Analyse et philosophie
Pierre Livet (éd.), De la perception à
l’action Contenus perceptifs et perception de l’action, 2000.
Bertrand Saint-Sernin, Whitehead. Un univers
en essai, 2000.
Annales de l’Université Libre de Bruxelles
Gilbert hottois (éd.), Philosophie et
science fiction, 2000.
Bernard Bourgeois, L’idéalisme allemand.
Alternatives et progrès, 2000.
Bibliothèque d’histoire de la philosophie
Werner Beierwaltes, Platonisme et idéalisme,
2000.
Bruce Bégout, La généalogie
de la logique Husserl, l’antéprédicatif et le catégorial,
2000.
Luc Brisson, Lectures de Platon, 2000.
André Clair, Métaphysique et existence.
Essai sur la philosophie de Lequier, 2000.
François Dagognet et Pierre Osmo (éd.), Autour
de Hegel. Hommage à Bernard Bourgeois, 2000.
Monique Dixsaut, Platon et la question de la
pensée. Études platoniciennes I, 2000.
Marie-Odile Goulet-Cazé (dir.), Le
commentaire entre tradition et innovation, 2000.
Simone Goyard-Fabre et Jean Ferrari (dir.), L’année
1797. Kant. La métaphysique des mœurs, 2000.
Jean Greisch, Le cogito herméneutique.
L’herméneutique philosophique et l’héritage cartésien,
2000.
Zbigniew Janowski, Index augustino-cartésien.
Textes et commentaire, 2000.
George Briscoe Kerferd, Le mouvement sophistique,
2000.
Annick Stevens, L’ontologie d’Aristote au carrefour
du logique et du réel, 2000.
Isabelle Thomas-Fogiel, Critique de la représentation.
Étude sur Fichte, 2000.
Bibliothèque thomiste
Jean-Pierre Torrell, Recherches thomasiennes.
Études revues et augmentées, 2000.
Philippe Vallin, Le prochain comme tierce personne
chez saint Thomas d’Aquin, 2000.
Contextes
Jean-Fabien Spitz, L’amour de l’égalité.
Essai sur la critique de l’égalitarisme républicain en France
1770-1830, 2000.
Ebauches
Sylvie Vanséveren (dir.), Modèles
linguistiques et idéologies : “Indo-européen”, 2000.
Figures illustres
Benoît Beyer de Ryke, Maître Eckhart
une mystique du détachement, 2000.
Histoire des doctrines de l’Antiquité classique
Jean-Baptiste Gourinat, La dialectique des stoïciens,
2000.
Histoire des idées et des doctrines
Simone Goyard-Fabre (dir.), L’État
moderne. Regards sur la pensée politique de l’Europe occidentale
entre 1715 et 1848, 2000.
Le temps philosophique
Ali Benmakhlouf (dir.), Alfred North Whitehead,
l’univers solidaire, 2000.
Geneviève Brykman (dir.), Ressemblance
et dissemblances dans l’empirisme britannique, 2000.
Annick Charles-Saget (dir.), Présences
grecques dans la pensée russe, 2000.
Les cahiers philosophiques de Strasbourg
Jean-François Pradeau (dir.), Plotin,
des principes, 2000.
Mathesis
Arpad Szabo, L’aube des mathématiques grecques,
2000.
Noésis
Robert Sasso (éd.), Vocabulaire de la philosophie
contemporaine de langue française, 2000.
Jean-François Mattéi (dir.), La
métaphysique d’Emmanuel Levinas, 2000.
Ousia
Vincent de Coorebyter, Sartre face à
la phénoménologie Autour de “l’intentionnalité” et
de “La transcendance de l’Ego”, 2000.
Lambros Couloubaritsis, La Physique d’Aristote
L’avènement de la science physique, 2000.
Études phénoménologiques,
Husserl,
lecteur de Brentano et de Frege, 2000.
Raphaël Gély, La genèse du sentir.
Essai sur Merleau-Ponty, 2000.
Mohammad Ilkhani, La philosophie de la création
chez Achard de Saint-Victor, 2000.
Problèmes et controverses
Marc Crépon, Le malin génie des
langues. Nietzsche, Heidegger, Rosenzweig, 2000.
Pascal Michon, Poétique d’une anti-anthropologie.
L’herméneutique de Gadamer, 2000.
Recueil
François Beets et Éric Gillet (dir.), Logique
en perspective. Mélanges offerts à Paul Gochet, 2000.
Augustin Berque (dir.), Logique du lieu et dépassement
de la modernité Volume I - Nishida : La mouvance philosophique,
2000.
Augustin Berque (dir.), Logique du lieu et dépassement
de la modernité Volume 2 - Du lieu nishidien vers d’autres mondes,
2000.
B. Feltz, M. Crommelinck et Ph. Goujon (dir.), Auto-organisation
et émergence dans les sciences de la vie, 2000.
Stefen Wesche et Véronique Zanetti (dir.), Dworkin.
Un débat. In der Diskussion. Debating Dworkin, 2000.
Sic et Non
Averroes, Commentaire moyen sur le De Interpretatione,
2000.
Textes et Commentaires
D’Alembert, Discours préliminaire de
l’Encyclopédie, 2000.
Friedrich H. Jacobi, David Hume et la croyance.
Idéalisme et réalisme, 2000.
Tradition de la pensée classique
Nestor Luis Cordero (dir.), Ontologie et dialogue.
Hommage à Pierre Aubenque, 2000.
Pierre Livet (éd.), De la perception à l’action Contenus
perceptifs et perception de l’action.
Avec des articles de R. Casati, F. Clementz, R. Cornu, J. Dokic, P.
Livet, E. Pacherie, J. Pelletier et J. Proust. Vrin. 2000. « Analyse
et philosophie ». 240 p.
Nos connaissances en neuropsychologie sur la perception, en particulier
sur la vision, se sont très fortement enrichies ces dernières
années. Mais la philosophie de la perception n’a pas été
en reste. Rompant avec la distinction reçue entre la perception
comme jugement et la perception comme sensation, elle demande si toute
perception n’exige pas l’articulation entre un référent et
un certain mode de présentation, et donc ne renferme pas un contenu
dont la nature perceptive ou conceptuelle est à examiner. Le présent
recueil s’interroge d’abord sur la validité de la notion de contenu
perceptif et sur la nécessité de distinguer entre voir une
chose, la voir sous tel aspect, et la voir comme ceci ou cela. Il étudie
ensuite comment nous pouvons voir les choses à distance de nous,
à travers le milieu aérien, ou encore comme une image. Enfin,
la vision n’étant pas séparable de la motricité, il
cherche à savoir si l’on voit des actions ou seulement des mouvements,
et compare la perception de l’observateur à celle de l’acteur.
Bertrand Saint-Sernin, Whitehead. Un univers en essai
Vrin. 2000. « Analyse et philosophie ». 208 p.
Whitehead est un énigme : mathématicien, logicien, il
est aussi un métaphysicien de première grandeur. Il a la
réputation d’être un auteur difficile. Ce n’est pas exact.
Il est imaginatif et logique : il met en œuvre, dans la construction d’une
philosophie de la nature, la liberté du mathématicien. Non
qu’il propose un utopie spéculative : il ne redoute rien tant que
d’échafauder un système. Il écoute l’univers. Il y
a chez lui le même dessein de revenir aux choses elles-mêmes
que dans la phénoménologie. Pourtant, l’esprit de l’entreprise
est tout autre. Pour Whitehead, le but de la pensée spéculative
est l’édification de la cosmologie. On ne peut donc pas penser l’univers
sans la médiation des sciences : le regard que nous posons sur la
réalité doit être originaire et instruit. En même
temps, ce qui se révèle, c’est un devenir créatif.
