Pierre Valade, école de
Piquecos - Mars 1998
1/ PRÉSENTATION
T.I.C.E. et
textes officiels
programmes de
lécole primaire
B.O.E.N. n°10
du 7 mars 1996
B.O.E.N. n°18
du 1er mai 1997
Conférence de
presse du 17 novembre 1997
Petit
historique
Le
multimédia
Quest ce que
lInternet ?
Historique
Se
connecter
Usages de
lInternet (en général)
Echanger,
Communiquer
Diffuser de
linformation
Rechercher
LInternet à
lécole de Piquecos
LInternet,
aujourdhui, dans lEducation nationale
2/ PROBLÉMATIQUE
Pour
linstitution
Au
Québec
En Grèce
Ma
problématique à lécole de
Piquecos
Les freins à un bon
apprentissage
lisolement
les
documents
la relation
maître/élèves
lenseignement
en tranches disciplinaires
Les
questions
lisolement
les
documents
la relation
maître/élèves
lenseignement en
tranches disciplinaires
Mes hypothèses de
travail
lisolement
les
documents
la relation
maître/élèves
lenseignement en
tranches disciplinaires
3/ DÉMARCHE
Le contexte local
Les projets autour des T.I.C.E.
via
lInternet
via le
cédérom
Rompre
lisolement
courrier
électronique
livre
dor
visites
amicales
visites
institutionnelles
venue de
journalistes
Laccès aux
documents
par
courrier électronique
grâce au
web
sur
cédérom
La relation
maître/élève
une nouvelle
manière dêtre maître
une
pédagogie par projets collectifs
expression
et gestion des projets
le
traitement des disciplines scolaires
une autre
façon dêtre élève
un rapport
familier à la technologie
la
diffusion des compétences techniques
limplication
des élèves dans le cédérom sur
leau
Lenseignement
par projets
une
utilisation technique raisonnée
la
diversification des situations
dapprentissage
en utilisation de
données multimédia
- vocabulaire
- expression et
conjugaison
en
utilisation des statistiques du serveur
- en
mathématique
- en
géographie
en production
multimédia
- le cédérom
sur leau
- le site
web
le
travail en autonomie
4/ CONCLUSION
GLOSSAIRE
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXE
cédérom
sur leau, pour Mac et PC
T.I.C.E. et textes officiels
L'institution [scolaire] affiche une attitude volontariste en matière d'utilisation dans l'école des nouvelles technologies éducatives en général, suscite des expériences et des initiatives et en assure un certain suivi même si elle n'a pas défini d'objectifs globaux à long terme2 .
Programmes de lécole primaire
L'arrêté du 22 février 1995 portant sur les programmes pour chacun des cycles de l'école primaire cite l'informatique au niveau du cycle d'approfondissement à l'occasion du chapitre "sciences et technologies". Il indique "quelques utilisations de l'informatique à l'école et dans l'environnement quotidien", ainsi que "l'utilisation raisonnée d'un ordinateur et de quelques logiciels (traitement de texte, tableur et logiciels spécifiques à l'école primaire) dans le cadre de l'enseignement des champs disciplinaires "approche des principales fonctions des micro-ordinateurs (mémorisation, traitement de l'information, communication)". Cependant, l'accent n'est pas mis sur l'aspect multimédia du micro-ordinateur ni sur les possibles utilisations dans les apprentissages et son rôle s'inscrit avant tout dans les sciences et les techniques.
Il semble que se dessine une prise de conscience de l'importance des enjeux chez beaucoup de personnels enseignants comme chez les personnels de direction ou d'encadrement. Il s'agit cependant d'évolutions avant tout individuelles. Toutefois des réflexions collectives, à caractère plus général sur le rôle que peuvent jouer les technologies multimédia dans l'éducation, se développent.
B.O.E.N. n°10 du 7 mars 1996
Le ministère sest résolument engagé dans la démarche des autoroutes de linformation dans le prolongement des actions mises en place pour favoriser les usages pédagogiques des technologies nouvelles dans lenseignement. [ ] Lutilisation du réseau Internet est un moyen denrichir les enseignements disciplinaires, dinitier les élèves aux nouvelles technologies de linformation et de la communication (N.T.I.C.) en favorisant leur autonomie, et douvrir lécole sur lextérieur. [ ]
B.O.E.N. n°18 du 1er mai 1997
Dans ce Bulletin Officiel se trouve une note du Directeur de lInformation Scientifique, des Technologies Nouvelles et des Bibliothèques, intitulée lenseignement scolaire et le développement des technologies de linformation et de la communication. Après une définition de compétences à acquérir pour de futurs citoyens vigilants et adaptés, cette note invite à une phase de généralisation du développement des T.I.C. par les usages, la formation et la production de ressources.
Conférence de presse du 17 novembre 1997 de Monsieur le Ministre de lEducation nationale, de la Recherche et de la Technologie et de Madame la Ministre déléguée de lEnseignement scolaire
Dans ce contexte, a été défini un cadre politique pour les T.I.C.E. (de lécole à luniversité), pour les 3 ans à venir. Ces objectifs [définis antérieurement] peuvent être atteints à condition que les nouvelles technologies de linformation et de la communication soient partie intégrante de toute démarche pédagogique.
Les dernières déclarations ministérielles mettent en avant laspect matériel et technique des nouvelles technologies, même si elles comptent sur la détermination des enseignants et des personnels dencadrement pour créer du contenu. Il semblerait nécessaire de privilégier, conjointement au souci déquipement dont témoigne le Ministère, la prise en compte des possibilités liées à ces technologies en amont des projets décoles et détablissements et daccompagner les personnels appelés à utiliser ces technologies par une formation appropriée leur permettant dintégrer au mieux ces outils dans leur pratique pédagogique quotidienne. Des recherches observant et analysant les relations entre multimédia et construction des savoirs, par exemple, devraient permettre de mieux définir le champ daction des T.I.C.E. et leur portée dans le système éducatif.
Entre 1977 et 1987, jai enseigné pendant plusieurs années dune façon qui ne me donnait quassez peu satisfaction, proche de ce que Marc BRU appelle un modèle programmatique3 : dans une situation denseignement/apprentissage, il présuppose quil suffit denseigner pour que les élèves apprennent (lInspecteur Général Guy Pouzard évoque, lui, les principes de linéarité et de certitude). Assez peu satisfait de ma manière de fonctionner, jai alors décidé de prendre du recul. Javais alors deux centres dintérêt pédagogique plus marqués : léducation physique et sportive (jai présenté un C.A.F.I.M.F. dans cette option en 1985) et linformatique (javais pris en charge lanimation particulière de ce domaine au niveau de lécole et des parents délèves lors du plan Informatique Pour Tous).
Cest naturellement que je me suis tout dabord dirigé vers lanimation de deux fédérations sportives affinitaires : lU.S.E.P., union sportive de lenseignement du premier degré, et lU.F.O.L.E.P. dont jai assumé la responsabilité départementale pendant quatre années. Pendant ces années, jai pu mettre en uvre diverses manifestations et activités pédagogiques, en relation étroite avec les C.P.C. et le C.P.D./E.P.S. Ayant quelques compétences dans le domaine informatique, je me suis trouvé en charge dinformatiser la Fédération des uvres Laïques dont je dépendais. Pour ce faire, jai collaboré avec une société informatique dans laquelle régnait un climat particulièrement agréable : jai eu envie dy travailler.
Jai pu ensuite bénéficier, de 1991 à 1994, dun congé de mobilité, prolongé par deux années de disponibilité, qui mont conduit dans cette entreprise. Là, jai découvert les réseaux informatiques, aussi bien dans leur fonctionnement technique que dans les possibilités déchange liées à leur utilisation : jai été associé à la conception de réseaux locaux, leur mise en place, leur maintenance chez les clients de lentreprise, mais aussi à lutilisation de leurs potentialités, par exemple pour échanger des points de vue techniques ou commerciaux avec des interlocuteurs travaillant aux Etats-Unis chez le contructeur dans le réseau duquel mon entreprise se trouvait. Cest encore de cette manière que jai découvert, par lInternet, le Rescol québecois (REseau SCOLaire) à un moment où seules quelques écoles françaises utilisaient le réseau au travers de la messagerie électronique seulement (lécole de Bioule par exemple). Et ce sont en partie ces possibilités de communication et de richesse dinformations qui ont motivé ma décision de reprendre une classe, alliés au fait que le sentiment de lassitude connu quelques années auparavant avait laissé place à une nouvelle volonté de modifier mes pratiques pédagogiques.
De fait, après une année scolaire de reprise de contact avec le système scolaire (réadaptation aux enfants, aux relations avec la municipalité, les parents, ladministration de tutelle, les collègues du même bassin décoles ; découverte des Programmes de lécole primaire et de la nouvelle organisation en cycles), jai proposé à la municipalité le remplacement du matériel informatique existant qui ne fonctionnait plus (un TO7 et un Exel) par un micro-ordinateur multimédia4 équipé dun lecteur de cédérom et son branchement à lInternet. Le choix, dès le début, sest porté sur un ordinateur facile dutilisation, capable non seulement de lire mais dacquérir et de numériser des textes, des sons et des images y compris des vidéos. Si le concept général du multimédia est aujourdhui bien connu au travers du succès emporté par le support cédérom, celui de lInternet nécessite quelques explications.
Quest ce que lInternet ?
Historique de lInternet
Internet est le fruit dune part dune expérimentation du Département de la Défense américain pour répartir, sur plusieurs ordinateurs communiquant entre eux, des informations sensibles par crainte dune attaque nucléaire de lUnion Soviétique, dautre part de la volonté de scientifiques de plusieurs universités américaines de communiquer aisément entre eux.
Ainsi le premier réseau civil dordinateurs, dénommé ARPANET, est né dans la nuit du 21 novembre 1969, reliant entre elles les universités dUCLA et Stanford.
En 1972, une cinquantaine duniversités et de centres de recherches militaires étaient reliés.
Lintérêt de ce système de communication réside surtout , pour la partie matérielle, dans le fait que des messages peuvent être transmis, même en cas de panne ou de surcharge dun ou plusieurs ordinateurs du réseau ; pour la partie logique, cest grâce à un langage commun à tous les ordinateurs, TCP/IP, devenu la norme en 1983, que lensemble des ordinateurs (individuels ou en réseau, mini ou micro-ordinateurs, sous Unix, Linux, OS/2, MacOS ou Windows ) peuvent indifféremment communiquer entre eux.
