ANNEXE - Note méthodologique
Pour un nécessaire empirisme
La notion d'usage et les conditions de son émergence
Les parti-pris méthodologiques adoptés par l'équipe de recherche constituée pour l'analyse d'une sélection de lieux d'utilisation des services électroniques en ligne découlent de l'orientation fondamentalement empirique, qui a été esquissée dans le pré-rapport (octobre 1996). Celle-ci nous paraît être la seule qui ait quelque pertinence compte-tenu de l'objet et du champ, qui sont à la fois très complexes, ouverts, et largement indéterminés, et surtout, qui ne doivent pas être pré-déterminés à l'avance, à l'inverse de ce qui est habituellement prescrit comme étant la démarche canonique.
En effet, même s'il est établi que l'on cherche à observer des usages, cette notion, même si elle a généré un fort courant de recherche en sociologie des technologies de l'information et de la communication (les TIC), est toujours maniée relativement aux enjeux largement imprévisibles de chaque objet ou de chaque situation étudiés. Si ce courant de recherche a été si fécond durant les deux dernières décennies, c'est justement parce que les chercheurs ont maintenu une ouverture maximale dans leur approches ; ils se sont coulés dans des logiques flottantes qui leur ont permis de maîtriser, fût-ce dans des terrains très restreints et pour des objets limités, la complexité et la richesse extrêmes des phénomènes de l'usage, et ainsi renouveler la vision du fonctionnement social dans son ensemble.
En effet, peu à peu, le cumul de recherches menées au cas par cas depuis vingt ans a permis d'autonomiser la notion d'usage par rapport à l'analyse des conditions d'utilisation d'objets techniques particuliers. Elle s'est mieux articulée aux champs de la réception dans le domaine des médias, des logiques sociales, des pratiques culturelles, avec l'analyse des logiques d'usage, des significations d'usage, voire de l'"usagivité" des objets techniques. Tous ces champs (la réception, les logiques sociales, les pratiques culturelles, etc) sont eux-mêmes empiriques, mais constituent peu à peu un dense réseau de résultats reliés entre eux.
De plus, concernant plus spécifiquement les usages des TIC, les auteurs commencent à dégager une structuration globale de l'ensemble des courants de recherche sur les technologies de l'information et de la communication, dans des modèles tels que celui de la socio-politique des usages.
L'approche classique des usages des TIC, le changement opéré par le phénomène des réseaux
La manière dont cet élargissement de la notion d'usage influence la recherche sur les usages est cependant, à ce stade précoce, assez typiquement "prudente". La recherche porte toujours sur les usages d'un objet technique particulier, mais la démarche adoptée, les interprétations, les résultats, intègrent de façon croissante une discussion sur le positionnement de l'approche mise en oeuvre par rapport à celles qui auraient pu être également utilisées et ont été écartées. La recherche intègre également des hypothèses et des ouvertures sur des logiques sociales qui ont pu être dégagées dans le cas d'autres objets techniques. En effet, prendre appui au départ sur la réalité concrète de l'objet matériel (le téléphone, le magnétoscope, le cédérom, etc.), c'est se garantir une sorte de substrat physique générateur de phénomènes observables, dépendants des conditions d'utilisation et reliés aux usages dont ils constituent un accès objectif intéressant.
Dans notre cas, ce parti-pris prudent est respecté, puisque le point de départ de la recherche est l'étude des usages des réseaux, considérés a priori comme le dispositif dernier né des TIC. Mais cette fois, la nature du dispositif étudié nous contraint d'emblée à remettre en cause le support initial bien commode de la nouvelle technologie particulière dont il est question. Même s'il est important de savoir comment les utilisateurs tapent sur leur clavier, il est certain que ce n'est pas là le meilleur moyen de voir ce qu'ils font au juste. Par ailleurs, si l'objet génère effectivement en général un niveau homogène d'activités, directement liées à son fonctionnement, et qui doivent être reliées aux usages (on le constate particulièrement à propos des magnétoscopes), il est fort difficile de parler, à propos des réseaux, d'un objet technique à proprement parler.