En nous et hors de nous, rien n’est fixe, immobile, durable. Il nous est
enjoint à la fois de naître et de périr, sans pourtant
sombrer dans le relativisme et le scepticisme. Lire Whitehead, c’est entrer
dans un univers en essai.
Bertrand Saint-Sernin, professeur émérite à l’Université
de Paris-Sorbonne, a été recteur d’Académie.
Gilbert hottois (éd.), Philosophie et science fiction
Vrin. 2000. « Annales de l’Université Libre de Bruxelles
». 160 p.
Les études philosophiques préparées puiseront
parmi les interrogations suivantes : qu’est-ce que ce concept hybride de
« science fiction »? Comment est-il ou non intelligible en
fonction de systèmes et de pratiques conceptuels élaborés
par des philosophes au cours de ce dernier siècle ou antérieurement?
Est-il plus aisément articulable par rapport aux courants postmodernes
ou techno et cyber-culturels? La SF contemporaine est-elle pensable dans
la continuité du genre utopique qui présente un certain nombre
de lettres de noblesse philosophique? Y a-t-il une résistance particulière
de la philosophie à la SF et peut-on l’expliquer? Quels rapports
entre SF et culture, entre SF et technoscience, entre SF et philosophie
de la technique? Quels rapports entre l’imaginaire SF et l’imaginaire mythologique
ou religieux?
Bernard Bourgeois, L’idéalisme allemand Alternatives et progrès
Vrin. 2000. « Bibliothèque d’histoire de la philosophie
». 320 p.
Kant, Fichte, Schelling et Hegel, philosophes aussi de l’histoire de
la philosophie, ont soumis celle-ci à un ordre intelligible de développement.
Chacun d’eux s’est alors employé à présenter ses prédecesseurs
comme des moments conduisant à lui-même, tout en soulignant
le saut de son surgissement comme auteur de la philosophie enfin parvenue
à sa vérité définitive. Mais cette commune
revendication les a amenés à s’opposer les uns aux autres.
Il faut alors marquer à la fois l’unité d’un progrès
de la problématique, qu’on appelle l’idéalisme allemand,
et les alternatives qui font se combattre les réponses apportées
à celle-là.
On a voulu, à travers les études rassemblées ici,
nourrir une telle double approche et interroger la philosophie allemande
sur les réponses qu’elle offre au sujet de la vie, de la beauté,
de la culture, du droit, de la politique, de l’histoire, de la religion
et de la philosophie elle-même.
Werner Beierwaltes, Platonisme et idéalisme
Trad. de l’Allemand par Marie-Christine Challiol-Gillet, Jean-François
Courtine et Pascal David. Postface inédite de l’auteur. Vrin. 2000.
« Bibliothèque d’histoire de la philosophie ». 256 p.
Le présent ouvrage est une enquête dont le style est la
marque de l’originalité d’une méthode herméneutique
qui s’attache à dégager des structures de pensée et
à confronter, au-delà d’une problématique étroite
de la « réception », des philosophèmes majeurs.Se
trouvent interrogées la problématique des noms divins et
du Nom exodique, de Philon d’Alexandrie à Maître Eckhart,
en passant par Augustin; la problématique plotinienne et néoplatonicienne
de l’Un, de la pensée et de la réflexivité constitutive
de la conscience de soi. Cela jette une lumière nouvelle sur l’approbation
du néoplatonisme par l’idéalisme allemand (Schelling et Hegel),
et éclaire en retour, avec la notion même de dialectique,
de négativité et de dialective négative, l’ensemble
de la problématique fondamentale de l’ontothéologie.
Werner Beierwaltes est né en 1931. Après avoir été
professeur à l’Université de Münster, il a achevé
sa carrière à l’Université de Münich où
il est professeur émérite.
Bruce Bégout, La généalogie de la logique Husserl,
l’antéprédicatif et le catégorial
Bruce Bégout, traducteur de Husserl est maître de conférences
à l’Université de Picardie. Vrin. 2000. « Bibliothèque
d’histoire de la philosophie ». 384 p.
li284Si le concept husserlien de passivité a fasciné
toute une génération de philosophes (Merleau-Ponty, Landgrebe,
Levinas, Henry), il a rarement fait l’objet d’une étude qui adopte
la perspective du fondateur de la phénoménologie. Husserl
considère que la passivité appartient sans reste à
la sphère de la constitution et qu’elle consolide par conséquent
son transcendantalisme. Loin d’être un domaine de sens irréductible
à la rationalité, elle représente même le fondement
des opérations de la pensée catégoriale. C’est en
son sein que doivent être cherchées les “sources” des formes
supérieures de la logique. Toute passive et préconsciente
qu’elle soit, l’expérience antéprédicative appartient
donc pour Husserl au sujet transcendantal.
Ce travail s’attache ainsi à montrer que la genèse du
catégorial à partir de l’expérience passive entre
dans le projet général de Husserl d’asseoir la phénoménologie
sur le socle originaire de l’expérience du monde.
Luc Brisson, Lectures de Platon
Vrin. 2000. « Bibliothèque d’histoire de la philosophie
». 272 p.
Les études ici réunies rendent compte de ce que furent
le contexte historique et littéraire de la rédaction des
dialogues platoniciens, puis de la manière dont leur auteur a choisi
de confronter sa philosophie à la mythologie, afin de mener une
enquête sur le monde, l’âme et la cité. Ces lectures
veulent prendre ainsi la mesure de ce qui nous éloigne aujourd’hui
de Platon, mais suggérer encore qu’une histoire de la philosophie
qui cherche à s’affranchir de l’anachronisme trace un chemin vers
la philosophie.
Luc Brisson, directeur de recherche au CNRS, est l’auteur de nombreux
travaux consacrés à la philosophie grecque et à la
religion dans l’Antiquité.
André Clair, Métaphysique et existence. Essai sur la philosophie
de Lequier
Vrin. 2000. « Bibliothèque d’histoire de la philosophie
». 192 p.
L’unique tâche philosophique de Lequier a consisté dans
la recherche d’une première vérité. Si une méthode
réflexive ne parvient jamais à établir définitivement
celle-ci et si la méthode dialectique se heurte sans fin aux apories,
spécialement celles de la nécessité et de la liberté,
une autre voie s’ouvre, celle du récit existentiel. Or cette voie,
loin de mettre en question la métaphysique, est plutôt celle
qui expose, sous une forme phénoménologique, comment la vérité
peut s’accomplir comme liberté dans l’histoire par laquelle un être
humain effectue son identité.
La pensée de Lequier, qui porte sur les actes les plus communs
de l’existence, examine d’une manière très classique les
principes métaphysiques. Ainsi au lieu que la métaphysique
et l’existence soient antagonistes et disjointes, c’est dans les situations
vécues qu’est reconnue, et même qu’est « faite »,
la première vérité sous la figure de la liberté.
André Clair est professeur à l’Université de Rennes
I. Ses publications portent principalement sur Kierkegaard et sur la philosophie
morale, juridique et politique.
François Dagognet et Pierre Osmo (éd.), Autour de Hegel.
Hommage à Bernard Bourgeois
Avec des articles de A. Baudart, M. Bienenstock, Cl. Cesa, J. D’Hondt,
F. Dagognet, A. Doz, F. Duque, G. Faraklas, Hans F. Fulda, F. Guibal, Y.-J.
Harder, P.-P. Horstmann, D. Janicaud, J.-F. Kervegan, M.-J. Konigson-Montain,
J. Lefranc, B. Longuennesse, C. Malabou, J.-M. Muglioni, Ph. Muller, P.
Osmo, H. Politis, L. Siep, D. Souche-Dagues, V. Verra. Vrin. 2000. «
Bibliothèque d’histoire de la philosophie ». 416 p.