Les communications sur lInternet empruntent indistinctement tout support de communication : fil de cuivre, fibre optique, liaisons hertziennes ou satellitaires Aussi, pour parvenir à destination, un message nest pas tenu demprunter un chemin prédéfini : grâce à un réseau de boitiers électroniques dénommés routeurs, les paquets composant un message sont dirigés vers le chemin le plus rapide. En fonction des volumes de messages transitant sur le réseau, la voie empruntée par un paquet, définie au départ comme la plus rapide (ou la plus sûre), nest peut-être plus la même que celle que va emprunter le paquet suivant si la voie précédente devient saturée, ou sil y a une panne, ou pour toute autre cause et il en va de même pour tous les paquets du message. En fin de course, le message, totalement reconstitué, parvient à son destinataire.
Cependant ARPANET seul ne sest pas développé démesurément jusquà atteindre les dizaines de millions dordinateurs reliés aujourdhui par lInternet : Cest un ensemble de réseaux de ce type, comme ceux de la National Science Foundation, de lInstitut National de la Recherche en Informatique Appliquée , mais aussi dordinateurs individuels qui, progressivement, se sont reliés ensemble pour constituer ce qui est aujourdhui lInternet. La France devrait ainsi compter près de 500 000 abonnés à lInternet en 1998.
Que faut-il pour se connecter à lInternet ?
Au niveau matériel, il faut un ordinateur multimédia, le plus souvent PC ou Macintosh, et un modem rapide (28800 à 56000 bauds/seconde) pour une liaison sur les lignes téléphoniques courantes (R.T.C.), ou alors un boitier ou une carte numérique pour une liaison via une ligne téléphonique Numéris.
Les logiciels de base sont pour la plupart gratuits. Il faut un navigateur si lon souhaite utiliser le web (la Toile, pour les Québecois) et les forums : généralement Netscape Navigator ou Internet Explorer. Pour la messagerie électronique, il est simple dutiliser Eudora. En ce qui concerne les autres services utilisables sur lInternet (IRC, FTP, Gopher, Visio-conférence ), les logiciels correspondants sont souvent fournis sur support cédérom en accompagnement des revues informatiques.
Il reste enfin à souscrire un contrat avec un fournisseur daccès Internet, généralement pour un coût variant de 60 F à 100 F mensuels, auquel il conviendra dajouter le montant des communications téléphoniques, coût lié à la durée des temps de connexion.
Usages de lInternet, en général
Echanger, Communiquer
le courrier électronique
Chaque abonné à lInternet possède une adresse électronique communicable aux autres usagers. Le cheminement du courrier électronique ressemble à celui dune lettre envoyée par la Poste. Les serveurs des fournisseurs daccès jouent le rôle des bureaux de poste de lexpéditeur et du destinataire. Grâce à ce dispositif, on peut recevoir des messages en provenance du monde entier, à la différence du Minitel qui ne permet quune correspondance hexagonale. Ces messages peuvent être accompagnés de divers fichiers informatiques : textes, sons, images fixes et animées. La transmission de ces messages est instantanée et son coût indépendant de la distance. Le courrier électronique, appelé mél en France (pour Messagerie ELectronique), permet la correspondance scolaire au niveau mondial. Cet outil facilite encore les échanges de documents entre enseignants, quil sagisse de faire connaître ou déchanger sur des textes officiels, des expériences en cours, des innovations, des appels à participation à projet(s).
IRC (Internet Relay Chat, ou bavardage sur lInternet )
LIRC est un outil texte destiné à communiquer en temps réel avec un ou plusieurs interlocuteurs simultanés, grâce à des messages saisis au clavier. Cet outil a tendance à laisser place aujourdhui à la téléphonie ou la visio-conférence via lInternet : le son et limage (vidéo, photo, dessin, schéma) peuvent accompagner ou remplacer le texte. Lintérêt économique est saisissant, puisque le coût dune telle communication est identique à celui dune communication téléphonique locale !
Les listes de diffusion
Elles sont associées au courrier électronique. Prenons lexemple de la liste du réseau scolaire français, créée par le Ministère de lEducation nationale : elle est symbolisée par une adresse électronique particulière moderateur.rescol-fr@ext.jussieu.fr à laquelle tout le monde peut écrire. Le responsable de la liste (ou modérateur) décide de la recevabilité ou non du message reçu. Parallèlement, chacun peut sabonner à cette liste en indiquant son adresse électronique. Ainsi, dès quun message est déclaré recevable par le modérateur de la liste, il est communiqué simultanément à lensemble des abonnés.
Les forums
Ce sont des lieux déchange ouverts à tous sur des sujets bien particuliers. Le serveur mémorise les contributions que chacun peut apporter. Il les met à disposition de quiconque vient les chercher.
Diffuser de linformation
La situation la plus courante aujourdhui sur lInternet consiste en la diffusion dinformation. La première manière de diffuser linformation sappuie sur le courrier électronique et les listes de diffusion décrites précédemment. La difficulté dans ce cas réside dans le fait quil nest possible de connaître que les adresses électroniques qui ont été communiquées par leur propriétaire.
Pour diffuser plus largement, les créateurs dinformation préfèrent aujourdhui mettre à disposition publiquement sinon lintégralité de celles-ci, du moins un catalogue. Plusieurs services de lInternet proposent un tel service :
Le transfert de fichiers (FTP)
Cest le plus ancien des services. Les serveurs FTP stockent les fichiers numériques (textes, images, sons) dans leur forme dorigine. Le client vient en prélever une copie qui va senregistrer sur le disque dur de son ordinateur.
Gopher
Pour pallier les inconvénients du FTP (difficulté de localiser tel ou tel fichier), Gopher affiche un menu arborescent offrant une vision explicite des informations disponibles sur le serveur.
Le Web (World Wide Web, W3, la Toile)
Cest le service le plus connu de lInternet, parce que le plus accessible au grand public. Il introduit la notion dhyperdocument en réseau. Laccès à linformation se fait par affichage direct, sur lécran de lordinateur consultant, de textes et dimages. Parfois, ceux-ci seront illustrés de sons voire de séquences vidéo. Cliquer sur une zone sensible du texte ou de limage va transporter le surfeur vers un autre fichier résidant sur le même serveur, sur un autre serveur, très proche géographiquement ou en un lieu lointain de la planète.
Rechercher
Pour accéder à un document de la Bibliothèque Nationale de France, je trouverai facilement mon bonheur si je connais le nom de lauteur ou celui de louvrage, le thème ou bien la côte. Au pire, un documentaliste viendra à mon secours
Nommé Bibliothèque de Babel par lInspecteur Général Jean-Michel BERARD5, lInternet met à disposition de tous et en tout lieu une quantité gigantesque, quasi infinie, de documents. Pour tenter de sy retrouver, linternaute peut faire appel à plusieurs moteurs de recherche qui sont des ordinateurs dont la fonction est dindexer linformation, le plus souvent par thème ou par mot-clé.
En ce qui concerne léducation en France, le Ministère de lEducation nationale, conscient de ce vaste problème de la recherche, de la pertinence et de la validation de linformation, prépare un projet devant permettre aux enseignants et à leurs élèves de sy retrouver plus facilement : le projet Educasource. Les ressources éducatives disponibles actuellement sur lInternet peuvent être classées en quatre catégories :
les documents pédagogiques produits ou édités spécifiquement ;
des références et des liens vers dautres ressources ne sadressant pas particulièrement au système éducatif (météo, musées, presse ) ;
des parcours pédagogiques sur lInternet, souvent sous forme ludique ;
des pointages vers des établissements scolaires disposant de pages web.
LInternet à lécole de Piquecos
En début octobre 1995, la mairie de Piquecos équipait lécole (une seule classe) dun ordinateur multimédia et dun accès à lInternet. Dans un premier temps chez un fournisseur daccès privé (et donc payant), Planete.net, le site de lécole migrait sur le serveur de lAcadémie de Toulouse, gratuit, dès quil fut créé, en début dannée civile 1996.
Dans un premier temps, le site de lécole de Piquecos présentait lécole, le R.P.I. et le bassin décoles du Bas-Quercy : quelques textes, quelques photos.
Avec la migration sur le serveur de lAcadémie de Toulouse, le site sest structuré et sest enrichi : à la présentation de lécole se sont ajoutés le journal de lécole (le Tumulus), des dossiers dans différents domaines, des compte-rendus denquêtes, des interviews, la présentation et critique de livres, un jeu (charades), la mise en place dun livre dor destiné à recueillir les appréciations de nos visiteurs.
Parallélement à cette utilisation de la Toile, nous correspondions par lintermédiaire de la messagerie électronique avec la classe globale francophone, dont lanimatrice résidait aux Etats Unis ! Nous traitions aussi les messages parvenus par le biais du livre dor.
Autre activité liée à lInternet : quelques séances de CHAT (IRC pour les experts, tchatche pour les enfants) avec une classe québecoise : connexion à 14h30, temps ensoleillé et assez chaud (environ 18° C). Au Québec, il était alors 8h30, il y avait près dun mètre de neige chez nos interlocuteurs et la température extérieure avoisinait les -30 °C
Parallèlement au choix de lordinateur multimédia pour ses possibilités de connexion à lInternet, nous souhaitions que la même machine puisse lire et créer des productions multimédia (cédéroms ). Ainsi, grâce aux possibilités de communication de lInternet, nous avons pu mener à bout un projet de production dun cédérom sur le thème de leau6, en collaboration avec 22 classes francophones réparties dans 4 pays sur 3 continents. Après un an et demi de travail, voici le premier commentaire reçu : Un grand bravo à transmettre à tous les élèves et à tous les enseignants qui ont fait aboutir un tel projet! La qualité de ce travail est le meilleur atout dont disposent aujourd'hui tous ceux qui devraient convaincre que les T.I.C.E. à l'école c'est un outil de réelle mise en place d'activités pédagogiques, dans le respect des programmes, mais avec un plaisir extraordinaire des élèves qui transparait ici à chaque page!!! Je l'avais commandé car les Yvelines s'engageaient dans un projet départemental en arts plastiques sur l'eau. Depuis, je suis au Ministère, à la direction des technologies et j'y suis chargée de tout ce qui concerne le premier degré. (Chantal Courtaux)
En France, 13 académies avaient été retenues suite à lappel à proposition sur les autoroutes de linformation lancé par le gouvernement en 1995, dont lacadémie de Toulouse. En général, ces académies ont mis en place des serveurs offrant la possibilité aux établissements scolaires des 1er et 2e degrés relevant de leur territoire de se connecter à lInternet. Parallèlement, les missions aux technologies de linformation et de la communication auprès des recteurs ont développé un ensemble de services offerts aux établissements en priorité, mais aussi aux internautes en général, respectant en cela la philosophie générale de lInternet qui est de mettre à disposition publique linformation dont on dispose.