Avec le réseau, non seulement le rapport à la technique ne passe pas forcément par le rapport à l'objet technique, mais de plus, il est possible que le rapport à la technique ne constitue pas forcément par lui-même un préalable phénoménal obligé. Il est possible que l'on se trouve là comme dans le cas de l'informatique en son temps mais à une échelle encore bien supérieure, face à un dispositif qui radicalise à l'extrême un phénomène très fréquent dans la communication : la réalité la plus sensible et la plus génératrice de phénomènes observables est bien moins l'univers de l'objet lui-même, que l'univers des représentations d'usages qu'il génère.
On se trouve donc à un moment où la recherche sur les usages s'est préparée depuis des décennies à affronter un jour l'inversion entre les phénomènes objectifs et les représentations dans la conception même de toute étude sur la question. Ce ne sont plus forcément les phénomènes objectifs qui constituent la réalité de référence, mais l'univers des représentations qui donnent sens à ces phénomènes. Ce sont des représentations, largement imprévisibles et extrêmement difficiles à cerner, qui constituent la réalité de référence des usages, lesquels se manifestent partiellement par des phénomènes objectifs. Même si cette étape était plus ou moins attendue, elle n'en constitue pas moins un défi fort difficile pour toute entreprise scientifique, traditionnellement structurée par les étapes ordonnées de la fixation du cadre et des objectifs, du recueil des données et des interprétations.
Quand les données sont des
interprétations de réalités
interprétées...
un problème cher à l'ethnologie
De tels problèmes se sont déjà posés dans le domaine de l'ethnologie. Les interprétations y constituent dans certains cas une classe de quasi-données, indispensables à la compréhension d'une réalité culturelle. Sperber25 a longuement discuté du statut épistémologique de ces quasi-données. Il défend ainsi l'idée apparemment paradoxale, selon laquelle l'ethnologie n'a d'utilité scientifique que dans la mesure où elle revendique son statut de pratique interprétative, c'est-à-dire recueillant des données qui sont avant tout des interprétations, ou plutôt, des interprétations faites par l'ethnologue de réalités interprétées par ses informateurs. Ce type d'approche, développée en anthropologie, constitue actuellement un choix empirique issu de deux siècles d'histoire de la discipline. L'empirisme n'est donc pas une maladie de jeunesse en sciences sociales, bien au contraire.
25 Le Savoir des anthropologues, Hermann, 1982.
Le choix empirique qui s'impose aujourd'hui pour de nombreux anthropologues consiste à renoncer à toute référence à la construction d'une véritable science de l'homme telle qu'elle fût rêvée au XIXème siècle par les positivistes, équipée d'une loi générale et de théories réelles, explicatives et prédictives, pour se contenter de revenir à la position adoptée par l'anthropologie des Lumières en son temps, préoccupée d'observer et de décrire la pluralité des états de la société et de la culture, plutôt que de rechercher l'ordre organisateur commun aux multiples sociétés humaines. Il s'agit d'assumer, voire de revendiquer, la part d'irréductible contingence, d'approximation, qui entache les données et résultats issus de la pratique de terrains ; ce sont tous des cas particuliers dont le choix lui-même conserve une part d'arbitraire. Dans cette part d'arbitraire entrent des opportunités et des contraintes pour le choix des terrains, mais aussi la manière dont les chercheurs sont eux-mêmes impliqués dans la dynamique observée, la manière dont s'établissent les réseaux relationnels et la manière dont les acteurs impliqués dans un terrain réagissent au projet de recherche. D'une certaine manière, et c'est tant mieux comme ça, le choix du terrain est toujours plus ou moins influencé par la tendance à vouloir collectivement optimiser le rendement de la recherche en termes de production de connaissances, cette tendance étant tout à la fois le fait des chercheurs et des acteurs sociaux impliqués. La production de connaissances est en effet liée directement aux enjeux mêmes de ce qui est observé et analysé ; elle est un phénomène de communication sociale. La mode qui consiste à choisir les terrains de la façon la plus "froide" possible pour mimer la rationalité et la prise de distance scientifique, aboutit presque inévitablement à privilégier la production de connaissances par dévoilement et démystification, laquelle n'est certes pas la plus neutre et la plus intéressante pour la compréhension du fonctionnement social.