Restituer toute la vitalité spéculative de l’idéalisme
allemand, si indispensable à l’actualité de la philosophie,
et dans cet esprit, faire à Hegel, en France, toute la place qui
lui revient : telle est la tâche à laquelle Bernard Bourgeois
s’est magistralement consacré, par ses traductions et ses commentaires.
La nécessité de rendre hommage à son œuvre se concrétise
donc, dans ce recueil, en tournant Autour de Hegel.
Que Hegel soit abordé en personne; qu’on le côtoie au
plus près de son centre, en traitant de Rousseau, Kant, Jacobi,
Fichte ou Schelling, ou sur des trajectoires parallèles, en évoquant
Comte ou Kierkegaard; qu’on fasse surgir, en allant à sa rensontre,
Socrate ou Aristote, et à l’autre extrême, Max Weber, Freud,
Pierce, James ou Gadamer, c’est bien l’universel du logos qui entre chaque
fois en scène avec la singularité hégélienne,
cela même que Bernard Bourgeois n’a eu de cesse de faire entendre.
Monique Dixsaut, Platon et la question de la pensée, Études
platoniciennes I
Vrin. 2000. « Bibliothèque d’histoire de la philosophie
». 320 p.
La plupart des études réunies ici s’efforcent d’expliquer
quelques passages des Dialogues. Le principe de lecture adopté est
qu’il ne s’agit pas seulement de résoudre les difficultés
liées à certaines thèses, mais de découvrir
l’unique question qui traverse et retourne toutes les autres, celle de
la pensée. Ce qui revient à dire que philosopher signifie
pour Platon inventer et conjuguer tous les moyens de penser mieux, de penser
plus, de s’assurer toujours de quoi penser, sans jamais disposer du critère
objectif qui permettrait de distinguer la pensée véritable
de tout ce qui est la négation ou n’en a que l’apparence. L’actualité
de la philosophie platonicienne réside sans doute au fond en cela
: nous rappeler inlassablement cette question que la pensée est,
doit être et doit rester pour elle-même.
Monique Dixsaut est professeur de philosophie antique à l’Université
de Paris I.
Marie-Odile Goulet-Cazé (dir.), Le commentaire entre tradition
et innovation
Publié sous la direction de M.-O. Goulet-Cazé, avec la
collaboration éditoriale de T. Dorandi, R. Goulet, H. Hugonnard-Roche,
A. Le Boulluec et E. Ornato. Vrin. 2000. « Bibliothèque d’histoire
de la philosophie ». 604 p.
Une bonne partie de la littérature universelle est une littérature
de commentaire. Cette constatation s’applique particulièrement à
la littérature antique et médiévale, fortement ancrée
dans la tradition grâce aux institutions scolaires. Situés
en fait au croisement de la tradition et de l’innovation, les textes exégétiques
s’attachent d’abod à comprendre et à expliquer la pensée
des maîtres qui font autorité, mais souvent ils essaient aussi
de la dépasser, si bien que la démarche du commentaire peut
aller de l’exégèse la plus littérale à l’interprétation
la plus allégorisante, de l’explication la plus traditionnelle au
commentaire le plus neuf.
L’objectif de ce recueil est de cerner sous tous ses aspects, dans
toutes ses composantes et toutes ses problématiques, la réalité
du commentaire depuis sa fabrication matérielle jusqu’à l’élabotration
de ses contenus spéculatifs, dans des aires culturelles multiples
: mondes grec, latin, hébraïque, arabe indien et à des
époques différentes : héllenistique, Empire romain,
Moyen Age et Renaissance
Simone Goyard-Fabre et Jean Ferrari (dir.), L’année 1797 Kant
La métaphysique des mœurs
Avec des articles de B. Bourgeois, J. Ferrari, S. Goyard-Fabre, G.
Lafrance, F. Marty, C. Piché, A. Renaut et P.-H. Tavoillot. Vrin.
2000. « Bibliothèque d’histoire de la philosophie ».
144 p.
li284Les œuvres de l’année 1797 sont loin de porter la marque
du vieillissement intellectuel de Kant; elles proposent même «
une ouverture pathétique sur l’horizon ultime de la philosophie
transcendantale » et attestent de la sorte leur remarquable continuité
avec les trois grandes Critiques qui lui ont précédées.
Ciselant une conception de la sagesse dont la richesse apporte à
l’idée de l’homme un éclairage éblouissant, Kant entend
bien, en 1797, parachever le « système émanant de la
raison » auquel il songe depuis trente années et, pour ce
faire, il s’attache tout particulièrement à montrer comment
la liberté, la vertu et la dignité font l’honneur de l’homme.
Jean Greisch, Le cogito herméneutique, L’herméneutique
philosophique et l’héritage cartésien
Vrin. 2000. « Bibliothèque d’histoire de la philosophie
». 280 p.
Cet ouvrage cherche à dépasser l’alternative : «
Ou bien Descartes, ou bien Vico », en poursuivant un triple objectif.
D’une part analyser la place que la phénoménologie herméneutique
occupe dans le nouveau paysage de la phénoménologie française,
caractérisé par des tentatives de refondation de l’idée
de phénoménologie (E. Levinas, M. Henry, M. Richir, J.-L.
Marion). D’autre part, réfléchir sur le concept d’interprétation
radicale en mettant en question la pertinence du « principe d’équité
» cher à Quine et Davidson.
Enfin, l’herméneutique ne doit pas seulement définir
son projet en référence à la « mort de Dieu
», la fin de « l’onto-théo-logie », etc. Cette
réflexion, étéyée par une relecture de l’article
de Kant, « Qu’appelle-t-on s’orienter dans la pensée? »,
définit une relation plus complexe à la tradition métaphysique
et débouche sur une nouvelle définition de l’idée
de transcendance.
Jean Greisch, Enseignant-Chercheur attaché au CNRS, est Directeur
de 3ème cycle à la Faculté de philosophie de l’Institut
Catholique de Paris.
Zbigniew Janowski, Index augustino-cartésien. Textes et commentaire
Vrin. 2000. « Bibliothèque d’histoire de la philosophie
». 176 p.
« Depuis le mythique Index scolastico-cartésien, qu’en
un geste vraiment inaugural Étienne Gilson a publié, on sait
non seulement que Descartes connaissait fort bien la tradition philosophique,
mais surtout que ses innovations ne peuvent nous devenir intelligibles
que par leur confrontation exacte avec les auteurs qu’il réfutait.
En fin connaisseur de l’époque cartésienne, mais aussi
de l’histoire de ses interprétations, Zbigniew Janowski a eu l’intuition
que Descartes avait directement lu, autant, voire plus que les thomistes,
saint Augustin. Avec une impressionnante érudition, une grande précision
critique aussi, Zbigniew Janowski livre une série de rapprochements
précis et prudents entre les textes canoniques de Descartes et certains
passages des œuvres majeures de saint Augustin. »
Jean-Luc Marion
Zbigniew Janowski enseigne à l’Université de King’s College,
Halifax.
George Briscoe Kerferd, Le mouvement sophistique
Traduit et présenté par Alonso Tordesillas et Didier
Bigou. Ouvrage traduit avec le concours du Centre National du Livre. Vrin.
2000. « Bibliothèque d’histoire de la philosophie ».
272 p.
Des sophistes, on sait qu’ils furent des professeurs indépendants
qui délivraient leur enseignement en échange d’un salaire,
des intellectuels qui marquèrent de leur influence les profondes
mutations de la société athénienne au cours de la
seconde moitié du cinquième siècle avant Jésus-Christ,
des penseurs que Platon et Aristote présentèrent comme des
charlatans, les confinant ainsi, pour longtemps, en marge de la philosophie.
Les sophistes sont des penseurs éminents qui se sont intéressés
au langage, à l’éducation, aux questions politiques et anthropologiques,
aux problèmes ontologiques, cosmologiques, épistémologiques,
théologiques, sociaux et éthiques. Les positions qu’adoptent
Platon sont une réponse aux interrogations philosophiques posées
par les sophistes.