Certaines académies ont bien intégré les possibilités offertes par l'utilisation de réseaux de micro-ordinateurs communiquant. Dans d'autres, il s'agit d'actions mises en place ponctuellement en réponse aux expérimentations lancées dans le cadre du Nouveau contrat pour l'école, mais sans réflexion d'ensemble sur les utilisations possibles de l'ingénierie éducative en matière de pédagogie. C'est en particulier le cas pour la visioconférence. S'il existe bien des personnes ressources chargées des nouvelles technologies auprès des recteurs et des inspecteurs d'académie, dans la majorité des cas il y a encore souvent séparation entre informatique, audio-visuel, multimédia avec comme conséquence la multiplication imparfaitement coordonnée des responsabilités et des dispositifs en matière de multimédia, souvent dispersés et divisés. Il arrive encore qu'on voie des responsables jaloux de leurs prérogatives et qui ne sont pas en mesure de travailler ensemble.7
Quoiquil en soit, ce sont aujourdhui près de 400 écoles françaises qui ont un accès à lInternet (source : M.E.N.R.T.).
2/ PROBLÉMATIQUE
Pour lInstitution, les T.I.C.E. semblent devoir profondément modifier notre système éducatif
Tous les exemples montrent que l'usage de l'outil multimédia est peu compatible avec des séquences horaires trop courtes et des emplois du temps trop rigides.8 Derrière ce constat de la Commission informatique de lIGEN semblent se profiler deux profondes modifications : dune part, un bouleversement des structures classiques du temps/classe, dautre part, une évolution liée à la nature même de loutil multimédia, transdisciplinaire par excellence. Et si ces technologies de linformation et de la communication, intimement liées à la notion de multimédia, bouleversaient mes pratiques pédagogiques antérieures ?
Auparavant, intéressons-nous à ce qui sécrit à létranger sur ce sujet :
Au Québec, linévitable réforme du système déducation
Les ressources quoffrent les technologies multimédia commandent une modification radicale des pratiques de gestion de lécole, des méthodes denseignement et des approches pédagogiques. [ ] A propos des modifications des méthodes denseignement, tous les efforts de la nouvelle pédagogie ne visent quun seul objectif : outiller lélève, accroître ses connaissances, renforcer ses compétences et larmer dune solide méthode de travail afin de le rendre apte à apprendre à apprendre. [ ] Cela ne signifie pas que les connaissances ou les savoirs soient devenus inutiles, mais plutôt quils doivent être appropriés par un processus de construction active de la part de la personne qui apprend et non pas assimilés passivement.9
En Grèce, en conclusion dune recherche sur les logiques dusage et enseignement des nouvelles technologies à lécole élémentaire, Vassilis KOMIS et Panayotis MICHAELIDES notent que nos résultats semblent donc indiquer que la pratique réelle des enfants [usage de lordinateur] et leur maturation sont des éléments clés de lévolution de leurs représentations. Celles-ci constituent le point dappui de la réflexion de lélève assurant un rôle prépondérant dans lapprentissage.10
Autorisant une diversification significative des situations dapprentissage et prenant davantage appui sur le travail en autonomie des élèves, laccès à des ressources distantes ou léchange dinformations entre enseignants, les T.I.C. transforment progressivement les schémas traditionnels de formation eux-mêmes.11
A lévidence, aux yeux de lInstitution, en France comme à létranger, la mise en place des technologies de linformation et de la communication dans une classe, certainement pas en tant que nouveaux outils mais dans leur capacité à matérialiser différemment linformation et à la traiter quasi simultanément sous divers angles, va engendrer de profondes modifications des systèmes déducation.
Ma problématique à lécole de Piquecos
Les technologies de linformation et de la communication entraînent-elles des changements dans la dynamique de lapprentissage ?
Par dynamique de lapprentissage, jai souhaité prendre en compte les éléments favorisant les apprentissages, cest-à-dire lensemble des actes volontaires par lequel lapprenant va sapproprier un savoir ou un savoir-faire.
Afin de développer cette problématique, je propose dénoncer dans un premier temps les freins à lapprentissage tels que jai pu les répertorier avant la mise en place des technologies de linformation et de la communication dans ma classe. Ensuite, jévoquerai les questions que je me suis posées pour tenter de remédier à ces lourdeurs. Puis je soumettrai les hypothèses que jai formulées pour essayer daméliorer la dynamique de lapprentissage.
Les freins à un bon apprentissage
Dimension sociale : lisolement
Bien quincluse dans un regroupement pédagogique intercommunal (R.P.I.) et un bassin décoles, notre école à classe unique se trouve isolée. Peu dhabitants dans le village, pas de commerçants ni dartisans à proximité. Les parents délèves résident pour la plupart sur les deux autres communes du R.P.I. Le village nest pas un lieu de passage : il conduit vers nulle part Un petit attrait touristique, le point de vue dominant la rivière Aveyron de 100 mètres, amène quelques touristes fugitifs, mais lété seulement, lorsque lécole est fermée. Une correspondance scolaire postale avec lAnjou tente de faire découvrir dautres lieux, dautres enfants, de motiver des écrits.
Dimension culturelle : les documents
Commune denviron 300 habitants, Piquecos alloue un budget important aux investissement et fonctionnement du bassin décoles. La commune prend en charge les achats de matériel scolaire, livres et cahiers. Pourtant, les livres vieillissent, sabîment, et il est parfois difficile de les renouveler (au mieux) ou de compléter les séries. En outre, il nest pas facile de constituer un fonds documentaire aisément accessible dans lécole, et ce malgré la proximité de la médiathèque intercommunale, riche de près de 5 000 ouvrages, mais que la classe fréquente au mieux à raison dune fois tous les 15 jours.
Dimension pédagogique et didactique :
Il ne sagit pas, pour moi, de développer laspect didactique des enseignements, mais plutôt daborder lintroduction pédagogique dun nouvel outil au service des enseignements : le multimédia.
a/ La relation maître/élèves
Basées sur une relation linéaire maître/élèves, privilégiant les contenus disciplinaires et prenant trop peu en compte les capacités des enfants à devenir acteur de leurs propres apprentissages, axant la majeure partie des travaux sur des productions individuelles, les modalités pédagogiques de mon enseignement ne me convenaient plus, même si le climat de la classe restait confiant.
b/ Lenseignement en tranches disciplinaires
Etroitement imbriqué au type de relation maître/élève évoqué plus haut, jappliquais strictement mon emploi du temps, pensant de cette manière contrôler lensemble des connaissances quallait acquérir lensemble des élèves, et songeant ainsi que le découpage en parties simples était la condition suffisante pour assurer des acquisitions complexes12 .
Les questions
Lisolement
Comment communiquer sans de trop longs délais avec dautres enfants, dautres adultes ? Que faire pour rencontrer, avec un minimum de frais, des personnes-ressources, capables de captiver notre intérêt ? Comment faire partager nos enthousiasmes, présenter nos productions, donner du sens à nos travaux ? Comment échanger avec des interlocuteurs divers sur des thèmes variés ?
Les documents
Comment accéder plus rapidement à des documents, nous permettant de nous adapter au rythme de la classe ? Comment pallier le vieillissement ou le mauvais état des ouvrages ? Comment rénover linformation (parfois) et liconographie correspondante ? Comment avoir accès à des documents que ni nous, ni la médiathèque intercommunale, ne possédons ?
La relation maître/élèves
Que faire pour modifier cette relation éprouvante ? Pour intéresser les élèves à leur formation ? Pour inciter les élèves, sans avoir recours à de quelconques artifices, à simpliquer dans un réel travail coopératif ? Comment développer leur autonomie, leur sens des reponsabilités ?
Lenseignement en tranches disciplinaires
Comment respecter les volumes horaires définis par les textes tout en favorisant des travaux de recherche, de tâtonnement, de mise en forme, tous généralement coûteux en temps ? Comment diversifier les situations dapprentissage et permettre aux élèves de progresser dans un rythme plus proche de leurs capacités ? Comment profiter de lavantage de la structure de lécole (une seule classe) et de lapport des nouvelles technologies pour mettre en uvre une pédagogie différenciée ?
Mes hypothèses de travail
Lisolement
Les réseaux rapprochent les hommes. De lexpérience antérieurement vécue dans linformatique, jai pu le constater in situ. Lutilisation des technologies de linformation et de la communication, et plus particulièrement de lInternet devrait permettre à la classe de communiquer avec des interlocuteurs proches et/ou lointains.
Les documents
LInternet, les cédéroms : de vastes bibliothèques vont souvrir à la classe ! Sans nous déplacer, linformation viendra à notre porte Des textes, des images, des sons voire des vidéos nous permettront de mieux comprendre, de mieux apprendre, de mieux apprendre à apprendre, puisquon devrait se trouver dans une logique denseignement interactif contextualisé13 avec une profonde modification contextuelle du paramètre classe (local)
La relation maître/élèves
De par leur complexité, les travaux de création multimédia, de recherche dinformations et la communication le plus souvent écrite avec linconnu devraient favoriser le travail collaboratif, le travail de groupe avec une réelle répartition des tâches. La position de lenseignant devient plus celle dun chef dorchestre qui permet aux enfants de sorganiser, de localiser des sources dinformation, de les prendre à leur compte afin de les retraiter autrement. Son statut dans la classe devrait donc sen trouver modifié, de même que le statut des élèves entre eux.
Lenseignement en tranches disciplinaires
Lintroduction des technologies de linformation et de la communication (très liées au multimédia par la forme quelles emploient généralement) ouvre une fenêtre nouvelle dans la classe. A travers elle, sengouffre un volume dinformations incomparable avec ce que nous connaissions auparavant dans lécole.
De ce fait, grâce à une utilisation raisonnée de ces ressources, il semblerait quun nombre important de disciplines denseignement soient couvertes par cet apport extérieur et sans cesse renouvelé.
Par cet intermédiaire, je pense que lon peut concilier à la fois le respect des Instructions Officielles, notamment dans les volumes horaires attachés à chaque discipline, et lobjectif damener nos élèves à devenir des citoyens de demain, à la fois vigilants et adaptés au monde qui les entoure [...] en autorisant une diversification significative des situations dapprentissage et en prenant davantage appui sur le travail en autonomie [...]14 .