La conscience réflexive aiguë tout à la fois des contraintes liées à la pratique du terrain, mais aussi de l'engagement du chercheur dans la réalité sociale qu'il cherche à observer, a permis que l'ethnographie du contemporain ne se transforme ni en littérature, ni en expertise militante. Elle a également ouvert les sciences humaines à une tradition philosophique pour laquelle le savoir n'est pas un domaine spécial de l'activité de l'esprit qui serait soutenu par la raison pure, mais un champ de significations relevant de la culture d'un groupe déterminé.
La question du lien entre le niveau micro des études locales et des niveaux plus généraux de résultats
Outre ce problème du statut des données recueillies et de l'absence de référence à des objets prédéterminés, d'autres difficultés surgissent également dans l'étude des usages d'Internet, difficultés qui sont liées à la définition même de ce qu'est le terrain.
Outre l'objet de la recherche, le champ lui-même est en effet largement indéterminé. Les logiques sociales qui ont été étudiées pour l'ensemble des phénomènes de communication "médiatés" par des objets techniques s'appuient pour une large part sur l'idée d'une structuration fondamentale de la réalité observée entre, d'une part, un niveau de communication inter-individuel et collectif, et d'autre part, un pôle producteur (d'informations ou de dispositifs techniques d'accès à l'information) et un pôle récepteur au sein duquel se construisent les significations de l'usage. De plus, même si ce sont des analyses microsociales qui ont très largement contribué à la production de connaissances concernant le phénomène de l'usage, l'horizon convoité par bien des chercheurs reste la possibilité de relier ces analyses microsociales au corps de connaissances disponibles sur un éventuel modèle stable et global du fonctionnement social. Ce modèle est inspiré d'une part des grandes enquêtes nationales sur les comportements et les opinions des français, d'autre part des modèles théoriques traditionnels du lien social, la plupart du temps centrés sur des rapports de pouvoir et sur la stratification de la société en catégories socio-démographiques qui se reproduisent elles-mêmes.
C'est la perspective d'une telle destinée qui permet souvent aux études empiriques, par ailleurs utiles aux théories du fonctionnement social, de se "racheter" et d'être créditées de quelque portée théorique et prédictive, sous réserve, en quelque sorte, de pouvoir être reliées à des schémas explicatifs ou théoriques globaux.
Il n'est pas possible dans notre cas de nous projeter ainsi dans la certitude de pouvoir articuler nos propres résultats à un quelconque système (rapports sociaux, relation à la technique, significations sociales des pratiques culturelles), qui viendrait a posteriori valider l'ensemble de la démarche. Mais on peut avoir une autre manière de considérer des résultats. En particulier, pour des phénomènes qui évoluent en même temps qu'ils sont étudiés, dans des champs très "sensibles" de la société contemporaine, ce sont les dynamiques, même éphémères, mais devenues visibles et interprétables, qui sont souvent intéressantes en elles-mêmes.
Cette indétermination de l'objet et du champ même de la recherche peut sembler encore aggravée par le caractère beaucoup trop déterminé et arbitraire, par contraste, du contexte même de la recherche au moment où elle démarre. La question du choix des sites en est un élément particulièrement saillant. En la matière, délimiter un terrain et des modalités d'observation pourrait même constituer un objet de recherche en soi plus "authentique", puisque la réalité de référence que constitue l'apparition publique d'un certain nombre de lieux d'expériences plus ou moins intéressantes se manifeste de façon plus directement sensible et plus active que des usages encore tout virtuels.
Le choix des sites
Toute une série de problèmes intéressants en eux-mêmes sont posés par la publicité plus ou moins arbitraire dont bénéficient certains lieux au détriment d'autres, inconnus, dont on soupçonne qu'ils pourraient être éventuellement "plus intéressants". Les motivations et les intérêts plus ou moins explicites des membres du groupe de pilotage, et des membres de l'équipe de recherche, constituent également une réalité de référence très sensible, susceptible elle-même de faire apparaître une recherche sur ces intérêts et ces motivations comme étant encore plus "authentique".