Annick Stevens, L’ontologie d’Aristote au carrefour du logique et du
réel
Publié avec le concours de la Fondation Universitaire de Belgique
et de la Fondation Francqui. Vrin. 2000. « Bibliothèque d’histoire
de la philosophie ». 304 p.
Ce livre présente une investigation critique de la science générale
de l’être, instituée par Aristote au titre de la « science
de l’étant en tant qu’étant ». L’auteur met en lumière
ce qu’est l’être pour Aristote, ce que signifie précisément
le type d’unité de ses significations multiples, et quelles sont
les structures, principes et concepts épistémologiques par
lesquels le réel peut être expliqué dans son ensemble.
L’originalité aristotélicienne qui se révèle
dans son appréhension horizontale du réel, est à la
fois responsable de son naufrage historique dans l’océan dominant
des pensées hiérarchisantes, et de son renouveau axtrêmement
stimulant pour la pensée actuelle.
Annick Stevens est docteur en philosophie et vient de publier chez
Vrin une nouvelle traduction de La Physique d’Aristote.
Isabelle Thomas-Fogiel, Critique de la représentation. Étude
sur Fichte
Vrin. 2000. « Bibliothèque d’histoire de la philosophie
». 336 p.
La philosophie la plus contemporaine s’articule autour de la critique
de la représentation et dénonce dans la métaphysique
classique la volonté d’unir dans le seul concept de « représenter
» la multiplicité des dimensions de la pensée. L’idéalisme
allemand est l’un des autres moments de la crise de la représentation,
l’une des figures les plus radicales de sa critique. C’est, sur la base
d’une étude de la philosophie de Fichte, ce que cet ouvrage vise
à démontrer. En effet Fichte substitue à la pensée
comme représentation (Kant), la pensée comme acte, à
la notion de connaissance, celle de savoir, à la notion de figuration,
celle de réflexion.
Dépasser la dimension traditionnellement spéculaire de
la pensée et, pour ce faire, passer de la connaissance au savoir,
de la validité objective à la vérité réflexive,
de l’objectivation qui limite à la raison qui infinitise, tel est
donc le sens de cette philosophie qu’il devient loisible de comparer aux
figures les plus actuelles de la critique de la représentation.
Isabelle Thomas-Fogiel est maître de conférences à
l’Université de Paris I.
Jean-Pierre Torrell, Recherches thomasiennes. Études revues et
augmentées
Vrin. 2000. « Bibliothèque thomiste ». 384 p.
Les quatorze études ici rassemblées préparent,
accompagnent ou prolongent les divers ouvrages que l’auteur a déjà
publiés sur Thomas d’Aquin. On y trouve des textes qui donnent une
idée du travail d’édition critique toujours en cours à
la Commission léonine. Sept autres études sont consacrées
à divers aspects de la pensée théologique du docteur
médiéval : sa méthode, la manière dont ses
premiers disciples l’ont mise en œuvre, sa conception de la vision de Dieu
dans la béatitude, sa théorie de la science du Christ, son
commentaire sur le prophète Isaïe et son œuvre de prédicateur.
Enfin les cinq derniers textes invitent à découvrir d’autres
aspects peu connus de sa pensée.
Ce recueil se propose ainsi de mettre en relief ces autres facettes
de la personnalité du Maître d’Aquin.
Jean-Pierre Torrel, professeur émérite de théologie
dogmatique à l’Université de Fribourg (Suisse), est un spécialiste
des œuvres de Thomas d’Aquin.
Philippe Vallin, Le prochain comme tierce personne chez saint Thomas
d’Aquin
Vrin. 2000. « Bibliothèque thomiste ». 320 p.
« Présence de l’autre », « peur de l’autre
», « respect de l’autre » : le climat de la philosophie
contemporaine a favorisé le développement considérable
du fameux principe d’altérité, décliné en des
régions moins exigeantes de la pensée dans toutes les versions
imaginables, l’essentiel tenant à cette syllabe sonore, «
l’autre ». Or, la métaphysique chrétienne détenait
elle aussi un mot d’une ancienne et haute résonnance, le «
prochain ».
Thomas d’Aquin se révèle à l’examen comme le penseur
le plus original de la réalité mystérieuse du prochain.
Compris chez Thomas comme une tierce personne, le prochain ne sera
pas un médiateur qui s’interpose entre Dieu et la personne créée,
que Dieu veut atteindre immédiatement au cœur. La tierce personne
est celle en qui Dieu à proximité se propose.
Philippe Vallin est professeur de théologie dogmatique à
Nancy.
Jean-Fabien Spitz, L’amour de l’égalité. Essai sur la
critique de l’égalitarisme républicain en France 1770-1830
Vrin–EHESS. 2000. « Contextes ». 288 p.
Dans la seconde moitié du XVIIIeme siècle, Rousseau et
ses disciples formulent un programme néo-classique de libération
individuelle qui montre que la fin de tous les systèmes de législation
se réduit à deux objets étroitement associés
: la liberté et l’égalité. Ils montrent en particulier
que la liberté, qui prend la forme de l’égalité de
tous sous l’autorité de la loi, n’est qu’une chimère si l’égalité
relative des conditions (que nul ne soit dépourvu de tout et que
nul ne soit assez riche pour acheter autrui) n’en est pas le fondement.
Ce livre est un essai pour retracer la genèse et le développement
des arguments qui, esquissés dans les années 1770 et accentués
sous l’impact de la révolution, ont tenté de réfuter
l’idée que l’égalité des droits ne pourrait subsister
sans une certaine égalité de fait.
Sylvie Vanséveren (dir.): Modèles linguistiques et idéologies
: “Indo-européen”
Avec des articles de R. Aerts, M. Broze, N. Cauwe, L. Couloubaritsis,
B. Descharneux, D. Dubuisson, G. Haarscher, F. Mawet, Ch. Peeters, L. Paulissen,
P.-L. Van Berg, M. Vander Linden et S. Vanséveren. Ousia. novembre
2000. « Ebauches ». 192 p.
Remonter le passé est toujours une aventure, qu’elle se déroule
à travers la langue, la philosophie, l’archéologie ou l’histoire.
En réunissant des spécialistes de ces diverses disciplines,
ce sont évidemment des regards différents qui seront posés
sur le concept d’« indo-européen ».
On sait que le concept d’indo-européen est d’abord et avant
tout d’ordre linguistique. Dans les contours de cette aire linguistique
et de l’hypothèse d’une langue reconstruite et à jamais insaisissable,
se dessinent ceux d’une aire culturelle et mythologique, dont l’étude
se fonde sur les textes et leur contenu.
Cet ouvrage a ainsi pour objectif principal d’explorer différents
aspects du domaine indo-européen, dans une optique critique et méthodologique.
Linguistique, mythologique et religion, histoire des idées, archéologie,
philosophie ont constitué des thèmes porteurs de réflexions
et de remises en question.
Benoît Beyer de Ryke, Maître Eckhart une mystique du détachement
Ousia. 2000. « Figures illustres ». 192 p.
Chef de file de la mystique dite « rhénane » ou
« allemande », Maître Eckhart (1260-1328) est sans doute
l’un des plus grands auteurs spirituels du Moyen Age. Dominicain, Maître
en théologie de l’Université de Paris, il a élaboré
une approche audacieuse de l’homme et de Dieu. En tant que directeur spirituel,
il développa une intense activité de prédication en
allemand auprès des religieuses et des béguines, ce qui lui
valut les foudres de l’Inquisition et du pape Jean XXII.
Sa pensée fut répandue par ses deux disciples, Johannes
Tauler et Heinrich Suso. Il fallut attendre le XIXeme siècle pour
que soit redécouverte l’œuvre de Maître Eckhart lui-même,
prélude à une série d’interprétations parfois
extravagantes de sa doctrine.