Le contexte local
C'est dans le cadre d'un Regroupement Pédagogique
Intercommunal (R.P.I.) que se trouve à Piquecos une classe de
CM1-CM2. Pendant lannée scolaire 1996/1997,
période prioritaire dobservation pour ce
mémoire, la classe comprenait 23 élèves
répartis de la façon suivante: 15 filles et 8
garçons; 10 élèves de CMI et 13
élèves de CM2. Le R.P.I. regroupe trois communes
avoisinantes: Piquecos, l'Honor de Cos et Puycornet. Ces trois
communes font également partie d'un bassin d'école, le
« Bassin d'écoles du Bas-Quercy », auxquelles
s'ajoutent les écoles des communes de Lamothe-Capdeville et
Villemade. Cette entité est concrétisée par un
lieu dans lequel se rendent tour à tour les 300 enfants du
bassin: dans l'ancienne école de Loubéjac, une
B.C.D./Médiathèque et un atelier informatique
composé de 6 ordinateurs Apple Macintosh en réseau avec
une imprimante couleur et un numériseur (scanner) occupent
l'espace. Un enseignant supplémentaire est chargé
d'animer la vie de cette structure et de venir en soutien des
quatorze autres enseignants.
Ma classe s'y rendait tous les vendredis après-midi. Depuis,
nous y accédons généralement un mardi
après-midi sur deux. La classe est alors divisée en
deux groupes qui alternent: une heure et demi à la B.C.D. avec
le Maître Animateur de Bassin (M.A.B.), une heure et demi avec
moi à l'atelier informatique.
Outre l'utilisation de l'outil informatique du bassin, les
élèves de l'école bénéficient d'un
équipement informatique au sein de la classe. Ce
matériel est installé depuis maintenant un peu
plus de deux années scolaires et se compose de:
un Power Macintosh Performa 5300 (Apple) comprenant un lecteur
de cédéroms, une carte dacquisition vidéo
et un boitier Numéris ;
une imprimante jet d'encre StyleWriter 1200;
un lecteur disque ZIP (loméga) permettant de faire des
sauvegardes;
un appareil photonumérique Apple Quicktake
(propriété de 2 enseignants du R.P.I.) ;
une liaison Internet (ligne Numéris).
Les logiciels utilisés par les élèves
sont:
Eudora pour la messagerie électronique, Netscape pour la
consultation du Web;
Claris Home Page pour l'édition de pages H.T.M.L.;
Claris Works 4.0 pour ce qui est du traitement de texte et du
tableur;
des logiciels éducatifs, sur disque dur ou
cédérom : Réussir sa sixième, Mac
Grammaire, Le maître des contes, 2000 ans dHistoire de
France, lencyclopédie multimédia Tout
lUnivers, le dictionnaire Hachette multimédia
Les projets autour des technologies de
linformation et de la communication
via
lInternet
Je reprends là, avec lautorisation des auteurs, la vue
extérieure de deux chercheurs venus à Piquecos mener
une observation au cours de lannée scolaire 1996/97.
Dans un tout premier temps, la classe utilise d'abord d'abord
la messagerie électronique. En explorant le
réseau scolaire francophone, linstituteur, qui s'est
connecté chez lui quelque mois avant la rentrée, a
repéré une liste de diffusion animée par un
professeur de français dans l'Ohio : la Classe Globale
Francophone (CGF). Des échanges thématiques divers
auront ainsi lieu toute l'année dans le cadre du réseau
qui réunit une soixantaine d'écoles francophones. A
partir de décembre, la classe s'inscrit également dans
un autre réseau, "Ecole appelle école", qui,
créé sous l'égide du Ministère de
l'Environnement italien, incite les élèves à
collecter des informations sur leur environnement local.
Au cours de la première année de connexion Internet
(1995-96), le E-mail est donc utilisé
préférentiellement pour des travaux effectués
dans le cadre de réseaux scolaires. Cependant, ce n'est plus
le cas aujourd'hui : entre temps, la classe a développé
un site
Web et s'est engagée sur d'autres projets et,
actuellement, le E-mail sert d'abord à traiter et
répondre aux multiples messages qu'elle reçoit
(près de 30.000 visiteurs du site depuis le 1er avril 1996,
plus de 40.000 fichiers ouverts en février 97, de 50 à
80 messages par mois sur le Livre d'Or, environ 200 sur la messagerie
électronique). Ainsi, par exemple, chaque fin de mois, la
classe ouvre le Livre d'or : les messages sont lus à voix
haute par les élèves, certains d'entre eux sont
sélectionnés, puis les enfants s'auto-désignent
pour élaborer les réponses.
Très rapidement, en effet, des travaux de production sur le
Web sont réalisés. Dès novembre 95, soit
deux mois après la rentrée, un petit site est
créé. Comme le dit lenseignant, "j'avais vu,
sur le réseau canadien, des pages intéressantes parce
qu'elles généraient de la communication : les gens
venaient voir le site et réagissaient". Dans cette
optique, "et aussi pour que les élèves se prennent
en charge pour un petit truc pas trop long tous les jours, qu'ils
intègrent l'outil, la mise en page etc.", le site
comprend, outre la présentation de la classe, quatre rubriques
actualisées quotidiennement : la charade,
le menu, la photo du jour, l'élève de la semaine
(seules les deux premières subsistent actuellement).
Le site s'étoffe ensuite d'un Livre
d'or, découvert par le maître sur un site
universitaire de Montpellier : "je les ai contactés, ils
ont été charmants, nous ont fait passer le script, et
le webmestre du Rectorat nous l'a installé".
Puis le site est progressivement enrichi jusqu'à sa forme
actuelle : différents travaux
de la classe sont mis en ligne (comptes rendus de visites, de
lectures, de travaux divers...), ainsi que Le Tumulus
Electronique, le journal de l'école. Comme le dit Pierre
Valade, "tout est prétexte à enrichir le site".
La consultation sur le Web est, pour les élèves,
une activité beaucoup plus rare. En tout état de cause,
la recherche d'information est toujours ciblée, inscrite dans
un projet de recherche déjà orientée :
recherche de documents sur un thème donné, ou visite de
la Bibliothèque de France ou du Musée du Louvre, par
exemple. Par ailleurs, la recherche d'informations est très
souvent réinvestie dans la production, comme dans le cas de ce
travail sur le système solaire :
La classe reçoit un message d'un astronome de
l'observatoire de Haute-Provence qui lui parle des étoiles et
des planètes. Ce message déclenche un
intérêt sur le sujet (c'était en décembre
95 et la sonde Galiléo venait d'arriver au niveau de Mars).
L'instituteur répartit les élèves en groupes de
deux ou trois enfants qui travailleront chacun sur une planète
différente : recherche de photos sur le site de la Nasa et
recueil d'autres éléments sur autres supports de
recherche (CR-ROM) ; impression des données
intéressantes ; rédaction crayon / papier d'un document
; saisie informatique du document élaboré et mise
en ligne de l'ensemble.
Ce faisant, l'instituteur a traité un aspect du programme
(l'univers), de façon cependant beaucoup plus
détaillée que prévu. Mais, également, les
élèves ont utilisé un ensemble de media
(Internet, CR-ROM, support papier, remise sur Internet) et ont
été amenés à faire un travail de
recherche d'information, de traitement de l'information, et de remise
en forme de celle-ci.
L'IRC n'a été que très peu utilisé
(trois fois l'an dernier seulement), essentiellement à la
demande d'interlocuteurs qui souhaitaient contacter la classe en
direct (échanges avec une école parisienne ou
québécoise, par exemple).
Quant au téléchargement de fichiers, il est
utilisé par les élèves pour transférer
les rubriques quotidiennes du site ("charade" et "menu") sur le
serveur de
l'Académie.15
via le
cédérom
En plus de la lecture des cédéroms cités plus
haut, une partie importante de lactivité de la classe
utilisant le multimédia et génératrice de
communication est la création de cédérom. Voici
la description du projet telle quelle avait été
communiquée dans un appel à participation lancé
aux classes francophones du monde entier par le biais du site web de
lécole :
Descriptif du projet
L'école Jean de
la Fontaine, à St Sylvain d'Anjou et l
école de Piquecos proposent aux différentes
écoles francophones de participer à leur projet de
création d'un cédérom (pour Mac et PC) sur le
thème de l'eau. Chaque école sera maîtresse de sa
"branche" ( le thème qu'elle va développer). Les
thèmes retenus par lécole de St Sylvain seront
à choisir sur le site Internet de lécole de
Piquecos. Une école peut choisir plusieurs thèmes.
Soit elle peut réaliser la partie complète du programme
la concernant (logiciel HyperStudio), soit elle peut nous
sous-traiter le travail de finition. Elle nous enverra alors ses
vidéos, photographies, textes ou enregistrements sonores avec
un descriptif détaillé de chaque écran
désiré.
La plate-forme de création importe peu, le travail sera
monté en fin de chaîne sur Macintosh.
Chaque école participante recevra un exemplaire du
cédérom. Les autres écoles pourront le recevoir
en lachetant à prix coûtant (frais de port
inclus).
Les objectifs de ce projet sont les suivants
:
- approfondir un aspect du thème de l'eau (environnement,
économie, géographie
)
- initier les élèves aux nouvelles technologies de
l'information et de la communication
- travailler en collaboration avec des classes de plusieurs pays
- utiliser la langue française lors d'échanges
internationaux
- ouverture sur des pratiques et cultures différentes
- collaborer à la réalisation dun outil
pédagogique
- montrer luniversalité de leau
Intérêt pédagogique et
réalisation
1) La recherche de linformation
Apprendre à utiliser les outils daccès au
savoir :
- lécrit : livres documentaires, encyclopédies,
revues
- limage fixe: photographies, affiches, dessins artistiques ou
techniques
- limage animée : films, vidéos
- le son : commentaire sonore de film, cassette audio
- rencontres avec des professionnels de limage et du
journalisme
Préparation dune enquête sur le terrain
:
- choix des outils (appareil photographique, camescope,
carnet
)
- préparation du questionnaire
- choix (pertinence) des média à utiliser pour
accéder à linformation
- choix des prises de vues, des angles et des plans
- répartition des tâches
Enquête sur le terrain :
- utilisation du matériel
- choix des prises de vues, des angles et des plans
- prise de notes synthétiques manuscrites
- enregistrements sonores
2) Le traitement de linformation
Traitement des données :
- regroupement de linformation
- choix des médias en fonction du type dinformation
à présenter
- rédaction de résumés, sélection des
séquences filmées et photos
Choix de la présentation :
- nombre de pages-écran
- navigation (séquentielle ou arborescente)
- disposition des média sur chaque page
- donner une information claire, lisible et agréable
- disposer esthétiquement les média
Travail en groupe :
- constitution de groupes
- répartition des tâches
3) La réalisation
Utilisation du matériel informatique :
- Saisie des textes au traitement de texte
- numérisation dimages au scanner
- numérisation des fims vidéo
- création de larborescence du projet
- placement des média
- affectation des propriétés aux média
- création des liens
- raccrochement aux produits déjà existants
Tests :
- essais
- critiques
- correction
4) La communication
Relation avec les correspondants :
- Suivi du projet par une correspondance régulière sur
Internet
- Réalisation commune dun thème
- Réalisation finale commune
Relation avec les autres écoles et le monde
extérieur:
- Suivi de lavancement des réalisations sur Internet
- Présentation de lécole et de la commune sur
Internet
- Lecture des messages «e-mail»
- Exploitation géographique des différents sites
décoles partenaires
Ce projet est résolument tourné vers la communication
avec les outils les plus modernes. Il permettra aux
élèves de se familiariser avec des techniques
quils devront utiliser de façon régulière
dans un avenir proche.