De telles tendances existent d'ailleurs au sein des sciences humaines et se développent rapidement, avec tout le bénéfice des démarches qui produisent des connaissances par dévoilements et révélations de mécanismes cachés. Mais pour ce qui concerne notre propre recherche, elle se situe exactement à l'inverse dans le champ de ces phénomènes et de ces questions de société qui surgissent brutalement dans le débat social collectif pour connaître des évolutions et des mutations fulgurantes. Dans ces conditions, la recherche semble toujours suivre bien plus qu'analyser, toujours suspecte d'être dépendante des sollicitations de la mode et de l'actualité. Sous cet aspect, le champ de la communication apparaît très proche du champ de l'environnement. L'environnement étant "à la mode", l'écologie peut toujours être suspectée de sacrifier à une certaine tyrannie des sollicitations du jour. On peut rétorquer à cela qu'il serait bien dommage que, sous prétexte qu'une question soit très médiatisée, elle soit nécessairement considérée comme fausse et hors champ de la recherche.
Tout au contraire, c'est pour tenter d'affronter la dynamique même des sociétés contemporaines que l'empirisme s'est considérablement développé après-guerre dans le champ de la sociologie elle-même : il est ce qui rapproche la sociologie urbaine telle qu'apparue avec l'école de Chicago et l'ethnographie "endogène" qui se développe en France depuis les années 70. Les sciences de l'information et de la communication lui font à leur tour une large place, au tournant des années 80 jusqu'à nos jours. Dans ces trois cas, il s'agit de traiter d'objets contemporains, sur des terrains mouvants en constante évolution, et sans le bénéfice de la prise d'écart que constitue la référence à un modèle général du fonctionnement des sociétés humaines.
La démarche empirique naît dans ces trois cas d'un choix face à un dilemme cher aux sciences humaines. Comment, tout en restant scientifique, ne pas renoncer à s'impliquer dans des questions dont les enjeux sont fondamentaux pour les sociétés contemporaines? Là encore, comme pour Sperber, il s'agit d'assumer la part de l'arbitraire liée à l'engagement des chercheurs et de leurs commanditaires dans la dynamique même des phénomènes qu'ils étudient, en en tirant parti à des fins de production de connaissances. Non pas "observons et il en sortira toujours bien quelque chose", mais intégrons à notre questionnement le fait que nous ayons été amenés à travailler sur tel terrain, sachant que ces choix, contrairement aux schémas canoniques de la démarche scientifique, ne résultent pas exclusivement des intérêts de la recherche elle-même, mais reflètent également la dynamique du phénomène étudié dans laquelle est prise toute recherche sur des dispositifs contemporains.
Des usages non encore constitués dans un contexte qui évolue de jour en jour
La difficulté de rendre compte des usages ou de la construction des usages dans le cas des réseaux qui font appel à des technologies très récentes, tient évidemment à l'extrême volatilité de contextes qui se modifient de jour en jour.
L'évolution très rapide de l"offre" change perpétuellement les conditions d'utilisation. Tout ce qui est observé à un stade donné est susceptible d'une rapide obsolescence, et l'intérêt de ces observations peut apparaître comme étant très relatif. Cette difficulté est fréquemment relevée à propos de la recherche sur les usages des NTIC26, elle peut inciter certains auteurs à considérer que les usages ne sont susceptibles d'être étudiés que lorsqu'ils sont banalisés et stabilisés.
26 Le problème a été évoqué notamment à propos de la recherche menée sur la première version du Minitel, avant que celui-ci ne devienne un périphérique banalisé du téléphone. Le suivi de l'expérimentation ne pouvait laisser présager la suite, totalement modifiée avec la mutation de l'offre. Si on les analyse soigneusement, il apparaît cependant que les résultats ne sont obsolescents que par rapport au Minitel lui-même en tant qu'objet technique dont les conditions d'utilisation ont été totalement transformées. Par contre, ils continuent d'être fort utiles pour tout ce qui concerne la manière dont les usages peuvent acquérir leur significations, notamment dans l'univers domestique et familial.