Benoît Beyer de Ryke, né en 1971, philosophe et historien,
mène actuellement des recherches sur l’Encyclopédisme médiéval
en rapport avec le christianisme.
Jean-Baptiste Gourinat, La dialectique des stoïciens
Vrin. décembre 2000. « Histoire des doctrines de l’Antiquité
classique ». 384 p.
Pendant cinq siècles, de 300 av. J.C. jusqu’au crépuscule
de Marc Aurèle, la philosophie stoïcienne domina la culture
antique. Encore aujourd’hui, notre grammaire, notre logique et notre linguistique
sont les héritières plus ou moins conscientes de l’une des
trois parties de cette philosophie, la dialectique, qui fut, dans sa forme
classique, l’œuvre de Chrysippe (280-204 av. J.C.).
Ce livre est la première reconstruction synthétique de
la dialectique stoïcienne dans son ensemble. Son point de vue est
en outre entièrement nouveau. En effet, pour l’auteur, les stoïciens
n’avaient pas une logique au sens moderne du terme, mais une dialectique,
c’est-à-dire une technique de l’argumentation dialoguée.
Sa conception complexe, à première vue multiple et équivoque,
reçoit ainsi un éclairage inédit, qui permet de comprendre
son originalité et d’en réinterpréter la place dans
l’ensemble du système. Cela nous permet aussi de mieux comprendre
le sens des disciplines qui en sont les héritières infidèles.
Jean-Baptiste Gourinat, ancien élève de l’ENS, agrégé
et docteur en philosophie, est chercheur au CNRS. Il est l’auteur de plusieurs
ouvrages sur le stoïcisme.
Simone Goyard-Fabre (dir.), L’État moderne. Regards sur la pensée
politique de l’Europe occidentale entre 1715 et 1848
Avec des articles de T. L’Aminot, A.-J. Arnaud, B. Bourgeois, J. Ehrard,
J. Ferrari, S. Goyard-Fabre, J.-L. Halpérin, J.-L. Harouel, L. Jaume,
E. Jouannet, J.-F. Kervégan, A. Laingui, R. Martinage, R. Polin,
C. Porset, P. Raynaud, A. Renaut, A. Robinet, R. Sève, M. Troper.
Vrin. 2000. « Histoire des idées et des doctrines ».
320 p.
Si l’invention du sens moderne du mot État est due à
Machiavel, c’est au XVIIIeme siècle que, après la paix d’Utrecht,
l’institution étatique prit franchement le visage de la modernité.
Faisant suite à l’État baroque (1610-1652) et à l’État
classique (1652-1715), l’État moderne (1715-1848) donna corps aux
espoirs de paix, de justice, de bonheur et de liberté sécrétés
par la philosophie des lumières. Il réalisa les grandes mutations
juridiques qui devaient contribuer à forger l’épure de l’Idée
républicaine à laquelle la Révolution de France donna
sa première forme historique.
Cet ouvrage s’est voulu pluridisciplinaire. En rassemblant des contributions
dont la tonalité est historique, juridique, littéraire, philosophique
ou politologique, il a pour objectif d’apporter sur la période fascinante
de l’histoire occidentale où s’est affirmé l’État
moderne, des éclairages diversifiés complémentaires.
Ali Benmakhlouf (dir.), Alfred North Whitehead, l’univers solidaire
Avec la participation de A. Benmakhlouf, J.-C. Dumoncel, A. Fagot-Largeault,
B. Saint-Girons, D.R. Scully. Les Presses de l’Université de Paris
X-Nanterre. 1999. « Le temps philosophique ».
Les textes réunis dans cet ouvrage sont essentiellement des
lectures de Process and Reality. La métaphysique présentée
par Whitehead dans ce livre de 1929 est lue et travaillée par les
différents auteurs en vue de mettre en avant la valeur de solidarité
dans son sens aussi bien ontologique qu’épistémologique et
politique. Mais un univers solidaire est un univers qui menace toujours
de ne pas l’être; sans une telle menace il sombrerait dans une uniformité
sans nouveauté. Or Whitehead propose une philosophie de l’organisme
qui prétend rendre compte de la vie comme faisceau d’éléments
originaux. La vie comme appétition et originalité demande
du contraste et non de l’uniformité
Geneviève Brykman (dir.), Ressemblance et dissemblances dans
l’empirisme britannique
Avec la participation de A. Benmakhlouf, J. Benoist, M. Biziou, G.
Brykman, J.-P. Cléro, R. Dégremont, P. Hamou, L. Jaffro.
Les Presses de l’Université de Paris X-Nanterre. 1999. « Le
temps philosophique ». 174 p.
L’observation la plus courante suffit à nous convaincre qu’il
existe autour de nous beaucoup de ressemblances et de répétitions
qui font de notre monde un lieu très monotone, où c’est la
familiarité qui est la règle et la nouveauté l’exception;
mais c’est cette monotonie du monde qui rend la connaissance possible :
un monde où nous ne pourrions rien connaître, où rien
ne serait semblable à rien, serait à peine pensable. Il y
a pourtant, corrélativement, « une foule de différences
» et la connaissance sera d’autant plus estimée qu’elle est
plus discriminante. Comme l’avait vu Aristote, si l’art ou la science ne
connaissent que l’universel, l’expérience comme telle est une «
connaissance de l’individuel ».
Cette tension entre ressemblances et différences traverse toute
l’histoire de la philosophie. Dans cet ouvrage, des questions paradigmatiques
sont posées, qui convergent vers le problème séculaire
de la relation du Même et de l’Autre.
Annick Charles-Saget (dir.), Présences grecques dans la pensée
russe
Avec des articles de P. Caussat, A. Charles-Saget, C. Frioux, B. Marchadier,
G. Nivat et I. Sokologorsky. Les articles de B. Ouspenski, P. Gaïdenko
et O. Mandelstam ont été traduit du russe par N. Patout et
T. Tcherkassova-Patout. Les Presses de l’Université de Paris X-Nanterre.
2000. « Le temps philosophique ». 144 p.
Par le baptême de Vladimir en 988, la Russie kiévine entrait
dans la civilisation grecque chrétienne de Bysance. Elle adoptait
l’écriture cyrillique, née de l’écriture grecque,
pour lire et transmettre les Écritures Saintes qui rythmaient le
temps de la liturgie. Pourquoi le maintien et le retour aux lettres anciennes
fut-il si difficile? Pourquoi est-ce au XIXéme siècle que
se manifesta une avidité de revenir, non pas seulement aux Pères
grecs, mais à Platon et même, loin de toute Académie,
aux symboles dionysiaques revivifiés par Nietzsche? Dans l’histoire
au long cours des distensions et rapprochements entre plusieurs Grèces
anciennes et plusieurs Russies, nous proposons ici quelques repères
essentiels.
Jean-François Pradeau (dir.), Plotin, des principes
Avec des textes de J.-F. Balaudé, L. Brisson, J. Laurent, P.-M.
Morel, J.-M. Narbonne, A. Petit et une « Bibliographie plotinienne
» par Pierre Thillet. Université de Strasbourg. 1999. «
Les cahiers philosophiques de Strasbourg ». 288 p.
Les six études ici réunies vouent une attention particulière
aux difficultés que rencontre la doctrine plotinienne lorsqu’elle
tente de rendre compte des rapports qui lient entre elles les trois réalités
ou principes que sont l’Un, l’Intellect et l’Âme.
Elles sont suivies d’une « Bibliographie plotinienne »
(éditions, traductions et études plotiniennes accompagnées
d’un index).
Arpad Szabo, L’aube des mathématiques grecques
Vrin. 2000. « Mathesis ». 368 p.