Limage comme support de lecture est aussi omniprésent.
Si lécrit doit garder toute son importance, il semble
fondamental que lenfant sache utiliser ce moyen de
communication, non seulement comme consommateur, mais aussi comme
créateur. On jettera un regard plus critique si on en est le
concepteur, on se rendra mieux compte de sa force et de ses dangers
par les interprétations diverses que chacun peut en tirer.
Dans un monde où baigne limage, lécole doit
être présente pour lanalyser,
lintégrer, la créer et aussi pour apprendre aux
élèves à se méfier de sa
réalité virtuelle.
Rompre lisolement
Afin douvrir lécole sur lextérieur, pour provoquer une communication permettant pour le moins aux enfants de lire et rédiger correctement mais aussi dexprimer une opinion, déchanger sur un thème, de découvrir dautres cultures, nous avons utilisé deux moyens majeurs sur lInternet : le courrier électronique et le web.
Une énonciation des productions sur lInternet ayant eu lieu précédemment, intéressons-nous aux retours vers la classe. Ceux-ci nous parviennent de différentes façons :
par courrier électronique :
Chaque matin, juste en rentrant en classe ou pendant la récréation, deux élèves dont cest le service (rotation dans les tâches environ une fois par mois) relèvent la boîte à lettres électronique. Devant le volume de courrier électronique, je trie les messages : ceux destinés aux enfants, ceux destinés à lenseignant, dautres que jécarte rapidement (messages à caractère commercial ou hors sujet, cest-à-dire ne sadressant pas à des élèves de 9/10 ans). Les messages destinés à la classe sont ensuite imprimés et lus à haute voix par les facteurs électroniques si lurgence le justifie, ou stockés en attente dun temps réservé aux projets en cours. A ce moment-là, ils seront lus à la classe entière. Pour répondre, les élèves se réunissent en groupes de 2 ou 3 et rédigent sur papier leur réponse à certains moments libres ou dans le cadre des projets. Ultérieurement, une fois les réponses correctement rédigées, les enfants saisissent les textes et le courrier sera expédié lors de la prochaine relève de la boîte. La boîte à lettres est à nouveau relevée après le repas de midi, pendant linter-classe, afin de recueillir les dernières réponses à la charade.
par le livre dor :
Il permet à tout visiteur du site de laisser ses
coordonnées (adresse postale et/ou électronique) et de
manifester son intérêt. Par ce biais, I'école a
déjà reçu des milliers de messages venant du
monde entier : des textes (poésies, récits), des
propositions d'échanges d'informations sur des sujets divers,
ainsi que de nombreux messages de soutien et d'encouragements. Sur le
support du web, ces messages sont publics et peuvent être
consultés par quiconque, contrairement à la boîte
à lettres électronique. Les élèves ont
librement accès à ce document sur le site, quils
peuvent consulter à loisir. Pour ma part, jimprime en
fin de mois le livre dor pour le donner à lire
intégralement à la classe. Chaque élève,
tour à tour, lit un message. Des corrections orales peuvent
être apportées si le message na pas
été correctement rédigé. Les enfants se
répartissent ensuite les messages nécessitant une
réponse et les traitent de la même manière que
les messages arrivés dans la boîte
Voici quelques
messages du Livre d'Or :
07.Mar.1997 (14:52:07) - école Montségur Bonjour
à l'école de Piquecos. Nous sommes les enfants de
l'école de Montségur en Ariège. Nous travaillons
déjà au projet sur l'eau, sur la fontaine de
Fontestorbes. Nous espérons avoir un site Internet,
l'année prochaine. C'est pour cela, que pendant un mois, dans
le cadre de la semaine de la presse à l'école, nous
bénéficions d'une connexion provisoire à
Internet. Nous sommes très heureux de vous y retrouver. Nous
espérons avoir de vos nouvelles prochainement. A
bientôt. école de Montségur
12.Mar.1997 (17:54:49) - Wiley school Bonjour!
La classe de Français de I'école de Willy a Raleigh, en
cherchent une école Français pour correspondre. Si vous
au E-mail ci dessous. Merci, La classe de Français Please
respond! We are desperate!
l9.Mar.1997 (14:35:38) - Didier. Vous êtes des
pionniers, excusez-moi de vous montrer en exemple à des
professeurs des écoles en formation en Bretagne : eux aussi
ont des chances d'être nommés dans des petites communes,
internet est un outil de communication trop riche pour qu'on s'en
prive, surtout quand on est dans un coin un peu isolé. bons
surfs ! Didier
21.Mar.1997 (10:28:08) - () Bravo!!!
Encore, encore.....
l0.Apr.1997 (11:29:29) - Pascal
Bonjour à tous! Ainsi qu'aux amis de "La Fontaine"...
En attendant le gros uvre (Eau et Littérature), un petit
extrait poétique pour les vacances. Cherchez donc "Iguazu" en
géographie... Bon courage pour le cédérom!
Amicalement Pascal (maître-auxiliaire de Lettres au
Collège de Montcuq)
"Les cataractes de l'Iguazu [...] dans un fracas de blancheurs,
foncent en mille fumantes perpendiculaires violentes comme si elles
voulaient traverser le globe de part en part."
"Iguazu" de Jules Supervielle, dans "Gravitations/
Débarcadères", (prononcer "Igouassou")
Poésie/Gallimard.
15.Apr.1997 (23:07:54) - Wilhelm-Maybach -Schule
superintéressant , allez les enfants continuez!
par des visites amicales :
Depuis décembre 1995, lécole a reçu
plusieurs visites de personnes nous ayant découvert par
lInternet : ainsi des visiteurs sont venus du Québec,
dAustralie, du Texas, de grandes écoles parisiennes, de
Norvège, du Danemark ou encore du Japon. Et aussi une
écrivain pour la jeunesse, Marie Mélisou.
Généralement, cest, lors dun voyage en
France, un détour par Piquecos pour une journée.
Préalablement à leur visite, les élèves
ont rédigé un questionnaire destiné à
mieux connaître leur interlocuteur, son activité et son
pays ou sa région dorigine ; parallèlement, par
minitel, sur le serveur de lA.P.A.G.A.C., dautres classes
sont invitées à poser leurs propres questions : les
réponses leur seront retournées par fax la
journée suivant la visite ; par deux fois, deux écoles
ont ainsi participé aux échanges.
Le jour de la visite, linterview est enregistrée sur
magnétophone, alors même que les élèves
prennent quelques notes. Plus tard, hors la présence du
visiteur, lenseignant en fera la transcription sur traitement
de texte et suivra un moment de confrontation entre les notes des
élèves et le texte de linterview.
A ces visites sont liées des activités non
déterminées à lavance et basées sur
le côté affectif : cadeau pour la classe ou individuel,
visionnement dune cassette vidéo sur les kangourous
(commentaire français !), animation dune séance
dorigami et de calligraphie, apprentissage dun chant en
danois, travail dexpression autour dun dialogue
Chaque visite donnera lieu à la rédaction dun
article dans le journal
décole.
par des visites institutionnelles :
Plusieurs missions sont venues à la rencontre de
lécole : chronologiquement un Inspecteur chargé
de mission à la Direction des Ecoles, le chef
de la M.A.F.P.E.N. de lAcadémie de
Limoges, lInspecteur
dAcadémie, deux
chercheurs, une Inspectrice
générale, le Premier
ministre (par visio-conférence).
Pareillement, pour les visiteurs institutionnels effectuant le
déplacement à Piquecos, un questionnaire auquel ils se
prêtent volontiers est rédigé dans les
mêmes formes que pour dautres visiteurs et leur est
soumis.
par la venue de
journalistes :
Tout comme les autres visiteurs, les journalistes répondent
aux interviews des élèves. Cest ainsi quils
découvriront en Philippe
Dufay un aventurier de bandes dessinées : match
de polo à dos déléphant au Népal ou
plongée dans des fosses marines à bord du Nautile
ou langoisse de Sylvie
ODy lors de laccident nucléaire de
Three Mile Islands.
De la même façon lélaboration du
cédérom sur leau a
entraîné un volumineux échange de messages (plus
de 450 sur lannée 1996/97), surtout entre les
enseignants des écoles engagées.
Laccès aux documents
Par le biais de lInternet et des cédéroms, une énorme quantité de données est accessible par tous partout, et donc aussi en classe. Volontairement, je naborderai pas le problème de la validation de linformation sur lInternet (puisque nimporte qui est en mesure de diffuser nimporte quoi) : en effet, notre rare pratique de la découverte de sites web se limite à des sites très ciblés et authentifiés : Agence France Presse, journal le Monde, Météo France, la Bibliothèque Nationale de France, sites sur la poésie (par exemple, lintégrale des fables de Jean de la Fontaine) , parfois aussi des sites créés par des écoles.
par courrier
électronique :
Grâce au courrier électronique, nous avons
bénéficié dinformations
communiquées à la classe par tel ou tel correspondant,
le plus souvent des universitaires. Les messages sont imprimés
(un par élève), lus et conservés dans un
classeur. Ils sont rarement isolés et donnent lieu à
quelques échanges avec leurs auteurs, sur la même base
que le courrier électronique habituel. En voici quelques
illustrations :
Suite à une erreur dinterprétation sur le
compte-rendu de visite dune Québecoise en classe, nous
avons reçu un cours accéléré de son ami,
professeur à lUniversité de Montréal, sur
lhistoire du Québec qui a permis aux
élèves de prendre conscience de la colonisation :
[
] L'adoption de la "Feuille d'érable" comme
drapeau du Canada date de 1965. Cette adoption devait être
perçue par les Canadiens anglais (s'identifiant en grand
nombre à cette époque au "Red Insign" britannique,
drapeau officiel d'alors) comme une concession à des Canadiens
français déjà particulièrement turbulents
au Québec et montrant des velléités
d'autodétermination politique. [
]
Autre exemple, linterrogation dune classe normande
sur un phénomène physique. Sollicité par nos
soins, nous avons obtenu la réponse suivante de
lI.N.S.E.R.M. :
X-Sender: rebource@courrier.tolbiac.inserm.fr
Mime-Version: 1.0
Date: Wed, 26 Jun 1996 10:31:00 +0700
To: pvalade@ac-toulouse.fr (Pierre Valade)
From: rebource@tolbiac.inserm.fr (Marie Christine REBOURCET)
Subject: Re: Urgent (ecole de Piquecos)
>bonjour,
>nous sommes les eleves de l'ecole de Piquecos (82)
>et 1 ecole du nord nous a pose une question a laquelle nous ne pouvons
>repondre (ecole de Hattenville, 76) (ecolhatt@MicroNet.fr)
>
>Pourquoi notre peau se ride-t-elle lorsqu'elle reste assez longtemps
>dans l'eau ?
