolution, à
l’aune d’un renoncement durable du politique, pour le seul profit des grandes
multinationales européennes ou si, au contraire, va émerger
une volonté commune pour construire de nouvelles régulations
valables cette fois au niveau européen. Jusqu’à présent,
le décalage entre le niveau élevé d’intégration
économique atteint par l’Union européenne et l’édification
politique et sociale de celle-ci est resté très important.
Le maintien de ce décalage paraît difficilement envisageable
à l’heure de l’élargissement de l’Union à l’Est et
au Sud européens.
87. Petite histoire & brûlante actualité de
l’austro-fascisme. Préface d’Hanna & Karl. Monologues autrichiens
de Franz Innerhofer, Carl Merz & Helmut Qualtinger Lothar Baier
Il semble que l’heure soit au dialogue, après des siècles
de conflit et de séparation, entre science et foi, ou science et
théologie. Le « positivisme » n’est plus de mise en
philosophie, la science, postquantique et postgödelienne, s’est faite
modeste ; les théologiens se sont mis à l’écoute de
la science, qu’ils ont renoncée à contredire ou à
régenter. Tout ne va-t-il pas pour le mieux dans le meilleur des
mondes ? Non. Je vais plaider une thèse qui va à l’encontre
de cette tendance et montrer que, si elles sont bien comprises, la démarche
scientifique et la démarche religieuse sont en fait inconciliables.
101. La guerre au vivant (suivi des déclarations de
René Riesel & des Chercheurs dans la nuit sur la culture des
OGM) Jean-Pierre Berlan
La biologie moderne et ses biotechnologies relèvent plus
de la spéculation financière caractéristique de notre
époque que d’une science qui a perdu jusqu’au souvenir qu’elle avait
pu se ranger sous la bannière de la vérité, de la
liberté, de l’objectivité, du désintéressement
et de l’émancipation. Depuis que la première « chimère
» génétique ouvrit en 1973 la boîte de Pandore
de l’instrumentalisation du vivant, cette biologie-là s’attache
à capitaliser les profits futurs. Le profit étant dans les
gènes, la vérité scientifique s’y trouve aussi. Notre
livre s’efforcera de répondre aux préoccupations du mouvement
de résistance aux mystifications techno-scientifiques de la biologie
marchande.
115. La modestie, la rigueur & l’ironie. Remarques à
propos de Prodiges et vertiges de l’analogie, de Jacques Bouveresse Jean
Bricmont & Alan Sokal
Lorsque nous avons écrit notre livre dénonçant
l’usage grossièrement abusif des concepts scientifiques par bon
nombre d’intellectuels philosophico-littéraires français
de premier plan, nous nous sentions comme des étrangers. C’est donc
avec grand plaisir que nous lisons la défense vigoureuse de nos
idées par Jacques Bouveresse. Nous n’avons pas été
surpris par sa sévérité, comme sur la question de
l’honnêteté : pas seulement à propos d’auteurs que
nous avions critiqués, mais aussi à propos de leurs nombreux
défenseurs dans les médias français – en particulier
dans L e Monde des livres. Alors que nous ne nous prononçons pas
sur le fait de savoir si leurs textes sont le fruit de la malhonnêteté
ou de l’incompétence la plus grossière, Bouveresse est tenté
de répondre : « les deux ».
123. Actualité d’un anniversaire.
La crise de l’Octobre 1970 québécois Jean-François
Nadeau
Journées d’octobre au Québec Francis Simard
Manifeste d’octobre 1970 Front de libération du Québec
Sur la crise d’octobre 1970. Entretien avec… Jean-Paul Sartre
Il y a quarante ans, à une époque de rapides changements
sociaux et politiques, les Québécois ont plus que jamais
pris conscience d’eux-mêmes. De nombreux jeunes gens commencèrent
à militer. Mais il sembla à certains que la lutte au sein
de partis à l’architecture traditionnelle ne menait nulle part.
Ces partis, jugeaient-ils alors, ne peuvent que servir le jeu du pouvoir
en place. À partir de 1963, plusieurs ont rejoint l’action clandestine
au sein du Front de libération du Québec. Ses membres se
jetèrent à la gorge de l’impérialisme sous toutes
ses formes : bombe contre des symboles coloniaux ou attaques d’institutions
du capitalisme. Ces actions donnèrent lieu à de formidables
chasses à l’homme et à des procès retentissants…
HISTOIRE RADICALE
153. Retour sur une présence en Espagne : George Orwell
& la guerre civile. « J’ai été témoin à
Barcelone », par George Orwell.
165. Arguments anciens pour instruire toute participation déclinante
aux élections, présentation de Charles Jacquier « La
grève des électeurs », par Octave Mirbeau « Aux
électeurs », par Zo d’Axa.
177. Documents pour prévenir les amnésies. Pièces
à conviction : Heinen & Aragon. « Pour qu’on ne sache
pas» suivi de «Défense ou déchéance de
la culture », par George Henein.
Sommaires des anciens numéros (site de la revue).
Sommaire du n° 23.
Sommaire.