Après les deux premiers livres déjà publiés
aux éditions Vrin, cet ouvrage est le troisième volet consacré
par l’auteur à ses recherches sur les débuts de la science
grecque. La matière est traitée en quatre parties et trois
appendices. Les deux premières parties portent sur la contribution
de l’astronomie au développement de la géométrie euclidienne
et de la trigonométrie, ainsi que sur l’apport de la musique à
la théorie des proportions, qui est une partie centrale des mathématiques
grecques. La troisième est consacrée à la préhistoire
de l’irrationalité mathématique et à ses liens avec
la géométrie des aires. La quatrième examine l’influence
de la philosophie éléate sur la constitution du système
euclidien de la géométrie et de ses principes. Les appendices
développent le passage mathématique du Théétète
de Platon, la théorie préeudoxéenne des proportions
et le problème de ce qu’on appelle l’« algèbre géométrique
» des grecs.
Jean-Pierre Mayelle Ilo, Statut mytique et scientifique de la gémellité.
Essai sur la dualité
Ousia. 2000. « Mythes – Religion ». 608 p.
La question des jumeaux a toujours intrigué l’homme. Avant de
faire l’objet d’un approfondissement scientifique par la biologie et la
psychologie modernes, ce phénomène a été associé
dans maintes cultures à travers le monde à des mythes, à
des croyances et à des pratiques rituelles particulières.
Pourquooi, malgré ce que l’on en sait aujourd’hui, grâce à
la science, la condition gémellaire reste-t-elle entourée
d’une aura de mystère? Telle est la problématique à
laquelle ce livre apporte une réponse, d’un point de vue philosophique.
Jean-Pierre Mayelle Ilo, docteur en Philosophie et Lettres de l’Université
Libre de Bruxelles, enseigne à l’Institut Supérieur Pédagogique
et à l’Université de Lubumbashi.
Robert Sasso (éd.), Vocabulaire de la philosophie contemporaine
de langue française
Avec la participation de J.-P. Alcantara, J.-P. Cléro, J.-L.
Gautero, D. Gil, J. École, M. Élie, D. Janicaud, J.-P. Paccioni,
J. Paymal, M. Prieur, P.-A. Miquel, R. Sasso, A. Tosel et A. Villani. Centre
de recherches d’histoire des idées de l’Université de Nice.
1999. « Noésis ». 212 p.
Ce numéro spécial de Noesis inaugure une série
de Cahiers consacrés à la terminologie philosophique originale
d’auteurs francophones contemporains. La publication de ces Cahiers et
la conception de leur contenu s’inscrivent dans un projet d’ensemble concernant
l’élaboration d’un Vocabulaire technique et critique de la philosophie
contemporaine de langue française.
Repérées dans les textes de vingt-quatre auteurs dont
les œuvres s’chelonnent entre les années 1930 et 1990, quarante-cinq
notions, traitées en quarante-deux entrées distinctes, ont
été retenues pour ce premier Cahier. Choisies à titre
d’échantillon, en raison de leur diversité complémentaire,
elles constituent une première illustration des principes et des
objectifs définis dans l’Introduction au Vocabulaire, tout en offrant
des informations sur le champ lexical et conceptuel que l’on se propose
d’explorer et d’inventorier.
Jean-François Mattéi (dir.), La métaphysique d’Emmanuel
Levinas
Avec des textes de F. Armengaud, D. Banon, G. Bensussan, D. Charles,
D. Janicaud, J.-F. Mattéi, P. Olivier et J. Rolland. Vrin. 1999.
« Noésis ». 214 p.
Le fait que l’œuvre d’Emmanuel Levinas soit désormais mondialement
reconnue ne signifie nullement qu’elle exprime “l’esprit du temps” et ne
garantit pas qu’elle soit suffisamment comprise en ses présuppositions
comme en ses enjeux.
Le présent ouvrage lance de nouvelles pistes de réflexion
dans un esprit critique et novateur vis-à-vis d’une pensée
dont la vigueur d’interpellation est ainsi réactivée sous
plusieurs angles : la question des origines, la relation phénoménologique
à la mort, les rapports à la politique, à la théologie
et enfin à l’art. Selon tous ces points de vue, la philosophie de
Levinas révèle de fécondes ambivalences.
Vincent de Coorebyter, Sartre face à la phénoménologie
Autour de “l’intentionnalité” et de “La transcendance de l’Ego”
Ousia. 2000. « Ousia ». 696 p.
Le rapport entre Sartre et la phénoménologie n’a jamais
été étudié en détail. Le point de départ
de la phénoménologie sartrienne fait même l’objet d’une
méprise : il ne réside pas dans La transcendance de l’Ego
mais dans l’article sur l’idée d’intentionnalité, ce qui
place la pensée de Sartre sous le signe de la réhabilitation
du monde et du perçu, de la lutte contre les philosophies de l’intériorité
et toutes les formes d’idéalisme. Sartre est un disciple hétérodoxe
de Husserl car il n’en retient que ce qui le convainc, au point de retourner
toujours davantage la phénoménologie contre son inventeur.
En même temps, Sartre exploite Husserl de manière précise
et systématique. L’élucidation des sources et des cibles
de La transcendance de l’Ego fait ainsi surgir un Sartre inédit,
qui développe une “critique de la raison psychologique” tout en
affrontant les apories nées de sa lecture du principe d’intentionnalité.
Vincent de Coorebyter, docteur en philosophie de l’Université
libre de Bruxelles, dirige le Centre de recherche et d’information socio-politique,
situé à Bruxelles.
Lambros Couloubaritsis, La Physique d’Aristote. L’avènement de
la science physique
Deuxième édition modifiée et augmentée
de L’avènement de la science physique. Ousia. 1999. « Ousia
». 440 p.
Ce livre constitue une nouvelle version, modifiée et augmentée,
de l’Avènement de la science physique. Essai sur la “Physique” d’Aristote,
paru en 1980. La modification la plus importante concerne l’introduction
des conditions hénologiques (plurivocité de l’Un et ses modes
propres) pour l’instauration de la première science de la nature,
en parallèle avec les conditions ontologiques (plurivocité
de l’Être et étance comme sujet ultime de prédication),
qui avaient déjà permis, dans la première édition,
d’étendre l’usage de la “logique” au domaine du “devenir” et du
“changement”.Il ressort de ce travail que s’il est vrai que la désontologisation
de la conception aristotélicienne du mouvement est l’un des facteurs
qui a permis la constitution de la science moderne, il n’est pas moins
vrai que sans l’ontologisation du devenir accomplie par Aristote, la possibilité
d’une science physique pouvait demeurer historiquement problématique.
Lambros Couloubaritsis est professeur ordinaire à l’Université
de Bruxelles.
Études phénoménologiques,
Husserl, lecteur de Brentano et de Frege.
Avec des articles de J.-F. Courtine, J. English, J.J. Drummond, D.
Zahavi, J. Benoist, R. Cobb-Stevens, E. Housset et F. Ciaramelli. Publiées
avec le concours de la Communauté française de Belgique.
} Ousia. 1998. « Ousia ».
Husserl et Frege sont à l’origine des deux courants philosophiques
principaux du XXe siècle, la phénoménologie et la
philosophie analytique. Bien qu’ils aient entretenu une correspondance
amicale et philosophiquement fructueuse, de tels échanges devinrent
de plus en plus rares entre leurs successeurs respectifs qui, dans l’ensemble,
tendirent à ignorer les travaux les uns des autres. Cette interruption
des échanges fut en partie due à une mécompréhension
qui se produisit fort tôt. Frege pensait que Husserl était
un défenseur du psychologisme, c’est-à-dire de la thèse
selon laquelle les nombres, les propositions et les lois logiques sont
réductibles à des états mentaux.