>
>Merci si vous pouvez nous repondre avant les vacances (28/6).
>
>A bientot.
bonjour,
j'ai bien recu votre demande que j'ai aussitot transmise a l'unite de
recherche 346 a lyon.
elle travaille sur le theme: peau humaine et immunite.
Le directeur, Monsieur Daniel Schmitt, vient de me donner la reponse suivante:
Au cours du bain, la couche cornee de l'epiderme absorbe de l'eau
(hydratation) et donc augmente de volume. Cette augmentation de volume
entraine un plissement de l'epiderme (augmentant de volume), l'epiderme
etant lui-meme fixe sur le derme.
J'espere que cette explication satisfera votre classe. A tous tres bonnes
vacances. Vous pourrez faire rider votre peau en expliquant a vos camarades
le phenomene physique qui est a l'origine.
Marie-Christine Rebourcet
poste 60 73
Lors des inondations de Montauban, en décembre 1996, un chercheur montpelliérain nous communique un texte décrivant les inondations de Montauban en 1766, sous le roi Louis XV ! Ce texte a fait lobjet dune diffusion dans notre journal décole.
Un astronome de lInstitut dAstrophysique de Paris, en attente de conditions favorables dobservation, nous a permis de mieux comprendre le phénomène des trous noirs Ici encore, les élèves ont souhaité intégrer ce texte au Tumulus.
grâce au web :
Sur le web, il est extrêmement facile de ségarer,
de surfer comme on zappe sur la
télécommande de télévision
En
classe, nos utilisations sont donc assez rares, et toujours
balisées.
Par contre, en fin de chaque mois, nous utilisons les documents
statistiques produits par les consultations sur notre site web.
Imprimées par mes soins, les statistiques vont donner lieu
à des activités de production de documents (ceux-ci
pour la classe uniquement) en mathématique et
géographie.
en mathématique :
Diverses activités sont proposées, suivant les
périodes de lannée. A partir de la colonne
requêtes, les élèves construisent la
courbe graphique des connexions du mois. De même, les
opérations sur les entiers et décimaux sont largement
alimentées par les nombres fournis par le site. Une
activité régulière de lecture de grands nombres
sappuie encore sur ces données.
en géographie :
Dune part, individuellement ou par groupes de deux, les
élèves localisent en les coloriant, sur un
planisphère individuel, les pays qui ont émis des
requêtes vers notre site. Dautre part, par deux, ils
établissent une fiche didentité sur chacun de ces
pays. Pour ce faire, ils utilisent les documents dont dispose la
classe, notamment des atlas, et produisent des affichettes, une par
pays, sur lesquelles certaines données sont inscrites : carte
et drapeau du pays, population, nom de la capitale, superficie
Au fil de lannée, ces affichettes envahissent les murs
de la classe.
sur
cédérom :
Hormis la production pédagogique que nous aborderons plus loin
et lusage libre des cédéroms à disposition
de la classe (dictionnaire Hachette Multimédia, 2000 ans
dhistoire de France, encyclopédie multimédia Tout
lUnivers
), nous navons pas dactivité
spécifiquement liée au cédérom, comme
nous pouvons lavoir sur lInternet en raison de
laspect communication. Cependant, ce support complète
harmonieusement le fonds documentaire disponible en classe. Voici un
exemple de réinvestissement dans la production :
La classe reçoit un message d'un astronome de
l'observatoire de Haute-Provence qui lui parle des étoiles et
des planètes. Ce message déclenche un
intérêt sur le sujet (c'était en décembre
et la sonde Galiléo venait d'arriver au niveau de Mars).
L'instituteur répartit les élèves en groupes de
deux ou trois enfants qui travailleront chacun sur une planète
différente : recherche de photos sur le site de la Nasa et
recueil d'autres éléments sur autres supports de
recherche (cédérom Hachette multimédia) ;
impression des données intéressantes depuis le
cédérom; rédaction crayon / papier d'un document
; saisie informatique du document élaboré et mise en
ligne de l'ensemble sur le serveur web.
La relation maître/élève
Pour cette partie, je mappuie sur certaines observations
mises en place par Serge Pouts Lajus et Sophie Tiévant au
cours de leurs visites.
Une nouvelle manière
dêtre maître
Une
pédagogie par projets collectifs
En mode normal, la classe fonctionne par "projets de groupe". Les
projets de groupe sont des activités limitées dans le
temps, entièrement consacrées à la
réalisation d'un objectif désigné de
façon explicite avant que l'activité ne commence,
prises en charge par un groupe d'élèves qui se
répartissent la réalisation des tâches.
Il serait difficile d'établir la liste complète des
projets réalisés par la classe dans une année
scolaire. Un embryon de liste, sous le titre "activités de la
classe" figure sur le site web. Un relevé systématique
devrait aboutir à une liste de plusieurs centaines de projets
de tailles très variables, conduits au cours d'une
année scolaire. Le plus petit des projets peut prendre
quelques minutes (une charade à faire figurer sur le site web)
ou une année entière (le cédérom sur
l'eau) ; elle peut impliquer deux ou trois élèves,
ou bien la classe entière. Les projets pourraient être
caractérisés de plusieurs façons :
- leur caractère exclusif ou ponctuel (les projets qui
occupent toute une semaine, comme le projet de cédérom
sur l'eau, la semaine de la presse),
- leur taille (complexité, temps requis pour le
réaliser),
- le nombre d'élèves impliqués,
- leur périodicité (unique ou périodique).
Expression et
gestion des projets
Dans le mode de gestion de la classe par projets collectifs, la
nature des projets, leur apparition et leur appropriation par les
élèves, sont des questions centrales. Il ne suffit pas
en effet d'avoir des idées et de lancer des projets pour
mobiliser les élèves. [
] Pratiquement, les
projets se déroulent très classiquement en trois
phases : préparation - réalisation - exploitation.
Le plus souvent, c'est seulement la phase centrale de
réalisation qui requiert l'usage réel de la
technologie ; mais en terme de durée, c'est une phase
très courte. C'est la raison pour laquelle le temps
passé sur les machines est réduit. La phase de
préparation est longue ; c'est à ce niveau que
lenseignant est le plus directif et le plus présent.
Le traitement des
disciplines scolaires
Lorsqu'on lui en fait la remarque et qu'on l'interroge sur la
façon dont il traite les aspects scolaires traditionnels
(discipline, contrôle individuel), le maître indique que,
sauf empêchement, chaque matinée est consacrée au
travail individuel dans les différentes disciplines.
A Piquecos, à l'inverse des classes traditionnelles,
l'inter-disciplinaire est la règle. Plus l'année
avance, plus les projets se multiplient et plus le traitement
disciplinaire du programme tend à se situer à la
retombée des activités de la classe et des projets.
L'instituteur tient à jour un tableau où figure la
liste des notions à traiter dans l'année. Il coche
chaque fois qu'il estime qu'une notion a été
traitée, soit directement dans le cadre d'un travail
individuel traditionnel, soit indirectement dans le cadre d'un projet
collectif inter-disciplinaire.
Une autre façon
dêtre élève
Cette partie-là sera vue sous langle de
lintroduction de nouvelles technologies dans
lécole et de leurs possibles influences sur la classe,
notamment pour la production de documents vers
lextérieur.
Un rapport familier à la
technologie
Pour toute activité, l'objectif visé est toujours
défini indépendamment de la technologie. Que ce soit le
minitel, le télécopieur ou lordinateur, il s'agit
de rédiger un journal, d'inventer une charade, de
réaliser un dossier sur tel sujet, une interview. Une grande
partie des activités s'expriment en terme de
communication : il ne s'agit pas seulement de réaliser un
journal mais de le distribuer, pas seulement d'inventer une charade
mais de la proposer à d'autres. Jamais le moyen utilisé
pour atteindre l'objectif ne se substitue à lui. Cette
priorité laissée aux objectifs découle
directement de la logique de fonctionnement de la classe par projets
telle qu'elle est décrite plus haut. Comme les
élèves sont, au sein du groupe-classe ou des
sous-groupes projets, en permanence impliqués dans un ou
plusieurs projets, ils sont encouragés à ne pas perdre
de vue leurs objectifs, souvent très concrets.
La diffusion
des compétences techniques
Au cours de l'année, des compétences technologiques
diffusent parmi les élèves suivant un mode absolument
informel dont les traits principaux semblent être les
suivants.
Le cadre de l'acquisition de compétences est toujours la
réalisation d'un projet.
Cest dans laction que sacquièrent les
compétences techniques : lacquisition dune
compétence technique nest que le résultat
indirect dune activité pédagogique.
Chacun fait ce quil est capable de faire.
Dans la mesure où la maîtrise des outils
technologiques n'est jamais donnée comme un objectif, les
élèves ne sont pas directement encouragés
à acquérir de nouvelles compétences : ils
font ce qu'ils savent faire. Le système est donc en principe
stable car l'un des acteurs, l'instituteur dispose de toutes les
compétences si bien qu'il est toujours possible de faire appel
à lui pour pallier les défaillances et réaliser
lui-même ce que les élèves ne savent pas faire.
Mais puisque ce principe aboutit à la conservation des
compétences, parfaitement antinomique avec l'idée
même d'éducation, la stabilité du système
est sans cesse perturbée par des facteurs de
déséquilibre.
L'acquisition de compétences se fait dans des situations de
ruptures.
Le système en place tend à figer chacun dans ce qu'il
sait faire. C'est l'une des dérives possible du travail
coopératif : chacun se spécialise et finit par ne
plus faire que ce qu'il fait le mieux. Pour sortir de cette
ornière, il faut que des déséquilibres soient
provoqués volontairement. Soit le maître impose
autoritairement une rotation dans les tâches :
chaque mois, c'est un élève différent qui est
chargé de relever la boîte aux lettres
électroniques et se voit de ce fait obligé d'apprendre
à le faire. Soit certains élèves, qui ont
accumulé des compétences techniques à
linsu de linstituteur, décident de prendre en main
certaines opérations (numérisation par exemple).