Dans ce cas, l'observateur serait dans la position de ne rien pouvoir dire de pertinent sur tout le processus de construction sociale des usages au moment où l'offre n'est pas stabilisée, c'est-à-dire dans les moments même où les enjeux de contrôle des usages sont pratiquement les plus importants pour les secteurs marchands et politiques. L'étude des usages envisagée de cette manière entérinerait d'emblée une situation où les usagers n'auraient sur les usages qu'un pouvoir très neutralisé et réduit, un pouvoir d'introduire une sorte de variabilité culturelle rassurante dans les utilisations, mais après seulement que les choix essentiels et les tendances déterminantes soient fixés, à l'issue de luttes et de négociations entre marché et pouvoirs publics27.
27 Même si les études d'usages se sont effectivement développées par l'observation de tout ce qui relève du "braconnage" et des tactiques de détournement mises en oeuvre par les individus pour aménager des objets déjà "formatés" par les institutions et le monde industriel, elles se sont peu à peu affranchies des postulats originels qui assignaient l'usage à une marge de "jeu" résiduelle. Cependant, le débat continue d'être très vif entre ceux qui insistent sur la capacité des individus à construire l'usage et donner sens aux techniques et ceux qui dénoncent la mise en valeur excessive de ce pouvoir de l'usager.
Face à cela, nous pouvons entreprendre des recherches portant précisément sur la construction des usages, à partir d'un état très précoce, qui est la mise à disposition publique d'une technologie de communication et d'information. Un tel objectif nécessite cependant de pouvoir observer sur des durées a priori indéterminées et de ne pas être contraints à la "production" de résultats sur les usages proprement dits à des stades où tout peut continuellement être remis en cause.
Dans certains cas, il est éventuellement possible de recentrer la production des données sur des phénomènes qui sont à l'échelle des durées d'observation et des contraintes de production de résultats. Par exemple, on pourra s'attacher à l'analyse des réactions à l'introduction d'une technologie particulière, ou bien élargir au maximum la notion d'usage proprement dite, en se centrant sur les opinions ou sur les représentations préalables à l'utilisation des technologies en cours d'élaboration.
Dans notre cas, il apparaît nettement que la durée très courte du suivi global des lieux d'expérimentation (une année) et la dispersion des observations sur une variétés de sites très différents, ont particulièrement "accusé" ce problème de l'appréhension des processus d'appropriation ou de positionnement. Il apparaît plus que jamais que la notion même d'usage des NTIC est menacée dans le champ de la recherche, tant les phénomènes observés sont complexes et ne peuvent prendre sens que par rapport à des contextes institutionnels, politiques, culturels qui échappent très largement à la sphère de l'usage traditionnellement étudié, à connotation souvent individuelle et privée.
Evolution de la méthode
La méthode définie au début de la recherche a évolué, sous certains aspects qu'il est important de signaler.
L'idée initiale consistant à s'appuyer largement sur l'engagement d'acteurs des projets dans chacun des lieux a été abandonnée dans tous les sites observés. Par contre, les observations et les entretiens réalisés sur le terrain par les chercheurs eux-mêmes ont souvent été beaucoup plus longs et détaillés qu'initialement prévu.
Il s'est en effet rapidement avéré qu'il était impensable de proposer un statut d'observateur aux acteurs des projets, à un stade où ceux-ci devaient nécessairement "défendre" leurs propres projets en cours de mise en oeuvre, en s'appuyant notamment sur une anticipation permanente des usages potentiels et sur toutes les possibilités de mobilisation de personnes pouvant élargir le réseau de leurs interlocuteurs.
Mais plus fondamentalement, ces projets impliquent de nombreuses personnes, plus ou moins volontaires, plus ou moins professionnelles. Le recueil de leur point de vue propre s'avérait beaucoup plus riche et intéressant pour la compréhension du projet et du contexte d'usage, que le recueil d'informations détenues par ces personnes sur des utilisations directes des réseaux. Ce sont ces points de vue qui constituaient en quelque sorte un premier niveau de données parce qu'ils étaient plus pertinents que des informations sur une problématique qui est celle des usages et non celles des réactions à une offre technologique.