Ces dernières années ont connu un progrès considérable
dans la restauration d’un climat susceptible de conduire au renouveau du
dialogue. Un des principaux facteurs de ce progrès est un intérêt
récent pour les écrits de Brentano parmi les philosophes
actuels issus des deux traditions.
Raphaël Gély, La genèse du sentir. Essai sur Merleau-Ponty
Ousia. 2000. « Ousia ». 216 p.
A la suite de Merleau-Ponty et à travers une réinterprétation
de son œuvre, cet ouvrage explore la possibilité d’un nouveau rapport
entre phénoménologie et science humaine. Un rapport positif
de la phénoménologie aux sciences humaines implique que les
scientifiques puissent s’approprier les résultats du travail phénoménologique
au sein même de leur recherche. Dans cette perspective, il s’agit
de faire voir dans l’expérience que le scientifique étudie
de façon objectivante les traces de cette vie phénoménologique
que les phénoménologues décrivent à partir
d’elle-même, à partir de son origine évidence. Ainsi,
Merleau-Ponty tente de faire voir dans le comportement, le processus de
genèse de ces dimensions fondamentales de la vie phénoménologique.
C’est la structure de cette genèse ainsi que les conditions de son
instauration qui sont ici interrogées.
Raphaël Gély est docteur en philosophie de l’Université
Catholique de Louvain. Il est actuellement chargé de recherches
au Fonds national de la Recherche scientifique.
Mohammad Ilkhani, La philosophie de la création chez Achard de
Saint-Victor
Ousia. 2000. « Ousia ». 400 p.
Achard de Saint-Victor, abbé de l’abbaye et évêque
d’Avranches, a écrit, en plus de ses Sermons, L’unité de
Dieu et la pluralité des créatures et La distinction entre
âme, esprit et pensée où il cherche à résoudre
les problèmes fondamentaux de la dogmatique chrétienne en
la rationalisant. En réfléchissant sur la catégorie
de la relation, qui avait été appliquée par plusieurs
théologiens du XIIeme siècle à la distinction trinitaire
de Dieu, en vue d’écarter toute pluralité en Lui, Achard
arrive à fonder une pluralité “vraie” qui se manifeste comme
unité répétée autant de fois que la pluralité
elle-même est grande. Partant de là, il confère un
nouvel éclairage à la doctrine de la création, fort
importante à cette époque où le moyen platonisme remplace
progressivement le néoplatonisme.
Ce livre nous fait mieux comprendre le sens et la portée de
nombreux concepts philosophiques utilisés depuis saint Augustin,
Boèce et Jean Scot Érigène.
Marc Crépon, Le malin génie des langues. Nietzsche, Heidegger,
Rosenzweig
Vrin. 2000. « Problèmes et controverses ». 224 p.
Ce que les philosophes ont pu dire de la particularité de la
(des) langue(s) dans lesquelles ils s’expriment, du rapport entre les «
idiomes » philosophiques, de leur classification et de leur traduction
répond à un double souci : circonscrire (ou élargir)
la communauté de ceux auxquels ils s’adressent, désigner
la situation historique et annoncer le destin du « nous » qui
se trouve ainsi déterminé. Le « génie des langues
» est alors, le plus souvent, l’opérateur logique qui permet
le repli de la communauté sur ce « nous » particulier,
en même temps qu’il lui assigne une mission universelle. De ces différents
enjeux, plusieurs œuvres témoignent, de façon exemplaire
: celle de Nietzsche d’abord, dont le devenir épouse ces différents
cas de figure; mais aussi celles de Heidegger, Rosenzweig ou Adorno.
Marc Crépon, né en 1962, est chercheur au CNRS et aux
Archives Husserl de Paris, ENS-Ulm.
Pascal Michon, Poétique d’une anti-anthropologie. L’herméneutique
de Gadamer
Vrin. 2000. « Problèmes et controverses ». 256 p.
L’herméneutique universelle, exposée dans Vérité
et Méthode, se présente comme une philosophie de la Sprache.
Selon Gadamer, seule en effet une méditation de la Sprachlichkeit
du Dasein permet de rendre compte de son historicité essentielle.
Mais que veulent dire Sprache et Sprachlichkeit? Doit-on traduire ces termes
par langue ou par langage, condition linguistique ou condition langagière?
Mais au cœur de cette question, se loge celle, de bien plus grande portée,
du rapport conflictuel entre la philosophie et la théorie du langage,
au cours des XIXe et XXe siècles. C’est cette question que la philosophie
doit aujourd’hui affronter, afin de se mettre en mesure de repenser les
questions du langage comme activité, de l’historicité radicale
et du sujet, c’est-à-dire en fin de compte de l’anthropologie.
Pascal Michon est acien élève de l’E.N.S. de Saint-Cloud,
docteur en histoire et directeur de programme au Collège International
de Philosophie.
François Beets et Éric Gillet (dir.), Logique en perspective.
Mélanges offerts à Paul Gochet
Avec des articles de L. Antoniol, F. Beets, J.-P. Bokanga Itindi, P.
Connolly, B. Fresison, G.-G. Granger, S. Haack, A. Jacob, F. Joris, M.
Meyer, M. Peeters, Ch. Rutten, D. Vernant, P. Wolper, D. Batens, J.P. Van
Bendegem, L. Bouquiaux, L. Couloubaritsis, E. Gillet, P. Gribomont, J.
Hintikka, G. Jeanmart, B. Leclercq, A. Orenstein, D. Ribbens, R. Vergauwen
et J. Vuillemin. Ousia. novembre 2000. « Recueil ». 584 p.
Logique en Perspective est un recueil de mélanges offert à
Pul Gochet par ses collègues, élèves et amis en hommage
à son œuvre et à son enseignement. Les textes qui y sont
réunis s’articulent autour des thèmes de réflexion
qui ont été au centre des recherches de Paul Gochet, c’est-à-dire
le langage, la logique et la vérité.
Augustin Berque (dir.), Logique du lieu et dépassement de la
modernité volume I - Nishida : La mouvance philosophique
Avec des articles de A. Yôko, R. Elberfeld, A. Feenberg, F. Girard,
K. Nobuo, A. Kozyra, N. Yûjirô, P. Nakimovitch, Ô. Ryôsuke,
B. Stadelmann-Boutry, B. Stevens, S. Sadami et J. Tremblay. Ousia. 2000.
« Recueil ». 392 p.
Dépasser la modernité, c’était l’objectif de l’école
de Kiôto, courant de pensée dominé par le système
philosophique de Nishida Kitarô (1870-1945), dont l’un des traits
majeurs est la « logique du lieu ». Ce thème, lié
au nationalisme et à la guerre, tenu en veilleuse pendant une génération,
a ressurgi depuis une vingtaine d’années. Les études nishidiennes
sont aujourd’hui en plein essor, au plan mondial.
Ces deux volumes portent un jugement pluriel et nuancé sur la
pensée de Nishida, son contexte historique, et son éventuelle
pertinence aux questions que nous pose l’état du monde actuel. Dus
en majorité à des philosophes, ces textes comportent également
de substantielles contributions des sciences sociales, de l’histoire de
l’art à la géographie et à l’architecture.
Augustin Berque (dir.), Logique du lieu et dépassement de la
modernité Volume 2 - Du lieu nishidien vers d’autres mondes
Avec des articles de A. Tôru, A. Berque, T. Botz-Bornstein, D.
Bourg, I. Charrier, A. Gonon, I. Tsutomu, A. Liman, Ph. Nys, O. Masahiro,
P. Ynhui, T. Tsunejirô et J. van Waerbeke. Ousia. 2000. « Recueil
». 296 p.