L'apprentissage utilitaire se fait essentiellement par
imitation.
L'acquisition des compétences techniques, simples ou
complexes, se réalise essentiellement par imitation et
répétition. La compétence se transmet en
regardant faire celui qui fait et en répétant le geste.
Il s'agit d'un mode d'apprentissage très primaire, bien
adapté aux interfaces graphiques modernes fondées sur
la manipulation intuitive.
Limplication des
élèves dans le cédérom sur
leau
Comme souvent dans les classes rurales, les enfants utilisent
leur temps de loisir pour poursuivre une activité. Lorsque le
projet canal latéral, notre participation de
classe au cédérom, sest mis en place mi-juin
1997, les élèves ont travaillé constamment sur
le projet, se ménageant cependant quelques courts moments de
sortie : lecture et compréhension de linformation
fournie par la C.C.I. de Tarn-et-Garonne, structuration du projet,
mise en place dun scénario et répartition des
tâches par thème. Pour les trois thèmes, trois
grands groupes délèves se répartissant les
sous-thèmes correspondants. Puis, sur papier, traitement de
linformation à diffuser, découpage en
écrans, choix et répartition des media sur chaque
écran, détermination des liens entre écrans et
des effets visuels à inclure pour le passage dun
écran à lautre. Et encore numérisation des
supports (images et sons) et saisie des textes
Le projet nétant pas arrivé à terme le
jour de la sortie des classes, 6 élèves sur 23, soit le
quart de leffectif, sont revenus à lécole
terminer le travail durant deux journées de fin
juillet.
Lenseignement par projets
Les réseaux informatiques ne sont pas uniquement de nouvelles voies pour la recherche de l'information. Ils sont à l'origine de nouvelles méthodes de travail interactives et coopératives. Ils favorisent la mise en commun des connaissances, du savoir et des savoir-faire. [ ] L'outil multimédia, que nous prenons dans le sens "numérique" c'est-à-dire passant par un micro-ordinateur communiquant, est utilisable par tous, quel que soit l'âge, quelle que soit la discipline.16
Aujourdhui, tout le monde saccorde à penser que les technologies de linformation et de la communication dans lécole ne sont que des outils au service des enseignements. Ceci étant, lutilisation de lobjet informatique, dans la mesure où laccès des élèves y est plus restreint que pour lutilisation doutils traditionnels (papier et crayon), doit induire une réflexion sur des projets qui lincluent comme moyen pédagogique. Voici quelques éléments sur la mise en uvre de projets déterminés par la présence de loutil certes, mais plus en tant que vecteur de communication que de simple objet technologique.
une utilisation technique raisonnée :
22 élèves en 1995/96, 23 élèves en 1996/97, 21 élèves en 1997/98, 25 élèves prévus pour 1998/99 et 1 seul ordinateur communicant. Si lobjectif principal de linformatique à lécole était lapprentissage des différentes fonctions de lordinateur, il serait urgent déquiper massivement lécole de nouvelles machines ! Cest peut-être ainsi que loutil (grâce à son potentiel douverture vers lextérieur) va déterminer un certain type de pédagogie. Pour notre part, loin de pianoter sur le clavier à longueur de journée, nous préférons restreindre les moments de classe nécessaire à lutilisation de la machine et développer, par contre, lutilisation des documents (textes surtout, mais aussi images et sons) véhiculés par loutil.
la diversification des situations dapprentissage :
* en utilisation de données multimédia
Afin de permettre aux élèves dapprendre à apprendre, la lecture de cédéroms est parfaitement libre, généralement pendant les temps dinter-classe. Ainsi, lorsquune recherche documentaire est nécessaire (par exemple les planètes du système solaire), ils savent généralement où localiser linformation : identifier le cédérom adéquat, effectuer une recherche par mot-clé. Il faut noter toutefois quils fréquentent une B.C.D. de 5000 ouvrages depuis lécole maternelle et ont intégré la logique dune recherche documentaire simple.
Nous utilisons aussi des productions arrivées ici par la boîte à lettres électronique ou le livre dor, qui vont nous servir de motivation à lécrit. En voici quelques illustrations :
- en vocabulaire
Objectifs
Enrichir son vocabulaire en utilisant des substituts nominaux,
pronominaux, des synonymes, tout en conservant le sens des phrases du
texte.
Déroulement
Dans un premier temps, nous avons expliqué ce quest un
lipogramme. Les enfants ont d'abord effectué un travail
individuel d'écriture, puis un travail collectif qui a
consisté à la mise en commun de leurs productions pour
la réalisation d'une version finale qui a été
envoyée au serveur de la liste Intermot après avoir
été saisie sur un traitement de texte.
Objectifs
corriger un texte ; identifier les verbes et les temps
employés.
Déroulement
ce texte, extrait dun message arrivé par courrier
électronique, a donné lieu à un travail
individuel sur le cahier du jour. Voici le travail d'un
élève:
Les éléments statistiques produits par le serveur de lAcadémie de Toulouse en fin de mois génèrent des activités en mathématique et en géographie :
- en mathématique
Objectifs
manipulation des grands nombres, technique opératoire de
l'addition et de la soustraction sur les grands nombres, lecture et
construction de diagrammes et graphiques et première approche
des pourcentages.
Déroulement
A partir des données recueillies, je distribue à chaque
élève le document représentant les statistiques
d'accès du site web et les enfants doivent tracer la courbe
représentant le nombre de connexions par jour sur un mois (les
jours en abscisse et le nombre de connexions en ordonnée). A
l'aide des nombres de la colonne « bytes send » les enfants
effectuent des lectures de nombres ainsi que des opérations
(additions et soustractions) sur les grands nombres.
Objectifs
lire la légende d'une carte, situer sur un globe ou sur un
planisphère les continents et les pays, utiliser un index,
travail de mise en page.
Déroulement
A partir des statistiques du site web, les élèves
peuvent connaître le nombre de connexions par pays. Ainsi
d'après le document ci-dessous, on peut voir qu'il y a eu 722
connexions d'Australie pour le mois de Septembre 1997.
Les élèves relèvent un par un les pays
d'où proviennent les connexions et les localisent sur la carte
du monde qui leur est distribuée. Il arrive parfois qu'ils ne
retrouvent pas le pays sur la carte, ils ont alors recours à
un atlas qui leur donne sa situation exacte.
* en production multimédia
- Le projet cédérom sur leau
Ce projet ayant été abordé plus haut, nous ne rappellerons que le travail de la classe en 3 grands groupes, subdivisés selon le nombre de thèmes de chaque grand groupe. Ayant choisi de traiter le canal latéral à la Garonne dans le Tarn-et-Garonne, voici comment le travail sest organisé :
Au mois de juin 1997, les 3 grands thèmes (le canal et ses ouvrages, les usages attendus du canal et autres utilisations du canal) et leurs sous-thèmes (10 au total) ont été définis ensemble, suite à une action de sensibilisation sur le canal lui-même et lintervention en classe du directeur du tourisme à la C.C.I., Monsieur Jean Garrocq.
Un nombre relativement important de documents ayant été réuni (textes, tableaux, vidéo), ils ont été lus et triés par rapport aux grands thèmes définis. Ainsi, chaque groupe denviron 7 ou 8 élèves a, avec laide de Jean Garrocq ou la mienne, classé linformation et sen est imprégné. Des documents photographiques ont été recherchés, voire ont été réalisés par les enfants pour loccasion. Des commentaires sonores ont été enregistrés par les élèves eux-mêmes. Les textes traités en classe ont été saisis sur traitement de texte lors dune séance à latelier informatique du Bassin décoles. De plus, un chemin de fer, guide pour le montage multimédia, était réalisé sur des feuilles de papier.
La fin de lannée scolaire arrivant sur ces entrefaites, rendez-vous était donné pour les volontaires les 28 et 29 juillet 1997 afin de mener le projet à son terme. Sans battre le rappel, 6 élèves étaient présents ces deux journées-là. Sur lordinateur de la classe, effectuant des rotations autonomes, ils ont alors, à laide des scenari conçus par leurs camarades et eux-mêmes, effectué le montage multimédia, créant le nombre décrans nécessaire, positionnant les divers objets sur chaque écran, établissant des liens de navigation et les bruitages associés. Le mardi 29 juillet au soir, le projet était parvenu à son terme et pouvait être intégré à la base du cédérom
- En ce qui concerne lInternet, les élèves ont pour mission denrichir le site de lécole : soit par lintermédiaire de dossiers, soit par le journal de lécole, soit encore par des rubriques mises à jour quotidiennement. Tous ces travaux ne sont cependant que la version électronique décrits réalisés sur papier. Le fait de les transférer sur le web donne une dimension particulière et un nouveau statut à leurs productions. Quoiquil en soit, pour parvenir à leurs fins, les élèves mettent en uvre des recherches personnelles, autant textuelles quiconographiques ; au besoin, ils illustrent eux-mêmes leur sujet en utilisant leus propres dessins quils numérisent au moyen du scanner du Bassin décoles.
le travail en autonomie :
Pour la plupart des projets, les élèves travaillent en groupes autonomes, la fonction de lenseignant étant à ces moments-là régulatrice, incitatrice, daide ou de soutien auprès de certains groupes. Par moment aussi celle de passer inaperçu
Les travaux suivants se sont déroulés le plus souvent de manière autonome, le maître validant linformation dans sa forme (correction des phrases, orthographe, présentation) et dans son contenu avant diffusion sur le site web.
4/ CONCLUSION
Lordinateur communicant nest certainement pas quun outil. A travers lui, cest une fenêtre ouverte sur les autres, sur le monde, qui souvre en classe. Sa présence dans une classe est-elle anodine ?
Par la variété des traitements quil propose, par la professionnalisation des productions, même les plus simples, réalisées avec son aide, nincite-t-il pas lenfant à apporter un soin accru à son travail, surtout quand celui-ci est valorisé par une mise à disposition publique et planétaire, comme sur lInternet ?
Par la masse dactivité quil peut générer, ne favorise-t-il pas le regroupement pour arriver au bout dun projet ? Et nencourage-t-il pas de cette manière le travail coopératif, de nouvelles méthodes dapprentissage ?
Mais ne va-t-il pas remplacer lenseignant habitué à diffuser des savoirs ? Ou alors linciter à sadapter à de nouvelles manières de faire apprendre ?