D’où vient que, durant près d’un siècle (dont une bonne partie du nôtre), alors que la curiosité ethnologique n’a fait que croître, on ne se soit pas inquiété de savoir si les peuples dits « primitifs » (ou anciens) croyaient véritablement en leur magie, leur mythes ou leurs rites ? D’où vient que l’on se soit intéressé aux symboles et aux représentations, au détriment des usages, et que l’on ait fini par confondre les uns et les autres ?
7. À l’ombre des mentalités
primitives. Éditorial, Jacques Vialle.
11. Remarques sur Le Rameau d’Or
de Frazer, Ludwig Wittgenstein
La manière dont Frazer expose
les conceptions magiques et religieuses des hommes n’est pas satisfaisante
: elle fait apparaître ces conceptions comme des erreurs.
Ainsi donc saint Augustin était
dans l’erreur lorsqu’il invoque Dieu à chaque page des Confessions
?
Mais – peut-on dire – s’il n’était
pas dans l’erreur, le saint bouddhiste ou n’importe quel autre l’était
tout de même, lui dont la religion exprime de tout autres conceptions.
Mais aucun d’entre eux n’était dans l’erreur, excepté là
où il mettait en place une théorie.
33. Wittgenstein critique de
Frazer, Jacques Bouveresse
L’erreur fondamentale qu’a commise
Frazer est de la même nature que celle que nous commettons la plupart
du temps en philosophie. Nous nous méprenons sur la nature exacte
du problème qu’il s’agit de résoudre et nous croyons à
tort qu’il doit être résolu par l’invention d’une explication
ou d’une théorie, avec un risque de désillusion comme celui
de découvrir que les théories et les explications philosophiques
ne résolvent finalement pas du tout les perplexités philosophiques.
Wittgenstein soutient qu’il ne devrait en principe rien y avoir d’hypothétique
dans les considérations du philosophe ; et la raison en est que,
là encore, une hypothèse ne peut procurer à l’esprit
le genre d’apaisement qu’il recherche.
55. L’interprétation &
l’interprète. À propos des choses de la religion. Paul Veyne
Le stoïcisme ou la croyance
en un Paradis soulagent-ils un condamné à mort ? Un peu,
sans doute. Une amulette rassure-t-elle vraiment son port e u r ? Un peu.
Langage médiocre et obscur, assurément : « un peu »
n’est pas un vocable à dignité scientifique ou philosophique.
Et pourtant l’expérience et l’action de chacun ne sont faits que
d’innombrables « un peu » .
89. Comment se fixe la croyance,
Charles-Sanders Peirce
Certainement, l’homme est, somme
toute, un être logique ; mais il ne l’est pas complètement.
Par exemple, nous sommes pour la plupart portés à la confiance
et à l’espoir, plus que la logique ne nous y autoriserait. Nous
semblons faits de telle sorte que, en l’absence de tout fait sur lequel
nous appuyer, nous sommes heureux et satisfaits de nous-mêmes ; en
sorte que l’expérience a pour effet de contre dire sans cesse nos
espérances et nos aspirations. Cependant l’application de ce correctif
durant toute une vie ne déracine pas ordinairement cette disposition
à la confiance. Quand l’espoir n’est entamé par aucune expérience,
il est vraisemblable que cet optimisme est extravagant.
109. Les prisons de l’esprit,
Henri Broch
La science et la culture sont au
centre de l’homme moderne. Voilà pourquoi, au-delà des difficultés
qui peuvent exister, un scientifique, citoyen impliqué dans la société
dans laquelle il vit, peut et doit soulever les problèmes posés
par le développement des pseudosciences et des croyances. Il est
d’autant plus important que cela se fasse que la science est, par définition,
ce qui gêne les dogmatiques. Le rôle de citoyen du scientifique
prend donc un sens particulier et s’élargit au-delà de la
simple sphère du « paranormal » et son action dans la
res-publica, par essence même politique, peut aider à mettre
en évidence que croyances et paranormal sont intrinsèquement
opposés à l’homme.
131. Science & religion :
l’irréductible antagonisme, Jean Bricmont
Il semble que l’heure soit au dialogue,
après des siècles de conflit et de séparation, entre
science et foi, ou science et théologie.
Le « positivisme » n’est
plus de mise en philosophie, la science, postquantique et postgödelienne,
s’est faite modeste ; les théologiens se sont mis à l’écoute
de la science, qu’ils ont renoncée à contredire ou à
régenter. Tout ne va-t-il pas pour le mieux dans le meilleur des
mondes ? Non. Je vais plaider une thèse qui va à l’encontre
de cette tendance et montrer que, si elles sont bien comprises, la démarche
scientifique et la démarche religieuse sont en fait inconciliables.
MARGINALIA
171. « Une vision très
sélective de l’histoire. Mise à l’épreuve de la “nouvelle
doctrine” », par Noam Chomsky. Traduit de l’anglais par Frédéric
Cotton
183. « Témoignage sur l’insurrection viennoise de 1934 », par Julius D i c k m a n n. Introduit par Bouris Souvarine Avant-propos de Charles Jacquier
189. « Julien Benda & la justice abstraite », Jean Malaquais Avant-propos de Charles Jacquier
205. « A scholarship with committment.
Pour un savoir engagé », par Pierre Bourdieu
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Jean-Jacques Delfour j.jacques.delfour@ac-toulouse.fr |