Dépasser la modernité, c’était l’objectif de l’école
de Kiôto, courant de pensée dominé par le système
philosophique de Nishida Kitarô (1870-1945), dont l’un des traits
majeurs est la « logique du lieu ». Ce thème, lié
au nationalisme et à la guerre, tenu en veilleuse pendant une génération,
a ressurgi depuis une vingtaine d’années. Les études nishidiennes
sont aujourd’hui en plein essor, au plan mondial.
Ces deux volumes portent un jugement pluriel et nuancé sur la
pensée de Nishida, son contexte historique, et son éventuelle
pertinence aux questions que nous pose l’état du monde actuel. Dus
en majorité à des philosophes, ces textes comportent également
de substantielles contributions des sciences sociales, de l’histoire de
l’art à la géographie et à l’architecture.
B. Feltz, M. Crommelinck et Ph. Goujon (dir.), Auto-organisation et
émergence dans les sciences de la vie
Ousia. 2000. « Recueil ». 512 p.
L’auto-organisation est au cœur des principaux débats qui traversent
aujourd’hui les sciences de la vie. Cet ouvrage tend tout d’abord à
montrer la pertinence de ce concept et le caractère opératoire
des modèles mathématiques qui lui sont liés dans de
nombreux domaines scientifiques, de l’immunologie aux neurosciences en
passant par l’écologie et les théories de l’évolution
biologique.
D’un point de vue historique, d’Aristote à Kant, le concept
d’auto-organisation rejoint les intuitions des grands penseurs du vivant
de la tradition occidentale. Les multiples enjeux de cette notion dans
les sciences de la vie sont ainsi étudiés en un ouvrage qui
met résolument en œuvre pratique interdisciplinaire et analyse critique,
et éclaire un des débats théoriques les plus passionnants
de notre temps.
Stefen Wesche et Véronique Zanetti (dir.), Dworkin. Un débat.
In der Diskussion. Debating Dworkin
Ousia. 2000. « Recueil ». 528 p.
Ronald Dworkin est sans doute l’une des plus éminentes figures
actuelles de la philosophie du droit et de la philosophie politique aux
États-Unis. Représentant du libéralisme, il s’est
engagé sur le front de toutes les grandes questions qui sont au
centre de cette deuxième moitié du siècle : la démocratie
et le droit; le droit et l’interprétation; la justice sociale; la
discrimination raciale; la désobéissance civile; l’avortement,
pour n’en citer que quelques unes.
Nous avons confié à des juristes et des philosophes,
venant des pays germanophones et francophones, le soin de présenter
quelques facettes de cette stimulante pensée. Les articles critiques
sont précédés d’un texte inédit de Dworkin
dans lequel il fait le tour des questions qui sont au centre de sa philosophie.
Averroes, Commentaire moyen sur le De Interpretatione
Introduction, traduction et notes par Ali Benmakhlouf et Stéphane
Diebler. Vrin. 2000. « Sic et Non ». 208 p.
Né à Cordoue en 1126, mort en 1198, Ibn Rushd (Averroès),
juge, médecin et philosophe andalou, a laissé une œuvre considérable
: outre des traités polémiques et de nombreux essais, il
a consacré à Platon, et surtout à Aristote, des commentaires
appelés à exercer une grande influence dans les domaines
de la logique, de la métaphysique, de la noétique.
Ce volume est le premier d’une série présentant, en traduction
française, l’ensemble de son activité exégétique
sur la somme logique qu’est l’Organon aristotélicien. On trouvera,
accompagnées de l’annotation essentielle, les œuvres d’Averroès
sur le traité «De l’interprétation», où
Aristote établit la doctrine de la proposition simple et de ses
éléments constitutifs : un commentaire moyen et deux essais
polémiques contre al-Farabi et Avicenne. La traduction est précédée
d’une introduction qui replace cet ouvrage dans la riche tradition, arabe,
grecque et latine de la logique aristotélicienne.
Ali Benmakhlouf enseigne la philosophie arabe et la logique à
l’Université de Paris X-Nanterre. Stéphane Diebler enseigne
le grec à l’École Normale Supérieure.
D’Alembert, Discours préliminaire de l’Encyclopédie
Introduit et annoté par Michel Malherbe. Vrin. 2000. «
Textes et Commentaires ». 208 p.
L’Encyclopédie a deux objets : en tant que telle, elle doit exposer
autant qu’il est possible, l’ordre et l’enchaînement des connaissances
humaines; comme Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et
des métiers, elle doit contenir sur chaque science et sur chaque
art, soit libéral, soit mécanique, des principes généraux
qui en sont la base, et les détails les plus essentiels qui en font
le corps et la substance. Le Discours préliminaire sert d’introduction
à
l’Encyclopédie, œuvre collective qui s’adressait à un vaste
public. Cette fonction a commandé le contenu et le style. Mais D’Alembert
s’est trouvé bien de cette écriture, et c’est un fait qu’il
a par la suite traité le Discours comme une œuvre indépendante
et personnelle. Il en tira gloire et honneur, et devint rapidement l’une
des figures majeures du parti des philosophes. Et certainement, son mérite
est grand; moins par les thèses qu’il défend que par la lucidité
avec laquelle il les pense et les exprime; lucidité qui se change
en un remarquable sens critique, quand il faut penser et apprécier
l’ordre de la connaissance.
Friedrich H. Jacobi, David Hume et la croyance. Idéalisme et
réalisme
Introduit, traduit et annoté par Louis Guillermit. Vrin. 2000.
« Textes et Commentaires ». 320 p.
L’idéalisme allemand aura été profondément
marqué par la pensée critique de Jacobi (1743-1819) : par
delà la fameuse Querelle du panthéisme, le Dialogue de 1797,
présenté sous le titre David Hume et la croyance, Idéalisme
et réalisme, nous introduit non seulement au versant négatif,
mais aussi à la dimension fondamentalement positive d’une pensée
de l’existence; il s’agit en effet d’écouter, comme nous y invite
le traducteur, « une voix singulière » qui cherche à
faire entendre sa propre conception du donné.
Par un habile retour sur la pensée de Hume, Jacobi pose la croyance,
en un sens quasi-phénoménologique, comme le point de départ
de tout discours philosophique en quête du vrai et reconsidère
le statut de la rationalité finie.
Ce recueil comprend aussi la Préface pouvant servir d’introduction
à l’ensemble des écrits philosophiques de l’auteur, préparée
pour une nouvelle édition de ses œuvres en 1812, et le fameux Appendice
sur l’idéalisme transcendantal. On découvre en Jacobi une
figure qui a influencé Fichte, Schelling, Hegel ou Kierkegaard.
Nestor Luis Cordero (dir.), Ontologie et dialogue. Hommage à
Pierre Aubenque
Avec des articles de P. Aubenque, R. Brague, L. Brisson, J. Brunschwig,
N.-L. Cordero, L. Couloubaritsis, M. Dixsaut, M. Fattal, J. Frère,
M. Narcy et A. Tordesillas. Vrin. decembre 2000. « Tradition de la
pensée classique ». 224 p.
Un dialogue est un logos (discours, propos, argument) qui va d’un interlocuteur
à un autre. Cet échange d’idées, s’il veut être
fructueux, s’appuie sur un principe très simple : comme le dialogue
n’est pas un monologue, on dialogue avec quelqu’un; et on dialogue sur
quelque chose. C’est le cas des travaux qui composent ce volume.
L’interlocuteur privilégié est Pierre Aubenque. Ses travaux,
son activité en tant qu’enseignant, ses prises de position sur des
sujets très divers ont suscité, de la part de ses disciples,
collègues et amis, une véritable envie de dialoguer avec
lui, un désir de suivre son exemple (car Pierre Aubenque a toujours
dialogué avec les Anciens, notamment avec Aristote).
Les auteurs de ces réflexions ont ainsi voulu démontrer
que le dialogue instauré pendant plus de vingt ans par le Directeur
du centre Léon Robin (Université de Paris IV), reste toujours
ouvert.