Ces questions resteront quelque temps sans réponse. Pourtant, dès aujourdhui, des chercheurs, des enseignants sinterrogent sur lutilité réelle de ces technologies en classe : initiation précoce des futurs utilisateurs de ces outils dans lentreprise (développement des habilités) ; développement économique dun marché florissant ; ou bien formation du futur citoyen, maître de ses choix (de navigation sur lInternet, par exemple) ; participation à la construction de savoirs
Pour ma part, désireux dapprofondir ces questions et, surtout, dentrevoir quelques réponses, je suis partie prenante dun groupe de recherche-action sur le thème lecture et apprentissage à partir des textes documentaires : spécificité du multimédia, inscrit dans le cadre institutionnel de lI.U.F.M. de Toulouse, sous la responsabilité de Michel Grandaty. Le problème posé étant le suivant : Quels savoirs et savoirs-faire lélève doit-il construire pour naviguer et non pas surfer indéfiniment sur lhypertexte ?
Dun point de vue commercial, il sagit prioritairement de créer un nouvel espace de consommation. Surfer y est donc un comportement attendu, prévisible.
Lécole a pour mission de permettre à lenfant de construire des savoirs, dintégrer les nouvelles technologies, mais pas de susciter des comportements de consommation enrichissant un nouveau marché.
Comment donc naviguer avec maîtrise ? Quel type de lecture favorise lhypertexte, quel nouveau type de difficultés sur le plan cognitif ? La production de cédéroms ou de sites favorise-t-elle lapprentissage de ce nouveau moyen dexpression ?
Glossaire17
Adresse: votre identifiant sur le réseau; en
général, une adresse est composée de votre nom
suivi du caractère puis du domaine auquel vous appartenez.
Boîte aux lettres: comme son nom lindique,
cest lendroit dans lequel vous récupérez
votre courrier.
D.N.S. (Domain Name Service): protocole de transcription de
noms symboliques I.P. en adresses électroniques I.P.
e-mail: courrier électronique; celui-ci est
composé à laide dun logiciel de messagerie
qui enverra et recevra votre courrier.
F.A.Q. (Frequently Asked Questions): questions
fréquemment posées (traduit en français par
Foire Aux Questions). Sur le Net, les novices ont
tendance à poser les mêmes questions. Par exemple:
Comment sinscrire à une conférence? Comment
trouver une adresse sur Internet? Les F.A.Q. sont une synthèse
de toutes ces questions de base. Il faut lire en premier ces
documents afin déviter de «polluer» les
conférences avec des questions déjà
posées des milliers de fois.
F.T.P. (File Transfert Protocol): grâce à ce
logiciel, on peut naviguer dans les répertoires dun
disque dur dune machine distante; il permet également de
rapatrier des fichiers directement sur son disque dur.
Full I.P.: permet davoir lensemble des
fonctionnalités dInternet via une ligne
téléphonique simple.
Gopher: logiciel de navigation. Créé par
luniversité du Minnesota, gopher permet de se
déplacer dans le cyberespace au moyen de menus. Il fut
considéré en son temps comme une réelle
évolution car il remplaçait la navigation en mode
texte.
Hypertexte: document contenant des liens vers dautres
documents.
H.T.M.L. (HyperText Markup Language): langage informatique qui
définit la syntaxe des pages Web.
H.T.T.P. (HyperText Transfert Protocol): protocole
définissant laccès aux pages Web.
I.E.T.F. (Internet Engineering Task Force): organisme de
standardisation des réseaux informatiques, reconnu par
lI.S.O. (International Standard Organization).
I.P.: voir T.C.P./I.P.
I.R.C. (Internet Relay Chat): Logiciel permettant de dialoguer
de façon interactive avec dautres utilisateurs Internet.
Une fois que le programme est lancé, il suffit de donner
ladresse dun serveur hôte.
Ligne spécialisée: liaison permanente
(constituée dun ou de plusieurs tronçons
dun réseau téléphonique public mis bout
à bout) affectée à un utilisateur particulier.
Les lignes spécialisées se louent auprès
dun opérateur de réseau
téléphonique comme France Télécom. Elles
permettent aux entreprises de disposer de connexions permanentes
à Internet.
Netscape-Mosaic: lapplication la plus en vogue sur
Internet. Cest elle qui contribue à la
démocratisation dInternet auprès des
néophytes. Elle présente les serveurs Internet sous
forme de «documents» interactifs. La navigation
seffectue au moyen de la souris en cliquant sur des mots ou des
phrases qui font office de boutons hypertextes.
Newsgroup (conférence ou forum):
système déchange darticles sur un
thème donné (de la littérature
médiévale française au saut à
lélastique). Ces échanges ne sont pas interactifs
mais différés.
N.I.C.: Network Information Center.
N.T.I.C., T.I.C., T.I.C.E. (Nouvelles Technologies de
lInformation et de la Communication, Technologies de
lInformation et de la Communication, Technologies de
lInformation et de la Communication dans lEnseignement)
: ensemble des outils informatiques destinés à
transmettre linformation ou à permettre la
communication.
Passerelle: lien entre deux réseaux. Cest souvent
une machine Unix qui fait office de passerelle sur Internet.
Password: mot de passe demandé pour accéder
à un ordinateur distant. Dans le cas dun F.T.P.
Anonymous, cest votre adresse e-mail complète qui fera
office de mot de passe.
P.O.P. (Post Office Protocol) : protocole de messagerie
électronique permettant de stocker sur le serveur les messages
à destination dune personne en attendant quelle
les relève (sens serveur vers client, inversement à
SMTP).
R.N.I.S. (réseau numérique à
intégration de services) : Réseau
transférant de bout à bout des données
numérisées de tout type (textes, sons, images) sur la
même infrastructure.
R.T.C. (réseau téléphonique
commuté): cest tout simplement le réseau
téléphonique.
S.L.I.P. (Serial Line Internet Protocol) et P.P.P. (Peer to Peer
Protocol): protocoles qui permettent de faire du « full
I.P.».
S.M.T.P. (Simple Mail Transfer Protocol): protocole de
messagerie électronique permettant denvoyer des messages
(e-mail), du client vers le serveur.
T.C.P./I.P. (Transmission Control Protocole/lnternet Protocol) :
Pour que deux machines puissent communiquer, elles doivent
parler le même langage. Sur Internet, toutes les machines
doivent parler T.C.P./I.P. Ce logiciel est dans le domaine public et
il est très souvent donné avec les machines Unix. Pour
les ordinateurs personnels, il est souvent fourni par le prestataire
de services.
Telnet: logiciel permettant de se connecter sur des machines
distantes référencées sur Internet.
W.A.I.S. (Wide Area Information Servers) : Logiciel de
recherche de documents hétérogènes sur Internet,
fondé sur le modèle client-serveur.
Web: ensemble de serveurs dinformation sur Internet,
pointant les uns vers les autres selon les principes de
lhypertexte.
Ouvrages lus intégralement
Apprendre avec le multimédia, où en est-on
? ouvr.coll. dirigé par Jacques Crinon et Christian
Gautellier, CEMEA, Ed. Retz
De la télématique à Internet,
J.Pierre Archambault, Ed. C.N.D.P.
Les autoroutes de linformation, Denis Fortier,
Cité des
Sciences et de lIndustrie Ed.
Et Dieu créa lInternet, Christian Huitema,
Eyrolles Ed.
De lélève au citoyen, Sénateur
Franck Sérusclat, Office parlementaire
dévaluation des choix scientifiques et
technologiques
Au bonheur dInternet, Télérama
Hors-série, automne 1997
Internet dans le monde éducatif, Dossiers de
lIngénierie éducative, C.N.D.P.,
n°24 (Déc. 96)
Rapport
officiel de lI.G.E.N. sur lutilisation du
multimédia dans les enseignements, Guy
POUZARD, Inspecteur Général, serveur de
lAcadémie dAmiens (rapport complet à la
Documentation Française)
Ouvrages lus partiellement
Les variations didactiques dans lorganisation des
conditions dapprentissage, Marc BRU, Editions
Universtaires du Sud
Etude des usages d'Internet pour l'éducation, la
formation, la création, Serge POUTS LAJUS et Sophie
TIÉVANT (en ce qui concerne Piquecos), pour les
Ministères de la Culture et de lEducation Nationale, de
la Recherche et de la Technologie
Enseignant
magazine n°3, octobre 1997 (Dossier sur
lInternet)
Enseignement Public et Informatique (E.P.I.),
revues n° 82 à 87 (extraits)
1 Guy POUZARD, rapport officiel de lI.G.E.N. 1997, deuxième partie, chapitre 5, titre 5
3 Marc BRU, les variations didactiques dans lorganisation des conditions dapprentissage
4 cest-à-dire intégrant les fonctions lui permettant de restituer, voire de créer, de manière homogène des textes, des sons et des images fixes et/ou en mouvement. On peut y lire des cédéroms et accéder à lInternet.
5 in revue E.P.I. n°85 de mars 1997
6 ce cédérom est inclus en annexe ; voir aussi le site web
7 Guy POUZARD, rapport officiel de lI.G.E.N. 1997
8 Guy POUZARD, rapport officiel de lI.G.E.N. 1997
9 Robert BIBEAU, Conseil Supérieur de lEducation, Ministère de lEducation du Québec (in Revue E.P.I. n°82, juin 1996). Il est à noter que ce projet franco-québecois de recherche-action Ecole informatisée clés en main implique largement le système éducatif français (C.N.D.P./C.R.D.P., I.N.R.P., M.A.F.P.E.N., Université Bordeaux III, C.N.E.T.)
10 Vassilis KOMIS et Panayotis MICHAELIDES, Laboratoire de Didactique des Sciences Exactes, Département de lEducation Elémentaire, Université de Crète, Grèce (in Revue E.P.I. n°84, décembre 1996)
11 Note du 24/04/97 Enseignement scolaire et développement des T.I.C., in B.O.E.N. n°18 du 1er mai 1997
12 Dans larticle Pourquoi lécole changera (in Revue E.P.I. n° 87, septembre 1997), Guy POUZARD, Inspecteur général, brosse un tableau du système éducatif des origines à nos jours et évoque les possibilités déclairage de la complexité grâce aux technologies numériques et aux modifications quelles entraînent chez lenseignant et dans ses pratiques de classe
13 Marc BRU, les variations didactiques dans lorganisation des conditions dapprentissage
14 Note du 24/04/97 Enseignement scolaire et développement des T.I.C., in B.O.E.N. n°18 du 1er mai 1997
15 Etude des usages d'Internet pour l'éducation, la formation, la création, Serge POUTS LAJUS et Sophie TIÉVANT (en ce qui concerne Piquecos), pour les Ministères de la Culture et de lEducation Nationale, de la Recherche et de la Technologie
16 Guy POUZARD, rapport officiel de lI.G.E.N. 1997
17 Encyclopædia Universalis France S.A.,
cédérom, 1997
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