La variété des questions soulevées par les observations et les situations rencontrées lors du travail de terrain a amené la réflexion à évoluer très rapidement au sein du groupe des chercheurs. Des journées de réflexion collective approfondie et parfois d'observations commune de terrain ont été indispensables pour intégrer cette dimension évolutive. Ces phases constituent autant de paliers dont les monographies et la synthèse ne peuvent guère rendre compte, mais qui ont constitué une dynamique particulière dans cette "navigation à vue".
Le fait que l'équipe ait été au complet dans certains endroits (Marseille), mais que les autres sites aient été suivis par un ou deux chercheurs seulement s'est avéré important dans cette dynamique. Les axes transversaux dégagés en commun ont pu ainsi nettement "décoller" des résultats inspirés par l'observation propre à chaque site, et constituer de nouveaux résultats très différents sur les usages, bien plus qu'un compte-rendu des ressemblances et des différences d'un lieu à l'autre.
Atelier « Culture et autoroutes de l'information »
Groupe de travail «Education - Formation - Création»
Animation/Coordination
Elisabeth Caillet
Jean-Christophe Théobalt
Ministère de la Culture et de la Communication
Délégation au Développement et aux Formations
Participants (96/97)
Ministère de la Culture et de la Communication
Evelyne Pierre
Mission de la Recherche et de la TechnologieLouis Bec ; Martine Bour ; Pierre Lère ; Guy Tortosa ; Anne Tronche
Délégation aux Arts PlastiquesBernadette Goldstein
Direction des Musées de FranceThierry Giacomino
Direction de la Musique et de la DanseJocelyn Pierre
Département des Etudes et de la ProspectiveMarie Britten
Délégation Générale à la Langue FrançaiseJoëlle Metzger ; Kate Midgley
Direction Régionale des Affaires Culturelles de Provence-Alpes-Côte-d'AzurFranck Bauchard
Direction Régionale des Affaires Culturelles du CentreCindy Renard
Direction Régionale des Affaires Culturelles de Midi-Pyrénées
Hélène Ormières
Ministère de l'Education nationale, de la Recherche et de la
Technologie
Luce-Marie Albiges
Caisse Nationale des Monuments Historiques et des Sites
Yannick Maignien
Bibliothèque Nationale de France
André Jean-Marc Loechel
Laboratoire de Recherche des Musées de France
Christian Gautellier
CEMEA
Francis Rousseaux
UFR Musicologie Paris 4
Thierry Hateau
Cité des Sciences et de l'Industrie
Jean-François Chaintreau
Mairie de Paris
Nouveaux participants (à compter de l'automne 97)
Ministère de la Culture et de la Communication
Gaëlle Béquet
Direction du Livre et de la LectureDiane de Ravel
Délégation aux Arts Plastiques
Laurent Petit
Ministère de l'Education Nationale, de la Recherche et de la
Technologie
François Tanniou
Délégation Interministérielle à la Ville
Jean Chevaldonné ; Didier Paquelin
CNERTA
Amid Bendouba
Ministère de l'Emploi et de la Solidarité
Chercheurs
Serge Pouts-Lajus (Observatoire des technologies pour l'éducation en Europe)
Joëlle Le Marec (Université de Lille III)
Sophie Tievant (Ethnologue)
Sophie Deshayes (Cité des sciences et de l'industrie)
Cette liste comporte l'ensemble des personnes ayant participé au groupe de travail depuis sa création. Certaines d'entre elles, qui ont notamment changé de fonction ou d'institution au cours des deux dernières années, ne sont plus impliquées dans les travaux du groupe fin 97.
Pour obtenir des informations sur le groupe de travail ou commander des exemplaires de ce rapport (de préférence par mél), s'adresser à :
Ministère de la Culture et de la Communication
Délégation au Développement et aux Formations
2, rue Jean Lantier
75001 ParisContact : Jean-Christophe Théobalt
Tel : 01 40 15 78 29
Fax: 01 40 15 78 00
Mél : theobalt@culture.fr